“Vivre… ça, je crois qu’on a arrêté” ~ Hommage à Mathieu Bablet

Je découvre – après tout le monde semble-t-il, mais qu’importe! – le travail de Mathieu Bablet. Histoires, dessins, couleurs, c’est un enchantement. Je ne connais personne qui sache dessiner de grands immeubles comme il le fait, en restituant tout à la fois la poésie, la nostalgie, voire le malaise qu’ils suscitent. Et voici qu’au détour d’un album intitulé La belle mort, où se trouve décrit la situation d’une planète où les insectes gigantesques ont pris le pas sur l’humain (ou plutôt sur les rares spécimens survivants), je tombe sur cette case; je n’ai pas besoin de souligner le rapport évident entre le sentiment décrit par le personnage et celui que la plupart d’entre nous éprouvons depuis quelques mois.

Du même auteur.

“Un impossible travail de déradicalisation” ~ par Alex Albert, Joël Cabalion, et Valérie Cohen

Le Centre de prévention et d’insertion à la citoyenneté (CPIC) a été conçu, après les attentats de 2015, comme la pièce maîtresse de la réponse gouvernementale à l’attirance exercée par le djihad sur une certain nombre de jeunes gens. Hébergé dans un ancien centre éducatif et de formation professionnelle (CEFP) promis à la fermeture, et sis en Indre-et-Loire, le projet s’inspire des centres éducatifs fermés, civils ou militaires, revenus à la mode avec la critique de Mai 68 et sa supposée « culture de l’excuse ». Voulu par Manuel Valls, le projet se solde par un échec complet, dont le travail d’enquête sociologique des auteurs et de l’autrice permet de comprendre l’origine – et les conséquences en termes de souffrance au travail pour les personnels concernés. On peut regretter que la parole des jeunes accueillis eux-mêmes, fort peu nombreux d’ailleurs, n’ait pu être recueillie.

Le projet commence par mettre sous le boisseau ce qui semble pourtant un aspect central du problème, la dimension religieuse de la dite « radicalisation » de certains jeunes. Cet évitement originel est déjà un facteur d’implosion suffisant pour expliquer le fiasco final. Il peut être considéré comme un symptôme parmi d’autres de la difficulté d’une société de tradition catholique – mais largement déchristianisée – à absorber le choc d’un renouveau religieux, via l’Islam de surcroît, qui suscite un engagement minoritaire violent, le plus souvent exercé sur des théâtres d’opérations extérieurs, mais qui peut aussi frapper en France.

Le fait que « la République » et·ou « la France » sont apparues comme les cibles visées, et atteintes, explique en partie le recours à une rhétorique militaire et patriote, au-delà du thème du « retour à l’autorité », joker des discours réactionnaires. Concrètement, le projet, et le règlement qu’il a inspiré, prévoyaient une cérémonie hebdomadaire de type militaire : levée du drapeau, salut aux couleurs, chant de la Marseillaise [1].

Les principaux cadres de l’établissement sont d’anciens militaires, qui ne sont pas passés par la filière du travail social ; ils n’apprécient guère des éducateurs, par définition tournés vers l’éducatif et d’ailleurs soucieux de leurs conditions de travail, en termes d’horaires et de rémunération.

L’ensemble du projet semble combiner, et pas seulement du fait de l’improvisation, toutes les tares des divers éléments des dispositifs français de contention/rétention. Les pensionnaires y entrent à la suite d’un chantage menée par les autorités, pour échapper à un sort judiciaire plus sévère. Du « volontariat forcé », comme le dit un membre du personnel, ce qui évoque le « placement volontaire » prévu par la loi de 1838 (c’est de la volonté des proches qu’il s’agit !). On cite par ailleurs le cas d’une jeune fille déficiente mentale, pour qui le programme du centre n’est pas adapté, ce qui fait penser cette fois aux nombreuses personnes placées en détention pour qui un traitement – à l’air libre – serait préférable. On cite également le cas d’un jeune pensionnaire renvoyé du jour au lendemain, tout bonnement déposé dans une gare des environs, sans billet de train ni destination. Et voilà qui rappelle les procédés policiers à l’égard des personnes migrantes.

Même le public « cible » n’est pas toujours identifiable chez certains pensionnaires, dont « le lien avec la religion musulmane pouvait être considéré comme douteux » (p. 88). Pour les autres, la pratique religieuse est considérée comme une addiction dont le sevrage par la rétention et la discipline du centre peut venir à bout. Le règlement offre une espèce de caricature de laïcité, en renvoyant la pratique (prières) à l’espace privé (en l’espèce : la chambre). La prise en considération de cette dimension évoluera cependant avec le recrutement d’un « aumônier musulman » qui proposera, de sa propre initiative, des cours de religion (et d’arabe). Il faut donc que le projet initial se heurte à ses incohérences pour que l’on en vienne à une solution analogue à celle pratiquée de longue date sur l’antenne d’une radio comme France-Culture, par exemple.

Le livre retrace la montée des tensions entre une direction manifestement hostile à la doctrine de l’ordonnance de 1945 (relative à l’enfance délinquante) et plutôt confiante en un – très vague – mélange d’autorité et de patriotisme, et les personnels qualifiés. À noter, le fait que les représentants syndicaux, focalisés sur les questions d’horaires et de salaires ont mis six mois à prendre en charge cette part de la souffrance des personnels (d’où de nombreuses démissions).

L’autrice et les auteurs notent justement en conclusion qu’il eût été surprenant qu’en l’absence de toute problématisation, une solution émergeât par miracle. En était-il question d’ailleurs ? On peut en douter, tant le « projet » et sa « réalisation » ressemblent à autant de coups de menton, bien dans le style de leur commanditaire Manuel Valls, dont la démission interdisait tout espoir de renaissance. À supposer établi et éclairci le concept de « radicalisation » – ceci uniquement pour les besoins du propos – le « Centre de prévention et d’insertion à la citoyenneté » a montré que l’État n’a rien à opposer à un phénomène dont il ne mesure (plus ou moins bien) que les conséquences statistiques : nombre de victimes d’attentats, nombre de jeunes partis et·ou revenus du djihad. On lira une preuve nouvelle de cette pauvreté (et vétusté, ajouterai-je) des réponses étatiques dans le retour programmé du « service national universel », dont le pitoyable slogan est : « Jeunesse engagée ».

Albert Alex, Cabalion Joël, Cohen Valérie, Un impossible travail de déradicalisation, Érès, 249 p., 24, 50 €.

Statut de l’ouvrage : service de presse amical.


[1] Il est un peu rapide de qualifier (p. 80) l’obligation de chanter la Marseillaise de « symbolique républicaine ».

INOUÏ ! INFORMÉS QU’ILS RISQUENT DE MOURIR, DES GENS S’OBSTINENT À VIVRE !

ASSEZ DE DEMI-MESURES !

INSTAURATION SANS TARDER D’UN COUVRE-FEU À 13h [Sauf pour les escl…., les travailleurs] SUR L’ENSEMBLE DU TERRITOIRE [la matinée est largement suffisante pour se ravitailler]

PORT DE LA CAGOULE OBLIGATOIRE [par-dessus le masque]

INTERDICTION DE: FUMER, MANGER, BOIRE, PARLER, TOUSSER, CRACHER, DANS LA RUE ET LES LIEUX PUBLICS, AINSI QUE DANS LES PARTIES COMMUNES DES IMMEUBLES.

ENREGISTREMENT ADMINISTRATIF DE L’IDENTITÉ DE DEUX PERSONNES AVEC LESQUELLES LES RELATIONS PRÉSENTIELLES SONT TOLÉRÉES [mais non encouragées, cela va sans dire]

POUR LES CONCUBINS NON-COHABITANTS: UNE RENCONTRE HEBDOMADAIRE SERA AUTORISÉE SUR DEMANDE ÉCRITE [mesure conforme aux statistiques sur la fréquence des rapports sexuels]

POUR LES FAMILLES DITES «RECOMPOSÉES», PARENTS ET ENFANTS [leur consentement éclairé sera recueilli à partir de 15 ans] CHOISIRONT UN DOMICILE LÉGAL, VALABLE POUR LA DURÉE DE LA PANDÉMIE. AUCUNE VISITE OU PERMUTATION NE SERA AUTORISÉE [le domicile légal peut cependant être celui des grands-parents; l’interdiction des visites s’applique également dans ce cas]

LES CONTREVENANTS SERONT INTERPELLÉS ET CONFINÉS DANS LES LOCAUX RÉQUISITIONNÉS DES THÉÂTRES, CINÉMAS, SALLES DE CONCERT Etc. [ils y seront vaccinés s’ils ne le sont déjà]

LES RÉCIDIVISTES SERONT DÉCHUS DE LA NATIONALITÉ FRANÇAISE ET PROVISOIREMENT DÉTENUS DANS DES CENTRES DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE (CRA).

DANS UN SECOND TEMPS, CES APATRIDES SERONT SOIT ACHEMINÉS EN GUYANE, SOIT CONFINÉS À BORD DE PAQUEBOTS, S’ILS PEUVENT FAIRE LA PREUVE QU’ILS ONT LES MOYENS DE SUPPORTER LES FRAIS OCCASIONNÉS [paiement d’une provision équivalente à six mois de croisière]

JUSQU’À EXTINCTION [éventuelle] DE LA PANDÉMIE, ILS NE POURRONT NI DÉBARQUER SUR LE TERRITOIRE NATIONAL NI ENTRER DANS LES EAUX TERRITORIALES FRANÇAISES.

LES CONTREVENANTS, IDENTIFIÉS PAR LE BORNAGE DE LA PUCE QUI LEUR AURA ÉTÉ IMPLANTÉE AVANT EMBARQUEMENT, SERONT CONSIDÉRÉS COMME COUPABLES D’ASSOCIATION DE MALFAITEURS À CARACTÈRE TERRORISTE ANTISANITAIRE ET POURRONT ÊTRE ABATTUS À VUE PAR LES DOUANIERS, LES FORCES DE POLICE [y compris municipale], ET DE GENDARMERIE, AINSI QUE LES FORCES ARMÉES.

LEURS BIENS SERONT CONFISQUÉS AU PROFIT DE LA RECHERCHE MÉDICALE.

DANS LES CAS OÙ CES PERSONNES LAISSENT POUR ORPHELINS DES ENFANTS MINEURS, CEUX-CI SONT PROPOSÉS À L’ADOPTION [après période de quarantaine et bilan de santé]

[La préservation de la vie exige des sacrifices. Il n’y a pas, dans une société saine, place pour les égoïstes et les inconscients.]

Flic démissionné, à moitié pardonné!

«Lettre de démission d’Alexandre Langlois,

policier digne et en colère de voir une institution à la dérive

Monsieur le Ministre,

Lorsque je me suis engagé dans la Police nationale, j’avais à l’esprit deux maximes de Jean-Jacques Rousseau: “Il n’y a que la force de l’État qui fasse la liberté de ses membres” et d’autre part “que seule l’obéissance à la loi que l’on s’est prescrite est liberté”.

Or aujourd’hui, je constate qu’il n’est plus question pour le peuple d’obéir aux lois auxquelles il a lui-même consenti et que le rôle de sa police n’est plus de protéger ses libertés, mais plutôt de toutes les annihiler, comme le ferait le plus vil des oppresseurs.

Qu’est devenue la Police nationale depuis 2014, elle qui se devait d’être la garante des libertés?

Ne mérite-t-elle pas mieux que d’appliquer à la lettre des lois de plus en plus liberticides et autoritaires?

En pareille situation, peut-on encore parler d’une police républicaine ou ne s’agit-il plus que d’une milice au service de votre autoritarisme?

Mon engagement dans la Police nationale ne peut plus se maintenir dans un tel régime sans aucun espoir de réforme telles que vos prises de position récentes le laissent présager.
De surcroît, votre ministère, est pourtant celui qui distribue le plus de sanctions disciplinaires contre ses personnels, se fait beaucoup moins strict contre les policiers qui tabassent, mutilent ou tuent des innocents comme Madame Zineb REDOUAN, Monsieur Steeve CANICO ou Monsieur Cédric CHOUVIAT, tandis que les policiers qui, au contraire, dénoncent ces dérives et dysfonctionnements, se font durement réprimander au motif qu’ils ne respecteraient pas la loyauté envers leur hiérarchie ou porteraient atteinte au renom de la Police nationale!

Tel n’est pas le comportement que la population attend de ses responsables politiques.

Suite à la mort de Malik OUSSEKINE le 6 décembre 1986, M. Charles PASQUA, alors Ministre de l’intérieur, non seulement présenta ses excuses en personne à la famille, mais, de surcroît, prit la décision de dissoudre les voltigeurs. Depuis le début de ce quinquennat, c’est l’inverse qui est pratiqué: on nie les faits, on ne présente jamais d’excuses et… on recrée les voltigeurs que l’on rebaptise BRAV-M !

Les policiers sont depuis lors au service d’un Président de la République qui les utilise pour réprimer avec violence tout mouvement social contestataire tels que les Gilets jaunes, mais également les infirmières, les pompiers, les médecins, les avocats au lieu de leur permettre de manifester leurs revendications de manière encadrée et sécurisée.

Depuis la crise COVID 19, les policiers sont désormais exclusivement affectés au contrôle social et non plus au respect du Code pénal.

Les décrets et arrêtés préfectoraux les plus incohérents et absurdes ont remplacé les lois autrefois votées par nos Assemblées.

Nous contrôlons des attestations de déplacement et veillons au bon respect des distanciations sociales pour lutter contre l’épidémie. Or, si tel était réellement le but de notre action, c’est le personnel hospitalier qui aurait dû avoir des renforts, et on parlerait plutôt de distanciation sanitaire.

Au lieu de cela, on nous détourne de nos vraies missions, qui sont de poursuivre les délinquants et les criminels, et d’assurer la paix et la sécurité de nos concitoyens.

Le 26 novembre 2020, M. David PERROTIN, journaliste à LOOPSIDER, présentait la vidéo d’un homme littéralement passé à tabac par trois policiers entrés par effraction sur son lieu de travail et en dehors de toute commission rogatoire.
Sur la vidéo surveillance des locaux, on peut notamment entendre les policiers le traiter de «sale nègre» avant de braquer une arme contre lui en présence d’autres personnes dont l’une serait mineure.

Cet évènement honteux, tout autant que les réactions du ministère qui s’ensuivirent, ont renforcé ma conviction de mettre fin à mes fonctions.

Tout autant que les réactions habituelles de mes collègues, dont un délégué du Syndicat UNITE-SGP-FORCE OUVRIERE, organisation que vous recevez régulièrement, a pu dire dans une émission de télévision que “BAMBOULA c’est encore à peu près convenable” sans subir la moindre sanction ou autre forme de poursuite de la part du ministère.

La seule défense tenable, bien que fantaisiste du Préfet de police M. Didier LALLEMENT, à propos de l’interpellation susmentionnée, a ainsi été de dire qu’il n’était “pas au courant”, alors même qu’il y a eu un appel de renfort, une sortie d’armes et un tir de grenade dans un lieu clos. Mais qu’attendre d’un Préfet de Police, qui a obtenu sa promotion de Bordeaux à Paris en couvrant déjà des exactions de policiers par des mensonges dans l’affaire Olivier BEZIADE et à qui vous renouvelez encore votre confiance, malgré qu’il “ne soit pas dans le même camp” que la population ou qu’il ordonne une évacuation brutale de la Place de la République encore récemment.

Votre tweet hypocrite a fini de sceller ma décision: “Je me félicite que l’IGPN ait été saisie par la Justice dès mardi, je demande au Préfet de Police de suspendre à titre conservatoire les policiers concernés. Je souhaite que la procédure disciplinaire puisse être conduite dans les plus brefs délais”.
Hypocrite, lorsque l’on sait que par l’effet de la loi sécurité globale que vous défendez bec et ongles par la propagande et le mensonge, cette victime aurait fini en prison et ses tortionnaires médaillés ou encore primés.

Oui, vous mentez Monsieur le Ministre lorsque vous prétextez vouloir protéger les policiers en prévoyant un an d’emprisonnement pour diffusion d’image de policiers identifiables, quand les textes existants sur le harcèlement et les menaces prévoient déjà des sanctions deux à cinq fois plus importantes, mais qui ne sont dans les faits jamais appliquées.
Appliquons ce qui existe plutôt que de brader la sécurité physique et mentale des policiers pour des éléments de communication.

Quand des collègues CRS reçurent des menaces de mort à leur domicile par courrier, était-ce dû à la diffusion de leur image? Non ! Mais à la publication par votre Ministère de leur prénom, nom et affectation au Journal Officiel.

Est-ce qu’une quelconque mesure a été prise depuis? La réponse est encore une fois non.

Vous osez dorénavant instrumentaliser le drame de l’assassinat de nos deux collègues de MAGNANVILLE par un terroriste.
Pourtant, ont-ils été assassinés chez eux suite à la diffusion de leur image? Une énième fois non, mais suite à l’absence de sécurisation des données des ressources humaines, qui se baladaient sur une clé USB non sécurisée par le ministère de l’Intérieur et transmise à un syndicat de police.

Des mesures ont-elles été prises depuis? La réponse est encore une fois et toujours négative.

Si vous aviez un tant soit peu de respect pour les femmes et les hommes qui portent l’uniforme, comme moi, vous démissionneriez.

Dois-je encore vous rappeler que la première cause de mortalité des policiers en fonction est le suicide?
Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, c’est quelque 150 vies sacrifiées.

Était-ce à cause de la divulgation de leur image? Je ne le crois pas, mais suppute plutôt un management délétère, des injonctions paradoxales, une politique du chiffre, la perte de sens de notre métier et de la fonction…

Des mesures ont-elles été prises? Pas vraiment, mis à part deux numéros verts et des barbecues “conviviaux”.

Enfin, faut-il rappeler que le ministère de l’Intérieur ne respecte pas même les décisions de justice le condamnant pour, en ce qui me concerne personnellement, le refus d’exécuter malgré quatre demandes le jugement du Tribunal administratif de Versailles n°1505355 le reconnaissant coupable de discrimination syndicale.

Pire, la discrimination a depuis lors repris de plus belle et j’ai été arbitrairement désarmé, sans contrôle de la médecine statutaire et mes notes de renseignements ne sont plus transmises, et ce sans justification.

Depuis ma première demande de rupture en juillet 2020, mon dossier aurait dû être traité au plus tard en septembre. Mais même pour cela, le Ministère ne s’estime pas contraint de respecter la loi et les délais, ce qui engendre encore un préjudice à mon encontre.

A moins que ce ne soit dans l’objectif de me sanctionner une nouvelle fois arbitrairement et d’éviter ainsi de me payer les indemnités légales?

Pour l’ensemble de ces raisons, je sollicite, Monsieur le Ministre, ma rupture conventionnelle dans les meilleurs délais.

Je quitte un métier que j’aimais, car vous avez fini de dénaturer la noble mission pour laquelle je m’étais engagé.

Je quitte la Police nationale pour les mêmes raisons que j’y suis entré : la défense des libertés individuelles et de l’intérêt général.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes salutations républicaines.

Alexandre LANGLOIS Secrétaire général
VIGI. Ministère de l’Intérieur / Police»

Foutez la paix à Jean-Marc Rouillan !

J’ai dit à plusieurs reprises, et entre autres ici-même, ce qui me sépare de Jean-Marc Rouillan et ce que je pensais de certaines de ses déclarations – et de la sottise «bien intentionnée» de certain·e·s des personnes qui le soutenaient.

Aujourd’hui, le parquet antiterroriste réclame sa réincarcération, en clair son retour à la case prison (alors qu’il est aujourd’hui assigné à résidence). C’est une dégueulasserie qui doit être empêchée. Je publie donc ci-dessous l’appel lancé dans ce sens.

Foutez la paix à Jean-Marc Rouillan! (Ça non plus, ça n’est pas la première fois que je le dis ici; en retour, on pourra l’oublier un peu et ça fera des vacances à tout le monde).

NON À L’ACHARNEMENT CONTRE JEAN-MARC ROUILLAN

21 novembre 2020

Depuis le 9 juillet dernier, Jean-Marc Rouillan est en détention à domicile. Il accomplit actuellement une peine de huit mois fermes pour « apologie de terrorisme ».

Alors qu’il ne lui reste que quelques semaines avant de terminer sa condamnation, le Parquet anti-terroriste demande son incarcération en milieu fermé. La décision définitive sera prise par le tribunal de l’application des peines en audience, au tribunal d’Auch, le 25 novembre prochain, dans un climat de surenchère répressive encouragé et exercé par le gouvernement. 

Le Parquet justifie sa demande sur la base de deux incidents techniques du bracelet électronique. 

Le premier, le 18 août, est le résultat d’un choc involontaire ; le second, le 24 octobre, est dû à un décrochage du bracelet. À chaque fois, l’administration pénitentiaire a constaté la présence du détenu à son domicile et a pu communiquer avec lui. Il n’y a jamais eu de rupture de la détention. 

Il faut signaler que durant cette peine, le détenu n’a bénéficié d’aucune permission – professionnelle ou familiale – ni d’aucune RPS (jours de réduction de peine). 

Aujourd’hui la demande du Parquet relève de l’acharnement. Un acharnement que Jean-Marc Rouillan connaît bien : l’État n’a de cesse de prendre tous les prétextes pour l’isoler, le fragiliser et relancer incessamment la détention. 

Jean-Marc Rouillan souffre d’une maladie auto-immune orpheline grave qui affaiblit son système immunitaire. L’envoyer en pleine épidémie de la Covid-19 dans un lieu fermé particulièrement pathogène est une réelle mise en danger.

Jean-Marc Rouillan répond aux critères de vulnérabilité tels qu’ils ont été établis par le gouvernement.

Nous, signataires de cet appel demandons au tribunal de l’application des peines la continuité de la mesure de détention à domicile jusqu’à la fin de sa peine.

Pour signer cet appel: stop-acharnement@protonmail.com

Premier·e·s signataires : 

José Alcala, cinéaste 

Pierre Alferi, poète

Floren Aoix Monteal (escrivain, directeur Irazar Fundazioa)

Vidal Aragones Chicharro, député de l’Assemblée de Catalunya CUP

Nan Aurousseau, auteur, réalisateur 

Nathalie Artaud, porte-parole de Lutte ouvrière 

Olivier Azam, réalisateur

Alain Badiou, philosophe 

Etienne Balibar, philosophe 

Ludivine Bantigny, historienne

Fernando Barrena, député européen GUE-NGL

Jean-Pierre Bastid, cinéaste

Hocine Belalloufi, essayiste, journaliste algérien

Judith Bernard, co-fondatrice de Hors-Série

Olivier Besancenot, postier, porte parole du NPA 

Eric Beynel, syndicaliste à Solidaires 

Billie Brelok, rappeuse 

Julien Blaine, poète 

Quim Boix, Secrétaire Général de l’Union internationale des syndicats de retraités et pensionnés 

Jacques Bonnaffé, comédien 

Alima Boumediene-Thiery, avocate, militante associative 

Jean Pierre Bouyxou, écrivain 

Jean-Denis Bonan, cinéaste

Irène Bonnaud, metteuse en scène 

Véronique Bontemps, anthropologue

Saïd Bouamama, sociologue et militant FUIQP

Youssef Boussoumah, militant décolonial

Houria Bouteldja,  militante décoloniale

Albert Botran i Pahissa, Parlementaire Cortès Espagne CUP

José Bové, paysan du Larzac, ancien député européen

Rony Brauman, médecin, essayiste

Eitan Bronstein, directeur De-Colonizer

Alain Brossat, philosophe 

Robert Cantarella, metteur en scène

Pierre Carles, réalisateur

Carmen Castillo, cinéaste 

Laurent Cauwet, auteur, éditeur Al Dante

Jean-Philippe Cazier, écrivain 

Bernard Cavanna, compositeur

CGT Catalunya

Leïla Chaïbi, députée européenne LFI

Sorj Chalandon, auteur 

Christian Champiré, maire communiste de Grenay (62)

Compagnie Jolie môme 

CNT, Confédération nationale du travail 

CNT-AIT (F.L. Granada)

Pierre Chopinaud, écrivain 

Jean-Luc Chappey, historien

Guy Chapouillié, professeur émérite d’études cinématographiques

Manuel Cervera-Marzal, politiste

Alexandre Civico, écrivain, éditeur 

Laurence De Cock, historienne 

Jean-Louis Comolli, cinéaste, écrivain 

Enzo Cormann, écrivain

Annick Coupé, militante altermondialiste

Revue CQFD

Miguel Urbán Crespo (parlamentaire UE, GUE-NGL)

CUP (Candidature d’Unité Populaire) Catalunya

Alain Damasio, écrivain 

Christophe Darmangeat, économiste 

Sonia Dayan-Herzbrun, sociologue

Chloé Delaume, auteure, prix Medicis 2020

Alessi Dell’Umbria, auteur réalisateur

Christine Delphy, sociologue

Gérard Delteil, écrivain

Pierre Dharreville, député PCF des Bouches du Rhône 13° circonscription.

Thierry Discepolo, éditeur (Agone) 

Elsa Dorlin, philosophe

Charlotte Dugrand, éditions Libertalia

Annie Ernaux, auteure

Jean-Michel Espitallier, écrivain 

Christian Eyschen, président de la Libre Pensée

Adeline Escandell, sénatrice Espagne ERC soberanistes 

Famílies de Presos de Catalunya

Gérard Filoche, ancien inspecteur du travail 

David Faroult, enseignant-chercheur en cinéma

 Eva Feigeles, monteuse de films

 Jacques Gaillot, Evêque

Pierre Galand, ancien sénateur belge, président de l’OMTC (Organisation mondiale contre la torture) 

Jean-Jacques Gandini, avocat, ancien secrétaire du Syndicat des avocats de France 

Jose Ignacio Garcia Sanchez, député de l’Assemblée d’Andalousie Adelante Andalucia

Henry Garino, ancien vice-président de la région Languedoc-Roussillon

Thierry Garrel, producteur, documentariste

Ermengol Gassiot Balibé, Secrétaire Général de la CGT Catalunya

Franck Gaudichaud, politiste, université Jean-Jaurès Toulouse

François Gèze, éditeur

Denis Gheerbrant, cinéaste

Sylvain George, cinéaste

Liliane Giraudon, auteure

Jean-Marie Gleize, écrivain 

Noël Godin, écrivain et entarteur

Dominique Grange, chanteuse engagée

Alain Guenoche, mathématicien 

Laure Guillot, cinéaste 

Alain Guiraudie, cinéaste

Thierry Guitard, auteur-illustrateur et cuisinier 

Éric Hazan, éditeur 

Charles Hoareau, président ANC

Chantal Jaquet, philosophe

Manuel Joseph, écrivain 

Alain Jugnon, philosophe

Pau Juvilla Ballester, Secrétaire Permanent de la CUP Catalunya 

Leslie Kaplan, écrivain 

Jacques Kebadian, cinéaste 

Razmig Keucheyan, sociologue

Jean Kehayan, écrivain 

Pierre Khalfa, économiste, fondation Copernic

Michel Kokoreff, universitaire, Paris 8

Stathis Kouvélakis, philosophe 

Hubert Krivine, astrophysicien 

Thomas Lacoste, réalisateur, producteur, éditeur

Joël Laillier, sociologue

Mathilde Larrère, historienne 

Véronique Lamy, porte-parole nationale du PCOF

Pierre Laurent, sénateur PCF 

Stephane Lavignotte, pasteur et théologien protestant

Sylvain Lazarus, chercheur, anthropologue

Denise Le Dantec, écrivaine

Noémi Lefebvre, auteure

Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire

Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien

Pierre Linguanotto, cinéaste 

Sergi Lopez, acteur 

Marius Loris, poète, historien

Frédéric Lordon, philosophe 

Michaël Lowy, sociologue

Sandra Lucbert, auteure de littérature

Seloua Luste Boulbina, philosophe 

Christian Mahieux, syndicaliste cheminot retraité

Noël Mamère, journaliste, essayiste et homme politique 

Maguy Marin, chorégraphe

Myriam Martin, conseillère régionale Occitanie

François Marthouret, acteur

Olivier Mateu, secrétaire général UD CGT 13

Michel Mathieu, metteur en scène

Xavier Mathieu, comédien, ex-porte-parole CGT continental 

Alexandre Mathis, cinéaste 

Elli Meideiros, chanteuse 

Nathalie Ménigon, ancienne prisonnière politique d’Action directe 

Daniel Mermet, journaliste

Morgane Merteuil, militante féministe

Eleonore Merza Bronstein, anthropologue du politique 

Jean-Henri Meunier, cinéaste

Jacques-Henri Michot, écrivain

Ana Miranda Paz, députée européenne GUE-NGL

René Monzat, auteur 

Gérard Mordillat, écrivain

Fermin Muguruzza Chanteur et cinéaste

Chiara Mulas, Art Action

Olivier Neveux, enseignant-chercheur

Bernard Noël, poète

Nico Norrito, éditeur, éditions Libertalia 

Joan Josep Nuet, député Espagne ERC soberanistes

Océan, auteur réalisateur

OCL, Organisation communiste libertaire (revueCourant alternatif) 

Jean Ortiz, écrivain, maître de conférence, cinéaste 

Yves Pagès, écrivain

Aline Pailler, journaliste et ex-députéeeuropéenne

Ugo Palheta, directeur de publication de la revue en ligne Contretemps

Willy Pelletier, sociologue

Henri Pena-Ruiz, philosophe

Charles Pennequin, auteur 

Gilles Perrault, écrivain 

Mireille Perrier, actrice, metteure en scène 

Evelyne Perrin, autrice, sociologue 

Serge Pey, poète

Evelyne Pieillier, écrivain 

Philippe Pignarre, éditeur et auteur

Christine Poupin, Porte Parole du NPA 

Philippe Poutou, porte-parole du NPA 

Christian Prigent, auteur

Serge Quadruppani, auteur, traducteur 

Nathalie Quintane, auteure

Tancrède Ramonet, chanteur, réalisateur et producteur

Patrick Raynal, écrivain 

Nestor Rego, député de l’État Espagnol BNG

Serge Regourd, professeur de droit émérite.

Resistencia Indépendentista de Catalunya 

Carles Riera Albert, député de l’Assemblée de Catalunya CUP 

Mathieu Rigouste, sociologue militant 

Laurent Ripart, historien

Gaël Roblin, militant indépendantiste breton, conseiller municipal de Guingamp

Liliane Rovere, actrice

Saïdou (Sidi Wacho), rappeur 

Samidoun, organisation palestinienne de soutien aux prisonniers politiques 

Julien Salingue, docteur en sciences politiques 

Christine Salomon, anthropologue

Michel Samson, journaliste, écrivain, documentariste

Catherine Samary, économiste 

Natalia Sanchez Dipp, députée de l’Assemblée de Catalunya CUP

Oreste Scalzone, réfugié politique italien 

Raphaël Schneider, co-fondateur de Hors-Série

Secours rouge, Toulouse 

Jean-Christophe Sellin, conseiller régional Occitanie LFI

Michèle Sibony, enseignante, porte-parole UJFP

Catherine Sinet, journaliste

Maria Sirvent Escrig députée de l’Assemblée de Catalunya CUP

Eyal Sivan, cinéaste 

Omar Slaouti, Front uni des immigrations etquartiers populaires (FUIQP) 

Gérard Soulier, ancien maire adjoint de Colomiers

Pierre Stambul, docteur de l’université, Unionjuive française pour la paix

Alessandro Stella, directeur de recherche au CNRS

Didier Super (Olivier Haudegond), chanteur 

Michel Surya, auteur, philosophe, responsable de la revue Ligne

François Tanguy, metteur en scène

Tardi, dessinateur

Enzo Traverso, historien

Taoufiq Tahani, universitaire, ancien président de l’AFPS

Pierre Tevanian, philosophe, enseignant 

Julien Théry, historien

Miguel Urban Crespo, député européen GUE-NGL

VII, rappeur et écrivain 

Roseline Vachetta, ancienne députée européenne 

Mireia Vehi i Castenys, parlementaire Espagne CUP

Françoise Vergès, politologue et militante féministe décoloniale

Marie-Pierre Vieu, éditrice, ancienne députée européenne FDG

Arnaud Viviant, critique littéraire 

Christiane Vollaire, philosophe

Michel Warschawski, homme politique israélien, président du Centre d’information alternative de Jérusalem 

Wissam Xelka, journaliste 

Yannis Youlountas, réalisateur 

Olivia Zemor, journaliste retraitée