“317” documentaire sur l’état d’urgence, jeudi 29 juin à Pantin (20h)

Projection de 317Contribution au débat sur la répression politique sous état d’urgence” auquel j’ai participé (entretien audio), Le jeudi 29 juin prochain, à 20h (adresse et plan ci-dessous).

Documentaire avec les interventions de Vanessa Codaccioni, Didier Fassin, Samir Baaloudj, Claude Guillon.

23-25 rue Boieldieu, à Pantin.

Une dizaine de minutes à pieds depuis le M° Église-de-Pantin.

J’animerai la discussion autour du documentaire, dans la logique du livre La Terrorisation démocratique, que j’ai publié chez Libertalia.

“La détention des migrants dans L’Union européenne: un business florissant” ~ un rapport de Lydie Arbogast

L’association Migreurop et le bureau de Bruxelles de la Rosa Luxembourg Stiftung (fondation proche du parti de gauche allemand Die Linke) viennent de publier ce rapport rédigé par Lydie Arbogast.

Extrait

Des multinationales au service de la rétention administrative française

Si l’enfermement administratif des étrangers demeure principalement une affaire publique en France, la sous-traitance des activités qui y sont liées permet néanmoins à une myriade d’entreprises privées de profiter des retombées économiques des cra [centres de rétention administrative]. Depuis 2004, les collectivités publiques peuvent confier à des prestataires le financement, la construction, la maintenance et la gestion de structures collectives comme les éclairages publics, les collèges, les hôpitaux, mais aussi les centres de rétention administrative. À chaque construction ou rénovation de cra, sont lancés des appels d’offres sur des marchés publics. y participent les multinationales françaises du Btp (Bâtiments et travaux publics) et leurs filiales. c’est ainsi que le groupe Bouygues a participé, à travers ses diverses succursales, à la construction ou à l’extension de près d’une quinzaine de cra dans le cadre de partenariats «public-privé» (ppp). En contrepartie, l’État lui verse des loyers jusqu’à échéance des divers contrats de partenariat. Une fois le centre construit, la prise en charge de divers services liés à son fonctionnement (restauration, blanchisserie, entretien, etc.) permet aussi de générer du profit. les aéroports, les compagnies d’aviation, de transport maritime ou de bus prennent également leur part du butin puisque, après la rétention, il faut assurer les reconduites à la frontière.

Comble du cynisme, le 10 août 2010, quatre travailleurs sans-papiers employés sur le chantier de l’extension du centre de rétention administrative (cra) du Mesnil-Amelot (Seine-et-marne) ont été interpellés par les forces de l’ordre et enfermés en rétention dans ce même centre. Tous les quatre travaillaient pour Screg (filiale de Bouygues), l’une des entreprises sous-traitantes ayant passé le marché avec le ministère de la défense pour l’extension du camp. Bouygues a fait construire à ces travailleurs sans-papiers leur propre prison…

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Pour télécharger le rapport intégral au format pdf.

J’en profite pour signaler la réimpression par les Éditions Libertalia de ce petit livre salutaire: Feu au centre de rétention.

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À Marseille: Quatre mois de prison ferme pour outrage

«“Outrager un policier
épuise la définition du pléonasme»

Les révolutionnaires de tous les temps.

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Article repris, par solidarité, du site Marseille infos autonomes (MIA).

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Notre ami et camarade, qui a été arrêté lundi 31 octobre suite à l’expulsion du lieu ouvert au 9 rue Briffaut dans le week-end dans le cadre d’une manifestation et des «Deux jours contre la loi Travail», a été condamné ce mercredi 2 novembre à quatre mois de prison ferme avec mandat de dépôt.

C’est-à-dire qu’il se trouve actuellement aux Baumettes suite à sa comparution immédiate.

Un procès pour outrage en pleine effervescence policière

En ce moment, passer en procès contre des policiers qui se portent partie civile est une situation très compliquée. On sait déjà qu’en temps normal, les fonctionnaires de police qui abattent des gens en pleine rue sont très généralement relaxés, ou condamnés au maximum à du sursis (sur 180 affaires, moins d’une dizaine ont abouti à des peines de prison ferme, selon le constat dressé par Bastamag). Et ça arrive souvent.
Toutes les récentes lois antiterroristes, l’armement des polices municipales, le renforcement de l’appareil sécuritaire, l’augmentation de l’armement et les nouvelles revendications des manifestations de policiers, qui en somme demandent le droit de transgresser les lois, de battre, agresser, tuer et torturer en toute impunité, ne sont d’ailleurs pas là pour inverser la courbe.

Dans l’affaire qui nous concerne, nous parlons de mots. C’est à dire d’air, aussi injurieux (et parfois mérité) puisse-t-il être, qui se disperse sans conséquences physiques. Mais c’est à la police qu’on s’adresse, et si celle-ci veut être libre d’agir comme bon lui semble, elle veut aussi que quiconque la critique ou soit contre elle soit durement châtiée, quand bien même les niveaux de violence n’ont strictement rien à voir. Les salles d’audience encombrées par les affaires d’outrage et rébellion, qui servent d’ailleurs à garnir les fins de mois des flics [1]. Ils ne se privent d’ailleurs souvent pas de se lamenter sur le prétendu ’laxisme’ de la justice, alors que les prisons n’ont jamais été aussi pleines et que de nouveaux chantiers sont en route [2].

Lors de ce procès en particulier, une manifestation de flics avait lieu au même moment devant la Préfecture, à deux pas de là, car cinq représentants du ’mouvement’ devaient être reçus par le préfet de police Laurent Nuñez. De plus, la résistance de plusieurs heures lors de l’expulsion du lieu occupé au 9 rue Briffaut (puis au 39 bd de la Blancarde) avait passablement énervé la police, pour une fois contredite dans son action.
Ce qui a contribué à ce que toutes les parties cherchent à enfoncer notre ami : même le médecin qui l’a examiné en garde-à-vue (car lors de son arrestation, il avait été durement tabassé par les flics avant d’être embarqué) y est allé de son petit mot pour aggraver la situation. La procureure demandait quatre mois ferme et quatre mois de sursis, tout en laissant entendre que «ce sont des anarchistes, ce sont les mêmes qui brûlent les flics à Paris». Ce qui est globalement assez absurde étant donné le déroulé de la journée de lundi.

Finalement, toutes les personnes venues en soutien l’ont vu partir accompagné par les flics, direction les Baumettes, condamné à quatre mois de cabane.

Maintenant, et en attente d’une éventuelle décision de faire appel, ne le laissons pas seul, restons solidaires et faisons-lui bien sentir que du monde pense à lui.

Quelques outils

Une fois de plus, nous avons un exemple concret du fait que les comparutions immédiates ne sont pas un endroit où il est possible de se défendre convenablement et de s’en tirer le moins mal possible. Dans 90% des cas, mieux vaut les refuser pour se donner le temps de préparer une défense solide. Ce qui n’est pas toujours facile au sortir de plusieurs jours de garde-à-vue et lorsque les avocats commis d’office poussent à l’accepter.

Nous invitons donc tout un chacun à rejeter un œil sur les différentes brochures et livres qui traitent de la question du rapport à la police et à la justice, parce qu’on est toujours mieux préparé en ayant déjà un minimum de connaissances de la machine judiciaire que si on découvre tout sur le tas.

[Se reporter aux liens indiqués sur Marseille Infos autonomes (MIA)].

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[1] Certains s’en sont même fait une spécialité, comme en parle par exemple dernièrement le Canard Enchaîné du 2 novembre, ou encore Paris-luttes.info : à chaque fois, à chaque condamnation, ce sont potentiellement quelques centaines d’euros qui tombent dans la poche des poulets. On peut faire le parallèle avec les flics qui expulsent les migrant-e-s et les accompagnent en avion et en profitent pour accumuler des ’miles de fidélité avec les compagnies aériennes pour ensuite partir en vacances.

[2] Ce qui permet d’ailleurs à des entreprises telles que Eiffage, Vinci ou Bouygues de s’en mettre plein les poches. La grande industrie et la société carcérale sont intimement liées.

L“ÉTAT D’URGENCE” CIRCULAIRE

Un bureaucrate nommé Robert GELLI, néanmoins affublé du titre poétique de «directeur des affaires criminelles et des grâces» — pourquoi pas «arbitre des élégances» aussi? — a pondu fin septembre dernier une circulaire qui rappelle à ses larbins en armes les latitudes et longitudes administratives par lesquelles il leur est loisible de nous épingler. C’est la Circulaire relative à la lutte contre les infractions commises à l’occasion des manifestations et autres mouvements collectifs NOR:JUSD1626163C.

Lisez ces pitoyables rodomontades, et vous apprendrez qu’un «attroupement» ne mérite pas les garanties constitutionnelles (et obsolètes) d’une «manifestation».

D’ailleurs pourquoi manifester dans une démocratie aussi satisfaisante que celle qui offre à notre gracieux directeur un emploi, et sans doute un véhicule de fonction, je vous le demande?

L’empilement toujours croissant de textes, parfois contradictoires, qui constitue le socle vaseux et mouvant de la terrorisation démocratique, exige de ces mises au point à destination des gens simples, qui servent l’État (d’urgence) avec zèle, certes, mais toute la modestie de leurs moyens intellectuels.

Ce qu’il y a de véritablement réconfortant dans la lecture de ces pensums (songez à ceux qui doivent en contrôler la bonne compréhension chez leurs subordonnés!) c’est qu’elle permet de se découvrir résolument coupable(s), et de mille manières, déjà et à jamais!

Merci donc à M. le directeur Gelli et à ses comparses, qui nous peignent le crime social de manière si gracieuse, et nous permettent de nous y reconnaître.

Il y a entre vous et nous, cher M. le directeur, une guerre — que vous n’êtes pas près de gagner.

De récentes manifestations ont été émaillées, en plusieurs points du territoire, de violences graves, notamment dirigées contre les forces de l’ordre, et de dégradations de biens privés ou publics. Ces débordements, qui sont le fait d’une minorité de personnes souvent très organisée, mobilisent fortement les services de police et les militaires de la gendarmerie dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre relevant de leurs missions de police administrative.

Ces comportements font également l’objet de procédures judiciaires dont la qualité ne permet pas toujours l’engagement de poursuites pénales satisfaisantes, compte tenu des difficultés engendrées par le traitement, dans l’urgence, de faits qui relèvent d’un phénomène de masse, et de l’articulation malaisée entre les opérations nécessaires de maintien de l’ordre et les impératifs d’efficacité judiciaire.

Ces difficultés rencontrées à l’occasion de manifestations sur la voie publique sont proches de celles constatées lors de violences urbaines ou dans le traitement des infractions commises par certains mouvements dits « zadistes ».

La présente circulaire vise à identifier ces mouvements collectifs et les infractions qu’ils sont susceptibles de générer (I), à améliorer les dispositifs de constatation des infractions (II) et à fixer des orientations de politique pénale (III). Elle évoque enfin la situation des fonctionnaires de police et des militaires de la gendarmerie, parfois mis en cause pour des violences commises lors des opérations de maintien de l’ordre ou des interpellations, mais également ciblés par certains individus ou mouvements contestataires et victimes à ce titre d’actes d’intimidation ou de représailles (IV). […]

Il suffit que l’un des moyens de la provocation énoncé par la loi ait été employé pour que l’infraction soit caractérisée. Les écrits affichés doivent l’être sur la voie publique ou dans un lieu public, ou distribués sous forme de tracts remis de la main à la main, déposés dans les boîtes aux lettres, envoyés par voie postale… Les « moyens de transmission de l’écrit, de la parole ou de l’image » visent les émissions de radio et de télévision, mais également l’utilisation d’internet, et notamment la mise en ligne d’informations sur un site ou dans un blog. [Je souligne. C. G.]

Économisez un temps précieux, remplissez d’avance votre «Fiche de mise à disposition»:

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Ci-contre, à télécharger, l’intégralité de la circulaire.

Tournée triomphale dans le Vaucluse et le Gard

Merci à Fred et ses ami(e)s d’Avignon pour la belle discussion autour de l’anarchisme et des manières de le vivre, organisée dans un somptueux bâtiment ancien de la très belle rue des Teinturiers. Mélange des âges et des origines politiques dans une assistance d’une trentaine de personnes. Plaisir de recroiser quelques camarades rencontré(e)s ou revues à Marseille, au CIRA, fin 2015, ou connus à Paris dans les manifs lycéennes il y a déjà quelques années.

Déjeuné avec l’ami Fred au “Citron pressé”, 38, rue Carreterie (à 50 m de la place des Carmes).

Personne n’a su me dire le nom des arbustes fleuris qui embaument les rues (pas les tilleuls, ça je connais). Du coup, l’expression «changer d’air» prend tout son sens.

Je suis reparti avec trois numéros offerts par son créateur de Spasme, «le fanzine qui te met une tarte dans la gueule!». Mais personne n’a osé!

Moitié moins de monde à Alès, hélas, dans le magnifique local de La Rétive, avec une bibliothèque de 4 000 volumes, rangés comme j’aimerais que mes 4 500 — à vue de nez — à moi le soient. Aussi, c’est facile avec une pareille hauteur sous plafond!… Discussion, cette fois, sur la terrorisation démocratique.

Le mouvement contre la “Loi travail” a épuisé les camarades et en a dispersé certains vendredi soir, sans parler de l’avancement tardif d’un jour de la date de la rencontre, pour cause de réunion parisienne…

Pas eu envie de raccourcir mon séjour prévu, occasion de saluer Loïc, de la compagnie Jolie môme, sorti de garde à vue et précisément à Alès, la compagnie ayant été invitée par l’UL CGT pour fêter ce dimanche le trente-cinquième anniversaire de la lutte des mineurs de Ladrecht.

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Photographié, devant le restaurant où je déjeunais aujourd’hui (Le Ricochet), cette jolie captive qui m’a rappelé les objets surréalistes que je fabriquais avec des poupées, dans les années 1970.

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À bas toutes les prisons et toutes les cages (oui, même si on élargit leur surface, Noam!).