MARSEILLE[S] ~ Septembre 2018

Les Catalans.

Eau fraîche le premier jour. Radotages de méduses le second. Plaisir intact.

Toujours aux Catalans.

La boginete cherra? …Je crains qu’il me manque les clefs pour comprendre cette œuvre.

Salut à Missak Manoukian !

Sur la Canebière.

Magnifique devanture en faïence d’une librairie d’occasion hélas fermée! (voir également les deux photos suivantes).

Dans le Panier.

Il paraît que la Grande a déménagé…

Toujours dans le Panier.

Subtil – je dis ça parce que je n’avais pas compris tout de suite! – rapprochement entre le fait de se plier aux normes corporelles féminines et le fait de subir dans la peur la domination masculine.

Au fronton de l’Opéra municipal :

«L’art reçoit la beauté d’Aphrodite, le rythme d’Apollon, l’équilibre de Pallas, et il doit à Dionysos le mouvement et la vie».

Ah! tous ces intermittents tombés dans l’oubli!…

Esperluette

Pour se tenir au courant des luttes contre la gentrification de La Plaine, c’est ici.

Et pour prendre connaissance des revendications des habitant·e·s vers la Belle-de-Mai, c’est là.

À quels seins se vouer ?

Le 28 août dernier, lors de la lecture de la chronique d’humeur et d’humour qu’elle tient dans l’émission d’Alex Vizorek et Charline Vanhoenacker «Par Jupiter !», sur France-Inter, Constance – tel est son [pré]nom « de scène » – célébrait la « journée mondiale du topless » en enlevant le sien (de haut).

Offrir à la vue – puisque les émissions de radio sont dorénavant filmées et diffusées sur le Net – un splendide 90 bonnet E de tour de poitrine est doublement généreux. Par ailleurs, la chronique était gentillette, et l’accueil dans le studio cordialement potache… Pas de quoi fouetter un chat, comme l’on dit.

On pourrait objecter que le caractère spectaculaire de son geste, au double sens professionnel et politique, atténue la portée du geste. Ça n’est pourtant pas ce qui a suscité chez moi une bouffée mélancolique, à rebours de l’effet habituel de la vue d’une poitrine féminine – opulente ou menue, comme je m’en suis déjà expliqué sur ce blogue. Au fond, c’est parce que le test s’est révélé positif – entre autres par le bouche à oreille suscité– que les tétons m’attristèrent.

C’est que nous en sommes (encore) là !

Et même un peu plus bas, comme le démontrait le même jour Daphné Bürki animatrice d’un magazine de France 2, censément « consacré à l’amour et à la sexualité », en annonçant qu’elle allait exhiber sa poitrine, avant de produire… une piteuse incarnation de pudeur ! Sérieusement !… Comme si la vue de seins bronzés n’était pas devenue, sinon généralisée, au moins banalisée.

Or voici que Deborah de Robertis, autoproclamée (je n’ai pas vérifié) ex-Femen se met en scène, nue sous un voile bleu, dans la grotte de Lourdes, en Marie naturiste.

Je ne suis pas très convaincu que baptiser ce geste « performance » suffise à lui donner un potentiel subversif, d’autant que ses échos photographiques sont – y compris sur le compte Twitter de la jeune personne – censurés et floutés. Aussi ennemi de la religion catholique (et des autres !) que je puisse être, il me semble que ce genre de provocation est bien vain, et improductif, sinon en terme de notoriété pour l’« artiste ». Nous revoici dans les contradictions et faiblesses du spectacle. « Choquer » le bourgeois ou la bonne sœur suffit-il ? Et à quoi ?

Pour autant, une « historienne, spécialiste de l’antiquité romaine, de l’histoire des femmes et de la sexualité », Virginie Girod se croît autorisée à dégainer un diagnostic sexo-psychiatrique : il s’agit, selon elle, d’exhibitionnisme, une « paraphilie » déguisée en art…

Comment peut-on être aussi niaise et aussi ignorante de l’histoire du nu dans l’art contemporain (notamment depuis les années 1960 [1]?

Le jour où les femmes pourront se mettre torse nu comme les hommes, sans que l’on y voit un geste déplacé, un blasphème ou un signe de maladie mentale mérite d’être baptisé la sein-glinglin.

Que Constance et Deborah soit remerciées pour au moins nous y faire rêver…

[1] Je renvoie à mon livre Je chante le corps critique. Les usages politiques du corps (Éditions H&O).

“MADEMOISELLE” ~ Femmes artistes à Sète jusqu’au 6 janvier 2019

Mademoiselle est une exposition collective qui rassemble une nouvelle génération de femmes artistes internationales, explorant les enjeux (et les paradoxes) liés à la féminité contemporaine, à travers un large éventail de médiums et de sujets. Faisant référence à l’interdiction récente du titre «Mademoiselle», et s’inspirant de l’actuel intérêt pour les droits des femmes – connu sous le nom de phénomène «#MeToo» – l’exposition entend montrer l’héritage, l’évolution et la diversification des stratégies et des théories féministes.

Vous pouvez télécharger ici le dossier de presse complet de l’exposition.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À propos du viol ~ Carte postale ouverte aux camarades de la CNT

Lors du concert de clôture du festival de la Confédération nationale du travail (CNT), le 1er juillet dernier à Montreuil, le chanteur du groupe Sidi Wacho a fait une déclaration en scène, probablement mal comprise par beaucoup des personnes présentes, et mal accueillie par d’autres. En substance : « Alors la CNT, il va falloir régler vos problèmes entre vous, parce que sinon on ne pourra plus venir jouer pour vous ! »

Des débats, souvent vifs, s’engagèrent entre militant·e·s pour savoir si l’attitude du groupe – accepter de venir et d’être payé pour ça – puis faire une déclaration critique et publique était moralement acceptable ou au contraire condamnable… Une vraie fausse question !

À quoi faisait donc allusion le chanteur de Sidi Wacho ?

À une histoire sordide, que la CNT (en tant qu’organisation nationale au moins) a laissé pourrir deux ans durant, prétendant aujourd’hui – à tort – qu’elle est « réglée ».

En août 2016, un militant connu de la CNT de la région de Metz, également membre d’Alternative libertaire (AL), Fouad Harjane[1] viole une camarade lors d’un camping organisé par AL.

En novembre de la même année, la camarade dénonce son violeur auprès des deux organisations libertaires auxquelles le violeur appartient, notamment auprès de la Commission antisexiste de la CNT, laquelle rend l’affaire publique lors du congrès confédéral qui se tient à Montreuil à la même époque.

Les statuts de la CNT sont conçus de telle manière que – en principe – seul le syndicat du militant mis en cause est habilité à l’exclure et non un congrès. En l’espèce, Fouad Harjane jouissant d’une réputation militante flatteuse dans son syndicat (Santé social Lorraine) et dans la région, cela revient à proposer à ses proches de statuer sur son sort. Lorsque cette protection « naturelle » ne suffira plus, Harjane recourra aux menaces.

Le problème posé par les statuts actuels du syndicat semble bien réel. Cependant, tout indique qu’au lieu de rechercher une solution politique et publique au problème, certain·e·s instances et camarades de la CNT se sont abritées derrière les statuts pour protéger un violeur.

En effet, si des sanctions sont bien demandées (par un syndicat parisien de la CNT), elles visent des camarades de la Commission antisexiste, auxquelles il est reproché « d’instrumentaliser la question de la lutte contre le sexisme dans [une] action destructrice et délétère ».

Je dois dire ici que j’ignore s’il existe, dans l’esprit des demandeurs, d’autres griefs que la publicité donnée à la dénonciation de Fouad Harjane.

À supposer même que ce soit le cas, on mesure l’effet catastrophique que peut provoquer sur les militant·e·s de base une action exigée contre celles et ceux qui dénoncent un violeur plutôt que contre le violeur lui-même…

On se demande ce que les « sanctionneurs » peuvent avoir dans la tête, non seulement quant à la prévention du sexisme dans les rapports sociaux de sexe, dans la société et dans les organisations révolutionnaires, et – plus bêtement, pourrait-on dire – quant à la possibilité matérielle de glisser les ordures sous le tapis en espérant en masquer l’odeur, à l’ère de #BalanceTonPorc et du planétaire Me Too Movement ?

Début décembre 2016, huit personnes sont exclues de la CNT – sans passage par leur propre syndicat ! Comme quoi, quand on veut, on peut ! – au motif qu’elles se sont réunies sans autorisation, s’« auto-excluant » de fait.

En janvier 2017, Alternative libertaire, dont les militant·e·s avaient transmis un dossier de témoignages sur le viol à la CNT, exclue Fouad Harjane.

En mars de la même année, la CNT Santé social de Metz rend un rapport concluant… à l’impossibilité pour elle de statuer sur le cas de Fouad Harjane. On lira avec intérêt le communiqué en date du 5 mars 2017 par lequel les cénétistes messins encouragent vivement les victimes de viol… à porter plainte devant la justice bourgeoise et s’engagent à fournir – à propos du viol dénoncé – à fournir à ladite institution tous les documents en sa possession !

Lorsque l’on sait comment sont traitées le plus souvent les victimes de viol, et sans même parler d’une méfiance de principe envers les institutions comme la police et la justice que l’on attend de militants anarcho-syndicalistes, le niveau de réflexion antisexiste et libertaire des auteur du communiqué est du niveau « démocrate de comptoir ».

Juin 2017. À l’occasion du festival de la CNT, à Montreuil, des militant·e·s viennent manifester devant l’entrée de La Parole errante en soutien à la camarade violée. Certaines d’entre elles ont été tout simplement déclarées persona non grata et interdites d’entrée. Bien entendu, les militant·e·s et les badauds ne sont pas informé·e·s.

À cette époque, pour le public non averti et qui n’a pas cherché à s’informer – soit la très grande majorité des gens qui viennent assister à un festival de la CNT – il s’agit d’une histoire, peut-être de ces histoires complexes entre personnes se connaissant intimement, sur laquelle on ne dispose, de manière publique, d’aucune source fiable. On comprend simplement qu’AL a préféré exclure le violeur présumé, et la CNT non.

Février 2018 : le syndicat auquel appartient Fouad Harjane fusionne avec le syndicat de l’Éducation de la Moselle.

Et là : tour de passe-passe !

Le SSCT Lorraine comptait, jusqu’à peu, un adhérent ayant été accusé d’agression sexuelle de la part de plusieurs personnes au sein de la Confédération et en dehors. Ces accusations sont des faits très graves. Nous rappelons la décision prise par notre syndicat qui a été de ne pas pouvoir se positionner quand à l’exclusion ou non de cet adhérent. Suite à la fusion du SSCT Lorraine et du STE 57, l’adhérent en question a annoncé qu’il quittait notre syndicat, ce que nous avons acté et avons décidé d’en informer l’ensemble de la Confédération.

Plus de Fouad Harjane, plus de problème ! C’est manifestement le pauvre raisonnement des cénétistes messins qui confondent débattre politiquement et jouer à chat perché.

Cette affaire sera « réglée », du point de vue de la victime, lorsqu’elle aura obtenu reconnaissance et/ou dédommagement du crime subi, et de la part du violeur, et de la part du syndicat qui l’a délibérément couvert jusqu’à ce qu’il quitte l’organisation.

D’ici là, « la CNT » – appellation inexacte et injuste puisque nombre de militant·e·s et de syndicats de la CNT désapprouvent les positions messine et confédérale – peut à juste titre être accusée d’avoir protégé un violeur, de plus prédateur multirécidiviste.

Tant que cette affaire n’aura pas fait l’objet d’une analyse en interne et d’un communiqué public d’autocritique, l’accusation demeure valide, quelles que soient les suites judiciaires des « affaires Fouad Harjane ».

On ne saurait trop conseiller aux camarades de la CNT de saisir cette occasion, qui commence certes par un loupé lamentable ! pour mettre en place un nouveau protocole qui servira dans les affaires à venir.

Ne nous voilons pas la face : le sexisme, le viol et les violences sexuelles sont aussi répandues dans les organisations syndicales et révolutionnaires que partout ailleurs dans la société ; des scandales récents en témoignent à ciel ouvert (Unef, Jeunesses socialistes, etc.).

Autrement dit, la CNT et bien d’autres auront, ont peut-être déjà sans que nous en soyons informé·e·s, à régler des cas similaires – en pire ou en moins grave – à celui de Fouad Harjane.

Espérer que Harjane tombe dans l’oubli et que les choses s’arrangent mieux la prochaine fois, sans rien faire d’ici là – à commencer par une autocritique publique – est une illusion.

Du fait de son caractère syndical, la CNT aura d’autres cas de militants ayant la double appartenance (avec une organisation libertaire) à traiter. J’en profite pour dire que Alternative libertaire, organisation dont nul n’ignore que je suis loin de partager toutes les positions, me semble s’être comportée en l’espèce avec un sang-froid et une intelligence dont les camarades de la CNT devraient s’inspirer au lieu de fustiger une prétendue manie de donner de leçons.

Dans l’immédiat, il convient que les syndiqué·e·s et syndicats de la CNT exigent une réflexion collective débouchant sur une communication autocritique et publique. Dans cette attente, et dans le flou persistant, je comprends que des camarades souhaitent refuser de s’afficher dans des initiatives cénétistes, et a fortiori de s’affilier au syndicat.

Comment, de surcroît, devant tant de mensonges, d’évitements et de manipulations, ne pas dissuader des jeunes femmes, par ailleurs engagées dans des luttes féministes, de rejoindre une organisation dont elle savent désormais qu’elle refusera de les soutenir en cas d’agression sexuelle de la part d’un militant soi-disant révolutionnaire – ce qui mérite d’être également qualifié de trahison morale et politique et de la part du militant et de la part de l’organisation.

Je ne doute pas, hélas! que cette « carte postale ouverte » à mes camarades de la CNT en offusquera plus d’un·e. La mentalité de parti, même quand le parti est minuscule, rend sottes et aigries les personnes les plus ordinairement aimables… Il existe aussi à la CNT (comme ailleurs) de tristes sires qui considèrent le combat féministe comme un boulet à trainer ou un fanion à agiter les jours de fête : rien qui doive conduire à s’interroger collectivement. Ce sont ceux-là qui devraient prendre leur retraite de l’anarcho-syndicalisme et de l’anarchisme ! Ils ne manqueront à personne.

Afin de terminer sur une note constructive, pourquoi ne pas envisager la création d’une instance collective mixte entre organisations libertaires – CNT, FA, AL, OCL, CGA etc. – chargée de recevoir et d’« instruire » les plaintes de victimes de violences sexuelles. Cette commission serait composée par exemple de trois membres (deux femmes, un homme) de chaque organisation.

Elle devrait être indépendante desdites organisations pour le temps d’un mandat, ses membres à l’abri de toute sanction pour leur activité dans la commission.

Elle pourrait aussi s’adjoindre, de manière ponctuelle ou permanente, des personnalités féministes « extérieures », militantes du Planning familial et/ou d’autres collectifs anti-viol.

Elle aurait pour première tache d’élaborer un protocole à suivre lorsqu’une victime se signale à elle ; ce protocole, assorti de conseils et de principes de base sur le consentement serait rendu publique dans et hors des organisations, notamment lors des adhésions et dans les événements (meetings, fêtes, etc.).

Ce protocole aurait, en interne et vis-à-vis des sympathisant·e·s, une fonction programmatique et symbolique. Il indiquerait l’importance que les organisations libertaires attribuent à la lutte contre les agressions sexistes et du même coup à la sécurité et à la tranquillité de ses militant·e·s.

Ce serait un élément fondateur (parmi d’autres à inventer) d’un intense et indispensable travail de réflexion et d’autocritique à venir si les organisations libertaires veulent conserver un attrait pour les franges les plus engagées de la jeunesse et donner une image enviable de la société libertaire à construire.

En l’absence d’un tel travail – dans l’espoir vain de protéger tel petit chef ou l’équilibre des forces dans tel syndicat ou tel groupe local –, les organisations libertaires apparaitraient en retard sur les mouvements d’opinion qui traversent la société et les luttes féministes, dont elles s’« auto-excluraient » de ce fait, pour reprendre l’expression de certains.

[1] Le cv militant du personnage est tel que son nom et sa photo se trouvent aisément sur le Net.

Messages et commentaires reçus

J’ai reçu plusieurs messages de sympathie, le témoignage d’une ancienne militante non-soutenue par son organisation révolutionnaire (pas libertaire) et deux textes de militants de la CNT. Je reproduis ci-dessous celui dont l’auteur a accepté le principe de la publication. Je suis disposé à en publier d’autres.

Message de Didier

Je suis Didier, adhérent de la CNT depuis pas mal de temps et depuis quelques années en région parisienne. J’ai pu lire ton texte.

Premièrement, tu dis que la CNT se pose en donneuse de leçon. À ma connaissance, personne dans les syndicats n’a pu être dans cette attitude mais au contraire, c’est plutôt l’ensemble des personnes qui ne sont pas adhérentes à la CNT qui nous explique depuis bientôt 2 ans comment nous devrions faire. Toi tu es le dernier en date. Et comme beaucoup de personnes qui voient ça d’une façon extérieur, il y a beaucoup de mensonges et d’erreurs. La CNT laisserait pourrir une histoire sordide ? Non, cela fait deux ans que notre organisation est secouée par cette histoire et que nous essayons de comprendre, de discuter (souvent de façon houleuse), d’aller de l’avant, de faire du syndicalisme… malgré la pression qui s’exerce sur nous et qui est caractéristique de notre époque. La toile est devenue le café du commerce et tout le monde donne son avis sur tout, et surtout sur ce qu’il ne connait pas ou connait mal. Devrions-nous communiquer chaque jour de l’avancée de nos débats sur le sujet. Je pense que nous avons autre chose à faire et notre congrès approchant nous allons pouvoir en débattre avec l’ensemble des syndicats qui constitue la confédération. Malgré la technologie de pointe des réseaux sociaux, nous sommes attachés à certains principes autogestionnaires où chaque syndicat peut et doit s’exprimer sur tous les sujets qui nous passent par la tête qu’il soit sensible ou pas et, même si cette lenteur pour prendre une décision nous est souvent critiqué, elle fait partie des socles de l’identité même de la CNT et nous n’en dérogerons pas.

Pour revenir sur le problème au sein du syndicat santé-social de la CNT-RP, c’est un problème bien antérieur puisque moi-même j’ai pu faire partie d’une médiation afin de clarifier la situation au sein de ce syndicat à partir d’avril 2016. Le conflit n’étant pas réglé, une décision de mise sous tutelle du syndicat a été prise en juin 2016. Donc, toujours avant l’histoire de Fouad. Ce qui explique pourquoi les personnes soi-disant «exclues» ne l’ont été par leur propre syndicat. Ces personnes ont été invitées en UR spécial pour régler cette histoire et ne sont pas venues d’où notre décision de dire qu’elles avaient choisies une autre voie militante. Mais ce fut l’aubaine pour eux d’instrumentaliser le conflit pour se victimiser et rapprocher les deux histoires.

Didier Hominal

Au Kenya, des femmes âgées s’entraînent au kick-boxing pour résister aux agressions sexuelles

À Korogocho, bidonville de Nairobi à la sinistre réputation (domination des gangs), au Kenya, des femmes d’un certain âge, nullement épargnées par les agressions sexuelles, comme la sottise machiste pourrait le faire croire – elles sont même considérées comme moins susceptibles d’être contaminées par le virus du Sida… – s’entraînent au kick-boxing, une boxe où l’on utilise les poings et les pieds.

Le réalisateur canadien Brent Foster les a rencontrées: le résultat est le court-métrage intitulé « Enough : The Empowered Women of Korogocho », que l’on peut traduire par «Assez! Les femmes de Korogocho trouvent leur force en elles-mêmes».

Beatrice Nyariara, l’une de ces femmes a fondé le collectif des «Grands-mères kickboxeuses du Kenya». Elles sont ainsi une vingtaine à se retrouver chaque semaine pour s’entraîner ensemble.

Instructif sur la réalité des agressions contre les femmes et fort encourageant quant aux possibilités de défense féminine collective, le film est sous-titré dans un anglais très simple et facile à comprendre.

 

 

 

 

“Rhétoriques antiféministes” ~ Le n°4 de GLAD! revue sur le langage, le genre & les sexualités est en ligne

Fruit d’une collaboration entre les membres du collectif Arpège-EFiGiES Toulouse et le comité de rédaction de GLAD!, ce numéro, à travers un dossier consacré aux rhétoriques antiféministes, contribue à la fois à documenter les antiféminismes en s’intéressant à plusieurs types de rhétoriques antiféministes (masculiniste, féminine…), à inscrire ces rhétoriques dans le temps long grâce à une approche diachronique, et à fournir des outils critiques pour déconstruire ces rhétoriques. Le numéro comprend également une partie varia, ainsi que des contributions dans la rubrique Actualités.

Pour accéder à l’intégralité des articles, c’est ICI.

“MAINTENANT, IL FAUT DES ARBRES”

Cher Éric Hazan, tu va fêter mardi prochain 12 juin au Lieu dit – soit dit (!) en passant, un endroit pour lequel j’ai une particulière tendresse – les 20 ans de la maison d’édition que tu as fondée : La Fabrique.

Si j’ai bien compris, tu ne détiens plus qu’une part minime de la société, et c’est sans doute ta personne (honneur aux anciens! etc.) davantage que ta maison – ou au moins ce qu’elle est devenue – que viendront célébrer dans une émission de Mermet quelques amis libertaires (Nicolas Norrito et Fred Alpi formant, à tes côtés, tout le «plateau» de l’émission, d’après ce que j’ai lu sur le programme).

Dans un entretien récent (que j’ai la flemme d’aller rechercher) Nicolas soulignait le rôle qu’a joué La Fabrique dans son intérêt pour l’édition, malgré des divergences irréductibles, par exemple à propos des thèses du PIR et de Houria Bouteldja, dont l’animatrice actuelle de La Fabrique est proche, amicalement et politiquement.

On ne saurait évidemment reprocher à un éditeur le contenu mot à mot de chacun des livres qu’il édite. Tu n’es ni Coupat ni Bouteldja (pas plus que Libertalia n’est Guillon). Pourtant tu les a défendus l’un et l’autre en t’identifiant à leurs combats respectifs.

Tu vas même jusqu’au délire assumé, affirmant que si l’on critique Houria Bouteldja c’est parce qu’elle est jeune, belle, intelligente et d’origine arabe (voir la citation précise ailleurs sur ce blogue).

Moi je la combats parce que ce qu’elle a écrit est antisémite, homophobe et antiféministe.

J’imagine sans peine que tu ne partages pas ses positions au fond, et que tu la soutiens néanmoins sous l’effet d’une forme sénile de tiers-mondisme pro-palestinien…

Quand un camarade t’a flanqué une gifle à l’occasion d’une manifestation, j’ai pris position publiquement et plus que fermement contre cette agression, et quand je te croise (au Lieu dit, par exemple) je me contente de te serrer la main.

Là, les 20 ans au Lieu dit, avec les «camarades» Stella et Houria en terrasse – prévoir moult bises conviviales et confraternelles (ben tu comprends, elle m’a embrassé la première, alors moi…!)  – Libertalia au micro et Fred Alpi à la guitare, c’est un peu trop pour moi.

Évidemment, je pourrais venir te dégueuler dessus, mais je pense que je vais rester chez moi, tout simplement.

En tant qu’être vivant, je te souhaite d’ailleurs une fin de vie longue et active. Vraiment!

Par contre, je pense qu’il serait temps de faire taire la scierie La Fabrique.

Ça nous économiserait des arbres!

Et il nous en faut, Éric!

Julien trouvera sans peine un autre éditeur, tandis que Houria sera contrainte d’agrafer elle-même ses brochures photocopiées.

Gagnant-gagnant!

Après tout, 20 ans, c’est un bel âge pour mûrir!

Cordialement

Claude Guillon

 

 

PS. Tu l’as sûrement lu, mais je te recommande tout de même cet excellent ouvrage de mon ami Nedjib Sidi Moussa : La Fabrique du musulman.