Mon «fan club» s’agite… ou «Mille et une raisons de vomir la bêtise»

Mon «fan club» s’agite, animé de soubresauts épisodiques, cette fois via Indymedia Bruxsel (il n’y a pas de sot média!)…

Toujours la même recette: ressortir de vieux textes, auxquels j’ai répondu il y a 3, 10, 15 ans… Mais sans reproduire jamais les réponses. Toujours faire comme si l’on dévoilait un scandale ignoré de tous et toutes…

Je n’en doute pas: ils & elles feront ça jusqu’à ma mort.

Il serait exagéré de dire que j’y suis habitué ou que je m’en moque.

La connerie peut inquiéter légitimement!

Elle ne m’impressionne pas.

Du tout.

Comment ne pas voir dans la revendication des droits des mineurs une «apologie de la pédophilie»?

Eh oui, comment?

Les crétins de l’un et l’autre sexe – comme on disait en 1793 – ne sont pas près de trouver la réponse…

Peu importe: la question est purement rhétorique. Il s’agit rien moins que de «m’exclure de [leur] vie politique».

Trop drôle!

Mais excluez-moi tas de crétins!

Faite donc ça, de grâce!

C’est pourtant simple: cessez de me lire! cessez de penser à moi! trouvez-vous d’autres obsessions… Écrivez des textes qui seront davantage lus que les miens… Faites-vous des ami·e·s… Vivez votre vie…

Ça nous fera des vacances, à moi et à celles et ceux qui trouvent plaisir et intérêt à penser en ma compagnie, loin de vos oukases moralisatrices à deux balles.

Et, comme on dit de nos jours (je ne suis pas sûr de bien comprendre le sens de l’expression, mais elle m’amuse beaucoup): allez bien manger vos morts !

Cinquante raisons, c’est un bon début, non?

Une « commune racialiste » à la faculté de Tolbiac ?

Tant que vous étiez occupé·e·s à rejouer Mai 68 en farce (Heil Marx !)…

En farce, oui, car chère petites dindes, chers dindonneaux, il ne suffit pas de se réunir à 400 dans un amphithéâtre pour prétendre être une « assemblée générale ».

Passons sur le fait que, constituée aux trois quarts d’échecs d’IVG de la classe moyenne et de la petite bourgeoisie, vous nous la faite « sous-off » plutôt que « générale ». Mais en plus, en matière d’assemblée qui ne représente, ne constitue ni ne crée rien, vous êtes imbattables ! Du jamais vu !

Mais bon, vous collectez de l’argent pour les cheminots en grève, et ça c’est gentil et utile !

Or voilà que certain·e·s d’entre vous organisent des réunions « en non-mixité raciale » (Aïe Hitler !).

C’est quoi votre problème ? Vous n’avez pas trouvé de Katangais ? Les loulous de la cité voisine sont trop mal polis avec les filles ?

Vos parents sont d’anciens soixante-huitards, c’est ça ? Maman sortait toute nue de la salle de bain ? Papa était contre les punitions corporelles ? Pas la moindre paire de baffes ?

On vous a traumatisé·e·s à l’envers ?

Du coup, vous allez racler les bidets du pire de la confusion racialiste, antisémite et homophobe pour dénoncer « l’impérialisme gay »…

Jeunes crétins des deux sexes, ne croyez pas le premier démagogo venu[1]. À rebours de ce qu’il vous dit, ce que vous faites est parfois beaucoup plus con – et nuisible – que tout ce que vous pouvez imaginez !

Vivement que l’État vous coupe les bourses (Aïe !) et papa-maman les vivres : ça nous fera des vacances scolaires !

Et vous vous finirez intermittents à la SNCF ! Enfin la non-mixité de classe ! On en recausera !

[1] Aaaaah ! Lordon ! L’homme qui juge « courageux » les assassins de jeunes filles du Bataclan !…

LE FEU DE LA RAMPE ~ À propos de Bertrand Cantat

 

Supposons que M. Bertrand Cantat, chanteur et musicien de son état ait tué ma sœur, ou une ancienne amoureuse ou une amie, en lui fracassant la tête à coups de poings (il est costaud, le bougre !) et qu’il l’ait laissé crever, « sans intention de donner la mort » hein ! juste sans penser à téléphoner aux secours. Peut-être trop défoncé pour que l’idée atteigne le bon neurone…

Supposons.

Je ne peux même pas dire avec certitude que je l’aurais attendu à la sortie de sa prison pour lui mettre une flèche entre les deux yeux… parce que ça n’aurait pas fait revenir ma copine, et puis peut-être que je n’aurais pas eu envie de risquer de crever en taule pour un pourri pareil. Je suppose que que ce sont des pensées qui vous traversent l’esprit…

Et puis, je ne voudrais pas avoir l’air de donner des leçons à tel inconnu (de moi) contre qui je n’ai rien, ou à telles personnes que j’admire pour leurs talents divers…

Peux pas dire…

En revanche (et pour une fois, le terme me semble bien choisi), je ne crois pas que j’en aurais eu quoi que ce soit à faire qu’il ait « payé sa dette »… À qui d’ailleurs ? Pas à ma copine toujours ! Ni à moi ! Ni à ses parents ! On n’est pas « la société », nous. Comme si ses trois ans de cellule nous avait dédommagé en quoi que ce soit… !

Et de savoir qu’il souffre… ?

Attendez, c’est quand même le minimum qu’il ait un peu de mal à dormir certaines nuits, non ? (moi-même qui suis loin d’avoir éliminé tous ceux qui figurent sur ma liste… mais je m’égare).

Juste après la mort de Marie Trintignant sous ses coups, je me souviens d’une amie – et admiratrice du chanteur – qui m’a dit : « Je suis certaine qu’il est si mal qu’il va se suicider ! » Hélas ! c’est son ex-femme qui s’est suicidée, alors même qu’il dormait dans la même maison où elle s’est pendue.

Un autre truc dont je n’aurais rien eu à faire, c’est la « réinsertion » de M. Cantat.

Il y a mille manières de retrouver une place parmi les humains… On peut faire plombier, maraîcher, éleveur de puces savantes… On peut ouvrir une école de guitare au fond de la brousse, apprendre à faire des pansements et s’engager chez Médecins du monde (y’a des caisses à porter, si comme moi on supporte mal la vue du sang).

Mais Cantat ne souhaite pas se « réinsérer » parmi les humains. Non ! C’est bon pour le vulgaire !

Cantat veut que l’on cesse de tenir compte du fait qu’il a tué son amante à mains nues, et que l’on voit à nouveau en lui la vedette de music-hall, l’idole des jeunes filles, le sex-symbol.

Un petit incident montre à quel point la personnalité caractérielle de Bertrand Cantat est hors du réel des humains, et du coup très problématique en terme de « réinsertion ». Devant une salle où il se produit, des manifestant·e·s crient. Il s’approche d’une jeune femme qui l’insulte, et veut prendre sa tête dans ses mains pour lui embrasser le front… Ce garçon est prêt à pardonner à celles et ceux qui l’offensent… Il se prend pour une espèce de martyre injustement persécuté. Alors que – vous savez quoi ? – ce type est tout amour !

Bon : sa copine est morte sous ses coups, la précédente s’est pendue en l’accusant, et là il demande qu’on lui laisse une seconde chance.

Mais Bertrand ! tu ne sais pas compter ! C’est une troisième chance que tu réclames. Et c’est beaucoup, même pour les utopistes les plus endurants, les abolitionnistes les plus vétilleux, les crétins même !

En effet, si M. Cantat ne voit dans les deux décès évoqués qu’un fâcheux concours de circonstances, on voit mal comment il pourrait être considéré comme sans danger pour autrui – sinon courbé sous des éviers, sur des salades ou sur le bassin des malades.

Aussi tolérante que soit une société (je ne parle pas de la nôtre, qui ne l’est guère, ou à rebours de ce qui serait souhaitable) je vois mal comment elle pourrait admettre qu’un tel personnage occupe aujourd’hui exactement la même place qu’avant les « circonstances » que nous savons.

Pour qu’il puisse renaître à des rapports sociaux apaisés – si les personnes directement concernées acceptent de lui laisser cette possibilité – il doit se reconnaître à la fois coupable et responsable, et mourir à la scène, au vedettariat, et aux illusions séduisantes du spectacle.

Peut-être cette nécessité est-elle plus pénible pour lui qu’un enfermement… C’est bien possible en effet. Et alors ?

Il est vivant, encore jeune, vigoureux. Il lui est loisible de se faire soigner, d’entreprendre une analyse. Il peut encore (lui !) travailler, mériter l’estime, voire l’amour d’être humains… Et il voudrait qu’on le plaigne parce qu’on lui interdit les feux de la rampe !?

Sois vraiment miséricordieux, Bertrand, puisque tu prétends à cette qualité rare.

Fais-le pour toi, et pour nous : permets-nous de t’oublier.

Sacré nom de “dieu” de bordel de merde de vierge enceinte!

Que de grands malades mentaux chantent la chasteté et la fidélité et frissonnent délicieusement à l’idée d’être «invité·e·s à la débauche» – qui y songerait? –, soit!

Mais que ces puantes ordures soient disposées à tous les mensonges pour combattre la liberté érotique, et osent notamment prétendre que les préservatifs sont «poreux pour les très petites particules comme le virus du Sida», voilà qui mérite des coups de barre de fer dans la gueule!

En effet, pauvres tarés, la contraception est une espèce de pesticide contre la peste émotionnelle que vous trimballez et que vous essayez d’inoculer aux jeunes.

Allez décrocher vos messies et manger vos morts!

Oui le livre de Bouteldja est antisémite et antiféministe! Ceux qui affirment le contraire sont de dangereux crétins.

Le site Lundimatin a cru bon de publier, sous un chapeau alambiqué, une tribune d’intellectuel·le·s juifs qui attaque vivement Thomas Guénolé (?) et les mélenchonistes pour leur critique d’Houria Bouteldja.

Guénolé a accusé Houria Bouteldja – membre du mouvement décolonial intitulé « Parti des Indigènes de la République » (PIR) – d’antisémitisme, de misogynie, d’homophobie et de racisme. Pour quiconque a lu le livre de Boutledja, Les Blancs, les Juifs et nous : vers une politique de l’amour révolutionnaire, publié en traduction anglaise par Semiotexte avec une préface du célèbre intellectuel américain Cornel West, ce sont des accusations scandaleuses.

Ce que je juge ahurissant et scandaleux pour ce qui me concerne, c’est que l’on puisse nier que le livre de Bouteldja contient des passages, des références et des «raisonnements» antisémites, misogynes, et plus précisément antiféministes (utiliser le lien Bouteldja pour accéder aux texte la concernant sur ce blogue).

En ne reprochant à Bouteldja que d’«imposer une idée de l’amour révolutionnaire aussi désirable qu’un plan quinquennal soviétique», en laissant entendre qu’il a fallu attendre le Parti des indigènes de la République (PIR) pour découvrir le racisme en France, l’équipe de Lundimatin endosse le passage ci-dessus reproduit.

Dire que c’est lamentable est un euphémisme.

Je m’étais réjoui que Lundimatin accepte de mettre en ligne le documentaire sur les dix ans des éditions Libertalia – pourquoi ne pas entretenir de bons rapports même si nous ne sommes pas d’accord sur tout? La publication de cette tribune m’a fait regretter que cela ait eu lieu.

Continuez, jeunes gens, à flatter les lubies masochistes de votre vieil éditeur, continuez de ne pas résister à la publication d’une signature, même si c’est celle d’un forain d’extrême droite… Bref, faites du journalisme ultra-gauchiste tant que vous voudrez. Ne laissez plus croire à l’avenir que nous pourrions avoir des intérêts communs.