“Le pied à terre” à Montmartre dont vous rêviez… une nouvelle librairie

La librairie Le pied à terre a ouvert aujourd’hui même, au 9 rue Custine Paris XVIIIe, à deux pas du métro Château-Rouge. Si vous habitez ou fréquentez l’arrondissement, n’hésitez pas à y passer. Elle est grande et belle, et les libraires sont accueillant·e·s.

Des rencontres sont déjà prévues (voir ci-dessous, le 24 septembre) et bientôt une lettre électronique mise en place pour vous en aviser.

En aidant la librairie-café “Les Villes invisibles” (Clisson, 44) vous aidez Tatiana et Caroline, les libraires, mais aussi les maisons d’édition, les autrices et les auteurs. Merci pour elles et pour nous!

Après plusieurs années dans le milieu du livre (l’une et l’autre, nous avons touché à l’édition, la bibliothèque, la traduction et bien sur la librairie…) nous nous sommes décidées à sauter le pas : avoir notre propre projet de librairie. Nous avions la même vision du métier, la même idée de partage, de transmission, de lien. Il ne restait qu’à le réaliser…

Un jour d’automne, nous croisons la route de Laurence, et sa librairie à Clisson (44), Le Vers Libre, qu’elle souhaite transmettre. Au fil de la conversation, de la description du lieu, le contact s’établit et notre intérêt grandit. À la première visite, nous tombons sous le charme et travaillons depuis à sa reprise. Le passage de consigne est prévu pour février 2019.

Dans une ville, une librairie est plus qu’un simple commerce; il s’agit d’un lieu de rencontre, de partage, de découverte. Elle n’évolue pas seulement autour des livres mais aussi des idées et des personnes. C’est pourquoi nous souhaitons continuer le travail commencé par Laurence, faire vivre ce lieu culturel inscrit dans la vie de Clisson depuis déjà plusieurs années.

Le but est de maintenir un accès direct aux livres et à la culture dans le village, à travers non seulement l’activité de vente de livres, mais aussi grâce à des rencontres et d’autres événements liés au livre qui favoriseront l’échange.

Être libraire c’est un métier que l’on choisit par passion. Passion pour la découverte permanente de textes que nous serons amenées à partager avec les lecteurs et les lectrices, pour le rôle de médiateur entre la demande du public et une vaste production éditoriale. C’est aussi défendre une idée du métier qui tient à une exigence et à un choix assumé dans son assortiment.

Plus encore que dans la sélection, c’est dans le conseil que le libraire trouve ou retrouve toute son importance, à travers le choix des tables, des nouveautés, la mise en avant des coups de cœur ou le conseil direct auprès de la clientèle.


Notre librairie restera généraliste, avec

• des romans francophones et étrangers, des polars, de la SF, et des sciences humaines, des BD, mais aussi de l’art, de la poésie, des livres de cuisine, de la littérature et des guides de voyage etc.;
• un coin jeunesse : albums, romans jeunesse et ados;
• à terme, une sélection de DVD documentaires;
• des cartes postales, de la région, sérigraphiées, etc.
Et notre espace café vous permettra de prendre le temps de faire une pause avec un choix de thés, de cafés, de jus, et des pâtisseries pour grignoter à l’heure du goûter…

Depuis plusieurs mois maintenant, nous préparons la passation. Aujourd’hui nous avons besoin d’un coup de pouce financier pour mener le projet à terme.

À quoi va servir le financement ?

Avec 5 000 euros nous aurons la possibilité de changer le logiciel de gestion du stock de la librairie, car nous estimons que les prestations du logiciel actuel ne sont pas suffisantes pour assurer une bonne gestion du stock. De plus, ce type de logiciel est l’outil du libraire au quotidien.

Nous allons aussi doter notre partie café d’une machine à grains professionnelle, pour pouvoir proposer un café de qualité à nos client·e·s.

Si nous arrivions à dépasser notre objectif et atteindre les 7 000 euros, nous pourrions confier à l’atelier de la Turbine, qui s’occupe déjà de notre charte graphique, la création du site internet de la librairie, un outil indispensable de nos jours; un site où partager nos conseils, toute information relative aux horaires et aux rencontres, nos sélections thématiques, etc.

Et avec 10 000 euros nous pourrions envisager dès le départ la création du rayon DVD documentaires; ainsi que l’achat de matériel de projection pour des soirées-débats autour de la production documentaire actuelle.

Les libraires

Tatiana

De formation littéraire, j’ai entamé ma vie professionnelle en conciliant travail et passion pour les livres auprès de la maison d’édition Marcos y Marcos, basée à Milan, pendant 5 ans. Arrivée en France, j’ai effectué un stage de deux semaines à la libraire-café Terra Nova de Toulouse à l’automne 2009, puis j’y ai travaillé jusqu’en mars 2018.

Cet emploi m’a permis d’apprendre le métier de libraire, et d’acquérir des compétences non seulement dans le conseil et la mise en avant des titres, mais aussi dans la gestion des animations, des relations interprofessionnelles, de la logistique et de l’administration. Au printemps dernier, le moment était venu de changer d’horizon, après ces huit ans qui m’ont amené à aimer le métier, à en connaître sa beauté et ses difficultés.

Caroline

Je reconnais tourner autour du projet de travailler au milieu des livres depuis longtemps. La formation de médiathécaire effectuée en 2013, après un cursus au long cours en médecine puis en philosophie, devait être le dernier jalon, j’en garde un esprit service public. À côté, les différentes pratiques professionnelles menées étaient des activités de service, en bibliothèque, dans le milieu médical et dernièrement, à l’école auprès de jeunes enfants. Durant le stage effectué cet été au Vers Libre, je me suis sentie à ma place auprès de la clientèle et aux côtés de ma future associée.

Pour nous suivre sur Facebook: https://www.facebook.com/librairieVillesInvisibles/


N’hésitez pas à nous suivre, nous allons essayer de vous tenir au jus au fur et à mesure de l’avancement du projet…

– CONTRIBUEZ ICI !– à partir de 5€

 

UNE BELLE VOIX POUR UN «DERNIER CHAPITRE», le livre de Gérard Lambert-Ullmann

Capture d’écran 2014-11-09 à 12.50.24

 

l est des livres qui procurent un plaisir de lecture tranquille. On passe, sans sentir les pages tournées, de l’émotion au rire en éclat. Il serait peut-être raisonnable — ou bien une précaution de gourmet — d’en garder un peu pour demain. Mais on ne peut pas s’y résoudre. Pourtant la forme s’y prête, entre fragments, courtes nouvelles et aphorismes (un effet des moustaches nietzschéennes de l’auteur, sans doute), mais on ne va pas se forcer.

Un libraire parle des livres, de sa passion pour les livres et surtout, loin du rat de bibliothèque, pour la transmission des livres et de la littérature[1]. Un métier magnifique, Gérard Lambert-Ullmann en fait la réflexion à plusieurs reprises. Au moins tel qu’il le conçoit et l’a pratiqué, dix-huit années durant, dans deux locaux successifs, à Saint-Nazaire.

On reconnaît volontiers aux bistros une « fonction sociale » et même poétique, lieux de dialogue, et parfois de monologues savoureux, dont on oublie pour l’occasion qu’ils entraînent de fâcheux effets secondaires sur la santé (les bistrots, pas les monologues). Mais quels effets nocifs — sinon aux yeux des religieux de toutes latitudes — la lecture pourrait-elle induire ?

Que du plaisir. Que de la connaissance. Que de plaisants moyens de s’élever l’âme. Et c’est bien cela le rôle du « bon libraire » : aider les gens à s’élever jusqu’où leur curiosité les mènera (je vous recommande particulièrement l’historiette de la page 72). Or, sans conteste, Gérard Lambert-Ullmann est un bon libraire.

Celles et ceux qui n’ont jamais eu l’occasion de fréquenter la librairie Voix au chapitre (ou bien qui, Nazérien(ne)s et circumvoisin(e)s, l’ont sottement manqué), n’en douteront pas et découvriront de surcroît qu’il est aussi un écrivain. Nous savons, pour notre déception de lecteurs et lectrices, que les bons sentiments, même littéraires, ne font pas le bon écrivain. Je ne parle pas de celui qui obtient des « prix » ou qui s’esquinte les yeux à lorgner vers la postérité. Non, je parle de l’écrivain immédiatement accessible, qui chatouille d’une belle plume notre soif d’humour, de formules acérées et de tendresse (car nous aimons tout !).

Lambert-Ullmann écrivain sait un peut tout faire. Dans la vie aussi, d’ailleurs. Ça aide beaucoup, comme écrivain et comme être humain. Je ne sais même pas s’il pense à citer l’intégralité de ses activités : libraire, écrivain, traducteur, animateur de débats, chroniqueur de radio, réalisateur de télévision… Mais toujours, comme il est dit sur son site Internet, joliment intitulé Les Coudées franches « passeur ». (« Passeur, c’est un truc, il faut avoir le bac, non ? », me demande la facétieuse première lectrice de ce billet).

Je vous donne un avant-goût (p. 54) :

« Nous nous promenons sur la plage avec cet écrivain roumain. Regardant la mer, il demande : Vous avez des requins ici ?

Oui, beaucoup, mais il ne faut pas regarder dans cette direction.

Ah, bon, pourquoi ?

Chez nous les requins vivent à l’intérieur des terres. »

Avec ou sans bac, le passeur doit souvent lutter contre le courant. Or, le courant va plutôt dans le sens de la financiarisation (le mot est laid… et la chose donc !) de l’édition que dans celui de la production artisanale et des librairies de quartiers. Voix au chapitre a fermé après ce qu’il n’est pas exagéré d’appeler une héroïque résistance[2], puisqu’il s’agit bien de combat. Notre auteur n’en conserve ni aigreur ni ressentiment, mais une bonne et très saine colère, teintée d’une tendresse bourrue pour les victimes, les en-dehors, les marginaux, ceux qui n’étaient jamais entré dans sa librairie avant de savoir qu’elle allait fermer… et qu’elle allait leur manquer.

Il est plutôt rare, me semble-t-il, qu’une fois pris son plaisir de lecteur-lectrice, ou même en anticipant celui de la personne à qui l’on s’apprête à offrir un livre, on éprouve par-dessus le marché — et c’est bien le cas de le dire ! — celui d’aider (très modestement) à vivre un auteur dont on partage beaucoup de vues sur la vie et le monde.

Contraint de fermer boutique à Saint-Nazaire, Lambert-Ullmann a eu cette idée de vendre un livre, le sien, chez tous les autres libraires. C’est vachement malin ! Espérons que le succès de Dernier chapitre, démentant son titre, permettra à l’auteur de publier d’autres livres.

Capture d’écran 2014-11-09 à 10.55.27

[1] Seul regret que je signale en note parce qu’il ne gâche pas le plaisir pris à la lecture de ce livre : l’auteur-libraire ne parle que des écrivains/romanciers, de la littérature, et presque jamais d’autres livres, d’essais par exemple. Une séparation qui ne peut que navrer l’essayiste que je suis.

[2] J’entends sur France-Culture (fin novembre 2014) une jeune femme, membre d’une scoop qui vient d’ouvrir une librairie indépendante… à Saint-Nazaire. On évoque la seule présence d’un supermarché du livre. Pas un mot sur le fait qu’une librairie indépendante a tenu 18 ans dans la ville ! Je sais qu’invité(e) dans une émission, on vient pour parler de soi, mais effacer le passé, récent de surcroît, avec cette désinvolture !

Capture_d_e_cran_2014-03-06_a_08.51.07

Gérard Lambert-Ullmann, Dernier chapitre, Éditions Joca seria, 103 p., 14 €.

Librairies parisiennes

J’indique ici, à l’intention des visiteurs, visiteuses, et des indigènes, quelques librairies parisiennes particulièrement utiles. Cela ne prétend pas être un guide exhaustif de toutes les bonnes librairies de quartier ; il y en a d’autres, heureusement (mais je ne suis pas le «Guide du bouquinard»).

Capture d’écran 2014-11-16 à 11.18.19

-  Si vous cherchez un livre, récent ou épuisé, qui concerne le mouvement ouvrier ou la sociologie du travail, adressez-vous au seul libraire qui connaît tout dans ces domaines :

Le Point du Jour, 58, rue Gay-Lussac 75005 Paris. Tél. : 01.43.26.20.17

Capture d’écran 2014-11-09 à 10.52.38

-  Une des rares librairies d’occasion parisienne spécialisée dans les sciences humaines, et qui pratique des prix raisonnables (on y trouve un certain nombre de mes livres épuisés).

La Galerie de la Sorbonne, 52, rue des Écoles 75005 Paris. Tél. : 01.43.25.52.10

Capture d’écran 2014-11-09 à 10.52.38

-  Une autre librairie d’occasion, plus excentrée, celle de l’ami Vincent. Un rayon sociologie et politique, et aussi de tout à des prix raisonnables :

Entropie, 198, Bd Voltaire, 75011 Paris, M° Charonne. [Hélas fermée en mars 2016 !]

Capture d’écran 2014-11-09 à 10.52.38

-  Dans le même quartier que Vincent, une librairie féministe, Violette and Co, « La librairie des filles et des garçons manqués », 102, rue de Charonne 75011 Paris, du mardi au samedi, 11h à 2Oh30, dimanche 14h à 19h. M° Charonne.

Capture d’écran 2014-11-09 à 10.52.38