La première gorgée de bière en terrasse

C’est la deuxième fois, cinq ans après les attentats meurtriers de 2015, que les terrasses des bistrots sont censées incarner la liberté, un «art de vivre» et – selon le locataire de l’Élysée qui s’est pris d’affection pour les mots du programme du Conseil national de la Résistance (CNR) qu’il s’emploie par ailleurs à démanteler – le retour des «jours heureux».

Entretemps, ce sont les balcons qui – durant le premier confinement – ont représenté pour beaucoup la seule manière de communiquer physiquement avec leurs voisins et via Internet avec le monde: concerts ou récitals improvisés, «applaudissements» consensuels ou banderoles contestataires (bien vite objets de pressions policières).

On peut comprendre que la terrasse de bistrot représente, surtout aux yeux des trentenaires sans enfants (mais non sans moyens), et surtout par opposition au fanatisme religieux et au refoulement misogyne qui le caractérise, un espace et un symbole de liberté.

Comment oublier d’ailleurs que le fait de s’assoir sur un trottoir printanier, devant un verre couvert de buée demeure un risque, et aux yeux de certains : un crime.

C’est aujourd’hui, après deux mois et demi de confinement autoritaire et l’aggravation de l’arsenal de la terrorisation démocratique, une «récompense», offerte sous conditions.

Sous ces menaces persistantes, je trouve à la première gorgée de bière en terrasse un goût bien amer.

 

18 avril ~ le monde entier vient à Montmartre…

Le monde entier vient à Montmartre pour taguer, peindre, faire des pochoirs, coller des affiches, de la céramique, etc. pour être vu du monde entier…

Ce soir la lumière était si belle, si douce aux carnations, que des jeunes filles se photographiaient les unes les autres à tous les coins de rue.

Pouvez-vous répéter la question?

Fake news.

Avec mon p’tit bouquet, j’avais l’air d’un…

Famille en vacances.

L’envol.

La toile.

16 avril ~ Déjeuné en compagnie de Napoléon (il vieillit)

Vous voyez comme vous avez un mauvais fond… À la seule lecture du titre de ce billet, j’en sais qui composaient déjà le numéro des urgences psychiatriques. Le pauvre Guillon! Son changement de traitement, son ami Gladiator envolé… ça y est! il a lâché la rampe!… On va se cotiser pour lui offrir un pyjama qui se boutonne par derrière.

Vous n’y êtes pas du tout!

Napoléon est le nom du chat qui règne sur le passage Verdeau, à Paris. Je ne lui avais pas parlé depuis un bon moment. Aujourd’hui, il s’est invité à ma table. Nous avons bavardé. Je lui ai offert quelques lamelles de mon magret, qu’il a accepté sans façons. Je le trouve un peu vieilli… Notez qu’il se dit peut-être exactement la même chose de son côté.

— J’ai déjeuné avec Guillon aujourd’hui; il a pris un de ces coups de vieux!