“MAINTENANT, IL FAUT DES ARBRES”

Cher Éric Hazan, tu va fêter mardi prochain 12 juin au Lieu dit – soit dit (!) en passant, un endroit pour lequel j’ai une particulière tendresse – les 20 ans de la maison d’édition que tu as fondée : La Fabrique.

Si j’ai bien compris, tu ne détiens plus qu’une part minime de la société, et c’est sans doute ta personne (honneur aux anciens! etc.) davantage que ta maison – ou au moins ce qu’elle est devenue – que viendront célébrer dans une émission de Mermet quelques amis libertaires (Nicolas Norrito et Fred Alpi formant, à tes côtés, tout le «plateau» de l’émission, d’après ce que j’ai lu sur le programme).

Dans un entretien récent (que j’ai la flemme d’aller rechercher) Nicolas soulignait le rôle qu’a joué La Fabrique dans son intérêt pour l’édition, malgré des divergences irréductibles, par exemple à propos des thèses du PIR et de Houria Bouteldja, dont l’animatrice actuelle de La Fabrique est proche, amicalement et politiquement.

On ne saurait évidemment reprocher à un éditeur le contenu mot à mot de chacun des livres qu’il édite. Tu n’es ni Coupat ni Bouteldja (pas plus que Libertalia n’est Guillon). Pourtant tu les a défendus l’un et l’autre en t’identifiant à leurs combats respectifs.

Tu vas même jusqu’au délire assumé, affirmant que si l’on critique Houria Bouteldja c’est parce qu’elle est jeune, belle, intelligente et d’origine arabe (voir la citation précise ailleurs sur ce blogue).

Moi je la combats parce que ce qu’elle a écrit est antisémite, homophobe et antiféministe.

J’imagine sans peine que tu ne partages pas ses positions au fond, et que tu la soutiens néanmoins sous l’effet d’une forme sénile de tiers-mondisme pro-palestinien…

Quand un camarade t’a flanqué une gifle à l’occasion d’une manifestation, j’ai pris position publiquement et plus que fermement contre cette agression, et quand je te croise (au Lieu dit, par exemple) je me contente de te serrer la main.

Là, les 20 ans au Lieu dit, avec les «camarades» Stella et Houria en terrasse – prévoir moult bises conviviales et confraternelles (ben tu comprends, elle m’a embrassé la première, alors moi…!)  – Libertalia au micro et Fred Alpi à la guitare, c’est un peu trop pour moi.

Évidemment, je pourrais venir te dégueuler dessus, mais je pense que je vais rester chez moi, tout simplement.

En tant qu’être vivant, je te souhaite d’ailleurs une fin de vie longue et active. Vraiment!

Par contre, je pense qu’il serait temps de faire taire la scierie La Fabrique.

Ça nous économiserait des arbres!

Et il nous en faut, Éric!

Julien trouvera sans peine un autre éditeur, tandis que Houria sera contrainte d’agrafer elle-même ses brochures photocopiées.

Gagnant-gagnant!

Après tout, 20 ans, c’est un bel âge pour mûrir!

Cordialement

Claude Guillon

 

 

PS. Tu l’as sûrement lu, mais je te recommande tout de même cet excellent ouvrage de mon ami Nedjib Sidi Moussa : La Fabrique du musulman.

 

Soutien politique et matériel urgent à Camille [DOC du réel], dépouillée par les flics

Lundi matin vient de lancer un appel à soutien matériel pour Camille, vidéaste de Doc du réel, arrêtée et dépouillée par la police, accessoirement mise en examen.

Libertalia, dont elle a tourné le fil de l’anniversaire des dix ans et les clips de présentations de plusieurs livres, et moi-même nous associons à cette heureuse et rapide initiative (voir détails dans l’article ci-dessous).

Pour financer le renouvellement du matériel de Camille, saisi par la police et qui ne lui sera rendu, au mieux, qu’à la fin de l’année,

MERCI DE VOUS CONNECTER ICI

Arrêtée alors qu’elle couvrait l’occupation du lycée Arago, tout son matériel vidéo a été saisi par la police

Camille, vidéaste et documentariste pour DOC du réel couvrait la manifestation du 22 mai à Paris. Arrêtée en même temps que les 101 lycéens et grévistes lors de l’occupation du lycée Arago, elle a passé 44h en garde à vue, se retrouve poursuivie pour « groupement en vue de commettre des dégradations » et passera en procès au mois d’octobre prochain.

Avant d’être interpellée, Camille a filmé l’intervention policière puis elle a interviewé les lycéens à l’intérieur du car de police dans lequel ils ont passé plus de 4 heures ensemble avant d’être amenés au commissariat. De ce fait, un officier de police judiciaire a décidé de saisir la totalité de son matériel et donc de ses enregistrements.

Dans le détail :

–  2 cartes mémoires (150e)

–  un micro RODE (180 e)

–  Un enregistreur numérique Zoom H4N (220 e)

–  Une caméra appareil photo Canon EOS 70D, un objectif et une batterie (1500e)

–  Un téléphone (250 e)

 Pour plus de détails sur les circonstances et le déroulement de son arrestation, vous pouvez lire cet article paru sur lundimatin :  https://lundi.am/DOC-du-reel-en-garde-a-vue-1380

Dépouillée de son matériel de travail, Camille n’est plus en mesure de continuer son activité et doit attendre une hypothétique restitution après son procès en octobre. Ces dernières années, elle a produit des contenus riches, divers et précieux que nous avons très régulièrement publiés sur lundimatin(ses images ont aussi été diffusées par Médiapart, le Huffigton post, les Inrocks, CQFD, etc.). Sa chaine youtube cumule plus d’un million de vues et une centaine de documentaires, nous en avons sélectionné quelques-uns ci-dessous.

Évidemment, il ne nous paraît pas souhaitable de hiérarchiser les différents types de répression : qu’une « journaliste » se retrouve en GAV et poursuivie après une occupation ne nous semble fondamentalement pas plus scandaleux que ce qu’ont vécu des dizaines de lycéens ce jour-là. Cependant, il nous semble important que Camille puisse reprendre ses activités de documentation des luttes le plus rapidement possible et c’est la raison pour laquelle nous en appelons à votre solidarité financière.

La somme récoltée lui permettra d’acquérir une nouvelle caméra, un nouvel enregistreur, etc. le plus rapidement possible. La somme visée couvre le prix de ce qu’elle a perdu, à savoir 2300 euros.

Son matériel saisi était par ailleurs très rudimentaire au vu de la qualité de ses reportages et il va sans dire que si nous récoltions plus d’argent, cela lui servirait à se doter d’un équipement plus performant.  

 

“127 jours en mars” ~ Présentation & débat, le 24 mai, dans le récent local de Libertalia, sur le mouvement contre la loi «Travaille!» ~ Avec Nathalie Astolfi & Alain Dervin

127 jours en mars vient pallier – sous la forme d’un abécédaire facile d’accès –  le vide souvent déploré sur ce blog de transmission d’un mouvement social à l’autre – surtout quand il implique la jeunesse.

Ce sera l’occasion de découvrir, outre ce livre utile publié au Passager clandestin, le nouveau local des éditions Libertalia, comptoir-librairie, où l’on pourra bien entendu acquérir l’ouvrage de Nathalie Astolfi et Alain Dervin,qui seront là pour débattre avec vous.

12, rue Marcelin-Berthelot, Montreuil.

À 4 mn à pieds du M° Croix-de-Chavaux.

Prendre la sortie «rue Kléber» (en tête de rame), puis la première à droite: c’est… la rue Kléber. Enfin, la première à gauche: c’est déjà la rue Marcelin Berthelot. Laissez-vous descendre. Le local est à 60 m sur la droite.

L’HYDRE AUX MILLE TÊTES ~ Une nouvelle librairie à Marseille ~ Inauguration le 12 mai

Une librairie qui s’ouvre, c’est toujours une bonne nouvelle!

De plus L’Hydre aux mille têtes accueille, pour son inauguration, 96 rue St-Savournin à Marseille, deux éditeurs de qualité: Anacharsis et Libertalia.

Vivement le 12 mai, et les jours qui suivront!

Chez Anacharsis.

 

 

 

 

 

 

 

Chez Libertalia.

À la prochaine!

Près d’un millier de personnes à La Parole errante, une ambiance sans fausse note (et plein de musique!), des rencontres et des discussions…

Navré si vous avez raté ça. Mais consolez-vous, Libertalia vous réinvitera bientôt, foi d’animal!