Des robots affairistes déclarent la guerre à un éditeur indépendant

Le Néant contre-attaque

Des robots affairistes déclarent la guerre à un éditeur indépendant

Le site Internet de L’insomniaque éditeur a dû changer son nom de domaine en ce début d’année 2019. Peu avertis des arcanes de la communication cybernétique, nous avions laissé passer la date d’expiration de ce précieux nom de domaine (insomniaqueediteur. org). En conséquence, le gestionnaire de noms de domaine GoDaddy a jugé bon, sans nous en aviser directement, de vendre ledit nom à l’encan. Il a été adjugé, pour une poignée de dollars, à des imposteurs, qui, sous notre ancien nom de domaine, tentent de se faire passer pour L’insomniaque éditeur — sans la moindre crédibilité, ni même le moindre effort pour paraître crédible.

Leurs desseins, politiques ou commerciaux, restent très mystérieux à ce jour, mais leurs agissements ne resteront pas impunis, de même que le préjudice moral et matériel que ces escrocs nous ont causé, et nous causent encore à ce jour. Le nom et l’adresse qui sont indiqués à la rubrique « contacts » sont, bien sûr, tout aussi bidon que les prétentions et le contenu de ce pseudo-site, mais nous ne désespérons pas de démasquer la ténébreuse entité qui nous nuit de la sorte.

On jugera de la nature de ce préjudice en consultant le site qu’a bricolé ce gang d’androïdes à très bas quotient intellectuel artificiel. Usant d’algorithmes rudimentaires et s’exprimant dans un sabir robotique aussi grotesque qu’inintelligible, ces ennemis de l’humanité présentent certains ouvrages parus à notre enseigne dans des articles conçus par ordinateur, qui assemblent en désordre des mots-clés glanés de manière aléatoire sur le vrai site de L’insomniaque et d’autres sites Internet.

Par exemple, l’essai d’anthropologie radicale de Georges Lapierre, Être Ouragan, donne lieu à un simulacre d’articulet sur « Les 3 pires ouragans des 50 dernières années »… Et notre livre en soutien aux pirates somaliens du golfe d’Aden, Frères de la Côte, est commenté par une notice cyber-encyclopédique délirante qui nous apprend que ces Frères de la Côte constituent une organisation qui « s’est réunie pour la première fois au Chili en 1950 » et qu’ils obéissent à « une loi appelée Octagon », le tout illustré de photos tirées de banques d’images et montrant de jeunes et beaux matelots de la marine de guerre américaine… Le reste est à l’avenant.

On pourrait se contenter de rire de cette très grossière manipulation-falsification. Ou de mépriser de telles inanités, dépourvues en elles-mêmes de tout sens. On peut aussi y déceler une menace de plus à l’encontre de la liberté, un danger d’asservissement par la confusion mentale généralisée, engendré par les réseaux numériques et ceux qui les contrôlent. En tout état de cause, cette affaire, digne du théâtre de l’absurde, en dit long sur les progrès qu’accomplit le « grand mensonge » qui tient lieu de communication de masse en ce malheureux siècle — le dernier, si les humains n’y portent remède.

NB : Afin d’accélérer le référencement de notre site ressuscité dans les moteurs de recherche en ligne, nous demandons à nos amis et sympathisants de l’activer le plus souvent possible pendant au moins une minute. Comme il n’apparaît pas encore dans les moteurs de recherche, il convient, pour ce faire, d’entrer, dans la barre supérieure du navigateur, l’adresse Internet correspondant à notre nouveau nom de domaine :

https://www.insomniaqueediteur.com

L’INSOMNIAQUE

Montreuil, le 31 janvier 2019

 

Censuré par Twitter pour avoir épinglé M. Raphaël–Ouin!-Ouin!–Enthoven

À propos de l’éventualité de la mort d’un manifestant lors de l’évacuation de Tolbiac par les flics, M. Enthoven, homme de radio, de télévision et de spectacle s’est autorisé une manière de «plaisanterie philosophique» (voir en illustration ci-après) en moquant un communiqué du syndicat Sud-Rail qui utilisait la formule (d’ailleurs classique) «entre la vie et la mort».

Mais «tout le monde est “entre la vie et la mort”» ironise Enthoven, en parlant d’un éventuel cadavre, «c’est la vie qui veut ça»!

D’où ma réponse: «Alors comme ça connard, toi aussi t’es entre la vie et la mort? On peut te rapprocher si ça t’arrange…»

M. Ouin!-Ouin!-Enthoven m’a d’abord «bloqué» sur Twitter, ce dont je me moque, puis «signalé», d’où la punition (modérée puisque limitée dans le temps) de l’administration du «réseau», qui espère sans doute me rappeler aux bonnes manières.

Conseil à Ouin!-Ouin!: tu devrais carrément porter plainte! Des dizaines de milliers de gens prendraient connaissance de ta saloperie, qui l’ignorent encore. Et puis ce serait une occasion de se rencontrer. Tu verrais de quoi je suis capable quand j’ignore vraiment les bonnes manières.

 

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Une marque de vodka qui n’a rien à cacher… sauf ce qu’elle prétend montrer

Surfant (avec pas mal de retard) sur la mode du nu public, notamment dans des calendriers de charité, mode qui a déjà été récupérée par certaines entreprises (voir exemples dans Je chante le corps critique, sur ce blogue), la vodka Absolut met en scène quelques dizaines d’employé·e·s dans le plus simple appareil pour illustrer la «transparence» de son procédé de fabrication.

Las! Les publicitaires se sont dégonflés au moment d’assumer leur petite «audace» et le «tout» qu’ils prétendent soumettre à l’examen… ils le cachent, ou plus précisément le floutent.

Et voilà une publicité moins dénudée qu’une plage naturiste ou même une action des Femen…

Rien à cacher ? sauf la couardise.

“Une envie de voyager librement…” par Camille*

Dès le milieu des années 70, Camille* milite dans la mouvance anarchiste et prend une part active aux luttes de terrain (anti-franquisme, antimilitarisme, insoumission, anti-nucléaire, droit à l’avortement, immigration, abolition de la peine de mort., contre les prisons et les lieux d’enfermement, Larzac, Plogoff…) puis au fil du temps squatts, autonomie, solidarité et accueil de réfugié·e·s de nombreux pays d’Amérique latine, ensuite Italien·ne·s, Allemand·e·s des «années de plomb», Turc·que·s, Kurdes… En 81, elle participe à nombre d’actions pour arracher la libération des prisonniers politiques.

Au long de toutes ces années, elle va rencontrer puis se lier avec certain·e·s qui formeront ensuite Action Directe. Un bout de route assez proche, des amitiés sincères, mais elle refuse de choisir l’option lutte armée.

En garde à vue à plusieurs reprises, elle se sera jamais inculpée et n’a pas de casier judiciaire.

En 86, son amour de l’époque décède après l’avoir sauvée sans le savoir. Intoxication au monoxyde de carbone.

Elle passe près de la folie et ses camarades organisent son départ au Canada pour lui redonner désir de vivre et de lutter. Ce qui réussit après plusieurs mois. Elle envisage alors de s’installer là-bas.

Elle rentre en France pour effectuer une demande d’immigration selon les règles légales, remplit un dossier. Elle renoue bien sûr avec ses ancien.ne.s ami .e.s, le milieu militant et attend cette réponse de l’ambassade du Canada qui prend des mois. Les militant·e·s d’AD sont arrêté·e·s à Vitry-aux-Loges. Les médias se déchaînent. Elle se laisse glisser doucement de nouveau, bataille contre des obstacles administratifs qui semblent sans fin.

Un jour, elle est contactée dans la rue par des policiers en civil qui lui proposent l’odieux marché habituel : elle donne, ils donnent : ce qu’ils pensent qu’elle peut savoir de militant·e·s encore mal connu·e·s contre son départ.

Elle tient tête au chantage, aux menaces.

Mais pour obtenir ces délais, cette attente forcée, les autorités françaises ont dû demander l’aide du gouvernement canadien, et celui-ci pense désormais que cette personne qui peut tant intéresser la police ne serait pas bienvenue dans la Belle Province si tranquille.

Et le Consulat l’informe alors après un xième rendez-vous qu’elle est déclarée persona non grata et n’obtiendra aucun visa pour s’établir au Canada et qu’il est même inutile qu’elle envisage un simple voyage touristique. Les frontières lui sont désormais fermées.

Après l’abattement, la colère et l’idée que sa petite personne puisse avoir une telle force lui redonnent le goût de vivre et de se battre. Et de nouveau, elle rejoint les luttes contre les injustices, les expulsions, les lieux d’enfermement…

Dix ans, puis vingt ans plus tard, elle tentera de retourner au Québec, craignant toujours d’être refoulée à l’entrée du pays, et les deux fois elle y parviendra suite à des hasards de contrôles aux frontières. Et elle a toujours gardé d’étroits contacts avec ce pays qui lui a comme sauvé la vie.

Aujourd’hui Camille a 63 ans. Envie de retourner voir le Québec en hiver, saluer les t’chums et prendre dans ses bras l’un des plus proches qui peine maintenant à prendre l’avion et l’une des plus chères qui veille son compagnon malade.

Depuis septembre 2016, un nouveau document est obligatoire pour se rendre au Canada: l’AVE (autorisation de voyage électronique).

Camille remplit le questionnaire. Le délai lui semble anormalement long. Puis un mel «Refus de la demande d’AVE». «Le dossier de votre demande est maintenant fermé». Le motif manque de précision mais quelle importance ?

Rien de grave dans toute cette histoire. Rien de comparable avec les parcours dramatiques de personnes migrantes qui fuient la mort et la misère sans nom et se heurteront à des frontières d’une manière autrement tragique. Des Palestinien.ne.s, chaque matin, se demande si ce jour-là ils passeront la frontière. Chaque jour, des milliers de personnes se voient refuser l’entrée de dizaines de pays simplement PARCE QUE. Pas le bon papier, pas la bonne origine, pas la bonne religion, pas …

Rien de commun dans ces histoires que la mainmise absolue des États sur la libre circulation des personnes.

Camille se demande juste si ce refus est l’œuvre d’un sombre crétin dans un obscur bureau qui a abusé de son minuscule pouvoir ou si c’est l’obéissance à un État qui n’a rien de mieux à faire que de poursuivre une rancune vieille de 30 ans.

Camille refuse de déposer une réclamation, de contester la décision, de discuter avec des autorités qu’elle sait ennemies, représentatives d’un pouvoir détesté. Mais elle refuse aussi de taire cette histoire absurde, imbécile et ridicule.

 Camille*

* Le prénom a été modifié.