Sénat contre Black Block & cortège de tête

Les sénateurs de droite partent en guerre – via une nouvelle proposition de loi répressive – contre le cortège de tête et les Black Blocks.

Pourquoi ne pas fouiller préventivement les manifstant·e·s ? se demandent ces braves gens. Sont ainsi proposées des fouilles aux abords des manifestations, l’interdiction de la cagoule, toutes mesures déjà pratiquées et/ou actées dans la loi, mais le sait-on au Sénat ?

Bref, cette racaille entend « surlégaliser » des pratiques flicardes qui le sont déjà, et rajouter une petite couche de peinture puante sur les dispositions passées de l’état dit « d’urgence » à la loi ordinaire.

Rien de bien nouveau, c’est la énième fois et ça n’est pas la dernière.

Mais comme tout ça est financé avec votre argent, vous avez au moins le droit de lire.

Extraits ci-après (les passages indiqués en gras le sont dans l’original), et pdf en téléchargement ICI.

 

Depuis quelques années, nombre de manifestations sur la voie publique sont émaillées de phénomènes de violence inédits [inexact !], comme en ont récemment témoigné les multiples dégâts et dégradations attribués aux « Black blocs » lors des manifestations du 1er mai 2018, à Paris.

Perpétrés par de petits groupes d’individus organisés et équipés appartenant à la mouvance contestataire radicale, qui se mêlent aux cortèges pacifiques, ces actes de violence et de dégradations ont des conséquences matérielles lourdes pour notre société tout autant qu’ils nuisent au libre exercice du droit de manifester sur notre territoire.

C’est également la sécurité de nos forces de sécurité intérieure, au premier rang desquelles nos forces mobiles, qui, à chaque rassemblement violent, est menacée.

La proposition de loi n° 575 (2017-2018) visant à prévenir les violences lors des manifestations et à sanctionner leurs auteurs, présentée par le président Bruno Retailleau et plusieurs de nos collègues du groupe Les Républicains, a pour objet de renforcer notre arsenal juridique afin de mieux prévenir ces phénomènes de violence dans les manifestations.

Composée de sept articles, la proposition de loi comporte deux volets : un volet préventif, d’une part, qui vise à prévenir, le plus en amont possible, la participation de ces individus violents aux manifestations et confère, à cette fin, de nouveaux pouvoirs à l’autorité administrative; un volet répressif, d’autre part, qui tend à sanctionner plus sévèrement les individus ayant commis des actes de violence ou de dégradations lors de manifestations.

Consciente de la nécessité de doter les pouvoirs publics d’un arsenal adapté pour faire face à cette radicalisation des mouvances contestataires, votre commission s’est attachée, lors de l’examen de ce texte, à rechercher un équilibre entre les impératifs de sauvegarde de l’ordre public et de protection des droits et des libertés constitutionnellement garantis. […]

Si les débordements et les actes de violence dans le cadre des manifestations ne sont pas récents, les pouvoirs publics sont confrontés, depuis quelques années, à l’émergence d’un phénomène social nouveau, communément désigné par l’expression «Black blocs», qui, par son ampleur et son niveau de violence, fait obstacle à l’exercice de la liberté de manifester et remet en question la conception traditionnelle de l’ordre public.

Apparus pour la première fois en France au début des années 2000 en marge des manifestations altermondialistes, les «Black blocs» sont des groupes éphémères, qui se forment et se dissolvent à l’occasion de chaque manifestation, avec pour seul objectif de se fondre aux cortèges pacifiques de manifestants en vue de commettre des dégradations et des actes de violence.

Regroupant des individus proches des mouvements anticapitalistes, antifascistes radicaux et altermondialistes, les «Black blocs» entendent, par leur action violente, faire passer des messages politiques qui tiennent, pour la plupart, à la haine de l’État et de toute forme d’autorité, au rejet de la mondialisation, du capitalisme et de la société de consommation. Leurs actions offensives ciblent donc, en premier lieu, les bâtiments institutionnels, le mobilier urbain, les bâtiments commerciaux et les équipements publicitaires. Les forces de l’ordre sont également, dans une moindre mesure, prises à partie et visées en ce qu’elles incarnent l’autorité de l’État.

N’intervenant pendant longtemps que de manière sporadique, les « Black blocs » ont connu récemment, sous l’effet combiné de trois facteurs, une montée en puissance qui place les pouvoirs publics face à un défi de taille en termes de maintien de l’ordre :

leur présence s’est, tout d’abord, systématisée au cours des grandes manifestations nationales, comme en ont par exemple témoigné les manifestations organisées à Rennes en mai 2016 contre la « loi travail » ainsi que les manifestations des 1ers mai 2017 et 2018 à Paris ;

– par ailleurs, le nombre de personnes participant ou se greffant à ces «Black blocs» a considérablement augmenté, principalement en raison d’une large communication sur les réseaux sociaux. Au cours de la seule manifestation parisienne du 1er mai 2018, ce sont 1 200 « Black blocs » qui ont ainsi été dénombrés au sein et en marge des cortèges officiels à Paris, et près de 300 individus interpellés par les forces de l’ordre ;

– enfin, leur action paraît à la fois s’être radicalisée et perfectionnée sur le plan organisationnel, leur assurant une plus grande réactivité et une plus grande facilité à échapper aux forces de l’ordre.

 

 

Tandis que Benalla répond de ses privilèges, chiens de garde et gens d’armes du Palais se plaignent amèrement…

Mon Général, Médecin et Cher Camarades,

Vous n’êtes pas sans savoir qu’un rapport du Sénat publié au début du mois de Juillet 2018 dresse un constat déplorable de l’état des forces de sécurité intérieure (police, gendarmerie). Outre nos logements parfois insalubres (nous pensons à la caserne de Babylone), outre le manque de matériels, outre le manque de séance d’instruction, outre le manque de séance de sport, il s’agit surtout d’un manque de repos et de considération pour les hommes et les femmes qui arment la CSHM. Nous sommes tous entrés en Gendarmerie avec un but commun, le sentiment d’appartenir à une Institution, à une grande famille. Le sentiment de faire partie de l’Histoire ! Mais tout cela se trouve anéanti face au quotidien que nous subissons. Oui, nous sommes en train de subir la mission qui nous a été confiée car nous ne sommes plus en mesure de l’assurer dans de bonnes conditions physiques et morales. Avec le rythme soutenu des services, le repos manque et notre hiérarchie fait la sourde oreille face à nos sollicitations.

Nous sommes parfaitement conscients que notre démarche n’est pas conventionnelle. Devoir de réserve et obligation de nous taire nous dira-t-on. Mais nous sommes arrivés à un point de non-retour, à tel point que, même notre concertation n’y peut plus rien à part se tourner vers des organismes supérieurs. Nous espérons grandement que ce triste constat de notre quotidien saura alerter des instances et des officiers plus à même de débloquer une situation qui ne fait qu’empirer et accroître le mal être général. […]

Pour télécharger et lire l’intégralité de cette plainte gendarmesque anonyme, cliquez ici.

Vols d’effets aux migrants: la police dément!

Nous avons toutes et tous vu, des centaines de fois, sur le vif ou dans des reportages, des flics voler, jeter dans des bennes et détruire les affaires des migrant·e·s, y compris des produits de première nécessité lorsque l’on dort dehors comme un duvet, une couverture de survie, une bâche ou même de vieux cartons…

J’ai moi-même vu des flics saisir des sacs de couchage que j’avais donné à des réfugié·e·s.

Or un militant, Loan Torondel vient d’être condamné à une amende et à de la prison avec sursis pour avoir publié un tweet ironique mettant en scène deux policiers et un migrant (voir ci-dessous). Non seulement la police harcèle les migrants quotidiennement, et aussi les gens qui les aident, mais il faudrait se taire…

Ministres et gens d’armes, êtes-vous certains d’avoir tous les moyens de la dictature?

Démenti du ministère de l’Intérieur

Halte à la calomnie! Les policiers ne volent pas de couvertures, ils étouffent les réfugié·e·s avec!

Expulsé d’un foyer pour un matelas de trop! ~ Procès le 11 juillet

TOUS AU PROCÈS DE LASSANA DIAKITÉ 

QU’ADOMA VEUT EXPULSER du FOYER DUÉE

POUR « PRÉSENCE DE MATELAS »

MERCREDI 11 JUILLET à 9h

TRIBUNAL DE PARIS

métro Porte de Clichy

Pourquoi est-ce que ADOMA, ex Sonacotra, filiale SNI et CDC Habitat, veut jeter Lassana Diakité, paisible retraité, à la rue ? M. Diakité habite un studio dans la « résidence sociale » rénovée située 31-33 rue de Duée, Paris XXe, métro Télégraphe. Un jour un huissier passe pour faire un « contrôle d’occupation ». M. Diakité, comme est son droit, refuse de laisser entrer ce personnage qui n’a pas prévenu de sa visite. L’huissier écrit dans son compte rendu qu’une personne, qui ne serait pas M. Diakité, lui aurait ouvert la porte et il aurait vu par dessus de l’épaule de son interlocuteur un matelas rangé sous un lit au fond du studio.

Cet incident fait partie d’une campagne plus vaste d’expulsions visant les travailleurs immigrés résidents des foyers qui ont été rénovés et transformés en résidences sociales. Aujourd’hui, l’individualisation des logements et le statut de sous-droit accordé aux résidents se combinent pour piéger les travailleurs immigrés africains qui habitent traditionnellement les foyers. Les conditions d’hébergement d’un tiers, membre de sa famille, visiteur, connaissance du pays, sont strictement limitées et encadrées. En dehors de ce cadre, toute visite nocturne est classée « suroccupation », et les autorités gouvernementales, les gestionnaires ont déclaré la lutte contre la « suroccupation ».

Or ils sont aussi en lutte contre la vie collective et solidaire des travailleurs immigrés africains. Dans les nouvelles structures, les salles collectives sont réduites en nombre et en taille. Les cuisines collectives disparaissent. Tout est fait pour que les résidents soient contraints de vivre la vie isolée, individualisée et déprimée des locataires français. Sauf qu’ils sont en plus privés des droits des locataires. Pas le droit de changer sa serrure, pas le droit de fixer un étagère ou posséder un poisson rouge, pas le droit d’héberger un membre de sa famille ou une connaissance de passage.

M. Lassana Diakité n’est qu’un parmi des centaines de personnes assignés devant les tribunaux pour « suroccupation » par le gestionnaires Adoma, Adef, Coallia. Peu à peu c’est l’ensemble de la population des travailleurs immigrés qui sera visé. Il s’agit d’une tentative d’imposer un changement de population, une tentative de briser les liens qui font que, dans les foyers, les résidents se regroupent, résistent et arrivent parfois à imposer leur point de vue. Et puisque nous connaissons la difficulté pour les immigrés, surtout ceux vivant seuls, d’accéder au logement social, une expulsion du logement ne peut qu’entraîner encore plus de suroccupation, et à terme une auto-expulsion du pays.

Sont aussi visés par ce type de procès tous les « hébergés », avec ou sans papiers, africains ou non, tous les aspects de la vie solidaire et collective qui font que les immigrés africains ont pu, pendant des décennies, subvenir aux besoins de leurs familles au pays, investir dans des projets d’infrastructure scolaire, médicale, sanitaire.

Nous disons NON à la lutte contre les travailleurs immigrés des foyers !

NON à la campagne d’expulsions racistes menées par les gestionnaires

OUI au droit à la vie collective et solidaire des immigrés

OUI à l’accueil digne et hospitalier de tous ceux qui cherchent refuge sur notre sol

Copaf, Collectif pour l’avenir des foyers

317. Contribution au débat sur la répression politique sous état d’urgence (film)

Un film sur l’état d’urgence et la répression des manifestations contre la COP 21, dans lequel je suis interrogé (en voix off) et dont j’ai contribué à la présentation publique à plusieurs reprises.

Interviennent également Vanessa Codaccioni, Didier Fassin, Samir Baaloudj et des manifestant·e·s.