Hacker sa propre éducation…

Le discours (en 2015) d’un garçon de 13 ans, Logan Laplante, amoureux de liberté et de poudreuse, certes pas issu du sous-prolétariat, exfiltré par ses parents du système scolaire traditionnel à l’âge de 9 ans (et non 13, son âge quand il est filmé, contrairement à ce qu’annonce le surtitre) — dont l’aisance et la distance par rapport à tous les programmes éducatifs ont de quoi faire réfléchir toutes et tous.

Un moment de grâce et d’intelligence: cadeau!

Réflexions sur l’émancipation des mineur(e)s et la “pédophilie”, suivi de «À quoi servent les “pédophiles”?» En bonus: ma «Fiche de police sexuelle»

Présentation

J’ai décidé de déplacer le texte « À quoi servent les “pédophiles” ? », qui devait servir, il y a près de vingt ans, d’introduction à un débat qui n’eut jamais lieu.

Sa lecture hors de tout contexte a favorisé (mais favorisé seulement) des réactions émotionnelles à forme finale d’injures misérables en 140 caractères. Il n’est donc plus lisible isolé sur une page, mais uniquement ici, après mes réflexions d’aujourd’hui.

Rien n’oblige évidemment la lectrice ou le lecteur à prendre connaissance des textes qui suivent dans l’ordre que j’ai choisi. Mais c’est possible, recommandé, et souhaitable.

La juxtaposition de fragments avec des textes plus anciens entraîne des répétitions, dont j’espère qu’elle ne gênera pas trop le lectorat de bonne foi (les autres ajouteront ça sur ma note).

Le mot adulte

Allégorie de la domination adulte.

Une personne (le plus souvent une femme, du fait de la répartition genrée des taches) rassied violemment un gamin dans une poussette dont il voulait descendre, ou dans laquelle il ne remontait pas assez vite… L’enfant hurle. La femme fait au moins quatre fois sa taille.

Si un géant de plus de 5 mètres rasseyait de force la même femme sur son siège de métro, ou sa chaise de bistrot, il s’agirait d’un fait-divers extraordinaire, on parlerait du monstre comme d’un petit cousin de King Kong. L’incident ferait l’ouverture du journal télévisé. On interrogerait la femme sur ses éventuelles blessures, son traumatisme, à quoi a-t-elle pensé, osera-t-elle remonter dans une rame de métro tant que le monstre sera en liberté, etc.

Parce qu’il s’agit d’un « enfant » et que la femme est censée détenir « l’autorité parentale » (ce que personne ne songe à vérifier), c’est un non-événement. Personne ne l’enregistre. Au « mieux », si la scène s’éternise, on espère que le gamin mettra un terme à ses nuisances sonores.

Supposons maintenant le même enfant dans sa poussette : un adulte a baissé sa culotte et lui titille le sexe, ou exhibe son propre sexe devant le visage de l’enfant. Combien de minutes faudra-t-il pour qu’un(e) passant(e) intervienne ? Suffira-t-il que l’individu excipe de sa qualité de père pour dissuader les témoins d’avertir la police ?

À ce point de la démonstration, un certain nombre de personnes (laissons de côté les malintentionné(e)s), peut-être parce qu’elles sont aveuglées par leurs propres souvenirs traumatiques d’enfants, soupçonnent l’auteur de vouloir faire le raisonnement suivant : puisque l’on tolère la première violence, pourquoi ne pas tolérer la seconde ? Ou autrement dit : les violences physiques et mentales considérées comme justifiées culturellement et partie intégrante de la relation supposée « naturelle » entre adultes et enfants seraient utilisées pour rendre licite le viol.

Or la démonstration doit s’entendre exactement à l’inverse. Lire la suite