“Kurdistan, la guerre des filles” ~ projection-débat au Rémouleur

Vendredi 27 janvier 2017 à 19h. Projection du documentaire Kurdistan, la guerre des filles, de Mylène Sauloy (2016, 53 mn), suivie d’une discussion en présence de la réalisatrice et d’une militante-combattante kurde.

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De Paris à Kobané, en Syrie, du Kurdistan de Turquie au Sinjar en Irak, une immersion dans le mouvement des femmes kurdes, héritières d’une longue tradition de résistance.

On se souvient du courage des femmes kurdes des Unités de défense féminines (YPJ) qui avaient combattu pour libérer la ville symbole de Kobané, en Syrie, du joug « djihadiste ». Aujourd’hui, kalachnikov en main, elles poursuivent leur résistance face à Daech, dans le Rojava, le Kurdistan syrien, comme au Sinjar, en Irak. Leur slogan ? « Femmes ! Vie ! Liberté ! »

Mais cette armée de femmes qui porte le projet d’une société affranchie du patriarcat, s’inscrit dans un mouvement de résistance déjà ancien, créé il y a bientôt quarante ans en Turquie autour de Sakine Cansiz. Cofondatrice du PKK, assassinée, avec deux autres militantes kurdes à Paris le 09 janvier 2013.

Suivant depuis plus d’une décennie ces femmes kurdes, Mylène Sauloy est allée une nouvelle fois à leur rencontre fin 2015, et s’emploie ici à restituer pas à pas leur héritage. Jeunes recrues ou plus anciennes, ces femmes défendent dans le même mouvement, la liberté et l’égalité.

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Le Rémouleur
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“LA FABRIQUE DU MUSULMAN” ~ Contre la racialisation et la piétisation de la lutte des classes

IL Y A DES LIVRES UTILES…

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Des livres qui tombent à point, comme le mot qu’on avait sur le bout de la langue, comme l’idée qu’on voulait mettre en phrases, comme l’arme que la main tâtonnante trouve au bon moment dans la bagarre.

Il y a des livres salubres, rafraîchissants, comme un courant d’air frais ou un verre d’eau dans la touffeur de l’été. Ils offrent la satisfaction de se sentir reprendre possession de son corps et de son esprit dans un temps d’orages oppressants.

Il y a des livres nécessaires, qui pour cette raison même seront combattus, souvent sans avoir été lus.

Il faut pour les écrire et les publier des auteurs et des éditeurs courageux, qui ne cèdent ni aux modes intellectuelles — niaises et abêtissantes — ni aux facilités militantes — honteuses et contreproductives —.

La Fabrique du musulman, le livre de Nedjib Sidi Moussa, publié chez Libertalia (format poche, 147 p., 8 €), est de ceux-là.

À l’heure où l’on trouve des «anarchistes» pour affirmer que le slogan «Ni dieu ni maître» peut être considéré comme «raciste», c’est un livre utile, salubre, et nécessaire.

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Essai sur la confessionnalisation et la racialisation de la question sociale.

La fixation permanente sur les présumés musulmans, tantôt dépeints comme des menaces à l’ordre public ou des victimes du système – parfois les deux à la fois –, s’inscrit complètement dans le réagencement en cours de la société française. Car le vrai “grand remplacement” concerne celui de la figure de l’Arabe par celle du “Musulman”, de l’ouvrier immigré par le délinquant radicalisé, du “beur” engagé par le binational déchu.

En revenant sur les processus à l’œuvre depuis une quinzaine d’années, cet essai souligne le rôle des politiques, toutes tendances confondues, dans la propagation d’une fièvre identitaire qui brouille les clivages économiques et sociaux. Il interroge l’inclination de certaines tendances de la « gauche de la gauche » qui s’allient par opportunisme ou aveuglement avec des courants réactionnaires censés représenter les quartiers populaires. Il met en lumière l’action combinée de racistes, antiracistes et entrepreneurs communautaires qui conduit à la formation d’une nouvelle caste travaillée par les obsessions religieuses ou raciales. Et cela, à l’image du reste de la société fragilisée par les politiques antisociales des gouvernements et apeurée par le terrorisme islamiste.

L’auteur

Nedjib Sidi Moussa est né en 1982, à Valenciennes, dans une famille de réfugiés messalistes. Engagé à gauche, il a été assistant d’éducation, analyste politique et enseignant dans plusieurs universités. Docteur en science politique, il a fait paraître une dizaine d’articles scientifiques sur l’Algérie. Il écrit également de la poésie.

Présentation du livre à la librairie Publico, le 26 janvier, à 19h30.

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