Handicap et éros technicien

Peut-être cet «habit de plaisir» (je déforme poétiquement son appellation) pourra-t-il rendre service à certaines personnes handicapées et c’est tant mieux, mais quelle triste adaptation technique des utopies érotiques!

Notons, même si les concepteurs n’y sont pour rien, que cette machinerie sophistiquée n’amoindrit nullement le contrôle des proches ou des soignants, seuls à décider combien de fois (par jour? par semaine? par mois?) il est raisonnable d’en user…

Nul doute que des valides souhaiteront étendre le champ de leurs expériences sensorielles grâce à son usage. On voudra bien prendre au pied de la lettre l’expression suivante: Grand bien leur fasse!

Aujourd’hui au Lieu-dit, la fête d’“Handi-Gang”, le livre de Cara Zina

Aujourd’hui, à partir de 18h 30, au Lieu-dit, 6 rue Sorbier, 75020 Paris, Cara Zina présentera son ouvrage et répondra aux questions.

Virginie Despentes lira des passages du livre.

Fred Alpi chantera.

Des jeunes handicapés se révoltent contre la condition que leur fait le monde “valide” et emploient l’action directe pour régler le problème de l’accessibilité aux logements, aux bars et aux salles de concert.

Ils n’ont pas connu le Comité de lutte des handicapés, créé au printemps 1973, ni le journal Handicapés méchants lancé un an plus tard, alors ils se reposent toutes les questions stratégiques et morales auxquelles leur révolte et leur envie d’en découdre les confrontent.

Valides, ils ne le sont peut-être pas, mais vivants, très!

L’écriture roborative de Cara Zina les rend sympathiques. Ils font, comme on dit, plus envie (de vivre) que pitié.

Une preuve de plus que la littérature peut pallier le désenchantement d’une époque. Après lecture, à nous de jouer…