«Tombé amoureu»

Capture d’écran 2016-09-04 à 15.47.45

Repérée sur le Vieux Port de Marseille depuis longtemps — mais j’avais omis de la photographier — cette petite annonce (signée PÖ) :

Ya pas kelkun ki veux tombé amoureu de moi?

Les fantaisies orthographiques (peut-être volontaires, d’ailleurs) sont romantiquement compensées par cinq cœurs remplaçant des lettres ou les points sur les «i».

Tomber amoureux ou amoureuse

Nous évitons, en général, de penser à ce qu’il y a de culture de la punition chrétienne dans cette formule — et dans celle qui désigne l’une de ses conséquence possibles: tomber enceinte, qui évoquent bien entendu la chute dans le péché.

Ce qui explique aussi que séduire une fille, ce puisse être «la tomber», autrement dit lui faire le croche-pied (plus ou moins  symbolique) qui la précipitera dans ledit péché.

On reconnaîtra dans l’argot érotique, rarement soucieux de respect de l’égalité des genres et de prévention du machisme, une certaine logique (plus pataude, néanmoins, que les mots dont elle use):

La fille une fois tombée, reste à la grimper, ou à la sauter.

Dans le cas d’espèce, notre jeune (une supposition…) monte-en-l’air graffeur illustre toute l’ambiguïté de la rencontre érotique.

Se découvrir amoureux/amoureuse, ou au moins soulevé(e) de désir, ce peut être l’occasion de s’élever jusqu’au septième ciel — les modestes, ou les prudent(e)s, se contenteront du plafond, en s’aidant des rideaux —, mais c’est aussi prendre le risque… de tomber de haut.

Capture d’écran 2016-09-04 à 15.46.56

 

 

 

«OUI, VOLONTIERS!» ou «NON MERCI!» [La question du consentement]

J’ai l’habitude de dire aux dames que je rencontre que quelle que soit l’invite que je pourrai leur adresser (boisson, sortie, caresses…) elles pourront toujours répondre «Oui, volontiers!» ou «Non merci!».

La question du consentement en matière de relation érotique se rejoue dans chaque nouvelle relation, et à chaque moment de chaque relation.

Une vidéo circule en ce moment sur le Net qui explique les choses de manière très simple et amusante en prenant l’exemple de l’offre d’une tasse de thé. On objectera que révéler son désir à quelqu’un est un peu plus impliquant que de proposer une tasse de thé. C’est vrai bien sûr, mais la métaphore me paraît néanmoins excellente, tout comme la suggestion implicite de ne pas se sentir «rejeté(e)» ou «insulté(e)» par un «Non merci!».

Capture d’écran 2015-08-04 à 12.28.38

 

Voir également l’article publié sur le site Sans compromis.