Marc Ogeret vient de mourir ~ Sa voix a accompagné mes jours…

…notamment dans «Le Condamné à mort», magnifique texte de Jean Genet, le plus beau poème érotique de la langue française, et dans cet autre d’Aragon : «Il faisait si beau ce matin».

C’est Ogeret qui me vient aux lèvres, autant que Genet (et sur la musique d’Hélène Martin !).

Qu’il repose en poésie et en révolte !

Il y eut un «nouvel» enregistrement du «Condamné», fort décevant. Il faut écouter celui-ci.

MARSEILLE, d’amour tes beaux yeux mourir me font…

Tellement troublé j’étais, que j’oubliai une photo dans ma dernière série de «cartes postales» marseillaises, publiée à l’occasion de l’inauguration de la magnifique librairie L’Hydre aux mille têtes – Marseillais·e·s d’habitude ou d’occasion, ne manquez pas d’y faire un tour et vos emplettes!

Dans le Vallon des Auffes, une petite voie en cul-de-sac (et qui grimpe!) porte un nom qui avait échappé jusqu’ici à mon attention: Impasse des Beaux yeux.

On connaît des rues et des impasses qui portent le nom d’un ancien propriétaire (oublié), d’un mirlitaire ou d’un poli-tocard (beuark!) ou encore font référence à une activité d’antan (rue de la Corderie, par ex.).

Mais comment devient-on «Impasse des Beaux yeux»?

Vous m’objecterez qu’il existe à Paris une «Impasse du Désir» autrement troublante et tout aussi questionnante…

Aurais-je dû sonner aux portes de l’impasse (à supposer qu’elle soit habitée hors saison)?

Peut-être les sirène du lieu en ont-elle leur claque de toiser les plaisantins de tous pays.

Et de la claque à la gifle…

Et puis il faisait frisquet ce jour-là (moins que la veille, mais tout de même!), au point que, parti en maillot de bain (sous le jean…) j’avais renoncé à piquer une tête aux Catalans. Trop de vent, trop de vagues (à l’âme).

Rien ne m’empêche de laisser mes pas me porter vers le Vallon la prochaine fois. Histoire de jeter un œil, l’air de rien…

Je repasserai aussi, un peu plus bas, devant la modeste «Crèche à Jésu».

On ne sait jamais…

Voir l’esprit en peinture

Aujourd’hui, j’ai rendu visite à Guy Girard. Depuis plus de dix ans, j’avais le projet de lui acheter un tableau, et puis la vie… Et d’ailleurs, j’ai encore plus ou moins un rapport de péquenot aux toiles: j’ai l’impression que c’est trop beau et trop fragile pour moi… Une affiche d’accord, mais un vrai tableau, comme dans les musées…

Bref, on s’est croisés par hasard, donné rendez-vous aujourd’hui. Et voilà.

J’étais comme un gourmand (que je suis) devant la devanture d’une pâtisserie. Tant de couleurs, de personnages, de formats… J’aurais voulu tout emmener chez moi! Mais d’abord les artistes ne vivent pas que d’amour et d’eau fraîche, même s’ils/elles en font une consommation aussi considérable que possible, et puis je n’ai plus de place sur mes murs, presque entièrement occupés par des livres. Il va falloir faire construire…

Je reproduis ci-dessous la photo de l’un des tableaux acquis (oui, j’ai craqué…). Je l’appelle familièrement Le Cri du Peuple, mais ça n’est pas son titre exact. Je rectifierai plus tard. En bas à gauche, vous reconnaîtrez l’ami Marat.

Je publierai bientôt d’autres photos (peut-être meilleures, même!). En attendant si la toile vous plaît, n’hésitez pas à me contacter, je transmettrai à l’auteur et vous mettrai en relation.

Je comme mes morts ? ~ À l’intention des personnes qui ont le malheur d’être jeunes depuis moins longtemps que moi…

On a l’âge de sa révolte, n’est-ce-pas?

Merci à l’ami du Point du jour, indispensable librairie parisienne 58 rue Gay-Lussac (Ve), de m’avoir signalé une erreur de lien sur la vidéo de Ferrat. Et mille excuses aux visiteurs·teuses égaré·e·s.