Censuré par Twitter pour avoir épinglé M. Raphaël–Ouin!-Ouin!–Enthoven

À propos de l’éventualité de la mort d’un manifestant lors de l’évacuation de Tolbiac par les flics, M. Enthoven, homme de radio, de télévision et de spectacle s’est autorisé une manière de «plaisanterie philosophique» (voir en illustration ci-après) en moquant un communiqué du syndicat Sud-Rail qui utilisait la formule (d’ailleurs classique) «entre la vie et la mort».

Mais «tout le monde est “entre la vie et la mort”» ironise Enthoven, en parlant d’un éventuel cadavre, «c’est la vie qui veut ça»!

D’où ma réponse: «Alors comme ça connard, toi aussi t’es entre la vie et la mort? On peut te rapprocher si ça t’arrange…»

M. Ouin!-Ouin!-Enthoven m’a d’abord «bloqué» sur Twitter, ce dont je me moque, puis «signalé», d’où la punition (modérée puisque limitée dans le temps) de l’administration du «réseau», qui espère sans doute me rappeler aux bonnes manières.

Conseil à Ouin!-Ouin!: tu devrais carrément porter plainte! Des dizaines de milliers de gens prendraient connaissance de ta saloperie, qui l’ignorent encore. Et puis ce serait une occasion de se rencontrer. Tu verrais de quoi je suis capable quand j’ignore vraiment les bonnes manières.

 

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Comprendre le langage de l’ennemi

Calme ~ « L’évacuation s’est opérée dans le calme » : Des dizaines de coups; gaz et gel lacrymogènes à la gazeuse à main; atteintes oculaires & crises d’asthme; hématomes divers; insultes, gestes sexistes; dents cassées.

Retenue ~ « Les forces de l’ordre ont fait preuve d’une grande retenue » : [Ajouter] Violence gratuite ; usage d’armes de guerre; tirs tendus de balles de défense et de grenades de désencerclement; des centaines de blessé·e·s, dont plusieurs sérieusement atteint·e·s; énucléations; atteintes auditives; hémorragies.

Professionnalisme ~ « Nous saluons le professionnalisme des forces de l’ordre» : [Ajouter] Blessé·e·s graves; au moins un décès; maquillage de la scène de crime; disparition des preuves; sabotage de l’enquête; propagande médiatique.

Nota. Les éléments des trois entrées peuvent se combiner de manière aléatoire.

 

“127 jours en mars” un livre en forme d’abécédaire, qui fait retour sur le mouvement contre la loi «Travaille!»

Nathalie Astolfi et Alain Dervin, deux camarades militant à la CNT – et croisé·e·s à maintes reprises depuis une dizaine d’années en suivant les mouvements de la jeunesse et en participant à divers collectifs – viennent de publier un livre qui mérite d’être qualifié à la fois d’utile et de roboratif.

127 jours en mars est sous-titré «Petit abécédaire combatif contre la loi travail et son monde». Première bonne idée, après le sujet lui-même, la forme d’abécédaire. Elle est (sans doute) commode pour l’écriture et agréable pour le lectorat. On peut picorer, revenir au livre et trouver aisément une entrée: «Cortège de tête», «Lacrymo», «Nuit debout», etc.

Il ne faut pas prendre au pied de la lettre le titre de ce billet: en réalité, le livre de Nathalie et Alain va beaucoup plus loin qu’une simple évocation du mouvement anti-Loi travail. Il remet ce mouvement dans l’histoire des mouvements de jeunesse de ces dix dernières années (que les auteurs ont vécu directement, comme je le disais plus haut).

Ainsi se trouve pallié un défaut dramatique de transmission de la mémoire militante, d’un mouvement à un autre.

On retrouvera, à la lecture d’abord, puis selon d’éventuels besoin documentaires une foule d’événements, de dates et de faits vécus dans la rue et dans les assemblées générales, sans parler de la place de la République (Nuit debout).

Le récit est concis, alerte et sensible (parfois jusqu’à la naïveté; voir p.95). Comme de juste, chacun·e aura ses propres déceptions ou objections. Pour ma part, j’eusse volontiers subi moins de références à Jacques Rancière (qui m’horripile) et – je dis tout hein! – une mention de La Terrorisation démocratique à propos de l’état d’urgence.

Reste que le livre est vraiment utile, et bien réalisé.

Nul doute qu’il fournira le point de départ de moult débats dans les librairies et lieux alternatifs d’ici et de là.

127 jours en mars, Éditions le passager clandestin, 61, rue Sébastien Gryphe 69007 Lyon, 144 p., 9 €.

 

Statut du livre: reçu en service de presse.