Optique et haine de classe.

 «On n’est pas là pour offrir des montures Chanel à tout le monde ou des verres antireflet qui filtrent la lumière bleue».

Cette déclaration de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, invitée mardi 21 novembre de l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis), a suscité des commentaires indignés – ce qui est le moins – mais pas toujours précis.

On a parlé sur les dits «réseaux sociaux» de «mépris de classe».

Or, comme on dit chez les Tontons flingueurs: «Y’en a !» Mais pas seulement…

La réaction de la ministre manifeste davantage que du mépris pour les pauvres, préoccupés de chétives marchandises. C’est une véritable haine de classe qui ressurgit là.

Non seulement les pauvres sont ridicules (ils prétendent porter les même lunettes que moi), mais quand on leur propose «ça», ils veulent s’emparer de «ÇA».

Les pauvres ne veulent jamais se contenter de la place qui leur est légitimement – en vertu de l’ordre naturel des choses capitalistes – attribuée. Relâchez votre attention une seconde, et ils en profitent pour remettre en cause la hiérarchie des conditions.

Il est extrêmement risqué de parler aux pauvres de leurs «droits» (déjà, ça sonne un peu ridicule, non?) parce que cela les entraîne irrésistiblement à se croire vos égaux en droit. De là à remettre en cause la répartition naturelle des richesses, il n’y a qu’un pas…

Les pauvres sont dangereux, ils ignorent la modestie et la gratitude. Ajoutez le bruit et l’odeur, vous reconnaîtrez que les pauvres sont haïssables.