Anne Vanderlove nous a quitté·e·s – comme l’on dit – le 30 juin dernier

L’ami Gédicus, qui m’apprend cette triste nouvelle que j’ignorais joins à son message les paroles d’une belle chanson, Dites-moi, dont je n’ai pas trouvé d’enregistrement correct.

Salut à Anne Vanderlove (11 décembre 1943 – 30 juin 2019) 

 Dites-moi, vous l’aviez pourtant le cœur à rire
Dites-moi, vous l’aviez pourtant le cœur aux dents
Et puis du cœur aux yeux, tant de choses à dire
Quand vous aviez couleurs du Grand Meaulnes et du vent
Mais de sables en dunes, et d’automnes en pluies
Grand Meaulnes s’est enfui
Et votre adolescence frêle l’a suivi

Dites-moi, vous l’aviez pourtant le cœur à vivre
Dites-moi, vous l’aviez pourtant le cœur aux dents
Quand on vous a montré les grands mots dans les livres
Qui renversent les murs, vieillissent les enfants
Mais les enfants sont morts et les fusils rouillés,
Les chemins délaissés
Et déjà sur la pierre
L’herbe s’est fermée

Dites-moi, vous l’aviez pourtant le cœur à rire
Dites-moi, vous l’aviez pourtant le cœur aux dents
Et puis du cœur aux yeux, tant de choses à dire
Que vous auriez bien pu faire un peu mieux vraiment,
Dites-moi, qu’avez-vous fait de tant de saisons ?
Vos jardins, sans façon
Vous déchirent le cœur
A grands coups de chardon.

“Il fait chaud, on peut pas s’fâcher”!

 

Chanté par les Frères Jacques, ce texte charmant de Jacques Grello (sur une musique de Guy Béart) …hymne discret à l’amour libre.

Rafraîchissant!

 IL FAIT BEAU

Quand le soleil s’est levé là-bas derrière Pantin
Ça n’a été qu’un cri dans le petit matin
« Il fait beau »
Les oiseaux de Paris filochant ventre à ciel
Aux quatre coins d’la ville ont porté la nouvelle
« Il fait beau »
De la Muette à Pigalle, on se l’est répété
Une bonne nouvelle ça vaut l’coup d’en parler
« Il fait beau, il fait beau »
Et tout Paris bientôt fredonne obstinément
Ce refrain de trois mots monotone et charmant
« Il fait beau », tout l’monde est content

Puis le soleil joyeux montant un peu plus haut
En fin de matinée y a quèqu’ chose de nouveau
Il fait chaud
Ça s’aggrave d’heure en heure, bientôt nous étoufferons
On a un p’tit peu d’air quand y passe un avion
Il fait chaud
Les femmes sont adorables, comment peuvent-elles ranger
Dans si peu de tissu tant de choses à toucher ?
Il fait chaud, il fait chaud
Partout dans les bistrots on prépare les grands verres
On a beau être content, on s’fait monter de la bière
Il fait chaud, faut jamais s’en faire

Délaissant avant l’heure son torride bureau
L’ami Gaston chez lui est rentré bien trop tôt
Il fait chaud
Il a trouvé sa femme seule avec un monsieur
A part le drap du d’ssus, ils n’avaient rien sur eux
Il fait chaud
Gaston restait sans voix, sa femme ne disait rien
Alors l’autre type a dit « Y a qu’ comme ça qu’on est bien »
Il fait chaud, il fait chaud
« Vous croyez ? » dit Gaston, « Je peux vous l’affirmer »
Gaston s’est dévêtu et tout s’est arrangé
Il fait chaud, on peut pas s’fâcher

Puis enfin c’est le soir, assis d’vant leur maison
Les concierges déclarent avec satisfaction
« Il fait bon »
Dans le ciel assombri, les hirondelles font,
En poussant des p’tits cris, une partie d’saute-moucherons
Il fait bon
Puis le soleil pressé disparaît vers Saint-Cloud
‘L a l’tour du monde à faire, faut qu’il en mette un coup
Il fait doux, il fait doux
Il a pas d’ temps à perdre s’il veut être rev’nu d’main
On compte sur lui d’ bonne heure, là-bas derrière Pantin
Il f’ra beau, il f’ra beau

Il f’ra beau
Ca nous plaira bien

 

…danses et sons qu’ont fondu

SPIME est un projet de rencontre et de construction de réseaux des musiques improvisées au niveau européen, porté par le collectif Le Fondeur de son (LFDS). Pendant une semaine de résidence des musiciens et danseurs européens travailleront ensemble.

Trois jours sont consacrés à des jam sessions dont l’objectif est la rencontre entre nos invités européens et des musiciens de la scène parisienne – et plus largement française – des musiques improvisées.

Musiciens et danseurs européens invités

Paulo Chagas (Portugal) : sax
Jonathan Aaderstrup (Danemark) : contrebasse
Marcello Magliocchi (Italie) : drums
Carlo Mascolo (Italie) : trombone
Mya Dyberg (Danemark) : sax
Elena Waclawiczek (Autriche) : danse
Anna Adensamer (Autriche) : danse
Agnes Distelberger (Autriche) : danse

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Musiciens et danseurs français invités
Yaping Wang : yang qin
François Wong : sax
Andrew Crocker : trompette
Blaise Powell : danse
Noémie Lambert : danse
Erwin Toul : batterie
Marguerite Gauthier : clarinette
Alexandre Duclosel : clavier
Marcio Gibson – batterie

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Membres du collectif LFDS présents
Yoram Rosilio – contrebasse
François Mellan – tuba
Nicolas Souchal – trompette
Niels Mestre – guitare
Pierre Yves Baudin – sax, clarinette
Florent Dupuit – sax
Jérôme Fouquet – trompette

«Grand Remplacement» [1] ~ Penser à remplacer l’aigreur par la vie

Les costumes des messieurs d’un certain âge (le mien, au fait!) me rappellent ceux que portaient les ouvriers de Renault, le dimanche, dans les cafés de Billancourt, devant les Scopitones. Certaines jeunes filles auraient bien besoin d’un appareil dentaire. Les robes de scène (parfois d’une vulgarité touchante) semblent faites en papier crépon ou  récupérées sur les déguisements de princesse de la dernière fête d’anniversaire, ou encore taillées par maman. Les décors des télé-crochet sont à peine plus ringards que les nôtres. On passe du visage de la jeune chanteuse à celui de ses parents, comme ici. Peut-être surjouent-ils un peu leur émotion, comme ici. Mais lorsqu’ils envoient des encouragements, ce sont des mouvements gracieux de la main, comme s’ils allaient danser… Il y a beaucoup de gens pauvres, et contrairement à ici, cela se voit tout de suite. Mais les chants s’élèvent, que toutes et tous reprennent en chœur. Cette simplicité, cette naïveté même, cette ostentation paisible de la vie, de l’émotion communément ressentie, je la retrouve dans les vidéos des manifestations d’Algérie… Je ne sais si elle a partie lié avec le Maghreb, mais je sais qu’elle tient à la culture populaire.

Et maintenant, jetez un regard – rien qu’un – aux tristes figures d’un Renaud Camus, d’un Alain Finkielkraut.

Mesurez la laideur de leurs frustrations, écoutez l’aigreur de leurs cauchemars. Chaque jour, ils confirment le faire-part du décès de l’Occident. Dans chaque nouvel échec, chaque ridicule, chaque humiliation, ils voient les preuves toujours multipliées qu’ils avaient raison de prophétiser le pire. Et comme on serait tenté·e·s de les croire – ces charognes – quand ils parlent de la mort! N’est-ce pas déjà depuis là qu’ils s’adressent à nous?

Tout le monde n’a pas le même métabolisme émotionnel

J’ai reçu d’une personne abonnée le commentaire suivant:

Si j’ai bien compris c’est « The Voice » non ? Bon d’accord en Algérie, c’est-à-dire une merde avec une cuillère d’exotisme
Je rêve là
Mets du Jacques Martin pendant que tu y est, mais faut des trémolos pareils pour que ça passe
La vie ce n’est pas vraiment des concours TV non plus !

“ALLÔ LE SYSTÈME!” ~ par Raja Meziane

C’est un ouragan arrivé

Les zwawla [les démunis] se sont levés

les enfants du peuple sont sorti/

et Moh, moul tabla [vendeurs de cigarettes]

les caisses sont vides

le pays est à l’arrêt

rongé jusqu’à l’os

ça perdure 

vous avez détruit l’éducation

et c’est la débandade

société handicapée

la culture absente

le peuple qui saute dans les embarcations

et vous, vous croyez que vous allez rester éternellement

vous nous avez enterrés vivants

et vous avez laissé les morts diriger

Nous sommes la risée de toutes les nations

et nous avons régressé

il y a des gens qui crèvent de faim encore

et vous, vous êtes joyeux

vos enfants s’amusent

vous avez érigé un mur à Club des Pins [résidence de la nomenklatura]

où vous vous cachez

des milliers de milliards partis en fumée

et vous continuez à être cupides, avides

trayant la vache

vous vous êtes partagé la récolte et le pétrole

vous nous avez écrasés

et aujourd’hui, nous n’allons pas nous taire

nous n’avons pas peur

nous revendiquons une République populaire 

démocratique mais pas monarchique

le zawali [le démuni] souffre

du cadre

il vomit

allô, système!

tu m’entends, ou bien je suis en train de parler toute seule?

alors, écoute-moi bien, ô flagorneur, je te l’ai déjà dit à la quatrième, oublie-moi, je ne mange pas de ce pain

vous avez «dévoré» le pays, ô harkis

tout est à l’arrêt

et maintenant, vous voulez rajouter la cinquième [ouhda, mandat]

vous avez cru que la jeunesse dormait

nous sommes sortis dehors pour dire, c’est bon, stop

et la peur vous gagne

vous avez perdu,

nous avons gagné

nous n’avons rien oublié

et nous ne vous pardonnerons pas

vous avez trahi l’histoire et le Révolution

il y a toujours des témoins

nous vous tenons rancune

inch’allah, ce pays reviendra

et vous serez humiliés… foutez-nous la paix, ô bandits