Comment la faculté de Tolbiac a été transformée en piège

Doc du Réel continue de suivre les mouvements sociaux, à Notre-Dame-des-Landes, à Nantes, et à Paris.

Cette vidéo, tournée à Tolbiac, montre comment les flics ont décidé d’empêcher les étudiants de tenir une assemblée générale après la manifestation contre la «Loi Travail», le 17 mars dernier, qui s’était dissoute non loin de là, place d’Italie.

Ça n’est pas la première fois que Tolbiac est transformée en une nasse par les flics. Les violences exercées, toutes relatives en comparaison avec d’autres épisodes du mouvement de la jeunesse de ces dernières années, mais évidemment disproportionnées (pour reprendre le langage des flics) avec l’événement (résistance comprise des occupants) montrent que l’État craint par dessus-tout une contagion du mouvement actuel. Au point de prendre le risque de la déclencher lui-même par une victime trop amochée de la violence de ses chiens…

 

Ni futures chômeurs.euses ni futures travailleurs.euses

Ce tract a été distribué — et lu à la tribune syndicale — par des lycéen(ne)s lors de la manifestation de Saint-Nazaire (5 000 personnes), aujourd’hui 9 mars 2016 (merci à l’ami Gédicus pour l’information).

Les manifestant(e)s qui le distribuaient portaient une pancarte où l’on pouvait lire :

Le capitalisme, on l’engraisse sans arrêt. Quand est-ce qu’on le bouffe ?

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Si nous voulons abandonner le salariat…

C’est pour choisir enfin de gérer librement notre énergie et notre temps de vie. C’est pour agir dans nos vies selon nos aspirations et nos besoins individuels et collectifs. Par conséquent c’est fuir le travail dicté par les aspirations et les besoins des patrons, des entreprises et du marché.

Nous pensons que le travail, qu’il soit en usine ou dans des bureaux, bien ou mal payé, qu’il nécessite de longues ou de courtes durées d’étude, ne libère pas.

Au contraire, il vise plus à nous occuper l’esprit et à nous désintéresser des questions éthiques de nos vies et de nos sociétés, à nous contraindre à la survie et de fait à la consommation.

Abandonner la spécialisation

Qu’est-ce que la spécialisation ?

C’est faire toute sa vie la même chose. C’est le monopole des savoirs. C’est être chacun élite dans sa propre profession, coupé des autres savoirs et savoirs-faire, réduit par sa branche. C’est l’organisation de castes professionnelles (Caste étudiante, artistique, ouvrière, fonctionnaire, politicienne, enseignante…)

Nous voulons abandonner la spécialisation car nous croyons que chacun.e peut adopter une fonction politique, enseignante, étudiante, artistique et manuelle à la fois. Ce n’est qu’avec des individus épanouis qu’une société épanouissante peut s’organiser.

La domination à l’école comme au travail.

Qu’on soit élève, salarié.e ou professeur.e, nous subissons la hiérarchie au quotidien. Nous sommes éduqué.es à avoir peur de nos hiérarchies, du parent, du patron, du flic, etc.

Espérer un avenir meilleur c’est construire une autre organisation de vie, où le travail est un outil et non un but. C’est questionner la domination sous toutes ses formes. Car la domination est une logique de société comme peut l’être la solidarité.

Des solutions ? Les copains c’est mieux que les patrons.

Nous pensons que nous seuls pouvons prendre les décisions qui concernent nos vies. C’est pourquoi nous luttons hors des partis politiques ou des syndicats qui tenteront, dès que l’État le leur proposera, de négocier avec lui au nom des travailleurs.euses et étudiant.es. S’organiser à notre échelle avec nos copains.ines, se réapproprier nos vies, que nos passions, nos envies et nos besoins constituent nos activités principales. Que l’on trouve du sens à ce que l’on produit, à ce que l’on vit.

Nous ne sommes pas de ceux qui appellent à sauver le monde du travail.

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Contact: crewviruslibertaire@riseup.net

DANS UNE RÉVOLTE, ON EST AVEC LES RÉVOLTES OU AVEC LE POUVOIR! (2006)

Je republie ce texte issu de l’Assemblée de Montreuil, dont je ne suis pas l’auteur, ainsi que quelques documents concernant ses activités.

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Tract de l’Assemblée de Montreuil

Dans une société qui ne propose que la soumission à un prof, un patron, un flic, un contrôleur, un maton, un juge, l’État… on a toujours raison de se révolter.

On a raison de se révolter contre les assassinats commis par la police : Bouna Traore et Zyed Benna (15 et 17 ans) morts dans un transformateur le 27-10-05 à Clichy-sous-Bois, en fuyant les flics qui ont choisi de ne pas les secourir. Ils s’ajoutent à la longue liste macabre des centaines de jeunes tués par les forces de l’ordre.

On a raison de se révolter contre le racisme, institutionnel ou pas, contre les contrôles d’identité, contre le harcèlement de la police et de la justice, les rafles et les déportations de sans-papiers, les expulsions de squatteurs sous prétexte de « sécurité ».

Nous n’oublions pas Éric Blaise condamné à quatre mois dont deux ferme pour avoir tiré sur des canettes avec un pistolet à billes, retrouvé mort au matin du 13-11-05 à Fleury-Mérogis. La direction parle de suicide : « dans une crise de delirium, il se serait cogné la tête contre les murs de sa cellule ». Œdème cérébral dira l’autopsie. La famille se bat pour connaître la vérité. Il avait 28 ans…

Nous n’oublions pas la vengeance policière et judiciaire contre les émeutiers ou prétendus tels, les 5 000 gardes à vue, les 850 condamnations à des peines de prison ferme dont 120 mineurs.

Nous n’oublions pas Reda (21 ans) qui a eu la main arrachée par une grenade à Toulouse, le 7 novembre 2005. Sa mère déclare : « La grenade il l’a prise pour l’éloigner, parce qu’elle était tombée près d’un groupe d’enfants. Tous ses doigts sont restés sur place. Pour les secours, ni le Samu, ni les pompiers, personne s’est déplacé, c’est des jeunes qui l’ont emmené. Les CRS rigolaient. » (Radio Canal-Sud 12.11.05)

Ni Jérémy (20 ans), condamné à 4 ans ferme à Arras pour participation à l’incendie qui a détruit deux magasins d’ameublement, ni Hussein (23 ans), condamné à 1 an ferme à Bobigny, accusé d’avoir prêté un bidon d’essence à des copains, ni ces centaines d’autres condamnés à des peines ferme de 3 à 9 mois pour une poubelle incendiée, ni les deux de Toulouse condamnés à 3 mois ferme pour avoir montré leur cul aux CRS !

On a raison de se révolter contre un pouvoir et des politiciens qui, tout en leur interdisant le RMI et en organisant la précarité avec le contrat première embauche (CPE), nouvelle version du CIP, reprochent aux jeunes de trafiquer, et contre des patrons qui délocalisent leurs boîtes à sueur tout en se plaignant que la jeunesse n’aime pas le travail surexploité (qui en voudrait ?).

Parce que la guerre contre les pauvres et le mouvement social s’amplifie, parce que l’État cherche à prévenir et à diviser tout mouvement de résistance en jetant les individus les uns contre les autres, que les gouvernements successifs empilent les nouvelles lois répressives : antiterroristes, de « prévention de la délinquance », contre l’immigration. Parce qu’il va mettre encore plus de keufs partout (école, trains,…) et qu’il construit de nouvelles prisons pour les jeunes.

Parce que nous voulons sortir du piège à rats de ce système qui rend la vie toujours plus invivable et détruit une à une toutes les garanties qu’avait gagnées le mouvement ouvrier par ses luttes…

Nous manifestons notre solidarité aux jeunes poursuivis suite aux émeutes, et dont les procès continuent.

Prochain rendez-vous : 13 février 2006 à 13h au tribunal de Bobigny (M° Bobigny-Picasso) pour le procès de trois frères accusés de rébellion à agents.

Nous nous réunissons chaque semaine, sans organisations ni partis, pour échanger des informations, préparer des actions, et briser l’isolement qui nous démobilise.

Réunions ouvertes chaque jeudi à 19 h, à la Bourse du travail de Montreuil, 24 rue de Paris, métro Croix de Chavaux, ligne 9.

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Le 2 février 2006, le ministre de l’Intérieur Sarkozy a déclaré qu’« un premier ressortissant étranger impliqué dans les violences en banlieue a pris l’avion aujourd’hui » en direction du Mali et que « six autres sont prêts à suivre ».

Agé de 22 ans, le jeune expulsé avait été condamné en novembre à 4 mois de prison avec sursis et 3 ans d’interdiction du territoire français par le tribunal de grande instance de Bobigny, pour « usage d’engins incendiaire ».

  Sarkozy s’est plaint que pour les six autres expulsables « les procédures étaient un peu longues ».

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Banlieues, lycéens, étudiants, chômeurs, sans-papiers… Exploités d’aujourd’hui et de demain… mêmes révoltes : même ennemi

Manifestation à Paris, samedi 25 février, 14h, Stalingrad, rendez-vous devant la Rotonde.

Nous étions une quarantaine, mais pas en quarantaine, bien au contraire ! Plus en ballade qu’en manifestation à proprement parler, nous avons distribué nos tracts en rencontrant des habitants du XIXe arrondissement.

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Jugement pour les 3 frères de Montreuil

La relaxe a été prononcée pour les infractions de violences. En revanche, la rébellion, l’outrage et les menaces de mort ont été retenues.

Les 3 frères ont été condamnés à la meme peine : 5 mois avec sursis assortis de 2 ans de mise à l’épreuve et de 2 obligations (travailler ou rechercher un emploi et indemniser les « victimes »).

Concernant l’indemnisation des « victimes », les 3 frères ont été condamnés à payer solidairement :

 350 Euros à un policier et 400 à un autre en réparation du préjudice moral subi.

 500 Euros à 4 (ou 5 ?) policiers, ceux pour lesquels les 3 infractions (rébellion, outrages et menaces) ont été retenues.

 150 Euros à une policière (pour menaces semble t’il). Une autre policière plaignante n’a pas eu de chance : pas de prime, sa plainte a été déclarée irrecevable. Chacun des 8 agents reconnus victimes recevra en outre 100 Euros sur la base de l’article 475.1 du code pénal.

Les 3 frères ont fait appel. Il faut rappeler que lors de l’interpellation à leur domicile l’un des frères a eu la main brisée et 21 jours d’ITT et qu’une enquete est en cours concernant ces faits commis par les policiers.   [c.r. de F.]

SOYONS RÉALISTES, INVENTONS LES POSSIBLES (2006)

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Texte distribué dans les manifestations anti-CPE de mars 2006.

 

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Le capitalisme en crise cherche à détruire le droit du travail, compromis résultant des luttes ouvrières des XIXe et XXe siècles dans les pays industrialisés. Par la même occasion, il veut sauter cette étape du développement dans les pays dits « émergents » comme la Chine.

L’idéal des patrons, c’est d’égaliser par le bas les conditions de travail sur toute la planète en les ramenant à la condition du journalier agricole, embauché le matin, remercié le soir, ce que les ministres appellent « égalité des chances ».

Le capitalisme tend donc à réaliser — pour son propre compte — le mot d’ordre d’abolition du salariat qui était celui de l’Internationale ouvrière. Mais bien sûr, ce qu’il veut abolir ce sont les garanties liées au salariat. Cette blague ! Ils ne vont pas supprimer l’exploitation du travail, c’est de ça qu’ils vivent !

et nous, ce que nous voulons, c’est abolir toute exploitation, et le travail comme activité séparée de la vie, travail vendu en échange d’un droit de vivre précaire.

Il sera bien moins difficile — et mille fois plus passionnant ! — de changer le monde que d’essayer de faire changer d’avis les patrons et les ministres ! Leur boulot, c’est de faire marcher le système, pas de nous rendre service.

La patronne du Medef Laurence Parisot entonne le vieux refrain de la morale libérale (et religieuse) : les pauvres sont pauvres parce que c’est la nature des choses. Elle déclare : « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » [Le Figaro économie, 30 août 2005]

Le flic de la bande, lui, avoue plus crûment la régression sociale nécessaire. Dans une parodie de langage contestataire, Sarkozy parle de « rupture », assure qu’« une autre réalité est possible »…

L’« autre réalité » qu’il contribue à bâtir, c’est celle d’une société policière : vidéosurveillance et biométrie ; harcèlement raciste des jeunes et des immigrés ; justice « voiture-balais » de la police (on l’a vu après le mouvement lycéen du printemps 2005 et plus sauvagement encore contre les émeutiers de novembre) ; tracasseries racistes contre les couples « mixtes » qui se marient ou reconnaissent un enfant ; dépistage et psychiatrisation des enfants rebelles dès l’école primaire ; répression de toute contestation sociale sous couvert d’« antiterrorisme »…

Les figures épouvantails de l’étranger, du pauvre, du jeune sont remises au goût du jour et croisées avec celle du « terroriste ». Le capitalisme met en scène l’insécurité qu’il a créée. Il fait en sorte que les institutions crées pour atténuer les effets de la précarité aient désormais pour effet de la renforcer et de l’encadrer. Le flicage ASSEDIC des chômeurs comme les emplois corvéables CNE et CPE sont des pièces de ce dispositif.

Le PS, qui se donne des airs contestataires à propos du CPE, n’a rien à dire contre l’exploitation capitaliste. Par ailleurs, il a laissé voter (ses députés se sont abstenus !) la loi « antiterroriste » du 23 janvier 2006 qui permet aux flics de tirer lors des contrôles routiers (art. 4), allonge encore la durée de la garde à vue et créé une cour d’assises spéciale en matière de terrorisme pour les mineurs (art. 15).

Les sociétés humaines n’en sont qu’à la préhistoire capitaliste : il n’est écrit dans aucun ciel, dans aucun traité de magie que l’histoire humaine doit s’arrêter aux start up, aux centrales nucléaires et à François Hollande.

Face au raidissement autoritaire des gestionnaires capitalistes, de « droite » ou de « gauche », le seul parti pris raisonnable est d’imaginer une autre forme de vie sociale fondée sur la solidarité, qui exclue l’exploitation, organise les activités socialement indispensables, et permette à chacun(e) de vivre sa différence parmi ses semblables humains.

Il y a tant de choses passionnantes à vivre, à inventer ; tellement de gens à rencontrer, à aimer, à enseigner, à écouter ; tellement d’enfants à regarder grandir, à bercer, à nourrir… Allez ! la vie est trop courte pour la laisser boulotter par le travail !

Pour que l’utopie soit la sœur de l’action, il est possible de commencer tout de suite, dans chaque mouvement de résistance sociale, à expérimenter de nouveaux rapports : se réunir sans les vieilles organisations, occuper des lieux privés ou publics et en faire des lieux de vie et de libre expression, vérifier dans les risques partagés et les victoires communes que l’on gagne à se connaître.

Déjà, des expulsions de sans-papiers ont été empêchées, des gamins tirés des griffes des flics, des vidages de squats et des rafles empêchés ou sabotées. N’oublions pas non plus que le CIP de 1994 a été retiré, parce que le gouvernement de l’époque a craint une extension du mouvement, l’union des précaires, chômeurs et jeunes scolarisés dans les universités occupées et dans les émeutes. Il n’y a pas de fatalité historique : sinon, la Bastille serait encore une prison !

 

Ne laissons pas aux publicitaires de supermarché le soin d’« augmenter le goût de la vie[1] » !

ANPE-ASSEDIC-CNE-CPE-UMP-PS-ÉTAT-TAF : Radions-les tous !

Impossible de faire l’économie d’une révolution dans un monde où l’injustice est monnaie courante

Comité Pour l’Extension des Émeutes (CPEE)

Paris, le 7 mars 2006

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[1] Allusion à un slogan publicitaire de la chaîne de supermarchés Monoprix.

GLOSSAIRE (1986)

En novembre et décembre 1986, un mouvement étudiant et lycéen de très grande ampleur s’opposa au ministre de l’Éducation Alain Devaquet, dont le projet de réforme entendait renforcer la sélection dans l’enseignement supérieur. Le mouvement fut marqué par des mobilisations considérables et par des violences policières : cinq cent mille manifestants dans toute la France, le 27 novembre ; huit cent mille, dont cinq cent mille à Paris, le 4 décembre. Lors de cette dernière manifestation, sur l’esplanade des Invalides, trois manifestants sont grièvement blessés : l’un d’eux a la main arrachée, un militant de la Fédération anarchiste perd un œil. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, un étudiant de vingt-deux ans, Malik Oussekine est assassiné par des policiers des « pelotons voltigeurs motocyclistes », rue Monsieur-le-Prince, à Paris. Au moment où le mouvement risque d’opérer une jonction avec certains secteurs syndicaux, le gouvernement dirigé par Jacques Chirac (Mitterrand étant président de la République) retire le projet Devaquet.

Le tract ci-dessous sera distribué à Paris, lors des manifestations de décembre. Également publié dans Chroniques libertaires (n° 3, janvier-février-mars 1987), et Ma !, revue libertaire suisse (n° 11, mars 1987).

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Glossaire

(Dictionnaire qui donne l’explication de mots anciens ou mal connus.)

Politique : Mensonge sur les rapports humains selon lequel il est inévitable que la vie de l’immense majorité des hommes soit dirigée par une minorité de « spécialistes » autoproclamés sous prétexte de circonstance, de race ou de savoir. Dès que dénoncé, dans sa version totalitaire ou démocratique, ce mensonge doit s’appuyer sur la force.

Apolitique : Se dit d’une personne qui affiche son dédain pour un système auquel elle est, en fait, entièrement soumise et qu’elle conforte.

Démocratie : Plaisanterie grecque sur le pouvoir du peuple inventée à Athènes où les femmes, les enfants et les esclaves étaient privés de la parole. À l’opposé, on parlera de « démocratie directe » quand les décisions sont prises par les gens concernés qui désignent si nécessaire des délégués révocables pourvus d’un mandat impératif.

Provocation : Du latin provocatio, appel. Tâche trop nécessaire et trop sérieuse pour être laissée aux flics.

Massacre : Rappel à l’ordre d’une certaine quantité d’hommes du peuple lorsqu’ils prennent au mot la plaisanterie démocrate. Origine : massacre du Champ de Mars, le 17 juillet 1791. Par la suite : 1848, 1871, etc. On dira aujourd’hui : « Chirac-matraque, t’es bien un démocrate » !

Ministre : Employé. Payé par l’impôt collectif, il prétend donner des ordres à ses employeurs, mais n’admet pas que d’autres employés suivent son exemple.

Bavure : Exemple : le 9 septembre 1982, quatre flics prennent en chasse une voiture qu’ils rattrapent rue Rossini à Paris. Ils tirent à bout portant. Bilan : trois blessés et un cadavre, Cécile Carré, 17 ans. Le sinistre de la police Gaston Defferre déclare : « La voiture aurait pu être occupée par des terroristes ». Depuis, les bavures ont été nationalisées.

Dignité : Qualité recommandée aux pauvres pour les consoler de leur pauvreté. La dignité s’exprime le mieux lorsque les pauvres ferment leur gueule.

1994 : la répression judiciaire du mouvement « anti-CIP »

Rédigé pour une publication qui ne vit jamais le jour, ce texte n’a connu qu’une diffusion confidentielle. Mis en ligne [le 4 juin 2005] au moment où se déroulaient les procès visant les jeunes arrêté(e)s lors du mouvement lycéen contre la loi Fillon, il présente l’intérêt de revenir sur le mouvement social déclenché par le projet d’un « Contrat d’insertion professionnelle » (CIP), au printemps 1994, auquel on préfère souvent à tort les grèves de décembre 1995 pour dater le retour de la contestation sociale. Il permet également de comparer l’usage qui est fait de la répression judiciaire contre divers soulèvements de la jeunesse, alors même que certains magistrats se retrouvent dans les cours qui jugent les interpellé(e)s de 1994, celles et ceux de 2005.

La mémoire des mouvements sociaux, et plus encore celle des mouvements de la jeunesse, se perd vite. C’est ainsi que l’avocate de lycéens mis en examen en 2005 pouvait affirmer dans une indignation sincère que jamais on avait vu des mineurs en aussi grand nombre traduits devant des juges. On verra que cette assertion est inexacte et que la répression du mouvement anti-CIP, vengeance contre un mouvement en partie vainqueur (le CIP fut retiré), frappa de très nombreux(ses) mineur(e)s, prenant même des formes inusitées et créant des rapports de force inattendus dont l’étude intéresse à la fois l’historien et le militant.

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Ils ont « anti-CIPé »

« Pourrait-on être à la fois démagogue et mal intentionné ? » demande Édouard Balladur dans la « Lettre » qu’il adresse aux jeunes manifestants pour leur proposer le « dialogue » (Libération, 17 mars 1994), comme si le seul énoncé de cette hypothèse devait glacer de honte l’esprit assez fou pour l’avoir conçu ! Le lendemain, neuf personnes sont jugées à Paris selon la procédure de comparution immédiate ; les peines vont d’un mois de prison avec sursis à deux mois ferme. Le surlendemain, ce sont onze inculpés qui comparaissent devant le tribunal correctionnel de Nantes. Une jeune femme de trente-sept ans, technicienne en biologie (l’une des très rares représentantes de son sexe à avoir été déférée devant les tribunaux) est condamnée à 5 000 F d’amende pour un bris de vitrine qu’elle conteste ; un homme de cinquante-sept ans est condamné à trois mois de prison avec sursis pour violence à agent ; deux chômeurs écopent respectivement d’un mois et de six mois de prison ferme pour des faits équivalents. Restent un lycéen, un étudiant, deux apprentis et trois chômeurs. Les magistrats prononcent des peines d’amende et de prison avec sursis, assorties de mise à l’épreuve pour cinq ans.

Le « dialogue » s’annonce de plus en plus musclé ; les arguments judiciaires se veulent proportionnels à l’ampleur et à la détermination du mouvement social : plutôt faible à Paris où il ne s’exprime pratiquement que dans les grandes manifestations, sans précédent depuis 1968 dans de nombreuses villes de province, Nantes et Rennes notamment où s’instaure, grâce à l’occupation de locaux universitaires, une réelle communication entre le mouvement étudiant/lycéen et d’autres groupes sociaux (chômeurs, sans-logis, travailleurs en grève).

Si l’on ne peut parler d’une véritable stratégie, le gouvernement semble au moins vouloir répondre au coup par coup, et coup pour coup. La décision est prise d’assurer le plus grand retentissement médiatique à un nouveau procès qui se déroule à Nantes le 23 mars, où huit inculpés comparaissent devant le tribunal correctionnel. Ils sont livrés, menottes aux poignets, aux flashes des photographes et des cameramen, malgré la récente circulaire du garde des sceaux (9 mars) qui réserve ce traitement aux personnes « considérées comme dangereuses pour autrui ou pour elles-mêmes, soit comme susceptibles de tenter de prendre la fuite ». Il y a là deux lycéens, un handicapé, trois chômeurs, un jeune chef d’entreprise de 27 ans et un électricien objecteur de conscience. Les magistrats distribuent 6 200 F d’amende, six mois de prison, dont quatre ferme et soixante heures de Travail d’intérêt général (TIG[1]).

La méthode se révèle aussi inefficace pour juguler les émeutes parisiennes, nantaises ou lyonnaises que le retrait du CIP, annoncé le 30 mars. Les responsables du maintien de l’ordre tentent d’utiliser les spectacles judiciaires comme celui monté à Nantes pour accréditer l’idée d’une séparation entre gentils étudiants et « casseurs ». Charles Pasqua met en garde les « voyous » ; le préfet de police de Lyon, Marcel Leclerc parle de « malfaiteurs-terroristes » et de « phénomènes de guérilla urbaine[2] ». Ils sont entendus et surpassés par certains journalistes. Dans le même numéro de France-Soir (2 avril) qui titre sur les « Casseurs condamnés » lors d’une audience parisienne, l’académicien Jean Dutourd écrit : « La Bastille, en 1789, a été prise par une minorité composée au moins pour moitié de “casseurs” comme nous en voyons de nos jours[3]. La révolution consécutive, avec son cortège d’horreurs, a aussi été faite par une minorité. […] Il faut tuer les minorités dans l’œuf, spécialement quand elles sont l’émanation de la canaille, sinon c’est elles qui envoient les majorités aux abattoirs. »

La « canaille », j’en étais ! et j’ai assisté le 1er avril au procès fait aux prétendus « casseurs », huit manifestants arrêtés à Paris lors de la manifestation de la veille, dont le gouvernement espérait qu’elle serait à la fois l’enterrement du CIP et celui du mouvement social. Il marque un changement dans l’attitude des autorités judiciaires : si les réquisitoires et surtout le ton des débats demeurent parfois sévères, les peines prononcées sont assez mesurées. Nous allons voir qu’elles sont également incohérentes et justifiées par le seul souci de ne pas désavouer les policiers.

B**, 18 ans, est élève d’un lycée d’enseignement professionnel ; arrêté vers 19 h lors d’un sit-in pacifiste aux Gobelins, dans le treizième arrondissement de Paris, on lui fait observer que — la manifestation ayant été officiellement dispersée à 16 h — il ne peut prétendre à la qualité de manifestant… On l’accuse d’avoir jeté des pierres sur deux abribus, « sans les casser ». Peu importe qu’aucun incident de ce type n’ait eu lieu à cette heure et à cet endroit, les policiers interpellent généralement les manifestants les moins rapides. Quelle meilleure proie qu’un manifestant assis ? B** est condamné à 3 000 F d’amende.

Un étudiant de 22 ans est condamné lui aussi à 3 000 F d’amende pour violence (jet de pierres) et outrages à agent, mais le camarade qui l’accompagnait écope d’un mois de prison avec sursis et 1000 F d’amende. Incohérence encore : un étudiant en journalisme de nationalité brésilienne est relaxé des chefs de violence et outrage (la police a détruit les films qu’il a tourné dans la manifestation), mais R**, jeune chômeur qui l’accompagnait et s’est interposé lors de son arrestation violente est condamné à 2 000 F d’amende pour outrage ! Au total, le tribunal distribue 9 000 F d’amende et trois mois de prison avec sursis. Un jeune homme qui a été trouvé porteur d’un couteau est placé en détention provisoire. Après une peine de fait de quatorze jours de prison, il sera condamné à 2 500 F d’amende !

Le même jour, cinq étudiants sont placés sous mandat de dépôt (par des magistrats différents) pour être jugés ultérieurement. Deux d’entre eux sont accusés d’avoir brisé la vitrine d’une pharmacie — dont des témoins assurent que les « casseurs » véritables ont regagné un car de police une fois leur coup fait — et un troisième a été trouvé porteur… d’une bouteille de whisky ! Quelle idée se fait le magistrat de permanence de la « guérilla urbaine » ? Quel résultat espère-t-il d’une instruction menée sur une bouteille d’alcool pour envoyer en prison un étudiant de l’école du Louvre de vingt et un ans, à qui n’est reproché aucun délit ?

Hormis ces bavures judiciaires à contretemps, l’atmosphère est à un relatif apaisement. Les autorités policières ont compris que les charrettes de « casseurs » condamnés créent davantage de solidarité avec la « canaille » qu’avec le gouvernement. Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur prend la mesure de la réticence, voire de la résistance d’une partie des magistrats[4] à l’occasion de l’affaire des expulsés de Lyon, que j’évoquerai plus loin. Le soir du 31 mars, à Nantes, 2 000 à 3 000 personnes refusent la dispersion de la manifestation supposée célébrer la « victoire » sur le CIP. Les affrontements se prolongent jusqu’à 2 h du matin. Aucun des manifestants interpellés ne sera déférés au parquet ! Charles Pasqua ne renonce pas pour autant à débusquer les « meneurs » et annonce une série d’arrestations de manifestants reconnus sur photos et localisés par la police au bout de plusieurs semaines d’enquête. Lire la suite

1990 : L’irruption dans Paris d’une violence venue des banlieues

La France connaît, en novembre 1990, Lionel Jospin étant ministre de l’Éducation, son énième mouvement lycéen. Celui-ci réclame un mois durant la réfection de locaux souvent vétustes, l’embauche de nouveaux professeurs et l’allègement des classes, soit — à partir d’une situation matérielle effectivement dégradée — un programme une fois pour toute caricaturé dans la formule : « Nous voulons, nous aurons, des gommes et des crayons ! »

Le ras-le-bol lycéen rencontre, parfois de manière violemment antagonique, la rage des banlieues (des émeutes ont eu lieu à Vaulx-en-Velin). C’est, à cette échelle, la première explosion d’une violence que l’on retrouvera, plus exacerbée, plus massive et plus sélective au printemps 2005, lorsque des bandes de jeunes de banlieue attaqueront les manifestations lycéennes, tabassant et dépouillant, sans plus guère s’attaquer aux vitrines, véhicules et policiers, cibles de 1990.

La mobilisation de 1990 culmine les 12 et 16 novembre. Le 12, trois cent mille jeunes défilent dans toute la France. De violents affrontements ont lieu à Paris (plus de cent policiers blessés) ; de nombreux manifestants, que l’on qualifie de « casseurs » pour mieux les opposer à leurs camarades, sont déférés à la justice et souvent lourdement condamnés. Un magistrat parisien, M. Ducoudray use à leur propos d’une formule qui reste dans l’histoire, en traitant les accusés de « déchets de la basse humanité ».

Capture d’écran 2014-11-21 à 20.07.56Le texte qui suit a été publié dans la première livraison de Mordicus (n° 1, décembre 1990), journal d’agitation et de critique sociale, au collectif duquel j’ai participé depuis l’origine jusqu’à avril 1991. On vérifiera à sa lecture qu’il était possible de publier dans cette revue, à chaud, l’amorce d’une critique de la violence que certain ex-« mordicant » préfère oublier, peut-être pour mieux se flatter de l’incarner au terme d’un long cheminement autocritique, d’autant plus méritoire qu’il serait original[1].

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ÉCOLE ET COLÈRE

 

Les lycéens et collégiens qui sont descendus dans la rue cet automne se foutaient éperdument du budget de l’Éducation nationale, comme ceux de 1986 se foutaient de la loi Devaquet qu’ils n’avaient pas lue, pas plus que ceux de 1974 n’avaient lu la circulaire Fontanet ou ceux de 1975 la réforme Haby…

Comme dans les années 70, les lycéens veulent d’abord sécher les cours, crier, courir, être ensemble. Il faut être d’humeur bien chagrine pour ne pas reconnaître là une révolte contre ce monde et ses écoles. Que cette révolte soit inconsciente ou plus précisément honteuse d’elle-même et avance sous les masques de l’époque n’a rien d’étonnant. Même au plus fort de l’agitation post-soixantuitarde, les lycéens ont généralement cédé à l’exigence de « sérieux » que les adultes attendent d’eux. Encore ne faut-il pas prendre au pied de la lettre la déclaration bien raisonnable et en bon français que l’on fera devant les caméras de télévision. Entre soi, on assume plus librement l’aspect de joyeuse déconnade des grèves et des manifs. Par ailleurs, la dégradation des conditions de vie est bien réelle depuis vingt ans. Il ne s’agit pas seulement de plafonds qui fuient, mais aussi du racket, des bagarres, bref d’une violence sordide sécrétée par ce monde, dont le rejet ne peut être réduit à un réflexe sécuritaire.

Faut-il regretter que ce mouvement éclate, à la surprise générale, sur un aussi pauvre mot d’ordre que « Du pognon pour l’éducation » ? Rien n’indique que cette espèce de degré zéro de la fausse conscience, dépourvue de justification comme d’imagination, ait été particulièrement propice aux récupérations politiciennes des JC ou de SOS-PS. Elle a, en tout cas, sérieusement embarrassé le ministre Jospin, obligé de lancer à la télévision des appels pressants à des revendications précises, qu’il pourrait donc satisfaire pour interrompre le mouvement.

La cuisse de Bakounine

Les collégiens d’aujourd’hui ne sortent pas tout armés de la cuisse de Bakounine. Leur mouvement appelle la critique et non le mépris. Quant à la réfutation de la notion d’éducation, les révolutionnaires — libertaires ou ultra-gauche — seraient mal venus de reprocher aux lycéens de ne l’avoir pas élaborée, quand eux-mêmes s’en abstiennent, soit qu’il aient à fourguer sur la question quelque vieillerie début de siècle, soit qu’ils n’aient pas trouvé pour leurs propres gosses de garderie plus avantageuse que l’école dite gratuite et obligatoire, soit encore qu’il s’agisse — plus prosaïquement — de leur gagne-pain.

Genoux, cailloux, zouloux

L’originalité de ce mouvement c’est bien le surgissement dans ses marges d’une nouvelle génération de casseurs. Garçons en majorité, âgés de 15 à 17 ans, le plus souvent Noirs ou Beurs, ils viennent de banlieue et prennent possession des rues de Paris, cassant et pillant tout ce qui peut l’être. Deux cents lors de la manif du 5 novembre, ils étaient cinq cents le 12, évoluant par petits groupes de copains, très mobiles. Leurs exploits ont provoqué une telle surprise, mêlées de panique, que personne n’a vraiment osé entonner le refrain, usé jusqu’à la corde en 86, des « provocateurs ». Ce sont désormais des « zonards » ou, selon le mot d’un militant JC, des « parascolaires ». Encore un mensonge : ces mômes vont au collège comme tous ceux de leur âge. Mentent pareillement les pédagogues qui pleurent sur ces « exclus du système scolaire ». Quitter l’école à 16 ans ne fait pas d’un gosse un « exclu », mais un produit de l’Éducation nationale.

Le 12 novembre dernier, pour la première fois, les enfants des pauvres et des immigrés que l’on s’applique à chasser de Paris depuis vingt ans sont venus mettre à sac les beaux quartiers. Flics, politiciens et technocrates ne sont pas près d’oublier cette réjouissante leçon d’urbanisme !

Reste que pour nous, qui étions parmi le millier d’incontrôlés ridiculisant en tête de manif les grandes manœuvres FASP-SOS-JC, le bilan est plus nuancé que celui des blessés[2]. On peut déplorer que beaucoup de jeunes casseurs se servent mieux de leurs jarrets que de leurs cervelles : tel manifestant autonome l’a appris à ses dépens qui n’a dû son salut qu’à une fuite éperdue devant une bande qui lui reprochait, par une casse inconsidérée, de provoquer une charge de flics, lesquels ne cogneraient que sur les Noirs et les Arabes ! Argument qu’un jeune Beur du service d’ordre de SOS m’avait assené hargneusement une semaine plus tôt. Étrange identité de vue entre casseur et anticasseur, néo-racisme « antiraciste » justifiant que les seuls Noirs et Beurs puissent tenir le haut du pavé, côté foutoir ou côté flicard.

Ce fameux lundi, une certaine violence — frisant parfois l’hystérie — était bien propre à dégriser ses apologistes en chambre. Certes, comme dit la chanson, quand il s’agit de rosser les cognes, tout le monde se réconcilie ! Mais la jolie bataille du pont de l’Alma ne peut faire oublier que ni les ridicules bastons entre chefs de bandes ni leurs prétentions hégémoniques, pas plus que les corrections justement données à tant de cameramen et de photographes ne contrebalancent l’immunité de flics en civil ou en uniforme circulant dans la manif.

Cette rage confuse semble irrécupérable par quiconque, et c’est rassurant. Nos maîtres et leurs sociologues sont extrêmement emmerdés, et c’est réjouissant.

Mais très insuffisant.

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[1] « À moins de sombrer dans des incantations irresponsables et suicidaires, la volonté de confrontation avec les institutions ne pourra faire l’économie d’une critique de la violence. Il s’agit de rompre avec l’imagerie à la Mordicus qui refuse de voir que les manifestations les plus spectacularisées (les rodéos, les incendies de voitures, les affrontements ritualisés) sont prisonnières, pour la plupart, du spectacle et de la marchandise. » Serge Quadruppani, La Fabrique de la haine, coll. L’Esprit frappeur, 2002, p. 190.

[2] 104 policiers blessés selon la Préfecture, 222 selon la FASP (syndicat policier proche de la gauche). À titre indicatif : 116 flics avaient été blessés le 23 mars 1979, lors de la marche des sidérurgistes sur Paris.

 

Ce texte a été repris dans Pièces à conviction. Textes libertaires 1970-2000, éditions Noesis-Agnès Viénot, 2001 (épuisé).