MARSEILLE, d’amour tes beaux yeux mourir me font…

Tellement troublé j’étais, que j’oubliai une photo dans ma dernière série de «cartes postales» marseillaises, publiée à l’occasion de l’inauguration de la magnifique librairie L’Hydre aux mille têtes – Marseillais·e·s d’habitude ou d’occasion, ne manquez pas d’y faire un tour et vos emplettes!

Dans le Vallon des Auffes, une petite voie en cul-de-sac (et qui grimpe!) porte un nom qui avait échappé jusqu’ici à mon attention: Impasse des Beaux yeux.

On connaît des rues et des impasses qui portent le nom d’un ancien propriétaire (oublié), d’un mirlitaire ou d’un poli-tocard (beuark!) ou encore font référence à une activité d’antan (rue de la Corderie, par ex.).

Mais comment devient-on «Impasse des Beaux yeux»?

Vous m’objecterez qu’il existe à Paris une «Impasse du Désir» autrement troublante et tout aussi questionnante…

Aurais-je dû sonner aux portes de l’impasse (à supposer qu’elle soit habitée hors saison)?

Peut-être les sirène du lieu en ont-elle leur claque de toiser les plaisantins de tous pays.

Et de la claque à la gifle…

Et puis il faisait frisquet ce jour-là (moins que la veille, mais tout de même!), au point que, parti en maillot de bain (sous le jean…) j’avais renoncé à piquer une tête aux Catalans. Trop de vent, trop de vagues (à l’âme).

Rien ne m’empêche de laisser mes pas me porter vers le Vallon la prochaine fois. Histoire de jeter un œil, l’air de rien…

Je repasserai aussi, un peu plus bas, devant la modeste «Crèche à Jésu».

On ne sait jamais…

MARSEILLE[S] ~ Mai 2018 ~ Inauguration de l’Hydre aux mille têtes

Or donc, comme annoncé ici-même, je suis descendu à Marseille pour participer – avec quelques membres du gang Libertalia (vous vous souvenez que Fred Alpi présentait, en chansons, ses 5 ans de métro – à l’inauguration d’une magnifique librairie phocéenne: L’Hydre aux mille têtes.

Aperçu de la grande salle (Mathilde au piano, Tatiana en soutien à la caisse… et, de dos, un libraire parisien en visite amicale et solidaire; on ne voit ni Lucas – le second du duo fondateur – ni Claire qui aide).

La grande salle photographiée en regardant vers le fond, la salle des rencontres et la terrasse.

Sur ladite terrasse, Nicolas Norrito (Libertalia; à dr.) et Charles Jacquier.

Heureux concours de circonstances: certaines rues du quartier ont été récemment rebaptisées.

À gauche de la devanture, une citation attribuée à Saint-Just.

La phrase complète se trouve dans le Discours sur la constitution de la France, prononcé à la Convention le 24 avril 1793:

Tous les arts ont produit leurs merveilles: l’art de gouverner n’a presque produit que des monstres; c’est que nous avons cherché soigneusement nos plaisirs dans la nature, et nos principes dans notre orgueil.

Autre heureux concours de circonstances: Edmond Baudoin & Troubs étaient à Marseille, arrivés avec une marche de migrants et de leurs soutiens, pour dédicacer leur bel album Humains La Roya est un fleuve (L’Association – préface de J.M.G. Le Clézio). J’en reparlerai bientôt.

C’était à la fois l’occasion de revoir Baudoin, qui avait gracieusement (dans tous les sens du terme) illustré mon petit livre intitulé 42 bonnes raisons pour les femmes de m’éviter (La Digitale, 1995) et de lui faire faire une dédicace pour Mathilde, libraire de L’Hydre aux mille têtes, qui fêtait, outre l’inauguration du lieu, ses 30 ans…

En retournant et en agrandissant l’image, je peux vous la montrer.

NOUVELLES DE MARSEILLE

Sinon, Missak semblait un peu sombre, surtout photographié à contre-jour…

Sur le Vieux port, un poisson éphémère (espèce en voie de disparition logique).

Quand j’ai dit à une marseillaise que je m’étais baigné le samedi matin, avant d’aller inaugurer L’Hydre, elle m’a demandé: «“Baigné”! Dans la mer?!»

La dénonciation des patrons harceleurs se fait par voie d’affiches.

Honteuse propagande institutionnelle à l’intention des enfants dans le jardin du Pharo.

L’escalier qui mène au Cours Julien a reçu une nouvelle décoration d’ensemble.

Goéland se désaltérant dans une fontaine à 2h du matin rue d’Aubagne (l’une des plus vieilles rues de Marseille).

J’avais photographié le même (ou l’un de ses congénères) trainant un rat mort dans le bas de la même rue, mais la photo est floue.

Un journal «fait main»!

Un tract à propos des calanques (je n’y suis pas allé cette fois).

Et puis, le 8 mai dernier, le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, présidé par Martine Vassal, a organisé un bal patriotique sur la Canebière. Au programme : défilé de véhicules militaires, chants patriotiques, sessions pédagogiques et hommage à Désiré Bianco mort pour la France à 13 ans le 8 mai 1915…

Des camarades ont réalisé le tract suivant:

Message personnel: Merci au camarade qui m’a envoyé les documents dans une meilleure résolution. J’ai finalement décidé de les publier tels.

MARSEILLE[S] ~ Décembre 2017

Dans le train, j’ai lu le récent et beau roman de Lola Lafon sur la révolte, l’identité et la transmission: Mercy, Mary, Patty.

D’après la quatrième de couverture, Lola est «écrivain et musicienne». Tiens!… Pourquoi pas «écrivaine et musicien»?

Autre erreur: Actes Sud a, semble-t-il, tranché en faveur d’«évènement». C’est bien dommage. Faut-il désormais chanter a contrario «Il est né le divin enfant. Chantons tous son avénement»?

Comme je l’avais pressenti et annoncé il y a peu, l’hiver est rude à Marseille.

L’ami Missak restait de bronze malgré le vent glacé qui soufflait samedi, tandis que la mer était d’un bleu profond à couper le souffle (enfin, ce qu’il en restait!).

Samedi soir, présentation de la biographie de l’Enragé et «curé rouge» Jacques Roux par Walter Markov, publié chez Libertalia, à Mille Bâbords.

Trois heures d’échanges passionnés avec les 11 personnes présentes, malgré un défaut de chauffage du local qui donnait une idée assez exacte de l’ambiance des réunions en 1793. Ne manquaient que les bougies à la place de l’éclairage électrique…

Merci à Xavier d’avoir organisé cette séance.

Trouver à manger dans Marseille, passé 23h, alors que les restaurants fermaient plus tôt que d’habitude pour cause de rare clientèle – dissuadée par le froid – ne fut pas une mince et courte affaire… mais tout s’est bien terminé.

Message personnel

Charles J., on me dit que tu devais être présent et que tu as même sollicité et obtenu un changement de date pour pouvoir venir (la présentation devait avoir lieu vendredi). J’espère que tu n’as pas été emporté par une bourrasque…

MARSEILLE[S] ~ Octobre 2017

Bestiaire disco-mural, rue des Dominicaines.

À la Vieille Charité, où se tient une exposition sur Jack London.

Le monde, vu par-dessus l’épaule de Missak Manoukian.

Pelle et glace pilée: l’hiver s’annonce rude…

Parvis de la gare Saint-Charles.

Ce panneau masque désormais le grand tableau indicateur des mouvements de trains. Offensive psychologique? Pas seulement, m’explique une jeune femme préposée à l’information. Il s’agit d’éviter un rassemblement trop compact. Convenablement répartis aux pieds des multiples écrans d’ordinateurs affichant départs et arrivées, les voyageurs fourniront une cible moins commode aux terroristes. Le gibier a sa chance!

MARSEILLE[S] ~ Août 2017

FIGURES MARSEILLAISES

Habituel salut à Missak Manouchian

 

COUTUMES LOCALES

Usage acrobatique du second degré.

Pas de second degré, je le crains.

Raison sociale obscure, voire suspecte.

L’ingéniosité pallie le manque d’espace.

Et en effet, pourquoi faire mystère de ses préférences ?

[Tableau des occupants d’un immeuble]

Avenue de la Corderie: fouilles archéologiques livrées à Vinci.

Mensonges préfectoraux.

 

Et puis M. était aux abonnées absentes – comme d’habitude – et V. travaillait (ce qui est moins commun).