Grace Vanderwaal ~ Comme son prénom l’indique…

À peine sortie de l’enfance, déjà starifiée aux États-Unis, fêtée et dévorée par le système (on trouvera sur Youtube nombre d’émissions de télévision et de prestations publiques), parfois guettée par la mièvrerie (il faut laisser passer les premières minutes de certains enregistrements), Grace Vanderwaal est dotée d’une voix, d’un sens de la musique et d’une beauté peu communes.

Souhaitons-lui de devenir assez vite adulte pour pouvoir se défendre, tout en conservant ce qui nous émeut en elle.

Le pari de la grâce…

«Le postmodernisme ne casse pas des briques», par Sandra C., dans “Négatif”

La nouvelle livraison du bulletin Négatif, bien connu de mes lectrices et abonné(e)s, vient de paraître.

Elle contient un long article de Sandra C., dont j’ai repris le titre ci-dessus. Ce texte, dont je donne un bref extrait, reprend et complète utilement et opportunément des problématiques déjà abordées sur ce blogue: lutte des classes, confusionnisme, pseudo «identités de race», etc.

On lira également dans ce n° 24 une nécrologie de Carlos Da Fonseca, récemment disparu, rédigée par Américo Nunes.

Bravo aux camarades de Négatif pour leur activité !

Divagations postcoloniales

Indissociables des mouvements parmi lesquels se sont affirmés les groupes précédemment cités, les études post-coloniales doivent beaucoup à la French theory et aux intellectuels qui se sont emparés de la question coloniale à partir des années 1950 (Césaire, Memmi, Fanon, Sartre…). Elles s’attachent depuis la révolte des banlieues françaises de 2005 à analyser la société au prisme de « l’héritage colonial » en attribuant l’essentiel des problèmes sociaux à une « fracture coloniale ». Elles affirment aussi qu’il existe une continuité entre les représentations de l’époque coloniale et celles de la période contemporaine, lesquelles, agissant tel un fil directeur, expliqueraient la persistance du racisme dans la société française d’aujourd’hui. Cependant, les représentations héritées du colonialisme ne peuvent seules être la cause du racisme : qu’en est-il des transformations économiques, de la restructuration du capitalisme et en conséquence des mutations de la classe ouvrière, dont les postcolonial studies ne disent mot ? La question du racisme et, par-delà, celle de l’identité se posaient dans des termes bien différents lors de la période de plein emploi quand la question de la classe prévalait sur les particularismes.

Au lieu de chercher à comprendre des phénomènes historiques et sociaux, les postcolonial studies s’enferment dans une posture dénonciatrice et n’ont pas d’autre but que la reconnaissance par l’État, la république, elle-même dénoncée pour avoir trahi ses valeurs. La pseudo-critique de la république par les postcolonial studies ne remet nullement en cause l’État ou le capitalisme, mais vise à réclamer plus d’égalité, de « justice » et de «dignité», notamment face aux violences policières qui, contrairement à ce qu’elles prétendent, ne sévissent pas seulement en banlieue et contre des personnes d’origine arabe ou africaine. Ainsi, estimant que la république ne devrait pas déroger à ses principes fondateurs d’égalité et de liberté, ils réclament auprès de l’État un nouveau contrat social basé sur une approche multiculturaliste de la société actuelle ou bien racialiste, comme le préconise entre autres le Parti des Indigènes de la République. Ce type de revendications semble aller à l’encontre d’un des grands principes de l’État républicain bourgeois, l’universalisme abstrait. Dans les faits, certains de ses partisans s’opposent farouchement aux demandes de reconnaissances communautaires, en proposant une conception complètement dépassée de la république, doublée d’un patriotisme qui ne fait qu’alimenter la montée identitaire qui sévit actuellement. Quant à l’universalisme que ces républicains entendent sauver, ce n’est plus aujourd’hui qu’une peau de chagrin. L’universalisme abstrait, porté par la bourgeoisie dès 1789, reposait sur le droit. Or, au fil du temps, l’évolution du capital l’a amenée à revoir largement à la baisse ses positions universelles pour concéder, depuis les années 1980, de plus en plus de droits à des groupes qui se vivent comme minoritaires.

D’autre part, la vision a-historique des faits amène les postcolonial studies à une relecture de l’histoire républicaine à l’aune de la colonisation, qui leur permet de passer à la trappe d’autres aspects rendant compte de la complexité et de l’évolution historique du projet républicain. Par exemple, son origine révolutionnaire a permis de jeter les bases de perspectives émancipatrices telles que le premier projet communiste de l’histoire. Des prolétaires pendant et après la Révolution française, des révolutionnaires radicaux comme les Enragés ou Babeuf se sont reconnus dans la république, bien que leur conception de celle-ci soit vite rentrée en conflit avec celle portée par la bourgeoisie, qui finira par triompher durablement à partir de la IIIe République. Ce rappel historique ne vise bien sûr en aucun cas à regretter un modèle républicain réprimé et vaincu par la bourgeoisie, mais de montrer comment il a pu pendant quelques décennies accompagner des luttes et constituer un premier pas vers des perspectives émancipatrices. Avec des limites toutefois, car dès ses origines, le mouvement républicain portait une contradiction qui n’allait pas sans conséquence : l’interclassisme.

Télécharger le n° 24 de Négatif.

Aujourd’hui au Lieu-dit, la fête d’“Handi-Gang”, le livre de Cara Zina

Aujourd’hui, à partir de 18h 30, au Lieu-dit, 6 rue Sorbier, 75020 Paris, Cara Zina présentera son ouvrage et répondra aux questions.

Virginie Despentes lira des passages du livre.

Fred Alpi chantera.

Des jeunes handicapés se révoltent contre la condition que leur fait le monde “valide” et emploient l’action directe pour régler le problème de l’accessibilité aux logements, aux bars et aux salles de concert.

Ils n’ont pas connu le Comité de lutte des handicapés, créé au printemps 1973, ni le journal Handicapés méchants lancé un an plus tard, alors ils se reposent toutes les questions stratégiques et morales auxquelles leur révolte et leur envie d’en découdre les confrontent.

Valides, ils ne le sont peut-être pas, mais vivants, très!

L’écriture roborative de Cara Zina les rend sympathiques. Ils font, comme on dit, plus envie (de vivre) que pitié.

Une preuve de plus que la littérature peut pallier le désenchantement d’une époque. Après lecture, à nous de jouer…

Allo l’Élysée?… [2]

Bonjour Madame, ce serait pour un placement de produit.

Il s’agit d’une réédition en série limitée d’un de nos premiers modèles d’ordinateur… oui, et compte tenu des rapports privilégiés qu’entretient le président avec notre marque, nous avons pensé…

Oui, en effet, il faudrait nous mettre d’accord sur un timing très précis!…

 

Allo l’Élysée?… Le service de presse?…

Oui, bonjour Madame, ce serait pour un placement de produit lors de la prochaine photo officielle du président…

Le président de la République Emmanuel Macron, qui a tenu à faire figurer sur sa photo officielle ses deux téléphones portables de marque Apple a par ailleurs fait savoir qu’il ne répondrait pas aux questions des journalistes le 14 juillet, sa «pensée complexe» se prêtant mal à l’exercice.