Manifestation: Le Grand Jeu

Le Grand Jeu a lieu tous les samedis à Paris. Pour des raisons de synchronisation des montres, le départ peut avoir lieu dès 9h.

Les points de départ fleuriront au moment opportun, soyez attentifs.

Lisez bien la règle du jeu jusqu’au bout !

LES JOUEURS

Vous êtes l’équipe JAUNE : les manifestants. Votre but : faire tourner la contestation en faveur de votre équipe. Pour cela, vous devez faire entendre votre voix et vos revendications tout en essayant de rallier un point symbolique de contestation, où celle-ci aura plus d’impact. L’équipe jaune est autonome, bruyante, nombreuse et inventive. Son fonctionnement est non-hiérarchique. Le port du maillot jaune y est très répandu, mais pas obligatoire.

Ses points forts : le nombre, l’autonomie, la diversité des stratégies personnelles, la mobilité, l’imagination.

LES ADVERSAIRES

L’équipe POURPRE règne sur l’intégralité du plateau. Votre contestation ne lui plait pas, elle essaie donc de la museler et fait la sourde oreille tout en prétendant être de votre côté. L’équipe pourpre dispose d’une force considérable qui la protège et vous maintient à distance : l’équipe bleue. C’est elle que vous croiserez principalement sur le plateau.

L’équipe BLEUE a pour but de contrer votre action. Pour cela, elle essaie d’empêcher vos déplacements sur le plateau et vos revendications d’être entendues. Elle est mieux équipée que l’équipe jaune, et peut même tenter de vous sortir du jeu. L’équipe bleue est fortement hiérarchisée et ne peut agir que sur ordre de ses supérieurs, eux mêmes pilotés par l’équipe pourpre.

Leur point fort : disposent d’une large palette de moyens humains, technologiques et administratifs pour vous arrêter, vous punir, vous diviser, vous discréditer et vous faire croire que vous êtes seul et que votre revendication n’est pas légitime.

DÉBUTER LA PARTIE

L’ÉQUIPE JAUNE EST RÉPARTIE EN GROUPES. Vous pouvez rejoindre n’importe quel groupe. Les groupes ne sont déterminés que par leur point de départ. Les points de départ sont donnés 1h avant le début de la partie. Le départ à lieu si possible à l’heure dite, tout retard favorisant une intervention de l’équipe bleue. Rien ne vous empêche de créer votre propre point de départ et de rallier ensuite un autre groupe, ou de former votre propre groupe.

En tout que groupe, vous devez progresser vers un point symbolique de contestation tout en faisant entendre au maximum vos revendications.

LA CARTE COLLABORATIVE

C’est l’outil de stratégie central du Grand Jeu. Elle est accessible ici.

Vous devez la mettre à jour le plus régulièrement possible. Elle permet aux joueurs isolés de rejoindre un groupe et aux groupes de se rejoindre. Elle permet également de signaler la présence de l’équipe bleue et les points de confrontation entre les deux équipes.

Gardez à l’esprit que l’équipe bleue, parfaitement équipée en dispositifs de surveillance, vous retrouvera toujours même si vous ne mettez pas la carte à jour. L’équipe jaune est donc la seule désavantagée quand la carte n’est pas mise à jour.

LES DÉPLACEMENTS

Chaque groupe progresse dans la direction générale d’un point symbolique de contestation, ou simplement sur un axe de circulation important afin d’en perturber le bon fonctionnement. Plus le mouvement du groupe est spontané et rapide, plus il est efficace.

VOS ATOUTS

  • Faire bloc
    Vous rencontrerez chez certains membres de votre équipe des stratégies et opinions personnelles qui seront différentes des vôtres : essayez néanmoins de les respecter et gardez à l’esprit que l’union fait la force.
  • Être mobiles et imprévisibles
    L’équipe bleue doit souvent déplacer ses véhicules et équipements, et perd du temps à coordonner ses déplacements. Étant à pieds, l’équipe jaune peut se montrer plus agile et plus mobile. Cet atout peut être une faiblesse (vous êtes moins rapides qu’un véhicule), à vous d’en tirer parti.
  • Utiliser la carte
    Ne tergiversez pas pendant des heures sur la direction à prendre. Regardez la carte et improvisez en fonction des positions de votre équipe et de celles de l’équipe bleue. Si vous repérez un groupe qui s’approche d’un point symbolique de contestation, il peut être pertinent d’essayer de le rejoindre même si ce n’est pas le point le plus proche de vous.
  • Diffuser l’information
    Par tous les moyens à votre portée, relayez au maximum votre action afin que la visibilité soit maximale.

STRATÉGIE EN CAS DE BARRAGE DE L’ÉQUIPE BLEUE

Plusieurs possibilités. Dans tous les cas, il est important que le groupe ne se scinde pas et ne perde pas (trop) de temps à étudier les différentes possibilités.

Suggestion : accepter que tous les moyens sont bons pour atteindre l’objectif et suivre le mouvement spontané du groupe.

1. S’il en a le temps et la possibilité, le groupe peut changer de direction pour éviter le barrage et continuer à avancer.
2. Le groupe peut garder le cap et essayer de passer le barrage. Si une confrontation s’engage, il peut :
3. Choisir de tenir la position et ainsi mobiliser une partie du dispositif de l’équipe bleue pour faciliter la progression d’autres groupes ET/OU
4. Émettre un SOS à l’intention des autres groupes, qui peuvent converger dans cette direction. OU
5. Repartir d’un bloc dans une autre direction (attention à ne laisser personne derrière !)
6. Le groupe peut se disperser et rejoindre d’autres groupes.

POINTS SYMBOLIQUES DE CONTESTATION

  • L’Élysée
  • L’Assemblée Nationale
  • Le Sénat
  • La Banque de France
  • L’hôtel de ville
  • La place de l’étoile
  • Le périphérique et les gros échangeurs
  • Le ministère des finances
  • Les palais de justice
  • Le ministère de la défense
  • Matignon

(liste non-exhaustive)

CONSEILS ET ASTUCES

  • Plus il y a de groupes, plus la tâche est difficile pour l’équipe bleue. Néanmoins, pour plus d’efficacité, il est conseillé aux groupes de moins de 100 personnes de rejoindre un autre groupe, par exemple le plus proche géographiquement, ou encore un groupe lançant un SOS. Utiliser la carte collaborative pour se repérer.
  • Venez équipé pour la marche et contre les intempéries et les petits bobos qui peuvent se produire dans un jeu grandeur nature. Prévoyez un peu large afin d’en faire profiter les moins bien équipés.
  • La mise à jour de la carte collaborative nécessite un moyen d’accès à internet : smartphone, tablette, mise en place de relais d’informations par sms, talkie-walkie, pigeons voyageurs, signaux de fumée… Soyez créatifs (mais anonymes).
  • Soyez fair-play et évitez tout comportement discriminatoire au sein de votre équipe. C’est contre-productif et vous marquez des points pour les autres équipes.
  • Relayez les règles du jeu afin d’avoir le maximum de joueurs.

SI VOUS ÊTES DANS UNE AUTRE VILLE

Adaptez-y librement le grand jeu !
Vous pouvez nous contacter pour en discuter si vous voulez, et puis on sera ravis de relayer vos points de départ…

“L’ÉCHAUDÉE” n° 8 paraît ~ Et toujours de vrais morceaux de Claude Guillon dedans…

L’Échaudée s’intéresse dans ce numéro…
  • Aux révoltes intenses et communicatives qui emplissent les rues (Amaredine Mudejar) – À l’auto-organisation dans les luttes sociales (autour du livre de Charles Reeve, Le Socialisme sauvage, paru chez l’Échappée) – Aux soubresauts politiques en Arménie (avec Jean-Luc et Varduhi Sahagian) – À la littérature populaire où l’étrange étrangeté côtoie les tentations multiples (Alain Joubert).
  • Le grand livre des maudits écrits est augmenté des écrits de Manuel Anceau, Julien Bal, Alfred Jarry et de Claude Guillon.

 

  • Le cabinet des curiosités imagées s’étoffe avec Cornelia Eichhorn, Balthazar Kaplan, Lacassinière, Eve Mairot, LL de Mars, Benjamin Monti, et Barthélémy Schwartz.

 

 

Un mystère éclairci…

Pourquoi les dites «forces de l’ordre» n’ont-elles pas fait usage, samedi dernier, du fameux «liquide incapacitant» dont étaient pourvus les véhicules blindés de la gendarmerie?

La réponse est simple, et pour une fois peut-être à l’honneur du président de la République Emmanuel Macron…

N’écoutant que son courage, en effet, tel le général Massu s’infligeant à lui-même des chocs électriques (c’est ce qu’il disait du moins!), ou peut-être simplement sa prudence politique, le président aurait exigé de tester le fameux liquide. Hélas! tombé dedans lorsqu’il était petit, M. Macron n’aurait pu, sans danger pour sa vie, se livrer à l’expérience. Son médecin personnel et son épouse ont su trouver les mots pour l’en dissuader.

Le suspense demeure entier quant à l’usage éventuel du «liquide incapacitant» lors du prochain acte de la mobilisation des «Gilets jaunes». L’exécutif en prendra-t-il la responsabilité alors que l’absence de test est désormais avéré?…