Handicap et éros technicien

Peut-être cet «habit de plaisir» (je déforme poétiquement son appellation) pourra-t-il rendre service à certaines personnes handicapées et c’est tant mieux, mais quelle triste adaptation technique des utopies érotiques!

Notons, même si les concepteurs n’y sont pour rien, que cette machinerie sophistiquée n’amoindrit nullement le contrôle des proches ou des soignants, seuls à décider combien de fois (par jour? par semaine? par mois?) il est raisonnable d’en user…

Nul doute que des valides souhaiteront étendre le champ de leurs expériences sensorielles grâce à son usage. On voudra bien prendre au pied de la lettre l’expression suivante: Grand bien leur fasse!

“Tu sais ce qu’elle te dit ma désorganisation architecturale?” ~ Poésie du vocabulaire médical

Exérèse d’une lésion de la racine du bras gauche de 1 cm : Bowen ?

Cette pièce d’exérèse de 2 x 1,5 cm est le siège de lésions de carcinome intra-épithélial. L’épiderme est épaissi,   papillomateux,   surmonté de foyers   de   parakeratose.   Il   présente   une   désorganisation architecturale portant sur toute sa hauteur avec des kératinocytes aux noyaux volumineux, des mitoses haut situées et quelques cellules dyskératosiques. Le derme sous-jacent contient un infiltrat lympho-histiocytaire.

Absence de prolifération tumorale invasive.

“Être une jeune fille aujourd’hui” ~ par la photographe Rania Matar

Je ne le saurai jamais, pas plus que je ne rencontrerai cette jeune femme.

Tient-elle une photo de la ville (Beyrouth, probablement) contre ce mur tagué ou bien est-elle penchée à cette improbable fenêtre?

Peut-être s’agit-il d’un bâtiment en ruines, ce qui expliquerait que la même lumière, venant de gauche, baigne la ville et la chevelure.

À côté de ce mystère flamboyant, Magritte semble pataud, appliqué.

Beyrouth, «la ville des puits». La vérité ne s’y dénude pas.

En tant que femme et mère américaine née au Liban, mon parcours et mes expériences interculturelles façonnent mon art. J’ai consacré mon travail à l’exploration des questions d’identité personnelle et collective à travers des photographies de l’adolescence et de la féminité – à la fois aux États-Unis où je vis et au Moyen-Orient d’où je viens.

Je suis intéressée par ce que signifie être une jeune femme aujourd’hui, dans un monde qui pose d’innombrables questions aux filles et aux femmes. Dans ELLE, je me concentre sur les jeunes femmes – l’âge de mes filles – à l’âge adulte. Je veux décrire la beauté brute de leur âge, leur individualité, leur caractère physique, leur mystère et la relation organique qu’ils créent avec leur environnement plus vaste. Je veux les photographier comme je les vois, moi femme et mère: belles, vivantes. Le processus concerne la collaboration et l’autonomisation, et la séance photo évolue toujours de manière organique, à mesure que les jeunes femmes deviennent des participantes actives dans le processus de création d’image.

Mon travail traite les états de «devenir» – la beauté et la vulnérabilité de la croissance – dans le contexte des relations viscérales avec notre environnement physique et l’humanité universelle. En collaborant avec des femmes aux États-Unis et au Moyen-Orient – et tout en cherchant à révéler l’individualité de chaque jeune femme – je me concentre sur notre essence, notre physicalité et les points communs qui nous rendent humains, soulignant en définitive comment la subjectivité féminine se développe, parallèlement au delà des frontières culturelles.

Le travail de Rania Matar est à découvrir sur le site L’Œil de la photographie.