Les racialistes du PIR envisagent d’infiltrer le Black Block et les cortèges de tête

Un lecteur me signale, sur un blogue intitulé Saint-Denis ma ville, dont j’ignorais l’existence et dont j’ignore encore l’orientation politique, un compte rendu du dernier show «décolonial» des indigénistes, avec Angela Davis en guest-star (les théoriciennes du PIR ont-elles profité de l’occasion pour lui toucher un mot de l’«impérialisme gay» qu’elles dénoncent?), Ludivine Bantigny en universitaire utile, et Antonin Bernanos – heureusement sorti de prison – en mascotte.

L’article met l’accent sur l’intervention de Stella Magliani-­Belkacem, éditrice à La Fabrique, dont le propriétaire Éric Hazan ne cesse de clamer son admiration pour Bouteldja.

Militante du PIR, Magliani-­Belkacem fait un intéressant bilan des efforts de son groupuscule pour exister et – en toute modestie – «gagner une hégémonie sur une partie des classes populaires et sur une grande partie des organisations qui les représentent»…!

Elle propose rien moins que l’infiltration du Black Block et du cortège de tête à l’occasion des démonstrations de rue à venir.

Le raisonnement, pour autant que le terme soit adéquat, est assez tortueux. Il constate l’impossibilité de mordre sur le terrain occupé par la France insoumise – du coup, Jean-Luc Mélenchon est présenté comme un ennemi commun qui peut favoriser le rapprochement avec certains autonomes. Il enregistre aussi le déclin du NPA: il a été infiltré, certes, mais il a explosé, du coup qu’en reste-t-il?

Plus amusant, le PIR envisage de venir dans le Black Block à la pêche aux jeunes révoltés issus de l’immigration (ce qui montre qu’il a bien du mal à les rencontrer ailleurs, et par ses propres moyens).

La lutte anticarcérale est également envisagée comme terrain de convergence, dans la mesure où les militants de la gauche classique n’ont pas l’expérience de la prison et n’y accordent aucun intérêt.

Aussi microscopiques que soient les capacités réelles de nuisance du PIR en tant que groupuscule organisé, cette stratégie nouvelle suscitera probablement de nouveaux faux débats et peut-être quelques collusions confusionnistes.

N’ayant ni le temps ni le goût de fréquenter (même dans le costume de Mata-Hari) les messes du PIR, j’ai lu avec intérêt le verbatim (avec ses imperfections) de l’intervention de sa conseillère en stratégie de rue. J’en donne donc ci-dessous un court extrait, qui illustre ma présentation. On peut télécharger le texte complet en bas de page.

La deuxième raison, j’y arrive, qui nous invite à un dialogue avec les autonomes, même si ça paraît compliqué aujourd’hui, c’est une histoire d’une partie d’entre eux. Comme je l’ai dit, c’est des groupes très hétérogènes. Mais il y a au sein de l’autonomie, telle qu’elle est organisée aujourd’hui, à l’origine du cortège de tête, et qui en a peut-­être porté ce qui constitue aujourd’hui l’identité du cortège de tête, il y a en fait tout un milieu militant, issu des classes populaires, et pour une grande part, non‐blanche. Ce sont des groupes qui ont amorcé leur politisation dans les milieux des supporters de foot, dans les affrontements au Parc des Princes, avec contre les virages d’extrême­‐droite et par la suite, cette mouvance s’est structurée au sein de l’anti­‐fascisme, en adoptant une identité clairement anti-impérialiste. Il faut se rendre compte pour celles et ceux qui ne se rendent pas encore compte, que ces groupes‐là ont accompagné l’antiracisme politique. Ces Anti­‐fas, étaient là en 2014, à nos côtés, dans les manifestations interdites pour Gaza, contre la LDJ rue de la Roquette. Ces anti‐fa là, étaient pour La Marche de la dignité, c’est aussi par leur biais que des lycées populaires, et notamment le lycée Bergson dans le XXe arrondissement, (toux), que des lycées populaires parisiens ont rejoint les manifestations autonomes en 2016.

Et c’est ainsi qu’on a alors pu voir des lascars, en nombre, dans des manifestations du mouvement social. C’est sous leur influence également que l’esthétique du black bloc a littéralement changé. On compte désormais un nombre conséquent de banderoles du black bloc qui font référence au rap, et au rap d’aujourd’hui, et pas seulement Kim et Arcagnin( ?) et Zep mêlé à STH (SCH ?) et Booba, tellement que STH et Booba se sont permis de partager les slogans qui faisaient référence à leurs paroles sur les réseaux sociaux. Et il y a des liens importants entre cette filiation du cortège de tête et nos luttes, que l’on voit, des militants qui sont aux côtés d’Assia Traoré ou à ceux qui ont participé au révoltes urbaines à Bobigny, suite à la mutilation policière et au viol de Théo.

La troisième raison, qui nous pousse à considérer ce courant, c’est l’effervescence actuelle de l’extrême-­droite. Vous l’avez tous remarqué, même les militaires sont pour les ??. Aujourd’hui, les occupations de l’Université se font attaquer par des mouvements d’extrême‐droite. Il n’y a pas eu qu’à Montpellier, et pendant un certain nombre de semaines, ces attaques étaient quotidiennes.

Il y a un véritable retour de ces groupes fascistes violents, et il faut noter que certains milieux comme le Printemps républicain mènent une action de guérilla sans interruption sur les réseaux sociaux à l’encontre de nos luttes. Les gens qui sont visés par ces groupes d’extrême-­droite, ce sera ( ???), et ça restera en premier lieu, nous. (…)  

Il se trouve qu’il est possible que nous fassions vraisemblablement les frais de ces groupes‐là, de cette tendance là, alors cette troisième force, cette force autonome, entre le syndicalisme et les insoumis, (…), est peut‐être plus armée qu’une large partie de la gauche à affronter ces groupes-­là.

Et travailler avec ces forces­‐là, ça demande de notre part que nous nous réinventions et que nous changions quelques routines. Alors, quel travail, on se dit qu’on peut donner des exemples de campagnes. Quel travail politique accomplir aujourd’hui et avec quelles forces ?

Les autonomes pourraient s’avérer des partenaires cruciaux si nous voulions, par exemple, on ouvre ce forum là-­dessus, par exemple, mener des campagnes contre la prison. D’abord, certains de leurs militants ont subi des incarcérations, ce qui est un point commun avec les nôtres, dont aucun autre courant de la gauche ne peut se réclamer. Aucune autre frange de la gauche de connaît la prison comme le connaissent les autonomes.

 

“127 jours en mars” ~ Présentation & débat, le 24 mai, dans le récent local de Libertalia, sur le mouvement contre la loi «Travaille!» ~ Avec Nathalie Astolfi & Alain Dervin

127 jours en mars vient pallier – sous la forme d’un abécédaire facile d’accès –  le vide souvent déploré sur ce blog de transmission d’un mouvement social à l’autre – surtout quand il implique la jeunesse.

Ce sera l’occasion de découvrir, outre ce livre utile publié au Passager clandestin, le nouveau local des éditions Libertalia, comptoir-librairie, où l’on pourra bien entendu acquérir l’ouvrage de Nathalie Astolfi et Alain Dervin,qui seront là pour débattre avec vous.

12, rue Marcelin-Berthelot, Montreuil.

À 4 mn à pieds du M° Croix-de-Chavaux.

Prendre la sortie «rue Kléber» (en tête de rame), puis la première à droite: c’est… la rue Kléber. Enfin, la première à gauche: c’est déjà la rue Marcelin Berthelot. Laissez-vous descendre. Le local est à 60 m sur la droite.

Bas de casse

La casse était une boîte plate en bois divisé en compartiments contenant les caractères d’imprimerie en plomb; l’ensemble des boîtes étaient disposées dans un meuble à tiroirs.

Le haut de casse contenait les caractères les moins employés. Bas de casse désignait à la fois les caractères courants, en bas du meuble, et les minuscules (composer en bas de casse).

On ne dégrade pas, on redécore

Aux familles des vitrines

Censuré par Twitter pour avoir épinglé M. Raphaël–Ouin!-Ouin!–Enthoven

À propos de l’éventualité de la mort d’un manifestant lors de l’évacuation de Tolbiac par les flics, M. Enthoven, homme de radio, de télévision et de spectacle s’est autorisé une manière de «plaisanterie philosophique» (voir en illustration ci-après) en moquant un communiqué du syndicat Sud-Rail qui utilisait la formule (d’ailleurs classique) «entre la vie et la mort».

Mais «tout le monde est “entre la vie et la mort”» ironise Enthoven, en parlant d’un éventuel cadavre, «c’est la vie qui veut ça»!

D’où ma réponse: «Alors comme ça connard, toi aussi t’es entre la vie et la mort? On peut te rapprocher si ça t’arrange…»

M. Ouin!-Ouin!-Enthoven m’a d’abord «bloqué» sur Twitter, ce dont je me moque, puis «signalé», d’où la punition (modérée puisque limitée dans le temps) de l’administration du «réseau», qui espère sans doute me rappeler aux bonnes manières.

Conseil à Ouin!-Ouin!: tu devrais carrément porter plainte! Des dizaines de milliers de gens prendraient connaissance de ta saloperie, qui l’ignorent encore. Et puis ce serait une occasion de se rencontrer. Tu verrais de quoi je suis capable quand j’ignore vraiment les bonnes manières.

 

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Comprendre le langage de l’ennemi

Calme ~ « L’évacuation s’est opérée dans le calme » : Des dizaines de coups; gaz et gel lacrymogènes à la gazeuse à main; atteintes oculaires & crises d’asthme; hématomes divers; insultes, gestes sexistes; dents cassées.

Retenue ~ « Les forces de l’ordre ont fait preuve d’une grande retenue » : [Ajouter] Violence gratuite ; usage d’armes de guerre; tirs tendus de balles de défense et de grenades de désencerclement; des centaines de blessé·e·s, dont plusieurs sérieusement atteint·e·s; énucléations; atteintes auditives; hémorragies.

Professionnalisme ~ « Nous saluons le professionnalisme des forces de l’ordre» : [Ajouter] Blessé·e·s graves; au moins un décès; maquillage de la scène de crime; disparition des preuves; sabotage de l’enquête; propagande médiatique.

Nota. Les éléments des trois entrées peuvent se combiner de manière aléatoire.