Le capitaine Haddock communique…

De notre envoyé spécial à Moulinsart :

Le capitaine Haddock a fait connaître, tard dans la soirée de mercredi 10 février, sa position définitive à propos des multiples tentatives de détournement dont sont victimes (innocentes!) les œuvres du défunt Hergé.

L’officier de marine estime que ces détournements devraient entrer de droit dans la liste des crimes punis par le texte actuellement en discussion au parlement sur ladite déchéance de nationalité. «Nous disons même plus, a ajouté le capitaine, ils devraient y entrer de droit ».

De son côté, M. Ciotti s’est déclaré intéressé par la position du navigateur. « Il est temps de prendre en compte les racines belges de la France », a-t-il estimé.

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Rennes: un Karnaval contre la valeur

Dans les anciens régimes monarchiques, le carnaval était le moment de l’inversion des valeurs (contrairement au charivari, qui les incarne violemment). Le pauvre était autorisé à moquer le riche et le puissant. À condition de rentrer sagement dans le néant, lui et ses obscènes pitreries, le carnaval une fois terminé. Fascinant, féérique ou horrifique, le défoulement concourait ainsi à l’ordre des choses, des classes et des genres.

La terrorisation démocratique ne tolère plus que les carnavals en chambre (et en clubs privés). Dans la rue, force doit rester à la loi, aux gens d’armes et aux marchands.

C’est ce qu’ont éprouvé et démontré, une fois encore, les carnavaleurs et carnavaleuses de Rennes, en opposition — haut et fort proclamée — à l’état d’urgence et à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Trois carnavaleux ont été condamnés à des peines de prison ferme pour avoir résisté à la police et/ou « dégradé » des bâtiments.

Lorsque l’on visionne le film de Doc du réel, on ne voit pourtant que de beaux masques, des couleurs ajoutées à la ville, des cloisons de verre brisées, des machines à distribuer de l’argent souillées de paille et de peinture, dans la meilleure tradition farcesque et subversive.

Ce que le carnaval de Rennes a symboliquement dégradé, et l’on ne peut qu’y applaudir, c’est bien la valeur. La « valeur de l’argent » dont on attend des parents pauvres (mais « dignes ») qu’ils l’inculquent à leurs rejetons. Banques, entreprises de précarisation de l’exploitation salariée, appareils à produire des supports de valeur[1], ont ainsi « souffert » du passage rageur de celles et ceux qui, d’ordinaire, leur sont asservi(e)s.

Passons sur l’obscénité ridicule (mêlée de soulagement, peut-être) de soi-disant « responsables politiques » qui évaluent frénétiquement sur leurs calculettes à quelle somme s’élève le bilan de la transgression. Somme d’ailleurs purement fantasmatique — comme toute « valeur » —, puisque le système recycle aussitôt en produits d’assurances et devis d’artisans la pseudo « facture » des événements.

Il ne vaut rien, ce monde où l’air, l’eau et la compassion ont été transformées en marchandises, où la « valeur » estimée de chaque chose, de chaque geste, de chaque sentiment, sert de base au calcul de l’exploitation du travail.

Vandales, casseurs et émeutières de Rennes l’ont exprimé dans la rage et la joie. Ils et elles méritent par là toute notre sympathie.

 

 

[1] Justement dénommées « tirettes », puisque l’utilisateur/trice se fait traire.

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PS. Un problème technique indépendant de ma volonté a provoqué dans un premier temps une substitution d’un texte à un autre, avant que la situation puisse être rétablie et le bon texte (ci-dessus) publié avec la vidéo correspondante.

Une lecture : Jean-Marie Apostolides “Debord, le naufrageur”, par Gédicus

On lira ci-dessous le début de la chronique consacrée par l’ami Gédicus au dernier en date des livres consacrés à Guy Debord. Capture d’écran 2016-02-05 à 23.39.35

Guère passionné par les «Debordiana», j’ai lu avec intérêt le texte de Gédicus. Il semble que la mode lancée par le déplorable et non-regretté Michel Onfray, je veux dire la pseudo iconoclastie low cost, s’étende en son absence (provisoire, je le crains).

On consultera avec profit l’intégralité du texte de Gédicus sur son blogue.

Debord Séparation B

Scène d’un film de Debord sous-titré en anglais.

Ben, dis donc. L’était pas joli, joli le grand théoricien ! Mégalomane, égoïste, capricieux, mesquin, macho, méchant, violeur, etc. Un affreux Jojo. Et toi tu t’intéresses aux théories de ce mec là ? T’es pas bégueule ! Moi, un mec comme ça, je ne vais pas lire ses livres ! Et je me méfierai de tout ce qui y fait référence !

Si le livre d’Apostolides a une fonction, quelle que soit son ambition proclamée, c’est évidemment celle-ci. Après ces formes d’assassinats de Debord qu’ont été son éloge spectaculaire et sa muséification, vient cette autre attaque : la « découverte » de cheveux, et même de perruques pouilleuses, dans la soupe concoctée par Debord et les situationnistes.

Il y a quelques années, de sévères historiens ont voulu nous dissuader de l’envie de lire Karl Marx en nous révélant qu’il « sautait sa bonne » (sans imaginer, bien sûr, que ce cliché profondément bourgeois puisse être la caricature d’une relation peut être plus amoureuse). D’autres ont voulu provoquer le refus de lire Rimbaud parce que, sur la fin de sa vie, il avait été (mauvais) trafiquant d’armes. Certains ont trouvé que les écrits de Bakounine ne méritaient aucun intérêt parce que c’était un pique-assiette. Etc.

Aujourd’hui Apostolides s’emploie tapageusement à déboulonner la statue de Debord que celui-ci a consacré sa vie à sculpter et édifier.  On pourrait y voir une saine entreprise de démystification. D’autant plus qu’elle prétend appliquer à Debord les critères qu’il avait énoncés réclamant une cohérence entre les idées et les comportements.  Mais l’évident  parti pris de départ de ce travail : prouver à quel point l’adoré des pro-situs était peu digne de respect, invite à regarder ce livre avec beaucoup plus de circonspection. Car tout dans cette prétendue biographie démontre qu’Apostolides n’a qu’un but : le dénigrement systématique.

Loin de vouloir sereinement examiner l’objet de son « étude », dont il fait en réalité une cible, Apostolides part d’un a priori : Debord voulait être un chef absolu et c’est ce qui expliquerait tous ses comportements et ce qu’Apostolides analyse comme sa profonde roublardise. Tout le livre ne vise qu’à cela. Apostolides traque littéralement tout ce qui pourrait confirmer sa thèse.  Certes, celle-ci est fortement étayée de nombreuses anecdotes, bien que certaines ne se fondent que sur des suppositions,  mais ses conclusions étaient écrites dès le départ et orientent tout le propos. Tous les documents choisis ne le sont que pour être des preuves à charge.

Selon Apostolides, les engagements de Debord ne s’expliqueraient que par des calculs pour soutenir son goût du pouvoir et tous ceux qui ont été ses alliés, à commencer par les situationnistes, n’auraient été que gogos manipulés dans ce but. Ainsi, toute l’histoire d’un mouvement avec ses engagements, ses audaces, son talent, tout autant que ses débats, ses hésitations, ses faiblesses, se trouve occultée pour servir le mauvais roman d’Apostolides. […]

Les femmes agressées à Cologne étaient «parfumées»…

Je donne ci-dessous un extrait du bulletin n° 9 du Mouvement communiste/Kolektivně proti Kapitălu qui revient sur les agressions sexistes massives commises par des immigrés à Cologne, en Allemagne.

L’intégralité du texte est téléchargeable ici, au format pdf.

 

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Si tous les migrants ne sont pas des agresseurs, les femmes vivant en Allemagne et plus largement en Europe ne sont pas non plus les seules à subir les outrages de ces hommes. Faut-il rappeler que sur le chemin de l’exil, des milliers de femmes migrantes subissent actuellement la violence sexuelle de leurs «compagnons» de route et de leurs maris qui prostituent leur corps afin de payer les passeurs – violence à laquelle s’ajoutent celles des policiers, douaniers et gardiens de centres de transit. La comparaison avec ce qui s’est produit sur la place Tahrir ou à Tunis – où des femmes ont été humiliées et violées lors des mouvements de révolte sociale et démocratique, en 2011 – est limitée.

Là, les attaques étaient directement politiques, contre des femmes qui sortaient parfois pour la première fois sur la place publique et avec un mouvement islamiste visible et organisé.

Cela dit, les hommes réunis le soir du 31 décembre constituent potentiellement une des bases sociales de l’islamo-fascisme pour qui la question des femmes constitue un enjeu majeur. La conception machiste et rétrograde de la « femme impie, source de pêché », défendue par les islamistes politiques violents pourrait servir de justification à de tels actes.

« Les événements du nouvel An sont de la faute des filles, parce qu’elles étaient à moitié nues et qu’elles étaient parfumées. Ce n’est pas surprenant que les hommes aient voulu les attaquer. [Habillées ainsi] c’est comme mettre de l’huile sur le feu », a déclaré l’imam salafiste de Cologne, Sami Abu-Yusuf, à la chaîne de télévision REN TV4.

 

Femme sortant d'une boîte

La publicité patriotarde…

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Belle époque que nous vivons ! Mais si, je vous assure !

Tenez, la publicité par exemple, eh bien, au lieu de vous infliger une femme nue vue par le trou d’une serrure, l’artisan serrurier moyen use désormais martialement du drapeau tricolore.

Et d’un fier slogan: «Vive la France».

Saoul comme une grive, j’ai laissé tomber mes clefs dans l’égout ? J’ai claqué la portière de ma voiture dessus ?

«Vive la France» Monsieur !

Et hop… C’est le moderne «Sésame ouvre-toi !» (tarifs sur demande).

Qui plus est, on sait à qui on a affaire !

En faisant appel à un artisan patriote, vous évitez tout risque de tomber malencontreusement sur un islamiste malintentionné.

Comme disait l’autre, c’est appréciable !

 

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«OUVERTURE DE PORTE» & fermeture des esprits.

[Carton trouvé dans ma boîte à lettres.]