Brèves réflexions sur la misandrie, et sur un bout de trottoir…

«La misandrie [exécration des hommes] n’est pas la solution à la misogynie [exécration des femmes]» peut-on lire sur ce trottoir de Montmartre.

Mais la misandrie prétend-elle remédier à la misogynie? Voilà de quoi l’on peut douter. L’exécration des femmes s’explique (confusément) par un mélange d’angoisses archaïques (vagin denté et puissance tellurique du sexe féminin) et d’évolution du système patriarcal·pitaliste.

Que la domination masculine produise de la misandrie n’a pas de quoi étonner. On s’étonnera bien davantage que tant de femmes non seulement n’en viennent pas à détester les hommes, mais ferment les yeux sur leurs excès de pouvoir ou sur le principe même de leur pouvoir.

Certes, la domination masculine est un système, qui doit être combattu en tant que tel, avant tout pour des raisons d’efficacité. Cependant, ledit système s’incarne hélas en des hommes de chair et de sang: des pères, des frères, des maris, et moi, et moi, et moi [1]… Nous n’ignorons pas non plus que la police est un rouage de la domination bourgeoise ; cela ne nous distrait pas toujours de mauvaises pensées à l’égard de tel représentant particulier des dites « forces de l’ordre », qui vient par exemple d’éborgner notre voisin d’émeute.

La haine des flics ne saurait tenir lieu d’analyse de l’oppression capitaliste, mais la haine de l’oppression capitaliste englobe la haine de toutes ses manifestations, y compris les plus caricaturales, y compris les plus immédiatement sensibles.

En dehors des émeutes, que peut-il y avoir de plus immédiatement sensible pour une femme que les manifestations physiques de la domination masculines (harcèlements, violences sexuelles), l’angoisse chronique et la rage impuissante qu’elles engendrent.

De ce point de vue, la misandrie peut être considérée non seulement comme une conséquence logique de la misogynie, mais aussi – dans certains cas, et pour certaines femmes – comme une « combinaison de survie » en milieu machiste. Bel et bien une solution donc, même si imparfaite et provisoire – ces deux qualificatifs pouvant hélas s’appliquer à la totalité des autres propositions de solution, qu’ils contiennent éventuellement de la misandrie ou la récusent (séparatisme lesbien, lutte révolutionnaire mixte, etc.)  


[1] Sur l’air de la chanson de Lanzmann et Dutronc.

Le “Violentomètre” ~ Faites donc le test avec la politique sociale et policière de Macron-Castaner…!

Inspiré des règles graduées qui permettent aux enfants (voire aux adultes) d’exprimer le degré de douleur qu’ils ressentent (à l’hôpital par ex.), ce Violentomètre a aussi une fonction d’alerte. Il peut permettre à une jeune femme de prendre conscience que les comportements de son compagnon (ou de sa compagne! pas d’«angélisme lesbien») forment un ensemble cohérent et qu’ils peuvent être jugés violents et inadmissibles.

Maintenant, transposons le test au niveau politique et social… (Nul doute qu’une personne plus doué que moi [facile!] en infographie s’en chargera bientôt).

Il permettrait de rappeler aux populations qu’une constitution française, celle de 1793, leurs reconnaissait «le droit à l’insurrection», le droit et même «le devoir».

Les cas de figure indiqués en rouge sont assez parlants: déjà, nous en sommes bien là! Protégeons-nous et pratiquons la solidarité!

Article 35. – Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Soral (ré)concilie machisme et racisme, c’est un début !

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Dans notre série : « Les petites dindes n’excusent pas les gros porcs »…

On lira peut-être avec intérêt, sur Street press, l’histoire de Binti, jeune femme mannequin, amenée à porter plainte contre Alain Soral pour « Injures à caractère racial, violation des données informatiques et menaces ».

 

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Capture d’écran 2014-11-09 à 10.52.38 Conseils aux jeunes filles

Réfléchissez (avec le cerveau) avant d’envoyer des photos de vous nu(e)s à un inconnu (même célèbre)

Est-il besoin d’ajouter (oui, hélas !) : surtout quand il s’agit d’un militant raciste et que vous n’êtes pas de type « caucasien ». Faut-il préciser (oui, hélas !) qu’un antisémite est un raciste, donc capable de tous les racismes, et d’homophobie (parce que c’est aussi un racisme).

 

Comment faire d’une « infidèle » une esclave sexuelle… (2011)

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J’ai parlé, à propos de la complaisance d’une femme journaliste envers une série télévisée particulièrement misogyne, d’ « auxiliaire féminine ». Il y a pire. Par exemple cette koweitienne, Salwa al Mutairi, dont les propos ont été reproduits par le Daily Mail en juin 2011.

 

 

 

Cette dame, qui mène, si l’on comprend bien, une carrière politique et télévisuelle, ne songe qu’à rendre service… aux hommes.

Lesquels, malheureux qu’ils sont, que Mahomet les ait en sa sainte garde, sont toujours menacés par la concupiscence et l’adultère, virils qu’ils sont et aussi dévots soient-ils.

Les recettes les meilleures étant parfois les plus anciennes, Salwa al Mutairi propose donc de capturer des femmes non-musulmanes dans les pays en guerre (la Tchétchénie par exemple ; il y a bien des prisonnières russes là-bas, non ?) pour en faire des concubines que les mâles koweitiens pourraient acquérir.

Où les infidèles peuvent aider à sauvegarder la fidélité conjugale et musulmane…

D’ailleurs, a ajouté l’apprentie maquerelle, ne serait-ce pas une vie meilleure offerte à ces femmes, qui risquent de mourir de faim dans leur pays d’origine ?

On pourrait, suggère-t-elle toujours, créer des bureaux de placement sur le modèle de ceux qui permettent de recruter des domestiques. Notons que ce rapprochement est la seule chose pertinente dans les propos de la dame, attendu que de nombreuses jeunes femmes, originaires de pays asiatiques le plus souvent, sont victimes dans des pays arabes, sous couvert d’embauche de gens de maison, de séquestration et d’exploitation sexuelle.

Et d’ailleurs notre maquerelle voilée voit justement là un des avantages de l’esclavagisme : il permettra aux mâles de résister à la tentation « suscitée » par les employées de maison. En quoi violer une esclave est-il préférable à violer une domestique ? Voilà ce qu’il est difficile d’imaginer, pour nous qui ne pensons pas dans les termes d’un taylorisme machiste et patronal.

Cette bonne croyante, qui a déclenché un tollé y compris dans la presse arabe, affirme s’être renseignée auprès de dignitaires religieux, à la Mecque et au Koweït : « Ça n’est pas haram » (interdit, honteux).

Elle propose d’ailleurs de ne mettre sur ce nouveau marché aux esclaves que des jeunes filles à partir de 15 ans. Étonnons-nous de cette restriction d’âge : comment, dans ces conditions, garantir les hommes de la tentation que ne manqueront pas de susciter perversement les collégiennes en général et la fille mineure de la femme de ménage philippine en particulier ?

Assez ri (jaune). Au fond, pourquoi cette femme a-t-elle pu faire scandale et attirer l’attention sur elle (son objectif principal, selon toute probabilité) ? D’abord parce que c’est une femme, et qu’elle bénéficie « en creux » des préjugés qui réfutent la violence au féminin[1]. Ensuite, et c’est plus inquiétant, parce qu’elle met en quelque sorte les pieds dans le plat[2]. En formulant son obscène proposition, elle ne fait que caricaturer légèrement une vision du rôle de la femme (ou de certaines femmes, ce qui revient au même) assez largement répandue, et que les nombreux réseaux de trafic de chair humaine mettent déjà bel et bien en pratique pour le soulagement des mâles et le maintien de l’ordre patriarcal, mono ou polygamique.

Mettant les pieds dans le plat, la dame vend la mèche, si l’on veut bien me passer cette profusion métaphorique. Et c’est ce qu’on lui reproche. Ces choses se font (dans la bourgeoisie libanaise, au Carlton, et sur les boulevards extérieurs parisiens, selon niveau social) et se savent : elles ne sont pas censées être revendiquées à la télévision.

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[1] À ce propos, on se reportera à l’intéressant et récent volume publié à La Découverte sous la direction de Coline Cardi et Geneviève Pruvost : Penser la violence des femmes (442 p., 32 €).

[2] Précisons que ce plat peut être aussi bien casher qu’halal, garni d’un steak frites, d’un porc laqué, d’un mafé ou d’un tagine.