“Tôt ou tard” ~ par Taisiia Cherkasova

«Tôt ou tard» est un nouveau tableau de Taisiia Cherkasova, que j’ai eu le plaisir et le privilège de voir aujourd’hui – en chaire et en os pour l’artiste et en peinture pour le tableau. La reproduction ci-dessus ne rend pas justice à l’extraordinaire minutie de réalisation du «grain» de la peau. Aussi me suis-je permis (sans en référer à l’autrice) de sélectionner un détail qui montre bien, je pense, ce souci du détail, qui évoque la technique de la mosaïque.

Tôt ou tard? Le plus tard possible…

Même si chacun·e peut se rassurer (— Je n’en suis pas encore là!), nous avons bel et bien mis le doigt dans de multiples engrenages qui nous mènent via la nourriture transgénique, entres autres chemins mal fréquentés et pavés d’intentions mauvaises, aux humains modifiés et «augmentés». Le regard granuleux, d’un vide mortel, que pose sur nous le modèle de Taisiia Cherkasova, c’est le regard posthumain. Le nôtre dans le miroir de ce futur-là, si nous le laissons advenir. Le malaise que nous éprouvons à sentir ces «yeux» braqués sur nous, l’attraction/répulsion que suscite cette nudité monstrueuse sont des signaux d’alerte bienvenus. Et l’occasion de vérifier la richesse d’inspiration et la maîtrise d’une jeune artiste.

Contre le «transhumanisme» : Appel des chimpanzés du futur (PMO)

J’ai, parmi d’autres, dénoncé le transhumanisme dans Je chante le corps critique (2008). Je reproduis ci-dessous un communiqué du groupe Pièces et main-d’œuvre. L’Appel des chimpanzés du futur est téléchargeable au format pdf.

 

Les transhumanistes se réunissent à Paris, les 20, 21 et 22 novembre prochains. « TransVision 2014 » rassemble les promoteurs internationaux du post-humain : Natasha Vita-More, Aubrey de Grey, James Hugues, Miroslav Radman, pour ne citer que les plus connus.

L’événement est co-organisé par Technoprog, la branche française des transhumanistes, avec les associations Traces et fiXience, spécialisées dans l’acceptabilité des technosciences. On y retrouve les manipulateurs de « L’Arbre des connaissances », qui acclimatent les jeunes à leur futur augmenté dès le plus jeune âge, et dont le fondateur Ali Saib avait tenté d’organiser le Forum de la Biologie de synthèse au CNAM en avril 2013*. Cette réunion de malfaiteurs de l’humanité est accueillie par l’Ecole supérieure de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris, présidée par Marie-Christine Lemardeley, adjointe à la maire de Paris.

« TransVision 2014 » marque la reconnaissance officielle du mouvement transhumaniste en France. Ce colloque s’accompagne d’un travail d’influence de longue date auprès des médias et des décideurs – offensive qui s’intensifie depuis quelques mois. Tribune hebdomadaire de Laurent Alexandre dans Le Monde ; émissions sur France Culture et France Inter ; dossiers dans Philosophie Magazine, L’Obs et Usbek & Rika ; enquête du Credoc auprès des Français « L’homme augmenté : l’opinion oscille entre désir et peur » ; interventions de transhumanistes dans des grandes écoles (ESSEC – Ecole de commerce de Paris, Ecole Centrale de Lyon), parmi les récentes manifestations de ce lobbying. Le transhumanisme n’est plus un projet furieux, mais une option à discuter. Ils ont remporté cette bataille. Il en reste bien d’autres.

Depuis douze ans, nous dénonçons à la fois les transhumanistes et les NBIC (Nanotechnologies, biotechnologies, informatique, sciences cognitives) qui sont les instruments de leurs ambitions et les secteurs où ils sont implantés. Aujourd’hui, Google a ses propres laboratoires (Google X), start up (Calico) et université (Singularity university) consacrés aux innovations transhumanistes. Les anthropophobes nous appellent « bio-conservateurs » et en effet, nous voulons conserver notre humanité, contre ceux qui la haïssent trop pour se reconnaître encore membres de notre espèce.

* Forum saboté par les Chimpanzés du Futur

Appel des chimpanzés du futur (format pdf).

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«Je ne veux pas épouser un singe !»