Aujourd’hui au Lieu-dit, la fête d’“Handi-Gang”, le livre de Cara Zina

Aujourd’hui, à partir de 18h 30, au Lieu-dit, 6 rue Sorbier, 75020 Paris, Cara Zina présentera son ouvrage et répondra aux questions.

Virginie Despentes lira des passages du livre.

Fred Alpi chantera.

Des jeunes handicapés se révoltent contre la condition que leur fait le monde “valide” et emploient l’action directe pour régler le problème de l’accessibilité aux logements, aux bars et aux salles de concert.

Ils n’ont pas connu le Comité de lutte des handicapés, créé au printemps 1973, ni le journal Handicapés méchants lancé un an plus tard, alors ils se reposent toutes les questions stratégiques et morales auxquelles leur révolte et leur envie d’en découdre les confrontent.

Valides, ils ne le sont peut-être pas, mais vivants, très!

L’écriture roborative de Cara Zina les rend sympathiques. Ils font, comme on dit, plus envie (de vivre) que pitié.

Une preuve de plus que la littérature peut pallier le désenchantement d’une époque. Après lecture, à nous de jouer…

“VIVANT !” ou “Une reconnaissance officielle bien méritée”

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À l’approche et à l’occasion de mon soixante-quatrième anniversaire, le 17 septembre, la Bibliothèque nationale et le site Gallica ont souhaité me rendre un hommage appuyé — pour l’ensemble de mon œuvre [1] ! — en publiant sur Twitter le portrait de moi que je reproduis ci-dessus.

Je ne peux qu’exprimer mon émotion sincère devant une aussi charmante initiative, qui fait la nique aux médisants et aux envieux, et tranche par ailleurs avec les déplorables errements iconographiques de Google.

Certes, la photo utilisée commence à dater un peu, mais je pense qu’on pardonnera aux auteurs la délicatesse de leur intention.

Sans doute faut-il attribuer à la même élégance d’esprit l’approximation sur mon âge réel…

En revanche, je suis obligé de démentir l’information concernant mon lieu de naissance (Paris), qu’une vérification, à laquelle il était aisé de procéder auprès de moi, eût permis de rectifier.

Il est vrai que l’effet de surprise en eût cruellement pâti !

Quant au reste, eh bien ma foi, c’est tout moi !

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[1] La Belle me fait remarquer qu’en indiquant aussi ostensiblement les homme-lion-detailŒuvres publiées sous le pseudonyme «Shakespeare» en couverture du volume que je tiens dans la main gauche, la Bibliothèque nationale et Gallica ont un peu vite — et sans me consulter — vendu la mèche.

Il est vrai, mais baste ! comme dit mon copain Eugène, la chose se serait sue un jour ou l’autre…

J’en profite pour signaler la ressortie prochaine, en poche, aux éditions Libertalia, de La tragique histoire de Boléro et Nuisette, avec une préface de William Blanc, l’appareil critique de Fred Alpi, et des illustrations de Bruno Bartkowiak.

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Moment constituant, niaiseries démocratiques & lutte des classes

Je me trouvais, hier, place de la République, en fin d’après-midi, contraint d’écouter d’une oreille (la gauche, qui plus est!) l’«atelier» improvisé par des inconnus (de moi) qui prétendaient s’inspirer des leçons de la Révolution française pour envisager les conditions d’un nouveau moment constituant, en 2016. Ça n’est pas exactement comme ça que j’aurais posé le problème, d’ailleurs exposé par un spécialiste du droit, mais j’ai tout de même tendu la gauche.

À une question, qui m’a paru confuse, sur les rapports entre constitution et lutte de classes, le juriste avide de nouvelle constitutionnalité a doctement répliqué que, bien sûr, la lutte de classes «ça eût existé», et même payé, probablement, mais qu’aujourd’hui «la majorité des Français ne se reconnaissent pas dans la lutte des classes, et que donc on ne peut pas en tenir compte» (je résume de mémoire).

Cette manière de voir est particulièrement sotte, et ce pour plusieurs raisons.

  1. Qui a dit que la lutte des classes est une «opinion», à propos de laquelle il suffirait d’«enquêter» pour savoir… quoi d’ailleurs? Si elle existe? Si elle est à la mode? Si les «Français» l’aiment un peu, beaucoup, passionnément?
  2. La lutte des classes est un concept, qui rend compte des rapports de force réels dans la société, en fonction d’intérêts contradictoires de différents groupes sociaux, dénommés «classes».
  3. L’apparent hyperdémocratisme maniaque que reflète la position du juriste évoqué ci-dessus signifie simplement qu’il confond la sociologie et les «enquête produits» commandés par les marchands de soupe (et autres produits).
  4. Il peut être intéressant de savoir comment évolue la perception par les habitant(e)s d’un pays de phénomènes comme les discriminations de genre ou le racisme. Mais si, d’aventure, personne n’avait remarqué que les rémunérations féminines sont moindres que celles des hommes, cela n’annulerait nullement cette preuve indubitable d’une domination masculine persistante.
  5. Il s’agit de surcroît d’un mensonge. Si l’on prétend s’intéresser aux sondages d’opinion (ce qui est le cas du juriste, pas le mien), force est de constater que tout se passe à rebours de ce qu’il prétend (voir ci-dessous).

Dernier sondage Odoxa, La lutte des classes reste d’actualité (Par AFP) – Sept Français sur dix considèrent que « la lutte des classes est une réalité en France » aujourd’hui, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien, France Info et MCI, publié vendredi 29 avril 2016.

À deux jours du 1er mai, 69% des personnes interrogées estiment que « la lutte des classes est une réalité en France à l’heure actuelle », un avis partagé dans les mêmes proportions quelle que soit leur sympathie politique.

Invités à dire si eux-mêmes se sentent « concernés par la lutte des classes », 59% des Français répondent oui (69% chez les sympathisants de gauche, 68% chez les sympathisants du FN et 42% chez les sympathisants de droite).(*)

On voit par là, en creux, combien le concept de lutte de classes conserve, non seulement son évidence quotidienne pour quiconque s’intéresse à la vie réelle des gens, mais aussi son utilité politique et théorique, tant il effraie les «démocrates». Ces gens-là sont prêts à recueillir des tendances, des humeurs, et même probablement des cahiers de doléances… pourvu que rien ne vienne rappeler l’inéluctable renversement du système capitaliste pour qui prétend instituer d’autres rapports sociaux.

La lutte des classes existe, on la rencontre partout — notamment dans les tribunaux, que notre juriste ne doit guère fréquenter. La seule question est de savoir qui la gagnera.

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(*) Merci à Fred Alpi, qui m’a signalé ce sondage.