SOLIDARITÉ AVEC LES MINEURS DE TOUISSIT (MAROC) QUI OCCUPENT LEUR MINE!

Une nouvelle réunion pour reprendre les négociations devrait commencer le 24 décembre pour discuter des demandes d’augmentation des salaires, de l’amélioration des conditions de travail dans la mine, de la question des travailleurs contractuels et intérimaires, et d’un engagement de la direction à respecter le droit d’association et à ne pas licencier le grévistes.
Les mineurs ont fait preuve d’un courage et d’une force exemplaires en occupant leur mine à 700 mètres sous terre, dans des conditions dangereuses pour leur santé. Espérons qu’ils ne seront pas à nouveau trahis par les syndicats lors des négociations.
En attendant, apportons-leur le plus de soutien possible. Par exemple en envoyant des emails à la direction CMT pour demander:

  • Le respect et la dignité des mineurs, qui sont les seuls créateurs de richesse dans la CMT.
  • Des salaires dignes permettant de vivre, pour tous les salariés quel que soit leur statut
  • Conditions de travail dignes, conformes aux normes internationales de sécurité des travailleurs et d’environnement
  • Respect de la liberté d’association et d’expression, ainsi que du droit de grève.
    Compagnons de solidarité des deux côtés de la Méditerranée
    Pour contacter la direction de l’entreprise:
    Fax Direction générale: ° + 212 (0) 5 22 78 68 71
    E-mail: siege.cmt@cmt.ma Téléphone: +212 (0) 6 61 31 32 95 / (0) 5 22 78 68 61

Fâcheuse posture

Je me suis demandé si j’étais le seul à éprouver un malaise devant la posture prise par de nombreux manifestant·e·s en protestation contre le meurtre par étouffement d’un énième Afroaméricain, et·ou en solidarité avec ces manifestant·e·s.

En effet, la posture consiste à mettre un genou à terre, reproduisant ainsi le geste de l’assassin et non la position de la victime.

Peut-être le caractère religieux de la génuflexion et son histoire comme geste de soumission (au moment d’être adoubé chevalier par ex.) ont-ils pu peser dans la balance et «contaminer» ce qui était in situ le geste de domination mortelle d’un flic sur un individu maintenu à terre.

En fait de «repentance», il est pour le moins étrange de voir des flics censés se solidariser avec les manifestants·e·s reproduire précisément le geste de leur collègue (sans parler ici de la dimension «publicitaire» de leur démarche)…

La photo ci-dessous, prise dans une manifestation du même mouvement de protestation me permet de répondre par la négative à la question que je m’étais posée: d’autres personnes ont bien été sensibles au même malaise: elles ont décidé d’adopter la position de George Floyd et non celle de son meurtrier. Au demeurant, cette position rappelle celle des die in, pratiqués notamment par les militant·e·s d’Act Up, n’était que dans ce cas, les manifestant·e·s sont plus volontiers couché·e·s sur le dos.

La position retenue par les manifestant·e·s ici photographié·e·s est beaucoup moins confortable (et pour cause!) que la génuflexion, et je ne reprocherai à personne de se dispenser de l’adopter en pleine rue. Elle a cependant l’avantage de représenter sans ambiguïté celle de George Floyd.

Pas de fumée sans feu! ~ par les Hard Crackers

Je donne ici une traduction légèrement réduite d’un éditorial publié le 31 mai dernier sur le site de la revue Hard Crackers. Ses animateurs participaient auparavant au groupe Race Traitor (Traîtres à la race) dont nous avions publié plusieurs textes (repris sur ce blogue) dans la revue Oiseau-Tempête.

Vous pouvez vous inscrire sur leur site pour recevoir leur lettre électronique.

 

«L’impossible est le moins que l’on puisse exiger»

James Baldwin, La prochaine fois le feu (1963)

Selon le dicton populaire : «Il n’y a pas de fumée sans feu». […] Les incendies que nous avons tous vus à Minneapolis jeudi soir (28 mai) ont illuminé bien plus que les écrans de télévision. Ils n’ont pas simplement fourni une toile de fond dramatique aux journalistes, dont beaucoup ont à peine changé leur ton habituel. Au contraire, les flammes ont mis en lumière un fait que la plupart des États-Unis ne peuvent ignorer. Les gens, en particulier les jeunes, sont en colère. Ils en ont plein le cul de la police et de ses abus meurtriers; ils en ont assez des politiciens qui prônent la patience avec le système, et ils sont écœurés des emplois sans avenir et des conditions de vie pouilleuses. Covid-19 a encore aggravé leur sort.

Si les manifestants de Minneapolis (et d’autres zones urbaines américaines) ont prouvé quelque chose cette semaine, c’est que là où il y a du feu, il y a aussi de la fumée. La fumée camoufle les vrais problèmes. On en trouvera la preuve dans les excuses et les appels des libéraux, qui pleurent après un retour à la normale ou une protestation pacifique, sans réaliser que la normalité, lorsque de telles conditions sont la norme, est exactement ce qui a créé la misère et la rage. Malheureusement, cela a également créé Trump, un autre résultat qu’ils refusent de reconnaître.

Minneapolis, cette semaine, a été un aperçu d’une véritable insurrection urbaine. C’est peut-être la première fois que nous voyons un important département de police américain abandonner l’une de ses structures ressemblant à une forteresse et fuir le lieu de ses crimes. Pendant quelques courtes heures, ces rues n’étaient plus les leurs. Nous ne savons pas ce que cela signifie à long terme, mais nous savons que c’est important. Cela prouve quelques points : les autorités ne contrôlent pas toujours tout ou ne savent pas ce qu’elles font, et notre camp a la capacité de le mettre en lumière. Nous n’avons pas leur puissance de feu, mais nous avons une passion pour un monde meilleur, un monde où leurs fusils, gaz lacrymogènes, matraques, tribunaux et prisons ne règnent plus. C’est quelque chose qu’ils ne peuvent pas nous enlever. Et c’est aussi ce qui les rend moralement faillis et corrompus. L’ironie selon laquelle la police, une institution hors la loi à Minneapolis, est maintenant déployée en tenue de combat complète pour défendre la loi et l’ordre ne devrait pas être perdue pour nous.

C’est le moment de pleurer la mort inutile et horrible de George Floyd. Mais c’est aussi l’occasion de réfléchir à notre propre pouvoir et à ce que nous pouvons vraiment faire lorsque nous faisons preuve de détermination. Nous espérons que les Hard Crackers pourront apporter une petite contribution à ce processus.

Au moment où nous publions cet article, les événements se déroulent à un rythme effréné. Vendredi soir, malgré un couvre-feu et la pleine mobilisation de la garde nationale de Minneapolis, les protestations n’ont pas pu être contenues par les autorités. (Il existe des récits crédibles selon lesquels une grande partie des incendies à Minneapolis, principalement dans des quartiers éloignés des manifestations, ont été perpétrés par des groupes d’extrême droite, suprémacistes blancs. Cela exige une enquête sérieuse de notre part. Si ces récits s’avèrent vrais , nous aurons une fois de plus appris une leçon douloureuse. Certains groupes d’extrémistes blancs d’extrême droite combattent également le système et vers une fin très différente de la nôtre.)

Pendant ce temps, la résistance s’est propagée à d’autres villes, notamment Atlanta, Brooklyn, NY, Los Angeles, Chicago, Oakland et bien d’autres. Même le Palais inexpugnable de Trump à Washington DC (la Maison Blanche) semble vulnérable.

Merci à l’ami Jorge pour le signalement.