«317» un documentaire sur l’état d’urgence, avant qu’il soit passé dans le droit commun

Vendredi 13 octobre à 20h

à “La Générale”

Coopérative artistique, politique et sociale, 14, av. Parmentier Paris XIe – M° Voltaire. Projection du film «317».

Projection du film « 317 » présenté par Claude Guillon et l’équipe du film.

 Contribution au débat sur la répression politique sous l’état d’urgence dans le cadre du w.e «Ateliers d’auto-formation face aux violences étatiques» à La Générale du 13 au 15 octobre.

– Ouverture des portes à 19h30
– Projection à 20h
– Entrée libre

 

« 317 » est un documentaire de 60 minutes, auto-produit et réalisé par leCollectif 317.

Avec Vanessa Codaccioni, Didier Fassin, Samir Baaloudj, Claude Guillon.

 

Voiture de la rousse* roussie ~ Deux communiqués

DE L’HUILE SUR LE FEU !
À PROPOS DE VOITURE DE FLIC 
BRÛLÉE, DE PROCÈS, ET DE 
SOLIDARITÉ

Du 19 au 22 septembre 2017, 9 personnes passeront en procès, accusées de l’attaque d’une voiture de flics quai de Valmy à Paris le 18 mai 2016. Deux attendent toujours en taule, dont l’une depuis maintenant plus d’un an, tandis que six autres sont sous contrôle judiciaire et que la dernière est encore recherchée. Ce jour-là, en plein mouvement contre la « loi travail », des policiers se rassemblent place de la République pour geindre contre la « haine anti­-flics ». Une vrai provocation après deux mois de manifestations réprimées à coup de lacrymos, de grenades, de matraque, d’arrestations. Une contre­-manifestation est appelée et interdite, mais elle s’élance malgré tout dans les rues de Paris, croisant sur son passage une voiture sérigraphiée avec deux flics à son bord, qui est attaquée puis brûlée. Pour beaucoup, ce geste a donné de l’air. Comme ça donne de l’air quand ça pète à Beaumont suite à l’assassinat d’Adama Traoré, à Aulnay suite au viol de Théo, ou quand une voiture de police crame à son tour devant le comico du 19e le soir du meurtre de Shaoyo Liu, ou encore quand les rues d’Hambourg s’embrasent pendant le G20. Comme ça donne de l’air chaque fois que sont renvoyées aux flics un peu de l’humiliation et des brutalités qu’ils infligent au quotidien.

La justice frappe souvent fort quand ses larbins en bleu sont attaqués. C’est que justice et police sont toutes deux au service de l’État et des puissant·e·s de ce monde, pour perpétuer l’ordre des choses basé sur l’exploitation, le racisme, le sexisme, l’homophobie, …et qu’il ne faudrait pas avoir l’impression de pouvoir changer les choses. Alors il faut mettre sous contrôle par la menace de la prison ceux et celles qui, par choix ou par nécessité, sortent des chemins balisés du travail, de la consommation, de la soumission au pouvoir. Les moyens à leur disposition sont toujours plus nombreux. Que ce soit l’annonce de la construction de dizaines de nouvelles prisons pour enfermer toujours plus, la légalisation à venir de l’état d’urgence permanent, ou encore la nouvelle loi sur la légitime défense des flics. Tout ça à coup de c’est pour votre sécurité, dans l’acceptation générale, ou presque.

C’est dans ce contexte que le procès va se dérouler, certainement sous une forte pression médiatique où il s’agirait d’en faire un procès exemplaire, celui du mouvement contre la loi travail et plus généralement d’une hostilité diffuse contre la police particulièrement palpable ces derniers temps. Face à ça, à nous de ne pas nous laisser museler. Exprimons notre solidarité avec celles et ceux qui subissent la répression pour des actes de révolte qu’on partage. Ne laissons pas la salle d’audience aux journalistes et aux parties civiles dont Alliance, syndicat de police ayant appelé à la manifestation du 18 mai 2016, toujours prompt à s’afficher dans les médias pour des campagnes racistes et sécuritaires. Faisons vivre notre solidarité également dans la rue. Ici ou ailleurs, ne laissons pas la justice condamner dans l’indifférence, sabotons la chaîne du contrôle et de l’enfermement, opposons-nous au flicage de nos vies et aux diverses mesures qui visent à le rendre total et permanent.

Liberté pour les inculpé-e-s de la voiture de flics brûlée le 18 mai 2016 ! Liberté pour tous et toutes !

Discussion publique, jeudi 14 septembre à 19h au CICP 21ter rue Voltaire, métro Rue des Boulets

Procès tous les jours à 13H30 du 19 au 22 septembre, 14e chambre du TGI de Paris, métro Cité.

 

* La rousse. En argot : la police. Dénomination d’ailleurs critiquable puisqu’elle vient probablement d’une discrimination à l’égard des roux, a posteriori «justifiée» par les représentations picturales de Judas Iscariote, délateur programmé de Jésus dans la légende biblique, comme un homme roux.

Myriam El Khomri ou la gazeuse arrosée

J’apprends qu’un militant parisien facétieux vient de passer plusieurs heures en garde à vue pour avoir arrosé Myriam El Khomri, promotrice de la «Loi Travaille!», laquelle a le front de se présenter aux élections législatives dans le XVIIIe arrondissement de Paris.

Ledit militant ayant refusé la comparution immédiate devait, d’après mes dernières informations, être relâché avec un rendez-vous judiciaire.

Qu’une ordure d’État, coresponsable non seulement d’une loi de régression sociale, mais de la répression ultraviolente des manifestations qui l’ont combattue, se sente violemment agressée par quelques décilitres d’eau peut être versé (si j’ose dire!) au dossier déjà fort lourd de l’obscénité démocratique.

Un verre d’eau! C’est bien le moins pour une ministre coresponsable de milliers de grenades au gaz et de désencerclement balancées sur nos gueules à travers tout le pays…!

Je gage que les militants parisiens auront à cœur de ne plus sortir sans œufs et farine afin de confectionner sur le tas la grande tarte que mérite la candidate députée.

En attendant, je tiens que le geste spontanée – et peut-être un peu vif – de notre ami secouriste bénévole relève de l’assistance à personne en danger de déshydratation.

Un verre d’eau par 30° à l’ombre, c’est bien le moins!

Je suggère que ce garçon soit proposé pour une médaille quelconque (qu’il refusera, ça va de soi!).

PS. Le service de presse de Mme El Khomri a diffusé le cliché ci-dessus, présenté comme la tenue que la candidate adoptera désormais dans ses déplacements de campagne.

Myriam! ça n’est pas raisonnable! Par cette chaleur!

De l’usage émeutier de la merde: l’exemple du Venezuela ~ “Ils nous foutent dans la merde, on la leur renvoie à la gueule”

Contre la police, qui tire à balles réelles et tue des dizaines de manifestant(e)s au Venezuela, les émeutières et émeutiers ont usé de tout le répertoire classique de l’émeute, cocktails Molotov compris.

Il y ont ajouté récemment une variante nauséabonde, qui emprunte aux gaz vomitifs utilisés par la police et l’armée, le «cocktail poopootov», mélange d’eau et d’excréments humains.

Moins dangereux à préparer et à manipuler (même si de petits accidents olfactifs sont toujours possibles), les dits cocktails sont d’une efficacité redoutable – dont les ingouvernables français devraient bien s’inspirer.

Chacun(e) peut contribuer et préparer ses cocks à la maison…

Cette nouvelle «arme» a d’ailleurs été «officialisée» par le mouvement d’opposition au gouvernement chaviste puisqu’une Marche de la merde a été organisée (voir affiche ci-dessous).

Comme jadis les soldats de la deuxième Guerre mondiale, les «fouteurs de merde» (c’est moi qui leur applique cette expression) inscrivent sur les couvercles des pots, en verre ou en plastique, qu’ils expédient sur la police avec des frondes géantes (qui se manipulent à trois manifestants) des messages politiques ironiques: «Pour les prisonniers politiques», «Liberté» etc.

Sans doute enivré par le parfum que l’émeute lui renvoie aux narines, le gouvernement s’est lui-même vautré dans le caca en osant protester à la télévision contre un usage illégal et dangereux de cette «arme biologique»!…

Bientôt, dans nos rues, l’adaptation d’un slogan en vogue «Paris, [ou Marseille…] soulève-toi!» en «Paris, soulage-toi»?

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20 minutes, jeudi 11 mai 2017 (pour la brève ci-dessus; j’ai poursuivi la recherches dans divers media hispanophones) [Merci à Do d’avoir attiré mon attention sur cette information].

Une rose ~ et une pensée ~ pour M. Liu, assassiné par la police

Dix jours après qu’une jeune fille masquée me l’a remise devant l’opéra Bastille, la rose blanche (couleur de deuil) pour M. Liu est à peine flétrie.

Je l’avais mise dans l’eau. Je l’ai plantée dans la terre, sur le balcon, exposée au vent.

 

Lorsque la flamme est dans le cœur, l’eau même l’entretient.