Nouveau rapport de l’Anafé sur les dites «zones d’attente»

Le nouveau rapport de l’Anafé [Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers]  «Voyage au centre des zones d’attente» dresse cette fois encore un état des lieux du quotidien dans les zones d’attente et dénonce le traitement des migrants et les violations des droits aux frontières.

Violations qui loin d’être des «incidents», sont un phénomène chronique et structurel, lié à la privation de liberté elle-même.

Quel que soit le nom qu’on leur donne, les lieux d’enfermement des étrangers sont un instrument central et banalisé des politiques migratoires. Formels ou informels, ils sont éparpillés en Europe et au-delà de ses frontières où l’Union européenne exporte sa politique migratoire répressive. Les logiques à l’œuvre sont généralement similaires : rejet et mise à l’écart, fichage et tri, violations des droits fondamentaux.


Dans ce contexte, les personnes sont parfois enfermées sans cadre légal, en dehors de toute procédure juridique, sans possibilité d’accéder à un conseil juridique gratuit ou aux soins de santé et dans des conditions indignes… Etape après étape, le contrôle des frontières se construit de manière à diluer les diverses responsabilités des violations des droits fondamentaux qui sont commises au sein de ces espaces.

 

En France, parce qu’elles sont un espace tampon, un sas de privation de liberté entre l’extérieur et l’intérieur du territoire national, les zones d’attente sont révélatrices de la priorité donnée par les autorités au contrôle des frontières sur le respect des libertés individuelles. Y sont maintenues, dans les aéroports, les ports ou d’autres lieux prédéfinis, les personnes étrangères auxquelles l’administration refuse l’accès sur le territoire Schengen. Or, les zones d’attente sont des espaces largement marqués par l’opacité des pratiques administratives et policières. Elles sont aussi des lieux qui se caractérisent par une disparité des pratiques, d’une zone à l’autre, voire parfois au sein d’un même lieu. Ce à quoi s’ajoute l’appréciation du « risque migratoire », élément central du contrôle des frontières, et sans être véritablement encadrée, appréciation qui conduit à des décisions discriminantes voire arbitraires et à des situations qui confinent parfois à l’absurde.

Télécharger le rapport complet ici.

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Comment la publicité offre le corps des femmes pour vendre tout le reste [Aston Martin]

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«Vous savez que vous n’êtes pas le premier, mais vous en souciez-vous vraiment?»

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«Bel» exemple de publicité machiste décomplexée, ici pour des voitures d’occasion de marque Aston Martin.

Sans originalité, certes, puisqu’elle brode sur le vieux thème (moderne, néanmoins) de l’analogie entre les formes du corps féminin et la carrosserie de la voiture, indémodable dans les présentations de prototypes dans les salons de l’auto.

La pose du mannequin ressortit à la pornographie ordinaire: la cuisine fourni le cadre (et les chromes); la dame, occupée à lire on ne sait quoi, fait en sorte de faciliter l’intromission à venir en dégageant ses orifices grâce à une posture qui lui promet la crampe à courte échéance.

Nous sommes chez de vrai(e)s décomplexé(e)s qui ne s’embarrassent ni de culotte (semble-t-il) ni de préjugés religieux ou moralistes.

Le client (eh oui!) sait bien qu’il n’est pas le premier, mais quel homme moderne se soucie encore de virginité!

Qui sait même s’il n’apprécie pas d’être dispensé d’une fastidieuse «période de rodage»…

“L’anarchisme à Cuba”, par Frank Fernandez [suivi de] “Témoignages sur la Révolution cubaine”, par Augustin Souchy

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Étiquette d’une marque de cigares.

Les anarchistes ont participé activement à la lutte contre la dictature de Batista. Les uns au sein des guérillas orientales ou de celles de l’Escambray, au centre de l’île; d’autres ont pris part à des conspirations ou à la lutte urbaine. Leurs désirs étaient les désirs majoritaires du peuple cubain: liquider la dictature militaire et la corruption politique, travailler à l’instauration des libertés nécessaires aux activités politiques et sociales. Personne n’attendait vraiment un changement des structures économiques et sociales du pays.

Dans Proyecciones libertarias, la brochure parue en 1956 citée plus haut, on attaquait Batista, mais on y mentionnait aussi Castro, auquel on n’accordait «aucune confiance», parce qu’il «ne respectait pas ses engagements et qu’il ne luttait que pour le pouvoir». Ce fut pour cette raison que les libertaires avaient établi des contacts clandestins réguliers avec d’autres groupes que le M. 26-7, tout particulièrement avec le Directoire révolutionnaire. Ceci étant, quand les guérilleros remportèrent la victoire, Castro était devenu le leader indiscutable de tout le mouvement, à cause d’une appréciation incorrecte des événements de la part de l’opposition, qui le tenait, avec son modeste programme social-démocrate, pour un mal «contrôlable», nécessaire et provisoire.

Si les libertaires n’appréciaient que modérément la personnalité de Castro, les politiciens, la bourgeoisie, l’ambassade nord-américaine, pour leur part, croyaient pouvoir manipuler le chef guérillero. Quant aux Cubains, une majorité d’entre eux appuyait Castro sans réserves, à un moment de liesse générale, comme si le pays se trouvait aux portes mêmes du paradis. On n’allait pas tarder à se rendre compte qu’il était plutôt dans l’antichambre de l’enfer. À cause du refus apparent de Castro de diriger le gouvernement, on créa, avec son appui, un «gouvernement révolutionnaire», qui s’occupa de «régler leur compte» aux criminels du gouvernement antérieur. On créa les tribunaux révolutionnaires, qui menait des procès sumarisimos à la «demande du peuple», qui prononçaient des arrêts de mort ou infligeaient de longues peines de prison.

Quant au mouvement ouvrier, sous prétexte de purger la CTC [Confédération des travailleurs cubains] des éléments qui aient collaboré avec le régime antérieur, le gouvernement révolutionnaire décide, dès les premiers jours de janvier, d’expulser tous les responsables anarcho-syndicalistes des secteurs de la restauration, des transports, du bâtiment, de l’industrie électrique, etc., malgré leur opposition à la dictature, et bien que certains d’entre eux aient été emprisonnés ou contraints de s’exiler. Cette mesure affecta considérablement un courant libertaire déjà affaibli, sans faire disparaître toutefois tout le prestige dont il avait joui au sein du prolétariat de l’île.

Pour un Centre social libertaire à Cuba!…

Après de nombreuses années, les frontières sont en train de s’ouvrir et les changements à Cuba annoncent de nouvelles possibilités et de nouveaux dangers pour la société cubaine. Il est donc essentiel de renforcer le travail de ceux qui à Cuba défendent un regard critique, anticapitaliste et  anti-autoritaire face au système-monde, ce système qui s’exprime chaque jour avec plus de clarté dans la vie nationale.

Après plus d’une décennie d’activisme social et politique au sein de l’Observatoire critique cubain, et cinq ans de travail au sein  de l’Atelier libertaire Alfredo López (TLAL), nous avons pu identifié la principale difficulté pour nos activités et pour l’expansion de notre intervention au niveau social, il s’agit de l’absence d’un local fixe qui nous permettrai de construire une communauté et de façonner notre identité de façon plus forte et plus durable.

Qui sommes-nous ?

Le TLAL est un collectif spécifiquement anarchiste, qui a maintenu une activité systématique au cours des dernières années, en radicalisant ses propositions et en maintenant un ancrage solide dans la société cubaine et dans ses communautés. Nous avons réussi dans un court laps de temps à organiser annuellement les Journées Printemps libertaires à La Havane, où nous cherchons à conjuguer la pensée et de l’action libertaire ou anarchiste sur l’île. Par ailleurs, nous publions un modeste un journal,  ¡Tierra Nueva!, avec lequel nous essayons non sans quelques difficultés de faire diffuser notre regard contestataire aux gens ordinaires. Ces gens qui forment une majorité à Cuba et qui ne disposent pas d’accès à Internet. Nous essayons aussi de promouvoir l’idéal libertaire, anarcho-syndicaliste et naturiste, présent dans l’histoire du pays avant le triomphe insurrectionnel en 1959, et dont l’influence a été occultée dans les interstices de la Cuba d’aujourd’hui.

En outre, l’un des principaux efforts au niveau organisationnel que nous avons fourni a été la création en mars de cette année, avec d’autres camarades de la région, de la Fédération anarchiste d’Amérique centrale et de Caraïbe, un réseau ayant un grand potentiel d’expansion et de développement.

Maintenir ce rythme dans l’organisation de nos projets et nos actions nécessite un espace physique où nous puissions converger, expérimenter des pratiques qui démontrent ce qu’est la  solidarité, le coopérativisme, l’horizontalité, l’auto-organisation et l’autonomie.

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Que cherchons-nous?

Compte tenu de l’impossibilité à Cuba de louer un espace, l’option que nous proposons est d’acheter un immeuble, une maison ou un appartement, afin de fonder notre Centre social libertaire et une Bibliothèque libertaire.

En plus d’être le siège permanent de l’Atelier libertaire Alfredo López, afin de célébrer des réunions de travail et d’autres activités, le local accueillera une Bibliothèque libertaire. Celle-ci réunira les matériaux que nous avons accumulés durant des années. Ils sont le produit de dons nationaux et internationaux, ou des achats personnels. Nous y inclurons tous types de publications physiques et digitales, autant des périodiques que des éditions uniques, des disques compacts (CD-ROM) et DVD, des films, des documents audio, etc. La priorité sera accordée aux documents reliés directement ou indirectement à l’anarchisme, mais seront également présentés d’autres sujets reliés aux luttes sociales à travers l’histoire, quel que soit le point de vue politique ou la région de création.

Par ailleurs, dans cet espace se dérouleront des actions propres à un Centre social : des conférences, des événements, des réunions, des repas collectifs, des présentations de textes, des fêtes, des vidéo-débats, des rencontres avec les visiteurs étrangers ou nationaux d’autres provinces, des concerts, des lectures, des expositions, des activités productives, entre autres.

De combien avons-nous besoin?

Pour l’achat du local, nous avons besoin d’un total de 12 000 euros. Toutefois, lors de notre récente visite en France (Paris, Toulouse) et en Espagne (Madrid, Móstoles, Séville), grâce à la solidarité des compagnons libertaires, nous avons recueilli près de 1 000 euros. Voilà pourquoi, pour le présent crowdfunding, nous sollicitons vos contributions pour atteindre les 11 000 € (onze mille euros).

Pourquoi demandons-nous?

Parce que nous ne recevons aucun financement de l’État, des institutions gouvernementales, ou des ONG, nous ne voulons pas les recevoir, afin de garantir notre totale indépendance et ne pas être subordonnés à un quelconque programme de politique extérieure. Parfois, nous avons reçu des dons de groupes et d’individus liés à nos principes, de façon désintéressée et inconditionnelle. Nos pratiques ne génèrent aucun profit, bien au contraire. Il est également connu qu’avec le salaire moyen cubain (20 dollars par mois), il est impossible de couvrir le coût élevé d’un logement à Cuba, qu’aucun travailleur honnête, sans exploiter le travail des autres, ne peut se permettre.

Qui recevra le bénéfice direct du travail du Centre social libertaire et de la Bibliothèque libertaire ?

Tout d’abord, tous ceux qui font partie du TLAL, et qui travailleront sans aucune rémunération dans cet espace, y compris les gens qui y vivront directement, et qui prendront soin du local.

Hors du TLAL, c’est la communauté du quartier qui en recevra les bénéfices, étant donné que nous avons l’intention d’établir des liens avec celle-ci, et de mettre notre espace à leur disposition. Nous ne pensons pas qu’un projet de ce type puisse être coupé de son environnement immédiat et des personnes qui l’entourent.

Aussi les projets qui intègrent le réseau Observatoire critique, dans lequel nous restons engagés, auront un espace sûr dans ce local, afin de consolider davantage leur travail.

En outre, les étudiants et les chercheurs auront, principalement dans la Bibliothèque, une source unique et précieuse d’informations cubaines et internationales

Il va sans dire qu’auront leur place dans notre Centre tous les visiteurs libertaires et anticapitalistes arrivant sur l’île, ainsi que ceux ayant besoin de solidarité,.

Ce que nous allons restituer aux contributeurs?

Nous n’avons beaucoup de matériaux à donner en retour, mais nous aurons notre gratitude et nos bonnes vibes. Bien sûr, les donateurs disposeront d’un espace dans notre local et accès à tous les services du nouveau Centre.

En outre, s’ils nous y autorisent, nous inclurons leurs emails sur notre liste de diffusion afin qu’ils puissent recevoir le journal libertaire cubain ¡Tierra Nueva!

Pour ceux qui voudront rendre public leur soutien, nous aurons une liste de remerciements sur notre site web contenant les noms de ceux qui ont aidé à réaliser ce projet. Nous ferons parvenir à chaque contributeur un rapport détaillé sur l’utilisation que nous faisons des fonds collectés.

Votre collaboration est essentielle, si nous voulons promouvoir l’idéal libertaire et anticapitaliste à Cuba et dans la Caraïbe.

Pour contribuer financièrement.