Montmartre sous état d’urgence sanitaire: Icare, magie blanche et cadenas

Sur le mur de l’atelier du peintre Gen Paul: représentation d’Icare (en mauvaise posture).

Magie blanche 1. «Mettez la main ici pour vous sentir plein d’assurance et marcher dans les rues». Sur les lèvres: «Espace protégé».

Magie blanche 2. «Prenez ce dont vous avez besoin» Il faudrait une feuille témoin pour savoir quelles sont les languettes qui ont eu le plus de succès. On peut se demander aussi quel usage en aura été fait: rangé dans le portefeuille comme talisman, offert à l’aimé·e?

Le square devant le S.Cœur prend le relais des ponts de Paris: ça verrouille ferme! (Au-delà du symbole [navrant], mon instinct de collectionneur se réveille devant la variété incroyable de cadenas, venus du monde entier).

Peut mieux faire.

Le concept de «pouvoir hystérique» est flou, et pour tout dire inopportun (hystérique vient d’utérus).

Mais il autorise un bel effort de rime…

Je note une intéressante référence aux «asinades» (XVIe, XVIIe s.) où le contrevenant aux règles de la bienséance (mari cocu ou battu, par exemple) était promené sur un âne à contresens, la tête vers le cul de l’animal. C’est ce qui arrive au personnage de l’affiche, d’ailleurs couronné.

Les sabots et la fourche fournissent une référence aux révoltes paysannes ou jacqueries, tandis que l’auteur ou l’autrice a tenu à suggérer une «foule» mixte, à la fois en termes de genres et d’âges.

La conjonction d’une arme (la fourche) et d’un instrument de musique bruyant (la trompette) évoque le charivari.

Je suppose (peut-être à tort) que cette affichette doit faire partie d’une série, mais je n’en connais pas d’autres de la même facture.