Toute association d’idées…

Sur ce cliché – dont j’ignore et dont je salue l’auteur/trice – on voit un policier debout, souriant, avec à ses pieds un travailleur sans-papiers, qui semble avoir perdu connaissance. Le policier est blanc de peau – le sans-papier noir de peau. La photo a été prise le 12 juillet dernier après l’évacuation violente des «Gilets noirs» qui ont occupé le Panthéon.

Toute association d’idées avec les images sur lesquelles des chasseurs à la carnation claire posent avec leur trophée (un lion, une girafe…) dans un pays africain serait aussi malvenue qu’elle est spontanée.

Pareillement, voir dans ce cliché une illustration (parmi d’autres) de l’extrême violence avec laquelle les milices de la répression capitaliste réagissent aux mouvements sociaux, sous la direction bienveillante d’un pouvoir fascisant devrait être considéré comme une intolérable manifestation de lucidité.

 

IL N’Y A [toujours] PAS D’“AFFAIRE BATTISTI”!

Cesare Battisti se trouve aujourd’hui dans une prison italienne. Le dossier des diverses instructions ouvertes contre lui lui a été communiqué. Il estime – à rebours de ce qu’il a toujours affirmé, notamment quand il était réfugié en France – que les accusations portés contre lui correspondent à la vérité des faits (voir ses déclarations sur Mediapart).

Il reconnaît donc avoir menti, non pas seulement aux juges et aux flics, ce qui est la moindres des choses! mais à toutes celles et tous ceux qui l’on soutenu politiquement et matériellement.

J’imagine, sans avoir tenté une recherche particulière dans ce sens, que ses «soutiens» d’alors ne se précipitent pas pour tirer le bilan d’une telle expérience. Si ces personnes se sentent à postériori trahies, elles n’auront guère envie d’en faire état. C’est compréhensible, mais c’est dommageable. Parce que Battisti n’était pas le seul Italien réfugié en France et parce que l’«innocentisme» qui a animé beaucoup de ses soutiens constituait déjà une erreur politique et stratégique avant qu’il soit ainsi démenti de manière tragi-comique.

J’invite donc ceux qu’intéresse le sort des réfugié·e·s politiques vivant en France à re·lire mon texte de 2004 disponible sur ce blogue: «Il n’y a pas d’“affaire Battisti”!»