RENDEZ-VOUS DE CLAUDE [4] ~ “Espagne 1936-1937. Quand la révolution s’incline devant l’économie”, avec Myrtille, giménologue ~ MARDI 26 NOVEMBRE

Pour la quatrième édition des «Rendez-vous de Claude», je reçois Myrtille, autrice d’une trilogie sur Les chemins du communisme libertaire en Espagne aux Éditions Divergences.

Elle parlera plus spécialement des années décisives 1936-1937, quand la bureaucratie de la Confédération nationale du travail (CNT, anarcho-syndicaliste) a renoncé à défendre des objectifs révolutionnaires, cédant tout à la fois à un pseudo-réalisme économique et à la priorité de la guerre sur la révolution. Le résultat est connu: le prolétariat espagnol a perdu et la guerre et la révolution. Certes, la coalition fasciste internationale, l’attentisme hostile des démocraties et le sabotage stalinien, militaire et policier, ont pesé lourd dans la balance. Mais certains anarchistes ont renoncé devant l’obstacle aux objectifs maintes fois ressassés et beaucoup de camarades, beaucoup des nôtres sont morts pour des idées qui ne sont pas les nôtres.

À quoi bon se réclamer de l’anarchisme si c’est pour, le moment venu d’appliquer ses idées à grande échelle, collaborer aux structures de l’État au lieu de l’abolir, et militariser le travail au lieu de supprimer l’économie et le salariat? S’agit-il de la trahison ou de la débandade de quelques-un·e·s ou bien l’anarchisme a-t-il démontré son inutilité, voire sa nocivité, cantonné au statut d’idéal trompeur? A-t-il révélé son caractère d’utopie, au sens de projet imaginaire réalisable nulle part ou demeure-t-il une utopie programmatique inspirante et mobilisatrice? À défaut de trouver des réponses à ces questions fondamentales, non seulement pour les libertaires, mais pour toutes celles et tous ceux qui n’ont pas renoncé au projet d’abolition du capitalisme et de construction de rapports humains désaliénés, nous tenterons d’apporter des éclairages à partir des enseignements de la révolution espagnole.

Les livres de Myrtille seront disponibles à la vente.

Myrtille fait partie du groupe des «Giménologues», du nom d’Antoine Gimenez, dont les souvenirs d’Espagne ont été publiés chez Libertalia, sous le titre Les Fils de la nuit.

 

“LE PIRATE”, publication de l’Union des travailleuses et travailleurs antitautoritaires (UTTA)

J’ai un défaut (mais parmi tant de qualités!), ce que je n’ai pas sous les yeux, en fait de revues, livres etc. bref en fait de papiers, je l’oublie (non, «Loin des yeux, loin du cœur», ça ne fonctionne pas avec moi pour les êtres de chair et de sang; heureusement!).

Un camarade m’avait remis, à la rentrée dernière, cette livraison du Pirate, conçue durant la deuxième quinzaine d’août 2018… mais le bougre s’était habilement glissé sous une pile de paperasses.

Le voici de nouveau à la surface, fendant fièrement les flots, avec un mot d’ordre dont vous constaterez qu’il est au moins autant d’actualité aujourd’hui qu’il y a cinq mois!