“Les Anarchistes contre le mur”

Anars ctre le mur

 

Les Anarchistes contre le mur, textes présentés par Uri Gordon & Ohal Grietzer, Éditions libertaires, 38 pages, 13 euros.

Porter témoignage. C’est la modeste ambition de ce livre et, en publiant cette version française, nous témoignons quant à nous de notre solidarité avec les compagnons israéliens.

Dans un combat où l’espoir le cède ces temps-ci à la désespérance, des femmes et des hommes d’Israël, des jeunes filles et de jeunes hommes passent la ligne de démarcation, franchissent le mur dressé par les autorités de leur pays et cela pour dire qu’un autre recours que la séparation est possible. Dans un assidu recommencement, ils vont semaine après semaine, vendredi après vendredi, vers ce mur ; ils vont marcher, manifester avec ceux qu’on leur désigne comme des ennemis et affirmer, sans violence, leur détermination sans faille.

On leur a collé l’étiquette d’anarchistes sur le dos en voulant les discréditer ; maintenant, ils la revendiquent. Et, plutôt que d’ériger des murs, ils lancent des passerelles. Il y a là un anarchisme vivant, un anarchisme en actes, un anarchisme vivace comme une mauvaise herbe qui pousse spontanément entre les pierres. […]

Israéliens, ils refusent de porter les armes… (2014)

…c’est le titre (qui mérite d’être également féminisée) d’un beau reportage du photographe Martin Barzilai en Israël, publié sur le site Mediapart (août 2014). Vingt-deux portraits et témoignages de garçons et filles qui objectent à participer à la guerre de colonisation. On imagine que ça n’est pas très facile pour eux/elles non plus en ce moment et ça fait plaisir de contempler des visages d’humains courageux et intelligents.

Les photos, elles-mêmes, respirent l’intelligence, et le respect des personnes photographiées (pas toujours « à leur avantage » ; des photos humaines, elles-aussi).

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Portrait n° 10

Naomi, 20 ans, étudiante : « Je n’ai pas fait mon service militaire parce que je suis contre l’occupation et contre la militarisation de la société israélienne. Il n’y a pas que les Palestiniens qui souffrent de la militarisation de notre société. Nous avons l’une des armées les plus importantes au monde, alors que nous sommes un tout petit pays. L’argent qui est investi dans la défense ne l’est pas ailleurs, dans l’éducation par exemple. Ce fut un problème quand j’ai voulu chercher un travail. Je devais travailler dans une librairie, mais quand ils ont vu que je n’avais pas été à l’armée, les patrons ont changé d’avis. » Tel-Aviv, 2009.

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On trouvera sur le site Non Fides la déclaration de Udi Segal, jeune réfractaire israélien.