Concert de soutien aux inculpé(e)s de l’“état d’urgence” — 19 juin au CICP

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 Le soir même des attentats du 13 novembre 2015, l’État décide de proclamer l’état d’urgence. Cela lui permet entre autres d’interdire toute manifestation revendicative dans l’espace public tout en continuant d’imposer des lois de plus en plus répressives et régressives.

Face à cela, au lieu de baisser la tête et d’accepter d’être atomisé-e-s beaucoup d’entre nous ont  continué  à occuper la rue contre cet ordre social qui  fait de la plupart des vies des questions de survie.
 
 
Ainsi, le 22 novembre, une manifestation de solidarité avec les migrant-e-s interdite par la préfecture de police s’est tout de même tenue grâce à la détermination d’un bon millier de personnes.
 
Cette première manif maintenue malgré son interdiction et malgré l’état d’urgence en a inauguré beaucoup d’autres, que ce soit dans le cadre de la Cop 21, de la lutte aux côtés des migrant-e-s ou plus récemment contre la loi travail et son monde.
 
Malheureusement, quelques unes de ces balades hors  des sentiers battus de la préfecture occasionnent parfois des petites prolongations devant les tribunaux. Cette soirée contribuera donc à ce que des camarades que le duo police-justice tente de mettre hors-jeu bénéficient d’une solidarité financière.
 
 
Et qu’on se le dise contre l’exploitation capitaliste, la chasse aux étranger-ère-s et l’ordre patriotique, moral et sécuritaire,  autorisation ou pas, état d’urgence ou pas, c’est pas demain que l’État nous empêchera de manifester…. et plus si affinités !
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Si vous ne vous rappelez pas cette manif super sympa

Rennes: un Karnaval contre la valeur

Dans les anciens régimes monarchiques, le carnaval était le moment de l’inversion des valeurs (contrairement au charivari, qui les incarne violemment). Le pauvre était autorisé à moquer le riche et le puissant. À condition de rentrer sagement dans le néant, lui et ses obscènes pitreries, le carnaval une fois terminé. Fascinant, féérique ou horrifique, le défoulement concourait ainsi à l’ordre des choses, des classes et des genres.

La terrorisation démocratique ne tolère plus que les carnavals en chambre (et en clubs privés). Dans la rue, force doit rester à la loi, aux gens d’armes et aux marchands.

C’est ce qu’ont éprouvé et démontré, une fois encore, les carnavaleurs et carnavaleuses de Rennes, en opposition — haut et fort proclamée — à l’état d’urgence et à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Trois carnavaleux ont été condamnés à des peines de prison ferme pour avoir résisté à la police et/ou « dégradé » des bâtiments.

Lorsque l’on visionne le film de Doc du réel, on ne voit pourtant que de beaux masques, des couleurs ajoutées à la ville, des cloisons de verre brisées, des machines à distribuer de l’argent souillées de paille et de peinture, dans la meilleure tradition farcesque et subversive.

Ce que le carnaval de Rennes a symboliquement dégradé, et l’on ne peut qu’y applaudir, c’est bien la valeur. La « valeur de l’argent » dont on attend des parents pauvres (mais « dignes ») qu’ils l’inculquent à leurs rejetons. Banques, entreprises de précarisation de l’exploitation salariée, appareils à produire des supports de valeur[1], ont ainsi « souffert » du passage rageur de celles et ceux qui, d’ordinaire, leur sont asservi(e)s.

Passons sur l’obscénité ridicule (mêlée de soulagement, peut-être) de soi-disant « responsables politiques » qui évaluent frénétiquement sur leurs calculettes à quelle somme s’élève le bilan de la transgression. Somme d’ailleurs purement fantasmatique — comme toute « valeur » —, puisque le système recycle aussitôt en produits d’assurances et devis d’artisans la pseudo « facture » des événements.

Il ne vaut rien, ce monde où l’air, l’eau et la compassion ont été transformées en marchandises, où la « valeur » estimée de chaque chose, de chaque geste, de chaque sentiment, sert de base au calcul de l’exploitation du travail.

Vandales, casseurs et émeutières de Rennes l’ont exprimé dans la rage et la joie. Ils et elles méritent par là toute notre sympathie.

 

 

[1] Justement dénommées « tirettes », puisque l’utilisateur/trice se fait traire.

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PS. Un problème technique indépendant de ma volonté a provoqué dans un premier temps une substitution d’un texte à un autre, avant que la situation puisse être rétablie et le bon texte (ci-dessus) publié avec la vidéo correspondante.

Bienvenue M. GAO Peng! La lutte paye!

COMMUNIQUÉ DES PARENTS ET ENSEIGNANTS DE L’ÉCOLE PAJOL OCCUPÉE DEPUIS LE VENDREDI 15 JANVIER

M. GAO Peng a été libéré ce matin [20 janvier 2016] !

Nous avons appris ce matin la libération de M. GAO Peng, de nationalité chinoise, parent d’une petite fille scolarisée à l’École polyvalente Pajol (Paris 18e), en rétention au CRA de Vincennes depuis le 23 décembre 2015.

Nous sommes soulagés que le préfet ait pris la décision de rendre M. GAO Peng à sa femme et à sa fille.

Même avec l’état d’urgence, nous, parents et enseignants, en occupant l’école depuis 5 jours, en occupant la mairie du 18e pendant trois heures, en manifestant dans la rue à deux reprises sans demander d’autorisation ou de permission à quiconque, avons montré qu’il ne faut jamais baisser les bras devant une mesure injuste et inhumaine.

Nous espérons que ce genre de situation (27 jours de rétention et 4 procès) ne se reproduira pas, parce qu’elle affecte non seulement la famille mais toute la communauté scolaire, et même plus largement les citoyens concernés. Nous tenons à remercier les élues et élus qui se sont engagés à soutenir M. GAO Peng dans ses démarches en vue de sa régularisation administrative.

Tous les parents émus par cette situation comptent suivre au plus près les avancées du dossier de M. GAO Peng.

Toutefois, ce dossier a fait ressurgir la menace d’expulsion qui plane sur les parents et enfants scolarisés en «situation irrégulière».

Nous devons plus que jamais rester vigilants et solidaires, car nous sommes tous concernés et affectés par ces situations inhumaines et inacceptables, qui touchent des familles et des communautés entières dans leur vie quotidienne.

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Comment l’état d’«urgence» va durer toujours…

«L’état d’urgence n’a pas vocation à durer», a déclaré aujourd’hui François Hollande. Les cons n’ont pas vocation à voler, et pourtant la liste des chefs d’escadrille est déjà longue dans l’histoire de la République.

Il suffit, comme toujours, de se mettre d’accord sur les mots. En effet, par définition, l’«état d’urgence» n’a pas vocation à durer. Un peu comme un éphémère n’a pas vocation à vivre autant qu’un éléphant. La différence est qu’il n’existe pas (encore!) de recette pour faire atteindre au premier la longévité du second, d’où son nom.

Or il existe un moyen assez simple de prolonger (les dispositions de) l’état d’urgence, tout en mettant fin officiellement à ce dernier en tant que dispositif limité dans le temps: intégrer les dites dispositions au droit pénal courant. C’est ce que le gouvernement se propose de faire. On pourra ainsi enregistrer la fin de l’état d’urgence, et donc ne pas le «prolonger», tout en conservant le «bénéfice» de ses dispositions d’exception.

Certes la lecture de ce texte est assez rébarbative, mais faites un effort: ça n’est rien à côté de la situation qu’il va créer.

Ci-dessous, l’introduction illustration et le pdf complet à télécharger.

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