Handicap et éros technicien

Peut-être cet «habit de plaisir» (je déforme poétiquement son appellation) pourra-t-il rendre service à certaines personnes handicapées et c’est tant mieux, mais quelle triste adaptation technique des utopies érotiques!

Notons, même si les concepteurs n’y sont pour rien, que cette machinerie sophistiquée n’amoindrit nullement le contrôle des proches ou des soignants, seuls à décider combien de fois (par jour? par semaine? par mois?) il est raisonnable d’en user…

Nul doute que des valides souhaiteront étendre le champ de leurs expériences sensorielles grâce à son usage. On voudra bien prendre au pied de la lettre l’expression suivante: Grand bien leur fasse!

Le plaisir enchanté

Elles sont trois, elles sont hollandaises et elles sont belles. Comme, en plus, elles ont de l’esprit, elles ont baptisé leur trio ADAM.

La «performance» – physique et artistique – à laquelle elles se livrent dans la vidéo ci-dessous consiste à chanter tout en usant d’un vibromasseur (que vous ne verrez pas).

Manière radicale et élégante à la fois de partager leur plaisir (et leurs rires) avec nous…

Éloge du “sourire vertical”

Idée d’absorption et de succion du membre viril ?

Il est probable que l’origine de l’appellation par les anatomistes et/ou médecins des replis charnus de la vulve est plus triviale.

Le mot « lèvre » vient en effet du latin labrum désignant le rebord d’un vase, ce dernier terme ayant servi pendant des siècles à désigner le vagin (et le rectum « vase indu[1] »). À ce « vase », il fallait des bords, des lèvres.

On parle aussi des lèvres d’une plaie, que l’on rapproche pour faciliter la cicatrisation (et que l’on coud, ce qui ne peut que faire penser à l’infibulation). Il est vrai que, soumis aux règles, le vagin est parfois vu, surtout par des hommes, comme une plaie saignante. Peut-être la dénomination des lèvres a-t-elle aussi concouru au fantasme du « vagin denté » et castrateur…

Association d’idées et fantaisies inconscientes ont naturellement alimenté un imaginaire plus aimable, sensuel, qui associe les lèvres « du haut » avec celles « du bas », faites pour se [re]joindre.

C’est ainsi, sans doute, qu’est née l’image du « sourire vertical », qui a naguère fourni le titre d’une revue érotique.  

J’avoue n’avoir prêté qu’une attention amusée à cette métaphore… jusqu’à ce que le hasard de mes périples sur la toile mette sous mes yeux le cliché que je reproduis ci-après.

Or voici qu’il est là, le sourire vertical !

 

 

Indubitable – charmant – charmeur – à peine moqueur – dessiné par ces lèvres glabres, dont l’humidité de l’une, finement ourlée, capte si bien la lumière.

N’est-ce pas une langue que j’aperçois ? à peine rétractée, qui me fait mieux comprendre pourquoi Diderot donna la parole à semblables lèvres dans ses Bijoux indiscrets

[1] Je renvoie à mon Siège de l’âme. Éloge de la sodomie (Éd. Zulma).