“127 jours en mars” un livre en forme d’abécédaire, qui fait retour sur le mouvement contre la loi «Travaille!»

Nathalie Astolfi et Alain Dervin, deux camarades militant à la CNT – et croisé·e·s à maintes reprises depuis une dizaine d’années en suivant les mouvements de la jeunesse et en participant à divers collectifs – viennent de publier un livre qui mérite d’être qualifié à la fois d’utile et de roboratif.

127 jours en mars est sous-titré «Petit abécédaire combatif contre la loi travail et son monde». Première bonne idée, après le sujet lui-même, la forme d’abécédaire. Elle est (sans doute) commode pour l’écriture et agréable pour le lectorat. On peut picorer, revenir au livre et trouver aisément une entrée: «Cortège de tête», «Lacrymo», «Nuit debout», etc.

Il ne faut pas prendre au pied de la lettre le titre de ce billet: en réalité, le livre de Nathalie et Alain va beaucoup plus loin qu’une simple évocation du mouvement anti-Loi travail. Il remet ce mouvement dans l’histoire des mouvements de jeunesse de ces dix dernières années (que les auteurs ont vécu directement, comme je le disais plus haut).

Ainsi se trouve pallié un défaut dramatique de transmission de la mémoire militante, d’un mouvement à un autre.

On retrouvera, à la lecture d’abord, puis selon d’éventuels besoin documentaires une foule d’événements, de dates et de faits vécus dans la rue et dans les assemblées générales, sans parler de la place de la République (Nuit debout).

Le récit est concis, alerte et sensible (parfois jusqu’à la naïveté; voir p.95). Comme de juste, chacun·e aura ses propres déceptions ou objections. Pour ma part, j’eusse volontiers subi moins de références à Jacques Rancière (qui m’horripile) et – je dis tout hein! – une mention de La Terrorisation démocratique à propos de l’état d’urgence.

Reste que le livre est vraiment utile, et bien réalisé.

Nul doute qu’il fournira le point de départ de moult débats dans les librairies et lieux alternatifs d’ici et de là.

127 jours en mars, Éditions le passager clandestin, 61, rue Sébastien Gryphe 69007 Lyon, 144 p., 9 €.

 

Statut du livre: reçu en service de presse.

“REFUZNIKS ~ Dire non à l’armée en Israël”, de Martin Barzilai

Parmi les livres qui ont été présentés lors de la fête des 10 ans des éditions Libertalia, ce w-e, il en est un qui me tient particulièrement à cœur, étant moi-même ancien objecteur de conscience (et insoumis au service civil), c’est le livre de Martin Barzilai, préfacé par Eyal Sivan: Refuzniks. Dire non à l’armée en Israël.

Pour la plupart de ces refuzniks, dire non à l’armée, ce n’est pas seulement refuser 3 ans de corvée (pour les garçons) et 2 ans (pour les filles), ou manifester un pacifisme de principe, c’est surtout dire non à l’occupation.

Minoritaires, les filles et les garçons qui refusent le service militaire en Israël, pays en guerre, payent le prix fort: détention, mise à l’écart, familiale et/ou sociale et professionnelle.

Martin Barzilai les a rencontré·e·s et photographié·e·s. lors de plusieurs voyages en Israël.

Son livre est un bel hommage rendu à leur courage.

REFUZNIKS ~ Dire non à l’armée en Israël, Martin Barzilai, préface d’Eyal Sivan, Libertalia, avec le soutien d’Amnesty international, 200p., 20€.

En librairies le 2 novembre. Commandes de soutien sur le site des éditions Libertalia.

Aujourd’hui au Lieu-dit, la fête d’“Handi-Gang”, le livre de Cara Zina

Aujourd’hui, à partir de 18h 30, au Lieu-dit, 6 rue Sorbier, 75020 Paris, Cara Zina présentera son ouvrage et répondra aux questions.

Virginie Despentes lira des passages du livre.

Fred Alpi chantera.

Des jeunes handicapés se révoltent contre la condition que leur fait le monde “valide” et emploient l’action directe pour régler le problème de l’accessibilité aux logements, aux bars et aux salles de concert.

Ils n’ont pas connu le Comité de lutte des handicapés, créé au printemps 1973, ni le journal Handicapés méchants lancé un an plus tard, alors ils se reposent toutes les questions stratégiques et morales auxquelles leur révolte et leur envie d’en découdre les confrontent.

Valides, ils ne le sont peut-être pas, mais vivants, très!

L’écriture roborative de Cara Zina les rend sympathiques. Ils font, comme on dit, plus envie (de vivre) que pitié.

Une preuve de plus que la littérature peut pallier le désenchantement d’une époque. Après lecture, à nous de jouer…

Comment la faculté de Tolbiac a été transformée en piège

Doc du Réel continue de suivre les mouvements sociaux, à Notre-Dame-des-Landes, à Nantes, et à Paris.

Cette vidéo, tournée à Tolbiac, montre comment les flics ont décidé d’empêcher les étudiants de tenir une assemblée générale après la manifestation contre la «Loi Travail», le 17 mars dernier, qui s’était dissoute non loin de là, place d’Italie.

Ça n’est pas la première fois que Tolbiac est transformée en une nasse par les flics. Les violences exercées, toutes relatives en comparaison avec d’autres épisodes du mouvement de la jeunesse de ces dernières années, mais évidemment disproportionnées (pour reprendre le langage des flics) avec l’événement (résistance comprise des occupants) montrent que l’État craint par dessus-tout une contagion du mouvement actuel. Au point de prendre le risque de la déclencher lui-même par une victime trop amochée de la violence de ses chiens…

 

Ni futures chômeurs.euses ni futures travailleurs.euses

Ce tract a été distribué — et lu à la tribune syndicale — par des lycéen(ne)s lors de la manifestation de Saint-Nazaire (5 000 personnes), aujourd’hui 9 mars 2016 (merci à l’ami Gédicus pour l’information).

Les manifestant(e)s qui le distribuaient portaient une pancarte où l’on pouvait lire :

Le capitalisme, on l’engraisse sans arrêt. Quand est-ce qu’on le bouffe ?

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Si nous voulons abandonner le salariat…

C’est pour choisir enfin de gérer librement notre énergie et notre temps de vie. C’est pour agir dans nos vies selon nos aspirations et nos besoins individuels et collectifs. Par conséquent c’est fuir le travail dicté par les aspirations et les besoins des patrons, des entreprises et du marché.

Nous pensons que le travail, qu’il soit en usine ou dans des bureaux, bien ou mal payé, qu’il nécessite de longues ou de courtes durées d’étude, ne libère pas.

Au contraire, il vise plus à nous occuper l’esprit et à nous désintéresser des questions éthiques de nos vies et de nos sociétés, à nous contraindre à la survie et de fait à la consommation.

Abandonner la spécialisation

Qu’est-ce que la spécialisation ?

C’est faire toute sa vie la même chose. C’est le monopole des savoirs. C’est être chacun élite dans sa propre profession, coupé des autres savoirs et savoirs-faire, réduit par sa branche. C’est l’organisation de castes professionnelles (Caste étudiante, artistique, ouvrière, fonctionnaire, politicienne, enseignante…)

Nous voulons abandonner la spécialisation car nous croyons que chacun.e peut adopter une fonction politique, enseignante, étudiante, artistique et manuelle à la fois. Ce n’est qu’avec des individus épanouis qu’une société épanouissante peut s’organiser.

La domination à l’école comme au travail.

Qu’on soit élève, salarié.e ou professeur.e, nous subissons la hiérarchie au quotidien. Nous sommes éduqué.es à avoir peur de nos hiérarchies, du parent, du patron, du flic, etc.

Espérer un avenir meilleur c’est construire une autre organisation de vie, où le travail est un outil et non un but. C’est questionner la domination sous toutes ses formes. Car la domination est une logique de société comme peut l’être la solidarité.

Des solutions ? Les copains c’est mieux que les patrons.

Nous pensons que nous seuls pouvons prendre les décisions qui concernent nos vies. C’est pourquoi nous luttons hors des partis politiques ou des syndicats qui tenteront, dès que l’État le leur proposera, de négocier avec lui au nom des travailleurs.euses et étudiant.es. S’organiser à notre échelle avec nos copains.ines, se réapproprier nos vies, que nos passions, nos envies et nos besoins constituent nos activités principales. Que l’on trouve du sens à ce que l’on produit, à ce que l’on vit.

Nous ne sommes pas de ceux qui appellent à sauver le monde du travail.

 Capture d’écran 2015-01-15 à 14.38.41  CLV (Crew virus libertaire)

 

Contact: crewviruslibertaire@riseup.net