Libérez les Pussy Riot! ~ Free Pussy Riot!

Hier lundi, à Moscou, les quatre membres du groupe Pussy Riot, Veronika Nikoulchina, Olga Kouratcheva, Olga Pakhtoussova et Piotr Versilov, qui avaient perturbé la finale de la Coupe du monde ont été ré-arrêtés par la police, immédiatement après leur sortie de prison, où il et elles ont purgé une peine de 15 jours de détention.

Milice Élyséenne contre manif lycéenne

Comme le journal Le Monde l’a révélé, Alexandre Benalla, un proche conseiller du président de la République Emmanuel Macron, a été filmé jouant au milicien supplétif de la police nationale, le 1er mai dernier.

Ce jour-là, ce chargé de mission d’Emmanuel Macron, équipé d’un casque à visière des forces de l’ordre, alors qu’il n’est pas policier, s’en est pris à un jeune homme à terre pendant une manifestation qui se tenait place de la Contrescarpe, à Paris (5e arrondissement).

L’implication bénévole de ce détenteur d’un bureau à l’Élysée dans le travail de la police force le respect! Il est vrai que les policiers, de leur côté, se plaignent d’être en sous-effectif. De là à ce qu’un bureaucrate macroniste aille prêter la main aux casques bleus…

On aimerait savoir s’il est le seul de sa trempe ou si d’autres collaborateurs du Président ont pris part à la répression violente des manifestations du printemps…

En tout cas, au lieu de mettre à pied quinze jours M. Benalla, l’Élysée devrait plutôt encourager cet enthousiaste du «maintien de l’ordre» en lui fournissant un fusil lanceur de balles de défense et une jeep ou une moto. Il pourrait organiser, avec ses collègues de bureau et de parti, de petits safaris dans les manifs lycéennes.

De notre côté, nous avons hâte de croiser le personnage in situ pour lui manifester directement toute notre admiration!

Et dès le lendemain…

L’Élysée, dont je salue la diligence, a commencé à répondre à la question que je posais dans le billet ci-dessus. Non, M. Benalla n’était pas seul!

Il était accompagné d’un ancien gendarme, M. Vincent Crase.

Se pourrait-il que la réaction rapide de l’Élysée s’explique par le fait que les deux hommes, désormais identifiés, ont été photographiés l’un à côté de l’autre, comme en témoigne le cliché ci-dessous…

Encore un effort M. Macron! Des noms!

Sous vos applaudissements…

Quant au matériel de guerre civile…

Inutile de se faire du souci (je suis naïf!).

MM. Crase et Benalla se l’étaient déjà procuré, sur le compte de «En Marche» comme en témoigne ce courriel envoyé par le premier à une entreprise spécialisée (document Wikileaks).

Expulsé d’un foyer pour un matelas de trop! ~ Procès le 11 juillet

TOUS AU PROCÈS DE LASSANA DIAKITÉ 

QU’ADOMA VEUT EXPULSER du FOYER DUÉE

POUR « PRÉSENCE DE MATELAS »

MERCREDI 11 JUILLET à 9h

TRIBUNAL DE PARIS

métro Porte de Clichy

Pourquoi est-ce que ADOMA, ex Sonacotra, filiale SNI et CDC Habitat, veut jeter Lassana Diakité, paisible retraité, à la rue ? M. Diakité habite un studio dans la « résidence sociale » rénovée située 31-33 rue de Duée, Paris XXe, métro Télégraphe. Un jour un huissier passe pour faire un « contrôle d’occupation ». M. Diakité, comme est son droit, refuse de laisser entrer ce personnage qui n’a pas prévenu de sa visite. L’huissier écrit dans son compte rendu qu’une personne, qui ne serait pas M. Diakité, lui aurait ouvert la porte et il aurait vu par dessus de l’épaule de son interlocuteur un matelas rangé sous un lit au fond du studio.

Cet incident fait partie d’une campagne plus vaste d’expulsions visant les travailleurs immigrés résidents des foyers qui ont été rénovés et transformés en résidences sociales. Aujourd’hui, l’individualisation des logements et le statut de sous-droit accordé aux résidents se combinent pour piéger les travailleurs immigrés africains qui habitent traditionnellement les foyers. Les conditions d’hébergement d’un tiers, membre de sa famille, visiteur, connaissance du pays, sont strictement limitées et encadrées. En dehors de ce cadre, toute visite nocturne est classée « suroccupation », et les autorités gouvernementales, les gestionnaires ont déclaré la lutte contre la « suroccupation ».

Or ils sont aussi en lutte contre la vie collective et solidaire des travailleurs immigrés africains. Dans les nouvelles structures, les salles collectives sont réduites en nombre et en taille. Les cuisines collectives disparaissent. Tout est fait pour que les résidents soient contraints de vivre la vie isolée, individualisée et déprimée des locataires français. Sauf qu’ils sont en plus privés des droits des locataires. Pas le droit de changer sa serrure, pas le droit de fixer un étagère ou posséder un poisson rouge, pas le droit d’héberger un membre de sa famille ou une connaissance de passage.

M. Lassana Diakité n’est qu’un parmi des centaines de personnes assignés devant les tribunaux pour « suroccupation » par le gestionnaires Adoma, Adef, Coallia. Peu à peu c’est l’ensemble de la population des travailleurs immigrés qui sera visé. Il s’agit d’une tentative d’imposer un changement de population, une tentative de briser les liens qui font que, dans les foyers, les résidents se regroupent, résistent et arrivent parfois à imposer leur point de vue. Et puisque nous connaissons la difficulté pour les immigrés, surtout ceux vivant seuls, d’accéder au logement social, une expulsion du logement ne peut qu’entraîner encore plus de suroccupation, et à terme une auto-expulsion du pays.

Sont aussi visés par ce type de procès tous les « hébergés », avec ou sans papiers, africains ou non, tous les aspects de la vie solidaire et collective qui font que les immigrés africains ont pu, pendant des décennies, subvenir aux besoins de leurs familles au pays, investir dans des projets d’infrastructure scolaire, médicale, sanitaire.

Nous disons NON à la lutte contre les travailleurs immigrés des foyers !

NON à la campagne d’expulsions racistes menées par les gestionnaires

OUI au droit à la vie collective et solidaire des immigrés

OUI à l’accueil digne et hospitalier de tous ceux qui cherchent refuge sur notre sol

Copaf, Collectif pour l’avenir des foyers

Bas de casse

La casse était une boîte plate en bois divisé en compartiments contenant les caractères d’imprimerie en plomb; l’ensemble des boîtes étaient disposées dans un meuble à tiroirs.

Le haut de casse contenait les caractères les moins employés. Bas de casse désignait à la fois les caractères courants, en bas du meuble, et les minuscules (composer en bas de casse).

On ne dégrade pas, on redécore

Aux familles des vitrines

«CAPITAL TOTAL» ~ par Négatif

Dans le monde qui se profile, l’espoir de mener une vie simplement humaine s’effondre. Qui peut encore s’illusionner sur ce qui nous attend ? Qui peut encore imaginer que la simple défense du service public, issu du compromis social né dans le contexte bien particulier de la fin de la Seconde Guerre mondiale, soit une revendication à la hauteur des enjeux ? Le Capital s’est débarrassé de sa muselière. Il montre les crocs. Cela se traduit dans les faits par un accroissement de la violence de la répression mise en œuvre par ses représentants à la tête de l’État (expulsion des étudiants des facultés qu’ils occupent, opération militaire à Notre-Dame des Landes, sans parler des attaques menées par des fascistes confortés par la violence étatique).

Face à l’ampleur des attaques, les directions syndicales restent figées dans une position défensive non dénuée d’arrière-pensée. Le simple fait de mettre dans la même casserole des revendications diverses et appeler cette mixture « convergence des luttes » ne suffira pas. S’agirait-il donc de donner plus de force à chacune d’entre elles, et penser ainsi qu’elles pourront toutes trouver preneur au sein du patronat et de l’État ? Pour revenir à quelle situation ? À la dernière étape d’une régression sociale entamée voici déjà presque quatre décennies ? Cette régression, il est vrai, entre aujourd’hui dans une phase décisive. Il ne s’agit plus de courir après toutes les attaques (c’est la stratégie du gouvernement actuel que de nous faire courir en espérant nous asphyxier), mais de nous demander à quelle vie, radicalement autre, nous pouvons aspirer. Derrière la revendication du maintien du service public, ne se cache-t-il pas l’attente profonde d’une vie débarrassée des exigences du profit qui mettent à mal l’existence de chacun, au travail ou dans l’exclusion sociale ?

Nous n’avons besoin ni de l’État ni du Capital pour imaginer et mettre en œuvre une société nouvelle, en rejetant loin de nous tout ce qui nous sépare, notamment les revendications identitaires diverses qui fleurissent de toutes parts, et paraissent difficilement compatibles avec une remise en cause globale de la société de classe et de la réification toujours plus prégnante des rapports humains.

Capture d’écran 2015-01-15 à 14.38.41 Négatif