“Être une jeune fille aujourd’hui” ~ par la photographe Rania Matar

Je ne le saurai jamais, pas plus que je ne rencontrerai cette jeune femme.

Tient-elle une photo de la ville (Beyrouth, probablement) contre ce mur tagué ou bien est-elle penchée à cette improbable fenêtre?

Peut-être s’agit-il d’un bâtiment en ruines, ce qui expliquerait que la même lumière, venant de gauche, baigne la ville et la chevelure.

À côté de ce mystère flamboyant, Magritte semble pataud, appliqué.

Beyrouth, «la ville des puits». La vérité ne s’y dénude pas.

En tant que femme et mère américaine née au Liban, mon parcours et mes expériences interculturelles façonnent mon art. J’ai consacré mon travail à l’exploration des questions d’identité personnelle et collective à travers des photographies de l’adolescence et de la féminité – à la fois aux États-Unis où je vis et au Moyen-Orient d’où je viens.

Je suis intéressée par ce que signifie être une jeune femme aujourd’hui, dans un monde qui pose d’innombrables questions aux filles et aux femmes. Dans ELLE, je me concentre sur les jeunes femmes – l’âge de mes filles – à l’âge adulte. Je veux décrire la beauté brute de leur âge, leur individualité, leur caractère physique, leur mystère et la relation organique qu’ils créent avec leur environnement plus vaste. Je veux les photographier comme je les vois, moi femme et mère: belles, vivantes. Le processus concerne la collaboration et l’autonomisation, et la séance photo évolue toujours de manière organique, à mesure que les jeunes femmes deviennent des participantes actives dans le processus de création d’image.

Mon travail traite les états de «devenir» – la beauté et la vulnérabilité de la croissance – dans le contexte des relations viscérales avec notre environnement physique et l’humanité universelle. En collaborant avec des femmes aux États-Unis et au Moyen-Orient – et tout en cherchant à révéler l’individualité de chaque jeune femme – je me concentre sur notre essence, notre physicalité et les points communs qui nous rendent humains, soulignant en définitive comment la subjectivité féminine se développe, parallèlement au delà des frontières culturelles.

Le travail de Rania Matar est à découvrir sur le site L’Œil de la photographie.

Cet interlude* vous est offert par ……… [Inscrivez votre prénom, puis passez à vos voisin·e·s]

LUXURE, CALME & VOLUPTÉ.

 

LUXURE. Le luxe du corps, et non le «péché de la chair», qui n’existe pas (au contraire de la chair de la pêche).

CALME. Moment suspendu qui précède le jaillissement.

[On remarque que les deux protagonistes se sont installées sur un ponton. Au pire – ou au mieux! – le niveau du lac s’élèvera.]

VOLUPTÉ. Plaisir pris, offert, et rendu avec intérêt.

«V. Délectation», ajoute le Petit Robert, qui cite: «J’écoute avec volupté ces notes perlées» (Lautréamont).


* INTERLUDE.

Jeu qui en suit, et en précède d’autres. Jeu parmi les jeux. [Version paradoxale: «Jeu comme unique».]

Autant le prélude contient et annonce la fin (de l’intromission, par éjaculation), autant l’interlude indique la continuité, la constance, et l’enchaînement des plaisirs (clitoridiens, notamment).

Sylwia D. Chrostowska cite “Je chante le corps critique” à propos d’utopie

Mon livre Je chante le corps critique. Les usages politiques du corps (H & O, 2008) est cité par Sylwia D. Chrostowska dans la conclusion du livre qu’elle a codirigé: Political Uses of Utopia (Usages politique de l’utopie). Voir extraits ci-après.

Sylwia vient de publier Feux croisés. Propos sur l’histoire de la survie chez Klicksieck (trad. de Joël Gayraud; préface d’Alexander Kluge) dont je reparlerai, soit ici soit sur La Révolution et nous.

Elle a également collaboré au premier numéro de la revue du Groupe surréaliste de Paris Alcheringa (signalée ici-même).