Censuré par Twitter pour avoir épinglé M. Raphaël–Ouin!-Ouin!–Enthoven

À propos de l’éventualité de la mort d’un manifestant lors de l’évacuation de Tolbiac par les flics, M. Enthoven, homme de radio, de télévision et de spectacle s’est autorisé une manière de «plaisanterie philosophique» (voir en illustration ci-après) en moquant un communiqué du syndicat Sud-Rail qui utilisait la formule (d’ailleurs classique) «entre la vie et la mort».

Mais «tout le monde est “entre la vie et la mort”» ironise Enthoven, en parlant d’un éventuel cadavre, «c’est la vie qui veut ça»!

D’où ma réponse: «Alors comme ça connard, toi aussi t’es entre la vie et la mort? On peut te rapprocher si ça t’arrange…»

M. Ouin!-Ouin!-Enthoven m’a d’abord «bloqué» sur Twitter, ce dont je me moque, puis «signalé», d’où la punition (modérée puisque limitée dans le temps) de l’administration du «réseau», qui espère sans doute me rappeler aux bonnes manières.

Conseil à Ouin!-Ouin!: tu devrais carrément porter plainte! Des dizaines de milliers de gens prendraient connaissance de ta saloperie, qui l’ignorent encore. Et puis ce serait une occasion de se rencontrer. Tu verrais de quoi je suis capable quand j’ignore vraiment les bonnes manières.

 

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Comprendre le langage de l’ennemi

Calme ~ « L’évacuation s’est opérée dans le calme » : Des dizaines de coups; gaz et gel lacrymogènes à la gazeuse à main; atteintes oculaires & crises d’asthme; hématomes divers; insultes, gestes sexistes; dents cassées.

Retenue ~ « Les forces de l’ordre ont fait preuve d’une grande retenue » : [Ajouter] Violence gratuite ; usage d’armes de guerre; tirs tendus de balles de défense et de grenades de désencerclement; des centaines de blessé·e·s, dont plusieurs sérieusement atteint·e·s; énucléations; atteintes auditives; hémorragies.

Professionnalisme ~ « Nous saluons le professionnalisme des forces de l’ordre» : [Ajouter] Blessé·e·s graves; au moins un décès; maquillage de la scène de crime; disparition des preuves; sabotage de l’enquête; propagande médiatique.

Nota. Les éléments des trois entrées peuvent se combiner de manière aléatoire.

 

De quoi “ACAB” est-il l’acronyme?

Lors de la manifestation, gaie et pêchue (mais maigrelette: environ un millier de personnes d’après mon comptage) qui allait aujourd’hui de Tolbiac occupée à la gare d’Austerlitz, et qui réunissait cheminots (Sud et CGT), étudiant·e·s et autres, j’ai repéré sur le dos d’un jeune homme une déco originale.

C’est la déclinaison – déjà ancienne mais c’est la première fois que la voyais – du slogan et acronyme ACAB.

Lequel, traduit de l’anglais originel, donne: «Tous les flics sont des bâtards!».

Très bête et fautif, à la fois politiquement et moralement, ledit slogan me semble d’ailleurs en perte de vitesse dans les manifs récentes. L’acronyme, par contre, fleurit dans le monde entier en grafs, tee-shirts et autocollants…

On conviendra que “ALL CLITORIS ARE BEAUTIFUL” a une autre portée, politique, féministe et comportementale.

J’ai retrouvé sans peine cette charmante formule sur des vêtements proposés sur Internet. Vous trouverez aussi, si vous le souhaitez.

Une photo de la manif d’aujourd’hui.

“Zadisfaction ?” par Gédicus

L’arrêt définitif du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes est une victoire. C’est évident. Et la déconfiture rageuse des divers clans de bétonneurs est un régal pour tous ceux qui ont combattu ce projet toxique, cet « éléphant blanc » pour safaris ravageurs.

C’est la menace d’actes de résistance de milliers de personnes dans toute la France et le risque de « déstabilisation » que ça lui faisait courir qui a contraint le gouvernement à ainsi lâcher du lest, et non la « sage » considération expertisée d’un projet « obsolète ». Ce gouvernement n’est pas moins que ses prédécesseurs souteneur de « grands projets inutiles » ou plutôt utiles seulement à quelques saigneurs de l’humanité et de la planète. Il est plus prudent, voilà tout.

Mais c’est une victoire qui vise à préparer une défaite.

Depuis des années, le véritable affrontement entre l’état, ses gérants, la grande majorité des politicards, les barons du business, et les Zadistes et leurs soutiens, n’est pas seulement l’affrontement pour ou contre un débile projet d’aéroport mais aussi et surtout pour ou contre certains choix de société. C’est d’ailleurs ce qu’ont déclaré souvent les plus forcenés partisans du projet : pour eux, le plus important était, et reste de détruire la Zad. En effet, cette zone contre laquelle ils ne cessent de vitupérer à coups de mensonges grossiers la déguisant en repaire de casseurs et terroristes ; cette zone qu’ils dénoncent comme « Zone de non droit » est une zone ou le « droit » d’asservir et d’exploiter a largement pris fin. C’est un exemple concret que l’on peut vivre autrement que broyés par une « économie » cannibale, asservis à des patrons et des actionnaires toujours plus voraces, truandés par des financiers rapaces, menotté par des « lois » carcérales, matraqué ou flingué par des « autorités » mafieuses. C’est la preuve que des humains peuvent avoir d’autres relations que la guerre de tous contre tous. La preuve que des citoyens peuvent s’auto-organiser au moyen d’une véritable démocratie directe au lieu d’abdiquer leur pouvoir aux mains de démagogues véreux. C’est évidemment une menace pour toutes les oligarchies régnantes. C’est cela qu’ils veulent anéantir.

En habiles politicards, Macron et sa clique s’affairent donc à ôter son prétexte à la résistance. La sauvegarde des intérêts des vampires de l’humanité vaut bien le sacrifice d’un aéroport ! Si ce projet d’aéroport est abandonné, la Zad n’a plus de raison d’exister, argumentent-ils. Ils visent ainsi à faire éclater ce qui a fait la force du mouvement de résistance : sa capacité à concilier diverses opinions et stratégies en un front uni. Ils espèrent que certains vont se contenter de l’abandon du projet d’aéroport et lâcher les Zadistes, égoïstement, sans considération pour le fait que « sans eux, l’aéroport serait déjà fait », comme le constate lucidement un opposant « historique ».

Ils se préparent ainsi à mettre fin à ce qui reste un territoire libéré de leur domination ; à une expérience de changement social dont ils redoutent qu’elle fasse tache d’huile ; à cette « commune » exemplaire.

Pour ceux qui estiment que celle-ci est à défendre, il est donc prématuré d’applaudir trop fort cette « victoire ». Il faut, au contraire, se préparer à de nouvelles attaques, qu’elles soient lancées par la force ou, plus subtilement, au moyen d’échafaudages diplomatiques plus ou moins « verts ». Le collectif des diverses composantes du mouvement en est conscient, en écrivant dans son communiqué du 17 janvier : Dans le futur, ce territoire doit pouvoir rester un espace d’expérimentation sociale, environnementale et agricole.                                                                                 

Plus que jamais, la Zad reste une zone à défendre.

Gédicus

18 janvier 2018.

Le site de Gédicus.

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