Au Kenya, des femmes âgées s’entraînent au kick-boxing pour résister aux agressions sexuelles

À Korogocho, bidonville de Nairobi à la sinistre réputation (domination des gangs), au Kenya, des femmes d’un certain âge, nullement épargnées par les agressions sexuelles, comme la sottise machiste pourrait le faire croire – elles sont même considérées comme moins susceptibles d’être contaminées par le virus du Sida… – s’entraînent au kick-boxing, une boxe où l’on utilise les poings et les pieds.

Le réalisateur canadien Brent Foster les a rencontrées: le résultat est le court-métrage intitulé « Enough : The Empowered Women of Korogocho », que l’on peut traduire par «Assez! Les femmes de Korogocho trouvent leur force en elles-mêmes».

Beatrice Nyariara, l’une de ces femmes a fondé le collectif des «Grands-mères kickboxeuses du Kenya». Elles sont ainsi une vingtaine à se retrouver chaque semaine pour s’entraîner ensemble.

Instructif sur la réalité des agressions contre les femmes et fort encourageant quant aux possibilités de défense féminine collective, le film est sous-titré dans un anglais très simple et facile à comprendre.

 

 

 

 

“Rhétoriques antiféministes” ~ Le n°4 de GLAD! revue sur le langage, le genre & les sexualités est en ligne

Fruit d’une collaboration entre les membres du collectif Arpège-EFiGiES Toulouse et le comité de rédaction de GLAD!, ce numéro, à travers un dossier consacré aux rhétoriques antiféministes, contribue à la fois à documenter les antiféminismes en s’intéressant à plusieurs types de rhétoriques antiféministes (masculiniste, féminine…), à inscrire ces rhétoriques dans le temps long grâce à une approche diachronique, et à fournir des outils critiques pour déconstruire ces rhétoriques. Le numéro comprend également une partie varia, ainsi que des contributions dans la rubrique Actualités.

Pour accéder à l’intégralité des articles, c’est ICI.

Nouvelles de mes admirateurs ~ Le «père» Tony Anatrella

M. Tony Anatrella théologien et analyste de pacotille apparaît pour ce qu’il  est: un pédéraste honteux pratiquant la double morale, et un prédateur sexuel utilisant sa double fonction de prêtre et de «thérapeute».

Moraliste délirant, ça, on savait déjà, comme en témoigne le passage ci-dessous, tiré de mon livre Droit à la mort. Suicide, mode d’emploi, ses lecteurs et ses juges (IMHO).

Un an plus tard, c’est un psychanalyste doublé d’un prêtre, Tony Anatrella, qui publie Non à la société dépressive[1]. On y apprend que « le marxisme » est pour beaucoup dans le fait que « l’auto-agression soit devenue une attitude dominante. » ! Quant à Suicide, mode d’emploi, on nous révèle qu’il a été retrouvé auprès de 72 suicidés — c’est un peu moins que d’habitude — mais pour la seule année 1987, ce qui transforme en score annuel le laborieux et faux total fabriqué par d’autres sur six ans !

Le prêtre s’inquiète de l’action des groupes qui veulent faire reconnaître le droit de mourir dans la dignité. « Ce serait accréditer l’idée que la vie, selon les circonstances, peut être sans valeur », conclut-il. L’idée selon laquelle chacun serait libre d’en décider pour lui-même ne l’a pas effleuré.

[1] Flammarion, 1993, pp. 59, 286, 288. De notoriété publique, la qualité de prêtre de M. Anatrella ne figure pourtant pas sur la jaquette de l’ouvrage où il est décrit, entre autres, comme « un spécialiste de la psychologie sexuelle ».

“Je l’ai sur le bout de la langue” ~ Célébration du cunni

Le cunnilinctus (mon préféré) ou cunnilingus, couramment abrégé en «cunni», ce contact (le moins abrégé possible!) entre le con d’une part et cet «organe charnu, musculeux, allongé et mobile placé dans la bouche» que le Petit Robert évoque de manière si troublante, j’ai décidé de lui attribuer tout arbitrairement le 30 mai comme jour de célébration.

Étant entendu que rien ne vous empêche (n’étaient les législations antisexuelles de quelques pays du monde) de lécher, suçoter et aspirer le reste de l’année.

Inutile, pour visiter l’exposition, de chausser vos casques de traduction simultanée: cette langue est internationale.

Rare exemple dans l’iconographie de stylites cunnilinctes.

«Aussi longtemps que j’aurai un visage, tu sauras où t’asseoir.»

«Si le seigneur n’avait pas voulu que les hommes bouffent de la chatte, il n’aurait pas fait en sorte que ça ressemble tellement à une crêpe de maïs fourrée à la viande.»

Par Anne Van der Linden

«Bouffez de la chatte, c’est vegan»

«La Femme damnée» Nicolas François Octave Tassaert (1859)

Picasso (1903)

Prélevé chez Anne Archet.

Dernière minute.

À propos d’une tentative d’institutionnalisation (de très mauvais goût!).

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L’INCARNATION DU MYSTÈRE ~ [Le sentiment de la beauté 3.]

L’expression « terre de contrastes » est un lieu commun des guides touristiques. C’est elle qui me vient à l’esprit, les yeux saisis par le regard de la modèle d’Océane Feld sur Twitter.

J’ai d’abord songé aux vers de Baudelaire : « La très chère était nue et connaissant mon cœur/ elle n’avait gardé que ses bijoux sonores/ dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur/ qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des maures ».

Contraste, déjà : « l’air vainqueur » d’une esclave.

Le regard. Avec ce que l’on appelle curieusement une « coquetterie », mot qui évoque au moins le trouble que la chose suscite. Or cette dissymétrie oculaire contraste précisément avec la régularité parfaite du visage. Si beau qu’il supporte le crâne ras (test sévère) et trouve même dans cette audace un surcroît de puissance.

À la chevelure absente répondent les touffes – rousses, si l’éclairage n’altère pas les couleurs – des aisselles, quelques fines mèches collées par la sueur.

Corps marqué, encré, percé.

Écarteurs d’oreille. Piercings au nez (d’une arête pure), aux lèvres (dont l’entrouverture accentue la sensualité), au téton gauche. Lesquels tétons me semblent tatoués, encrés plutôt, comme le bras gauche. Faut-il chercher un sens à ce foisonnement noir qui forme un berceau au verbe « jouir » ?

Pas de fleurettes (à compter) ou d’animaux : des abstractions, des signes. Le nid du bras gauche, les formes ovales de l’épaule droite et de la saignée du bras droit, la forme et les chiffres du flanc gauche.

Et les messages : « Jouir » (une injonction ? un pense-bête ?) ; et à l’emplacement du plexus solaire [1] : « closer », « plus proche » (une autre injonction ? « Viens plus près » ? « Brûle toi à mon feu » ? ou un constat ? « Tu brûles! »).

Tel qu’offert par la photographe, dans une pose commune aux tableaux de nues (oui, le plus souvent les nus sont des nues) – Modigliani, Courbet, Delacroix – c’est un corps énigmatique, dont la gravité du visage n’invite pas à la devination badine.

Beauté fascinante qui décourage la « prise » (de guerre) et suscite l’emprise.

Corps initié aux mystères qu’il affiche, corps ésotérique autant qu’érotique.

Ce que je lis dans les yeux – peut-être bleus – est encore une énigme – à la manière de la Sphinge : « Que crois-tu être capable de vouloir de moi ? »

[1] Pourquoi ce terme m’a-t-il échappé pendant deux heures, avant de ressurgir à la conscience ? Il est vrai que la beauté de la modèle est plus sombre, tellurique que lumineuse et solaire.

Parlant de beauté, je veux rendre hommage à Marielle Franco, récemment assassinée par des escadrons de la mort brésiliens, ici photographiée (à dr.) avec son amante – à laquelle la presse ne s’est pas empressée de présenter des condoléances.

Tant de vie·s anéantie·s par des flics corrompus…