Hacker sa propre éducation…

Le discours (en 2015) d’un garçon de 13 ans, Logan Laplante, amoureux de liberté et de poudreuse, certes pas issu du sous-prolétariat, exfiltré par ses parents du système scolaire traditionnel à l’âge de 9 ans (et non 13, son âge quand il est filmé, contrairement à ce qu’annonce le surtitre) — dont l’aisance et la distance par rapport à tous les programmes éducatifs ont de quoi faire réfléchir toutes et tous.

Un moment de grâce et d’intelligence: cadeau!

AH ! MADAME HIDALGO…

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VOUS OSEZ DÉCLARER qu’une place occupée a été privatisée par celles et ceux qui y parlent, échangent, réfléchissent.

Cette même place que vous et vos semblables avez défigurée, arasée, et transformée en une triste « dalle ». Non sans y avoir créé un café pour « branchés » et cédé la concession à… une entreprise privée.

Votre arrogance, la certitude que vous affichez de votre impunité forcent le dégoût.

VOUS OSEZ DÉCLARER que nous dégradons les lieux, quand ce sont vos services de voierie qui démontent, détruisent, déplantent, et mettent au rebut (*) ce qui a été apporté et bâti en commun.

Vous voyez le monde inversé. Nous le remettons sur ses pieds, vous ne savez que mettre à bas.

Je me souviens du printemps dernier, lorsque vous avez fait installer un manège rue Pajol, à l’endroit où, la veille, des réfugié(e)s avaient installé un campement d’infortune. Vos flics leur permettaient d’aller pisser deux par deux, accompagnés d’un Français estampillé.

Aujourd’hui, vous fermez les toilettes publiques autour de la place de la République et vous éteignez les réverbères (voilà un petit boulot qui vous conviendrait mieux !).

Sur les chaînes de montage ou dans la rue, l’intimidation et l’asservissement usent des mêmes procédés : mesquins, infantiles, dégradants.

VOUS OSEZ DÉCLARER qu’« on peut rêver un autre monde mais non dégrader celui-ci ».

Vous savez ce que vous voulez, Madame (garder le pouvoir), mais vous ne savez pas ce que vous dites.

« Dégrader » signifie destituer. Dans nos rêves, et dans la manière dont nous les vivons chaque jour, il y a belle lurette que nous vous avons destituée, vous, et vos semblables.

Il ne s’agit pas pour nous de « dégrader » le monde présent, mais de le dissoudre. C’est ce que nous faisons dans nos échanges, nos rencontres, nos assemblées générales, nos blocages, nos luttes, nos manifestations sauvages. Partout où se manifeste concrètement le désir de créer de nouvelles façons d’être et de vivre ensemble. De créer une nouvelle res publica.

En lieu et place de votre « République ».

Gueule rouge

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PS. Je serai en fin de journée sur le stand des éditions Libertalia, place de la République.

(*) Merci à Fred Alpi d’avoir repéré (au premier coup d’œil) cette grossière faute d’orthographe (rebus), et honte à l’auteur d’un texte rédigé «à l’arrache» et mal relu!