Hommage à Ramon FINSTER ~ dimanche 26 janvier, 33 rue des Vignoles Paris XXe

Je reproduis ci-après la notice de Ramon Finster dans le Maitron des anarchistes.

Né en 1944, mort le 9 avril 1996 ; éducateur de rue puis libraire à Paris ; l’un des fondateurs de l’ORA. Fils d’un instituteur libertaire espagnol, Ramon Finster était né pendant la guerre dans le 13e arrondissement de Paris. Orphelin de mère à l’âge de 17 ans, il fit mille petits boulots (portier d’hôtel, magasinier, employé aux Halles, maçon, etc.) avant de travailler au début des années 1960 comme éducateur de rue dans le 13e arrondissement à Paris et de devenir l’un des animateurs du groupe Jules Vallés adhérant à la Fédération Anarchiste, qui publiait le journal L’Insurgé (13 numéros de janvier 1967 à mars 1969) ; un premier numéro, avec comme gérant Dominique Joubert, était paru fin 1966 sous le titre La Rue, puis le titre avait été abandonné au profit de la revue du groupe Louise Michel dans le 18e arrondissement.

Partisan de l’organisation et collaborateur du Monde Libertaire, Finster allait participer, comme la plupart des groupes du sud de Paris et autour de Maurice Fayolle, à la fondation de l’Organisation Révolutionnaire Anarchiste (ORA) d’abord comme tendance de la FA puis, à partir de 1970, comme organisation autonome. Une nouvelle série du journal L’Insurgé (Paris, 10 numéros du 15 avril 1969 à juin 1970) fut alors publiée comme organe national de l’ORA, puis remplacée par le titre Front Libertaire des Luttes de Classes (Paris, 113 numéros d’octobre 1970 au 30 juillet 1979). Ramon Finster a collaboré à tous ces titres. À l’automne 1971 il collaborait également au bulletin Chiens de Garde (Paris, au moins deux numéros fin 1971), organe du Cercle Front Libertaire socio éducatif dont étaient également membres Michel Cavallier, Rolf Dupuy et J. P. Sauvage.

Dans les années 1970 il ouvrit avec sa compagne Corinne, dans le quartier de la Butte-aux-Cailles (13e), la librairie La Commune qui servit également de lieu de réunion au groupe ORA de l’arrondissement. Ce groupe comptait alors une vingtaine de membres dont Dominique Gaultier, Gérard Mélinand, Guy Gibaud, Geneviève Pauly Gigy, Daniel et Marie Guérin, Serge Torrano, Rolf Dupuy. Claude Beaugrand et Michel Ravelli. Ce groupe a été à l’origine de la formation du regroupement plus large sur le quartier qui édita le journal de contre-information Le Canard du XIIIe (Paris, au moins 32 numéros de novembre 1972 à décembre 1982) et qui ouvrit un terrain d’aventure destiné aux enfants (1973-1974) et un atelier autogéré de mécanique. Ce travail de terrain mené par l’ORA, servit de modèle à la formation à la même époque d’autres journaux de contre-information impulsés par l’organisation comme Le Cri du 5e (Paris 5e), Le Petit Libertaire de Vitry, La Commune du XXe, Le Cri du Boulonnais (Boulogne sur Mer), La Biscotte du Val d’Oise, etc.

Parallèlement Ramon Finster, qui a participé à toutes les rencontres nationales et plenums de l’ORA, a souvent été l’orateur de cette organisation lors des meetings libertaires ou unitaires tenus à Paris.

Dans les années 1980, Ramon Finster, qui tout en conservant ses idées libertaires, s’était éloigné du militantisme, fut avec Vincent Absil (du groupe musical « Imago ») le fondateur de l’association «Cultures au quotidien» qui allait géré les cafés musicaux du quartier. Il avait lui-même ouvert sur la Butte-aux-Cailles le café musical Le Merle Moqueur puis, le 13 juillet 1991, avec entre autres son neveu Jean-Pierre Dos Santos et Christophe Cornet, La Folie en tête (33 rue de la Butte-aux-Cailles) qui sera repris à son décès par sa compagne et leurs enfants Clara et Liberto.

Ramon Finster est décédé a Marseille le 9 avril 1996 lors d’une opération du cœur. Plus de 200 personnes, dont de nombreux anciens militants de l’ORA, assistèrent à son enterrement le 13 avril au cimetière de Thiais et à l’hommage qui lui fut rendu le 19 mai suivant au local du 33 rue des Vignoles (Paris 20).

Ramon Finster est l’auteur d’un roman autobiographique Deux doigts dans la bouche et l’amour en plus, paru au Mercure de France en 1980.

Celle-là, je l’ai collée par centaines…

Et je reste des heures à regarder la mer…

Il n’y a pas que les Pogues dans la vie, il y a aussi ces ritournelles pour la radio et l’eurovision qui ont su s’accrocher à vos cheveux comme un brin d’herbe, une graine tombée d’un arbre. Pas seulement parce qu’elle étaient ressassées (la puissance de répétition était bien moindre alors) mais parce que c’étaient de «bonne chansons» qui nous parlaient d’amour, de vie, de tristesse et qui nous rappellent aujourd’hui un chagrin, une rencontre.

Alain Barrière était un chanteur très particulier, avec du coffre mais sans aucune «facilité», le contraire de Sinatra (dont l’aisance devait demander beaucoup de travail!). C’est difficile à expliquer: j’ai toujours eu l’impression que sa voix peinait à sortir de sa poitrine; pourtant il tenait la note. Mais il y avait quelque chose de rauque, de rugueux: rien ne coulait. C’est ce qui faisait son charme à mes yeux. Il a disparu, chassé par le fisc (comme Polnareff) et sans vrai retour possible.

De ses chansons, je n’ai retenu, comme souvent, qu’une ou deux phrases qui me traversent l’esprit de temps à autre et que je chante (en les déformant, je m’en aperçois). Les vidéos disponibles sont d’un kitsch improbable; certaines auraient pu être tournées en Union soviétique…

Le monsieur est mort hier à 84 ans. Ça n’est ni un grand chanteur ni un grand auteur qui disparait. Simplement un peu de la culture populaire qui s’envole et fait battre mon cœur comme une porte.

Anne Vanderlove nous a quitté·e·s – comme l’on dit – le 30 juin dernier

L’ami Gédicus, qui m’apprend cette triste nouvelle que j’ignorais joins à son message les paroles d’une belle chanson, Dites-moi, dont je n’ai pas trouvé d’enregistrement correct.

Salut à Anne Vanderlove (11 décembre 1943 – 30 juin 2019) 

 Dites-moi, vous l’aviez pourtant le cœur à rire
Dites-moi, vous l’aviez pourtant le cœur aux dents
Et puis du cœur aux yeux, tant de choses à dire
Quand vous aviez couleurs du Grand Meaulnes et du vent
Mais de sables en dunes, et d’automnes en pluies
Grand Meaulnes s’est enfui
Et votre adolescence frêle l’a suivi

Dites-moi, vous l’aviez pourtant le cœur à vivre
Dites-moi, vous l’aviez pourtant le cœur aux dents
Quand on vous a montré les grands mots dans les livres
Qui renversent les murs, vieillissent les enfants
Mais les enfants sont morts et les fusils rouillés,
Les chemins délaissés
Et déjà sur la pierre
L’herbe s’est fermée

Dites-moi, vous l’aviez pourtant le cœur à rire
Dites-moi, vous l’aviez pourtant le cœur aux dents
Et puis du cœur aux yeux, tant de choses à dire
Que vous auriez bien pu faire un peu mieux vraiment,
Dites-moi, qu’avez-vous fait de tant de saisons ?
Vos jardins, sans façon
Vous déchirent le cœur
A grands coups de chardon.

Sourire solaire ~ [Le sentiment de la beauté 5.]

 

L’ignorance est un état qui réserve parfois d’infiniment douces découvertes, même si ridicules peut-être aux yeux d’autrui…

Ainsi n’avais-je jamais entendu parler ni de la chanteuse Ana Cañas ni de la comédienne Nanda Costa.

Comme souvent, je serais incapable de me remémorer les rebonds successifs qui m’ont mené à cette vidéo (sur certains sites, on exige une preuve de l’âge de l’impétrant·e… deux femmes qui s’embrassent !).

Je n’avais jamais vu le visage de cette jeune femme aux cheveux courts. J’ai fini par trouver son nom, et j’ai compris qu’elle est assez connue pour faire la une des magasines féminins au Brésil (voir ci-après).

À son premier sourire, je savais contempler la plus jolie fille du monde.

Je sais bien que cette certitude est fausse, et d’ailleurs sotte.

Quelle importance?

Je l’oublie dès la fin du visionnage – elle me ressaisit à chaque récidive.

D’où vient que ce sourire qui éclabousse les dents, la bouche et les pupilles, les fossettes et les paupières me brûle le plexus de ses rayons?

Affinité solaire?

Purement fantasmatique au demeurant (les filles ont de la chance!).

 

Ci-dessus: Ana & Nanda