Les “Œuvres” de Louise Labé

En publiant un unique livre en 1555, Louise Labé a fait entendre une voix nouvelle. Un dialogue mythologique insolent et facétieux, trois élégies et vingt-quatre sonnets, le tout précédé d’une saisissante épître programmatrice et suivi de vingt-quatre poèmes de « divers Poètes » en son honneur : autant de manières de renouveler les représentations de l’amour transmises par la littérature et la société et de revendiquer pour les femmes le droit de penser et d’écrire. Cette nouvelle édition intégrale des Œuvres de Louise Labé Lyonnaise donne à entendre cette voix pour les lecteurs d’aujourd’hui, notamment grâce à une double annotation qui éclaire à la fois les subtilités lexicales et les références d’une écriture originale et puissante.

L’édition est complétée par un dossier :

  1. La fabrique des « Écrits de divers Poètes »
  2. Qui a participé aux Œuvres de Louise Labé Lyonnaise ?
  3. Dans l’atelier des sonnets : les sonnets II et III
  4. Chronologie : Louise Labé à travers les archives
  5. L’histoire du livre et de sa réception.

Depuis le 10 mai 2022, vous pouvez consulter un site très complet à propos de Louise Labé, réalisé par Michèle Clément et Michel Jourde, responsables de cette édition de Louise Labé.

“Poésie”, de Jindřich Štyrský, aux Éditions Ab irato

Le Centre tchèque vous invite
à la présentation de poèmes de Jindřich Štyrský.

Poésie de Jindřich Štyrský
dans la traduction de Petr Král

Les éditions Ab irato présentent une nouveauté littéraire qui révèle au public français un visage encore peu connu du peintre surréaliste Jindřich Štyrský : sa poésie, publiée à titre posthume en Tchécoslovaquie en 1946 (Štyrský est mort en 1942).

Le recueil « Poésie » est également une des dernières traductions du grand médiateur entre la culture tchèque et française, le poète Petr Král, qui est décédé avant sa publication mais a tout de même réussi à éditer les dernières épreuves au printemps 2020. Aux côtés de l’éditeur, le livre sera présenté par le poète et essayiste Manuel Anceau et le poète et historien littéraire tchèque Jaromír Typlt. L’interprétation des textes en français sera assurée par l’acteur Dominique Defontaines.

Informations pratiques

  • Début : Vendredi 8 octobre 2021 à 18h30
  • Lieu : Centre tchèque de Paris
    18 rue Bonaparte – 75006 Paris
  • Entrée : Gratuite

“Les vampires” ~ par Gédicus

Il y a 47 ans, le 25 avril, au Portugal, une chanson de José Afonso, Grandola vila morena, donnait le signal du soulèvement qui allait mettre fin à 48 ans de dictature et ouvrir la porte à une des révolutions les plus fortes du XXe siècle.

Pour saluer cet anniversaire, voici la traduction d’une autre chanson de Zé Afonso, plus ancienne, mais qui n’a rien perdu de son actualité, au Portugal et ailleurs.

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Dans le ciel gris, sous l’astre muet

Battant des ailes dans la nuit bâillonnée

Ils  viennent en bande à pas de velours

Pour sucer le sang frais du troupeau

 

Si l’on est trompé par leur air sérieux

Et qu’on ouvre la porte à leur venue

Ils mangent tout, ils mangent tout

Ils mangent tout et ne laissent rien

 

De toutes parts surgissent les vampires

Ils se posent sur les toits, se posent sur le pavé

Le ventre plein de vieilles dépouilles

Sans aucun souci de ces vies détruites

 

Ils sont les gérants de tout l’univers

Seigneurs par force, maîtres sans loi

Se goinfrant, buvant du vin nouveau

Dansant la ronde dans les forêts du roi

 

Ils mangent tout, ils mangent tout

Ils mangent tout et ne laissent rien

 

Au champ de peur tombent les vaincus

Leurs cris s’entendent dans la nuit étranglée

Gisant dans les fosses, victimes de leur foi

Et le sang du troupeau ne tarit pas

 

Si l’on est trompé par leur air sérieux

Et qu’on ouvre la porte à leur venue

Ils mangent tout, ils mangent tout

Ils mangent tout et ne laissent rien

 

No céu cinzento, sob o astro mudo
Batendo as asas pela noite calada
Vêm em bandos com pés de veludo
Chupar o sangue fresco da manada

Se alguém se engana com seu ar sisudo
E lhes franqueia as portas à chegada
Eles comem tudo, eles comem tudo

Eles comem tudo e não deixam nada

A toda a parte chegam os vampiros
Poisam nos prédios, poisam nas calçadas
Trazem no ventre despojos antigos
Mas nada os prende às vidas acabadas

São os mordomos do universo todo
Senhores à força, mandadores sem lei
Enchem as tulhas, bebem vinho novo
Dançam a ronda no pinhal do rei

Eles comem tudo, eles comem tudo
Eles comem tudo e não deixam nada

No chão do medo tombam os vencidos
Ouvem-se os gritos na noite abafada

Jazem nos fossos, vítimas dum credo
E não se esgota o sangue da manada

Se alguém se engana com seu ar sisudo
E lhes franqueia as portas à chegada
Eles comem tudo, eles comem tudo

Eles comem tudo e não deixam nada

Sur la révolution portugaise on peut lire Phil Mailer, Portugal 1974-1975, révolution manquée ? (Les nuits rouges), et sur Grandola et José Afonso, Jean Lemaître & Mercedes Guerreiro, Grandola vila morena (Otium).