La santé dans l’expérience anarchiste en Espagne

La brochure éditée par la CNT-AIT tombe à pic. Quelle meilleure période pour se re·pencher sur l’idée que se faisaient les anarcho-syndicalistes et anarchistes espagnol·e·s de la santé. Santé mentale, santé «sexuelle», santé publique…

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Brassards d’infirmières, calots et fusils de miliciennes…

 

Contamination, érotisme et déconfinement

Tandis que certain·e·s soulignent avec un clin d’œil coquin les bienfaits de l’activité érotique sur les défenses immunitaires, je ne vois personne envisager le déconfinement sous son aspect érotique et «sexuel».

En effet, un certain nombre de personnes qui n’ont pu ou voulu, pour des raisons variées, se confiner avec leur partenaire habituel·le vont pouvoir (enfin!) – dans la limite des 100 km autorisés, dans un premier temps – renouer leurs relations. D’autres, qu’ils·elles se soient ou non résigné·e·s à l’abstinence durant le confinement n’auront rien de plus pressé que de trouver un (premier) coup d’un soir.

Tendres retrouvailles ou grand soir du cul, sans parler du recours à des prostitué·s·s que j’écarte pour des raisons politiques, mais qui est également concerné, toutes ces reprises de relations érotiques se heurtent au problème de la contamination par le coronavirus.

La voie de pénétration (eh oui !) de ce dernier est constituée par les muqueuses. On a assez parlé des yeux, des narines et de la bouche, mais il va de soi que les muqueuses génitales et anales sont également concernées (même s’il y aura débat sur la plus grande imperméabilité de la muqueuse vaginale).

En clair, si l’on a pris la précaution – deux mois durant – de sortir le moins possible, de ne pas approcher à moins d’un mètre son voisin de palier, et (peut-être) de porter un masque, embrasser la bouche, le sexe ou l’anus d’une·e partenaire retrouvé·e ou découvert·e équivaut à un suicide du point de vue de la préservation contre le virus.

En théorie, la difficulté n’est pas insurmontable: il suffit que deux partenaires potentiels se fassent tester pour savoir où ils en sont. Leur attitude dépendra des résultats des tests.

Dans la pratique, la difficulté de se faire tester et la fiabilité discutable des tests selon leur principe de fonctionnement rendent l’entreprise quasi-impraticable, au moins en l’état.

Une application stricte du principe de précaution exigerait de considérer le coronavirus à égalité avec le HIV et entrainerait l’abstention de tout rapport érotique avec une personne, familière ou non, tant que l’on est pas renseigné sur son état sérologique et sur le sien propre[1].

Si cette abstention paraît impossible à respecter, il faudrait au moins éviter strictement les contacts de bouche à bouche («Arrêtez les embrassades!» était prémonitoire), les contacts oraux-génitaux, oraux-anaux (sauf avec digues) et ne jamais se dispenser du port du préservatif. Certes, cela réduit presque les possibilités aux pratiques qui sont déjà celles du safe sex – en plus strict toutefois, puisqu’il faudrait idéalement éviter les face-à-face (étant entendu que baiser à plus d’un mètre est impossible, sauf excitation mutuelle à la masturbation).

Quant à la pénétration, les personnes qui n’apprécient pas la levrette se trouveront désavantagées.

Si je me donne la peine de rédiger ce billet, c’est uniquement à l’intention des personnes responsables à qui ces considérations ne seraient pas venues à l’esprit. Je n’imagine pas – mais je serais heureux de m’être trompé – que les recommandations ci-dessus évoquées puissent être prises en compte dans la plus grande partie de la population.

Ceci emporte une première conséquence : la reprise générale de ce que nous appellerons pour simplifier par une expression – que je déteste – les « rapports sexuels » entrainera mécaniquement un redémarrage de la contamination.

Les personnes concernées seraient bien inspirées (derrière leur masque) d’inclure dans leurs raisonnements les dispositifs de détection de la maladie (après apparition des symptômes) qui sont en cours de mise en place, et de dépistage (au sens sioux) des personnes avec lesquelles elles auront été en contact (ici sexuel), le tout dans un anonymat peut-être mal garanti…

Au fond, il n’y a rien là qui diffère fondamentalement – au moins d’un point de vue moral – de la situation antérieure, avec ses maladies sexuellement transmissibles, sa syphilis et son Sida. …N’était que la personne souffrant d’une crise d’herpès n’était pas fermement invitée à s’isoler chez elle ou dans un hôtel réquisitionné.

Tous les problèmes évoqués ici auront la même longévité que l’épidémie de covid-19. Tant que des tests fiables n’auront pas été pratiqués à grande échelle, tant que le recul ou la disparition de l’épidémie n’auront pas rendu inutiles la réitération desdits tests (on peut par hypothèse se contaminer en sortant du laboratoire), et tant que – à plus long terme – un vaccin ne sera pas disponible, les rapports sexuels seront l’occasion de contamination individuelle et vecteurs d’expansion de la maladie.

La jurisprudence concernant les personnes condamnées pour avoir sciemment transmis à des partenaires le virus du Sida est une autre source de méditation possible.

Que cette situation, dont nous ignorons le terme, soit peu propice au romantisme pourrait être considéré comme un avantage paradoxal. Hélas, la pratique érotique ne semble pas y trouve son compte non plus!

Qu’en déduire? Que le spectre – au sens amplitude et non paranormal – du consentement se trouve brusquement élargi, et de la manière la moins confortable qui soit. Étions-nous préparé·e·s à cela? Non point. Sommes-nous équipé·e·s pour faire face à cette nouvelle configuration? Non plus. Cependant, n’ayant pas d’autre choix (sauf suicide ou vœu de chasteté) que d’affronter les contraintes vitales dans cette configuration, dont nous savons qu’elle risque de ne pas se modifier en profondeur avant un laps de temps qui peut aller d’un an à deux ans, nous ne pourrons que sublimer une part de notre inventivité érotique[2] dans l’élaboration commune de protocoles nouveaux.

À défaut que l’érotisme comme culture y trouve une source d’enrichissement, ce peut être l’occasion de réviser des hiérarchies mentales inquestionnées jusqu’ici, de renoncer à des compromissions émotionnelles coûteuses. Thank you Corona ?

[1] Il est sans doute utile de préciser que les conditions désincarnées dans lesquelles le coronavirus peut être transmis rendent particulièrement oiseuse la notion de «confiance» faite à l’autre.

[2] Je pose cette inventivité en hypothèse, sans m’intéresser aux «pulsions» et autres prétendus «besoins».

Durant le confinement, les dominations de genre et d’âge continuent de s’exercer… en pire !

On entend ici et là des pronostics coquins sur l’une des conséquences du confinement général : il y aura des « bébés coronavirus ». Ah ! l’esprit français, la bonne gauloiserie nationale, toujours prête à remonter le moral des populations…

Il se trouve hélas que le confinement, qui ne se confond pas avec l’isolement des individus, va avoir d’autres conséquences, celles-là immédiates (ou presque) et fâcheuses, dont le confinement de certains territoires (palestiniens, par ex.) donne un avant-goût.

En effet, à part pour des familles accidentellement séparées ou vivant dans des conditions particulières (grandes propriétés, pleine campagne), le confinement place les individus, vivant en couple seul ou en famille avec enfant·s, dans des conditions dont ils n’ont aucune expérience, n’était pendant des périodes réduites (une semaine à un mois).

L’expérience vécu par des millions de personnes durant les «vacances» – promiscuité, ennui, exaspération notamment vis-à-vis des enfants – va se trouver multipliée, dans ses aspects les plus nocifs, par un facteur «n», impossible à quantifier. Mais très simple à décrire. Les premières victimes en sont évidemment les enfants et les femmes.

«La romantisation de la quarantaine est un privilège de classe»

Les femmes et les enfants d’abord

La situation des enfants

Dans l’immense majorité des cas de couples hétérosexuels, seules les femmes ont une expérience prolongée et répétée de la proximité des enfants. La répartition genrée des rôles ainsi que l’existence de divers systèmes de garde (éducatif/école; garde simple/nounou et garderie) ont pour conséquence que la plupart des hommes n’ont l’expérience de la présence de leurs enfants que durant un bref laps de temps quotidien (le soir, en général), les week-end et les vacances. Ces périodes sont encore réduites dans les cas de travail posté, d’éloignement et·ou de garde alternée (à noter que la garde alternée peut mettre un homme en situation de fréquenter davantage ses enfants en temps cumulé, sur une année par ex., qu’un homme vivant en couple).

Constater que cohabiter avec ses enfants est un enfer qu’ils ne peuvent endurer plus de deux heures d’affilée est une expérience banale pour des hommes. Si vous leur faites remarquer que leur compagne est amenée régulièrement à multiplier cette performance par cinq (au moins), ils se replieront sur des «explications» tautologiques (elles ont l’habitude) ou essentialistes (elles sont faites pour ça).

Le confinement obligatoire, dans des espaces souvent inadaptés, ajouté aux soucis légitimes liés à la pandémie (problèmes de travail, souci des proches, incertitude de l’avenir) auront pour conséquences 1° Que les enfants déjà victimes de mauvais traitements (violences physiques et·ou violences sexuelles; violences psychologiques) seront à la merci de leurs bourreaux habituels; 2° Que des enfants qui subissent d’ordinaire une domination adulte «modérée» deviendront des souffre-douleur providentiels pour des adultes excédés.

La situation des femmes

Tous les problèmes posés par les rapports sociaux de sexe sous régime de domination masculine se trouvent exacerbés par le confinement.

Les tâches ménagères

Il n’existe généralement ni «répartition» ni «partage» des tâches ménagères. Le problème se pose en terme d’assignation aux hommes de la part purement symbolique que leur amour-propre de genre est susceptible de supporter, ou symétriquement de «délestement» d’une part de la charge ménagère des femmes suffisante pour entretenir la fiction romantique d’une aventure commune.

Les femmes connaissent bien l’incroyable longévité du caractère gratifiant, pour un homme, d’une expérience ménagère courte et ancienne. Un homme se souvient de la (dernière) fois où il a passé l’aspirateur ; il est capable d’en parler comme un ancien combattant d’un fait d’arme.

Le confinement présente pour les hommes une série d’inconvénients. Ils sont confrontés au quotidien à la quantité de travail ménager gratuit nécessaire au maintien du bon état de leur lieu de vie. Du coup, voir l’autre (la femme) accomplir un grand nombre de «taches ménagères» insoupçonnées (en temps normal, ils n’en voient que le résultat) sera vécu comme une incitation culpabilisante à y participer et·ou comme une manière de fuir son contact (– Mais laisse-donc ce balai et viens t’asseoir près de moi!).

On peut parier que la tendance habituelle des hommes à prendre en charge les «tâches ménagères extérieures» sera – au moins dans un premier temps – renforcée. J’entends par tâches extérieures le fait de sortir la poubelle et surtout d’aller faire des courses pour garnir le réfrigérateur. Dans un premier temps, les hommes seront disposés à affronter tous les dangers, réels ou fantasmés (contamination, tracasseries policières) pour saisir l’occasion de fuir le domicile. À la longue, cependant, les conditions pratiques et notamment l’obligation de faire le pied de grue dans de longues files d’attentes pourraient renverser la tendance; alors, les files d’attente retrouveront leur caractère traditionnel de corvée féminine.

Les «rapports sexuels»

Le confinement a un double effet (hétéro)sexuel : Il maintient à domicile une «offre» féminine permanente (24/24), tandis qu’il interdit de recourir aux habituels moyens de «soulagement» (peep-show, prostitué·e·s, relation extra-conjugale), dont les femmes ont une idée aussi abstraite (ou inexistante) que celle que les hommes ont des tâches ménagères. Ce double mouvement pulsionnel, limité à une unité de lieu, de recentrement sur un partenaire unique a pour conséquence de soumettre la femme à une pression inédite. Non dans sa nature, mais dans son intensité et dans sa durée. Loin du fantasme romantique de «l’île déserte à deux», le confinement prend pour les femmes l’allure d’une assignation (renouvelée) à la satisfaction des hommes.

Or si les hommes seront tentés de profiter du renouvellement de cette autorisation tacite d’exploitation sexuelle des femmes, ils en voudront bien vite à leur partenaire de n’être qu’elle, et d’incarner par force toutes les autres femmes. La belle sublimation poétique – «Je t’aime, pour toutes les femmes que je n’aime pas» (Éluard) – risque de virer au cauchemar.

Dans un système de domination masculine les «coups» (sexuels) que l’on tire, et les coups (de poing) que l’on donne s’inscrivent dans un continuum. Le confinement prive les femmes (et les ados) de prétextes et de raisons réelles de s’absenter du domicile et les met, là encore, à la merci du conjoint violent. Au-delà de l’aspect strictement matériel, on peut penser que le confinement peut apporter une «couverture» idéologique et psychologique supplémentaire (qui s’ajoute à la notion de «vie privée») au violent.

En résumé : si pour une très petite minorité de gens, bénéficiant de conditions de vie agréables (vaste espace vital; maison et jardin) et surtout dotés d’un équipement théorique et émotionnel suffisant, le confinement peut être l’occasion d’une remise à plat des règles de la relation, y compris érotiques, pour une grande majorité il sera l’occasion d’une aggravation des conditions de vie et d’une dégradation de la qualité relationnelle.

Un certain nombre d’infanticides et de féminicides seront «facilités» par cette situation inédite. De très nombreux viols, de très nombreuses violences, rarement mortelles, le plus souvent psychologiques seront infligées aux enfants et aux femmes sous son couvert.

Les associations de protection de l’enfance et les associations féministes (sans parler du gouvernement, auquel je ne m’adresse pas) seraient bien inspirées de saisir cette occasion pour rappeler par tous les moyens disponibles les numéros d’appel d’urgence à disposition des enfants et des femmes.

Il n’est peut-être pas non plus inutile «politiquement» de rappeler que les circonstances exceptionnelles que nous subissons n’entrainent ni ne justifient une «trêve du consentement».

À rebours de (ou en parallèle à) l’insouciant pronostic évoqué en ouverture de ce billet, il y aura de très nombreux «divorces coronavirus» et «séparations coronavirus». Mais ça, c’est plutôt – pour les survivant·e·s – une bonne nouvelle.

Comment la «distanciation sociale» sauva le capitalisme…

…en tuant la vie sociale.

Nous en sommes là.

Remisés (quoique de validité permanente) les violences d’État, les gazages, les éborgnements: il s’agit de la survie biologique du «capital humain», sans lequel il n’est ni extraction de plus-value ni démocratie représentative.

On décrète «dispensables» à la vie sociale les lieux de socialité (cafés, restaurants, discothèques) et les lieux de culture (musées, librairies) et l’on ouvre les bureaux de vote et laisse ouverts temples et églises. Toute illusion demeure bonne à prendre et à diffuser.

[Sérieusement! Vous approuvez les mesures de confinement mais vous êtes assez con·ne·s pour aller voter?!!].

Les habitant·e·s de la vieille Europe sont prié·e·s d’adopter un nouveau principe – relativement nouveau en fait, puisque Toqueville le dénonçait jadis comme conséquence probable des «démocraties»: la «distanciation sociale».

Cet oxymore, moins poétique que l’obscure clarté qui tombe des étoiles signifie que la survie biologique dépend désormais de la destruction de la société.

On croyait nos sociétés déjà gangrenées par l’indifférence et la hantise du contact sensuel: point du tout. Nos compatriotes continuaient sottement d’aller boire un coup vite fait sur le zinc, d’organiser des repas de famille et de prendre le métro pour aller niquer leur chaire et tendre.

Là au moins les choses sont claires. Ou plutôt presque claires.

De braves gens ont jugé de mauvais goût mon précédent billet, intitulé «Éros confiné?». En réalité, il était à peine en avance sur l’événement.

La fermeture des cafés, restaurants et commerces (autre que de bouche) est un signal. Ce que le Premier ministre français vient de rappeler c’est qu’il est désormais mortel de se fréquenter et de se parler à moins d’un mètre, ce qui – braves gens – inclut évidemment le fait de baiser entre vous.

Ah bien sûr, on pourrait rêver d’un système où l’on pourrait se faire dépister (voyer le VIH) du corona avant de s’envoyer en l’air sans «masque canard». Hélas, ça coûterait beaucoup trop cher. Embrasser avec la langue devient donc un équivalent de la roulette russe.

Vous êtes ainsi prié·e·s de ne pas sortir, de ne pas communiquer en chair et en os et de ne pas baiser. Sous peine de mort.

Reconnaissez qu’à côté de ça, le 49.3 a des allures de blague de Toto!

Et comme l’histoire aime l’ironie, c’est maintenant que nous aurions le plus besoin d’un système de santé publique sur lequel les gestionnaires s’acharnent depuis des années pour le démanteler et en éradiquer l’esprit.

Nous savons donc que tous les malades ne seront pas soignés et qu’un pourcentage inestimable (dans les deux sens du terme) sera abandonné à une sale mort, parce que nous ne disposons ni d’assez de lits ni d’assez de matériels (assistance respiratoire, notamment).

C’est l’occasion pour le bouffon qui «préside» à nos destinées de nous confier avoir découvert l’intérêt de la sécurité sociale… D’ici qu’il meuble ses loisirs en lisant le programme du Conseil national de la Résistance, il n’y a qu’un pas. En vérité, en vérité je vous le dis, celui-là n’a pas fini de nous filer la gerbe.

Jusqu’à ce point de mon discours, vous étiez plutôt en accord avec moi. Tant mieux. C’est ici que ça se gâte.

Avez-vous remarqué à quel point le récent mouvement social apparaît comme une pâle répétition de la catastrophe qui se joue maintenant? Non? Et pourtant…

Limitation des déplacements, coup mortel porté à certains lieux de rencontres (cafés) et de diffusion de la culture (librairies) [Aujourd’hui, c’est le coup de grâce.]. «Grève» de lieux de pensée et d’échange (séminaires). Ce que le mouvement social a tenté à petite échelle pour manifester sa force et sa détermination, le système le réussit en (très) grand. Et chers amis, compagnons et camarades, cerise sur le gâteau: c’est pour notre bien!

On ne peut pas jouer petit bras avec un tel système, ou alors c’est lui qui garde la main et nous la balance dans la gueule. Il faut l’abattre, comme une bête malfaisante. Les banderilles, ça l’excite.

La bourgeoisie avait, avec la guerre de 1914, réussi le «Grand Soir» que le syndicalisme révolutionnaire avait manqué.

Le capitalisme nous tient aujourd’hui à sa merci: réellement contraint·e·s de renoncer à vivre, nous sommes acculés à mendier notre survie. Il ne s’agit plus d’une métaphore de la conscience révoltée, mais d’une sèche statistique de décès hospitaliers.

Voici prononcé le fin mot de la terrorisation démocratique: la décimation civile.

Et nous n’aurons pas même la (très maigre) consolation d’être demain «un mot d’or sur les places»; elles ont été détruites.

Éros confiné?

Il semble que la nouvelle selon laquelle le gouvernement s’apprêterait à rendre public une série de mesures pénales afin de limiter, je cite, «drastiquement les occasions de promiscuité sexuelle, y compris dans un cadre privé», ceci dans un but de prévention de l’épidémie de coronavirus est sinon dénuée de tout fondement, au moins prématurée.

Ce qui avait donné une certaine crédibilité à cette information était la précision que des mesures de «prévention comportementale» pourraient s’inspirer de celles qui visent les personnes ayant sciemment transmis une maladie sexuelle à un·e ou des partenaire·s.

La formule justificative qui a circulé sur certains réseaux sociaux – «Le pansexualisme favorise la pandémie» – n’a pas été, jusqu’ici, revendiquée par les autorités. On peut considérer comme rassurant (ou pas) le fait que, telle, cette formule n’a guère de sens puisque le «pansexualisme» désigne davantage une diversité de genre dans les partenaires érotiques qu’une multiplicité de ceux-ci.