Expulsé d’un foyer pour un matelas de trop! ~ Procès le 11 juillet

TOUS AU PROCÈS DE LASSANA DIAKITÉ 

QU’ADOMA VEUT EXPULSER du FOYER DUÉE

POUR « PRÉSENCE DE MATELAS »

MERCREDI 11 JUILLET à 9h

TRIBUNAL DE PARIS

métro Porte de Clichy

Pourquoi est-ce que ADOMA, ex Sonacotra, filiale SNI et CDC Habitat, veut jeter Lassana Diakité, paisible retraité, à la rue ? M. Diakité habite un studio dans la « résidence sociale » rénovée située 31-33 rue de Duée, Paris XXe, métro Télégraphe. Un jour un huissier passe pour faire un « contrôle d’occupation ». M. Diakité, comme est son droit, refuse de laisser entrer ce personnage qui n’a pas prévenu de sa visite. L’huissier écrit dans son compte rendu qu’une personne, qui ne serait pas M. Diakité, lui aurait ouvert la porte et il aurait vu par dessus de l’épaule de son interlocuteur un matelas rangé sous un lit au fond du studio.

Cet incident fait partie d’une campagne plus vaste d’expulsions visant les travailleurs immigrés résidents des foyers qui ont été rénovés et transformés en résidences sociales. Aujourd’hui, l’individualisation des logements et le statut de sous-droit accordé aux résidents se combinent pour piéger les travailleurs immigrés africains qui habitent traditionnellement les foyers. Les conditions d’hébergement d’un tiers, membre de sa famille, visiteur, connaissance du pays, sont strictement limitées et encadrées. En dehors de ce cadre, toute visite nocturne est classée « suroccupation », et les autorités gouvernementales, les gestionnaires ont déclaré la lutte contre la « suroccupation ».

Or ils sont aussi en lutte contre la vie collective et solidaire des travailleurs immigrés africains. Dans les nouvelles structures, les salles collectives sont réduites en nombre et en taille. Les cuisines collectives disparaissent. Tout est fait pour que les résidents soient contraints de vivre la vie isolée, individualisée et déprimée des locataires français. Sauf qu’ils sont en plus privés des droits des locataires. Pas le droit de changer sa serrure, pas le droit de fixer un étagère ou posséder un poisson rouge, pas le droit d’héberger un membre de sa famille ou une connaissance de passage.

M. Lassana Diakité n’est qu’un parmi des centaines de personnes assignés devant les tribunaux pour « suroccupation » par le gestionnaires Adoma, Adef, Coallia. Peu à peu c’est l’ensemble de la population des travailleurs immigrés qui sera visé. Il s’agit d’une tentative d’imposer un changement de population, une tentative de briser les liens qui font que, dans les foyers, les résidents se regroupent, résistent et arrivent parfois à imposer leur point de vue. Et puisque nous connaissons la difficulté pour les immigrés, surtout ceux vivant seuls, d’accéder au logement social, une expulsion du logement ne peut qu’entraîner encore plus de suroccupation, et à terme une auto-expulsion du pays.

Sont aussi visés par ce type de procès tous les « hébergés », avec ou sans papiers, africains ou non, tous les aspects de la vie solidaire et collective qui font que les immigrés africains ont pu, pendant des décennies, subvenir aux besoins de leurs familles au pays, investir dans des projets d’infrastructure scolaire, médicale, sanitaire.

Nous disons NON à la lutte contre les travailleurs immigrés des foyers !

NON à la campagne d’expulsions racistes menées par les gestionnaires

OUI au droit à la vie collective et solidaire des immigrés

OUI à l’accueil digne et hospitalier de tous ceux qui cherchent refuge sur notre sol

Copaf, Collectif pour l’avenir des foyers

Soutien politique et matériel urgent à Camille [DOC du réel], dépouillée par les flics

Lundi matin vient de lancer un appel à soutien matériel pour Camille, vidéaste de Doc du réel, arrêtée et dépouillée par la police, accessoirement mise en examen.

Libertalia, dont elle a tourné le fil de l’anniversaire des dix ans et les clips de présentations de plusieurs livres, et moi-même nous associons à cette heureuse et rapide initiative (voir détails dans l’article ci-dessous).

Pour financer le renouvellement du matériel de Camille, saisi par la police et qui ne lui sera rendu, au mieux, qu’à la fin de l’année,

MERCI DE VOUS CONNECTER ICI

Arrêtée alors qu’elle couvrait l’occupation du lycée Arago, tout son matériel vidéo a été saisi par la police

Camille, vidéaste et documentariste pour DOC du réel couvrait la manifestation du 22 mai à Paris. Arrêtée en même temps que les 101 lycéens et grévistes lors de l’occupation du lycée Arago, elle a passé 44h en garde à vue, se retrouve poursuivie pour « groupement en vue de commettre des dégradations » et passera en procès au mois d’octobre prochain.

Avant d’être interpellée, Camille a filmé l’intervention policière puis elle a interviewé les lycéens à l’intérieur du car de police dans lequel ils ont passé plus de 4 heures ensemble avant d’être amenés au commissariat. De ce fait, un officier de police judiciaire a décidé de saisir la totalité de son matériel et donc de ses enregistrements.

Dans le détail :

–  2 cartes mémoires (150e)

–  un micro RODE (180 e)

–  Un enregistreur numérique Zoom H4N (220 e)

–  Une caméra appareil photo Canon EOS 70D, un objectif et une batterie (1500e)

–  Un téléphone (250 e)

 Pour plus de détails sur les circonstances et le déroulement de son arrestation, vous pouvez lire cet article paru sur lundimatin :  https://lundi.am/DOC-du-reel-en-garde-a-vue-1380

Dépouillée de son matériel de travail, Camille n’est plus en mesure de continuer son activité et doit attendre une hypothétique restitution après son procès en octobre. Ces dernières années, elle a produit des contenus riches, divers et précieux que nous avons très régulièrement publiés sur lundimatin(ses images ont aussi été diffusées par Médiapart, le Huffigton post, les Inrocks, CQFD, etc.). Sa chaine youtube cumule plus d’un million de vues et une centaine de documentaires, nous en avons sélectionné quelques-uns ci-dessous.

Évidemment, il ne nous paraît pas souhaitable de hiérarchiser les différents types de répression : qu’une « journaliste » se retrouve en GAV et poursuivie après une occupation ne nous semble fondamentalement pas plus scandaleux que ce qu’ont vécu des dizaines de lycéens ce jour-là. Cependant, il nous semble important que Camille puisse reprendre ses activités de documentation des luttes le plus rapidement possible et c’est la raison pour laquelle nous en appelons à votre solidarité financière.

La somme récoltée lui permettra d’acquérir une nouvelle caméra, un nouvel enregistreur, etc. le plus rapidement possible. La somme visée couvre le prix de ce qu’elle a perdu, à savoir 2300 euros.

Son matériel saisi était par ailleurs très rudimentaire au vu de la qualité de ses reportages et il va sans dire que si nous récoltions plus d’argent, cela lui servirait à se doter d’un équipement plus performant.  

 

“127 jours en mars” ~ Présentation & débat, le 24 mai, dans le récent local de Libertalia, sur le mouvement contre la loi «Travaille!» ~ Avec Nathalie Astolfi & Alain Dervin

127 jours en mars vient pallier – sous la forme d’un abécédaire facile d’accès –  le vide souvent déploré sur ce blog de transmission d’un mouvement social à l’autre – surtout quand il implique la jeunesse.

Ce sera l’occasion de découvrir, outre ce livre utile publié au Passager clandestin, le nouveau local des éditions Libertalia, comptoir-librairie, où l’on pourra bien entendu acquérir l’ouvrage de Nathalie Astolfi et Alain Dervin,qui seront là pour débattre avec vous.

12, rue Marcelin-Berthelot, Montreuil.

À 4 mn à pieds du M° Croix-de-Chavaux.

Prendre la sortie «rue Kléber» (en tête de rame), puis la première à droite: c’est… la rue Kléber. Enfin, la première à gauche: c’est déjà la rue Marcelin Berthelot. Laissez-vous descendre. Le local est à 60 m sur la droite.

317. Contribution au débat sur la répression politique sous état d’urgence (film)

Un film sur l’état d’urgence et la répression des manifestations contre la COP 21, dans lequel je suis interrogé (en voix off) et dont j’ai contribué à la présentation publique à plusieurs reprises.

Interviennent également Vanessa Codaccioni, Didier Fassin, Samir Baaloudj et des manifestant·e·s.