EXCLUSIF. Dans le cerveau des journalistes, aucune zone ne réagit!

Capture d’écran du site du Nouvel Observateur.

On trouve en libre accès, avec cette fois un titre dépourvu de sensationnalisme, un entretien qui date de 2015, de la même journaliste, Nolwenn Le Blevennec, avec le même chercheur, Serge Stoléru.

Les «scientifiques» ont toujours eu la passion de la topographie cérébrale. Aucune raison que ça s’arrête, n’est-ce pas! Le problème n’est d’ailleurs pas tant l’arpentage imaginaire des hémisphères que les arguments qu’il fournit aux maniaques de la chirurgie, des puces, des électrodes et autres chocs électriques.

Stoléru déclarait en 2005:

Par exemple, si on imagine qu’il y a un problème de freins chez les patients pédophiles, on pourrait imaginer qu’on ait recours à des techniques de stimulation magnétique transcrânienne pour activer certaines zones inhibitrices du cerveau.

On pourrait aussi imaginer utiliser une technique peu utilisée en France, l’IRM fonctionnelle en temps réel.

Vous souffrez, vous vous installez dans un scanner, je vous dis de penser à votre douleur, vous avez mal et on voit s’activer telle ou telle région de votre cortex. Cette activation vous est présentée par exemple sous la forme d’un thermomètre dont le niveau monte. Après, je vous dis d’imaginer que vous êtes en vacances à Bali et à ce moment-là, vous n’avez plus mal et vous voyez diminuer l’activité de la région. En faisant cela, vous pouvez aider une personne à en quelque sorte prendre le contrôle du niveau d’activation d’une zone du cerveau qui est impliquée dans son problème. J’aime beaucoup cette technique parce que le patient n’est pas passif. Ces techniques ne peuvent utilisées qu’avec le plein accord du patient évidemment.

Quastion. Grâce à votre étude, allez-vous pouvoir déterminer les causes de la pédophilie ? Et si, par exemple, il y a une part génétique ?

La part génétique, d’après les études scandinaves, existerait mais elle serait faible. Les causes sont plutôt environnementales. Le fait d’avoir soi-même été victime d’abus dans l’enfance, tous les scientifiques ne sont pas d’accord avec ça, mais moi je trouve qu’il y a beaucoup d’arguments pour dire que c’est un facteur de risque énorme.

On retiendra avec intérêt la version proposée par Serge Stoléru de la «thérapie comportementale», dite «Les Vacances à Bali*».

On ne peut guère compter sur les journalistes pour poser des questions pertinentes, qui viennent à l’esprit des lectrices et lecteurs comme vous et moi, non encore lobotomisé·e·s.

En l’espèce, si l’on admet que Bali permet de «détourner» l’attention du cerveau, d’une douleur vers un plaisir, comment doit-on procéder pour «détourner» l’attention d’une image érotique agréable (mais «pédophile») vers… vers quoi d’ailleurs? S’agit-il d’orienter la pensée vers une douleur physique, ou morale? Vers un plaisir plus intense et licite? On ne le sait pas, parce que la journaliste a laissé, sans le questionner à nouveau, le chercheur donner un exemple qui n’a rien à voir avec le sujet de son étude!

Dès que j’aurai été mis au courant des progrès de la «science» dans l’allumage d’un «zone de la pédophilie», je ne manquerai pas de vous en faire part.

*Je n’ai pas en tête la liste des «paradis pédophiliques» à travers le monde, mais je me demande si le choix de Bali n’est pas maladroit.

Coucou mon fan club!

Comme disait l’autre, parfois on aimerait avoir des ennemi(e)s moins niais(e)s, mais bon…

Par ailleurs, il serait cruel de laisser dans l’ombre les petits crachats par lesquels ils/elles espèrent se hausser du col en me visant. Après tout, nous appartenons à la même espèce, n’est-ce pas! On peut bien s’entraider…

Aujourd’hui «Le plateau de fromages assassin» ou entretien avec une patate (et ça n’est pas moi qui le dit).

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Réflexions sur l’émancipation des mineur(e)s et la “pédophilie”, suivi de «À quoi servent les “pédophiles”?» En bonus: ma «Fiche de police sexuelle»

Présentation

J’ai décidé de déplacer le texte « À quoi servent les “pédophiles” ? », qui devait servir, il y a près de vingt ans, d’introduction à un débat qui n’eut jamais lieu.

Sa lecture hors de tout contexte a favorisé (mais favorisé seulement) des réactions émotionnelles à forme finale d’injures misérables en 140 caractères. Il n’est donc plus lisible isolé sur une page, mais uniquement ici, après mes réflexions d’aujourd’hui.

Rien n’oblige évidemment la lectrice ou le lecteur à prendre connaissance des textes qui suivent dans l’ordre que j’ai choisi. Mais c’est possible, recommandé, et souhaitable.

La juxtaposition de fragments avec des textes plus anciens entraîne des répétitions, dont j’espère qu’elle ne gênera pas trop le lectorat de bonne foi (les autres ajouteront ça sur ma note).

Le mot adulte

Allégorie de la domination adulte.

Une personne (le plus souvent une femme, du fait de la répartition genrée des taches) rassied violemment un gamin dans une poussette dont il voulait descendre, ou dans laquelle il ne remontait pas assez vite… L’enfant hurle. La femme fait au moins quatre fois sa taille.

Si un géant de plus de 5 mètres rasseyait de force la même femme sur son siège de métro, ou sa chaise de bistrot, il s’agirait d’un fait-divers extraordinaire, on parlerait du monstre comme d’un petit cousin de King Kong. L’incident ferait l’ouverture du journal télévisé. On interrogerait la femme sur ses éventuelles blessures, son traumatisme, à quoi a-t-elle pensé, osera-t-elle remonter dans une rame de métro tant que le monstre sera en liberté, etc.

Parce qu’il s’agit d’un « enfant » et que la femme est censée détenir « l’autorité parentale » (ce que personne ne songe à vérifier), c’est un non-événement. Personne ne l’enregistre. Au « mieux », si la scène s’éternise, on espère que le gamin mettra un terme à ses nuisances sonores.

Supposons maintenant le même enfant dans sa poussette : un adulte a baissé sa culotte et lui titille le sexe, ou exhibe son propre sexe devant le visage de l’enfant. Combien de minutes faudra-t-il pour qu’un(e) passant(e) intervienne ? Suffira-t-il que l’individu excipe de sa qualité de père pour dissuader les témoins d’avertir la police ?

À ce point de la démonstration, un certain nombre de personnes (laissons de côté les malintentionné(e)s), peut-être parce qu’elles sont aveuglées par leurs propres souvenirs traumatiques d’enfants, soupçonnent l’auteur de vouloir faire le raisonnement suivant : puisque l’on tolère la première violence, pourquoi ne pas tolérer la seconde ? Ou autrement dit : les violences physiques et mentales considérées comme justifiées culturellement et partie intégrante de la relation supposée « naturelle » entre adultes et enfants seraient utilisées pour rendre licite le viol.

Or la démonstration doit s’entendre exactement à l’inverse. Lire la suite

L’«ALLIANCE DES MINORITÉS» EST-ELLE LE NOUVEAU SUJET DE L’HISTOIRE?

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’est en lisant sur le site Paris-luttes.info (voir lien dans la liste, à droite de votre écran) un texte de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) que m’est venu l’idée de prendre quelques notes sur la question soulevée en titre de ce billet.

Pour celles et ceux qui ne sont pas à l’écoute sur Twitter, je rappelle que quelques piques visant ce texte ont donné lieu à un non-débat ubuesque sur… la « pédophilie » et mes tentatives supposées de la « légitimer[1] ». La manœuvre a réussi en ce que la polémique, à coup de gentillesses de 140 caractères (la règle des messages sur Twitter), a complètement détourné l’attention du texte de la CGA.

Je précise que je n’ai aucun contentieux — je devrais peut-être écrire « n’avais » ! — particulier avec cette organisation. On m’a fait remarquer qu’un groupe parisien ne représentait pas nécessairement l’ensemble d’une coordination, ce qui me semble tomber sous le sens. Je crois que mes contradicteurs/trices ont du mal à comprendre que lorsque je critique un texte de M. Tartempion ou de tel groupe politique, sur un point précis, il ne s’agit pas pour moi de discréditer Tartempion ou le groupe, mais d’attirer l’attention sur le point précis qui me paraît litigieux, dangereux, ou simplement concerner tout le monde et mériter un débat critique. La manœuvre ridiculement diffamatoire qui me visait était exactement de nature inverse : ne prêtez pas attention à ce qu’écrit Guillon, c’est un … [remplir le blanc, ici avec « ami des violeurs d’enfants », voire « violeur d’enfants lui-même », excusez du peu !].

On a également avancé l’argument selon lequel le passage du texte que je vise ne poserait qu’un « problème de formulation ». S’il s’agit de disculper les auteur(e)s du texte de je ne sais quelle « faute morale », que je ne songe nullement à leur reprocher, pourquoi pas ? Cependant, il faut observer que toute expression, orale ou écrite, toute discussion, tout échange, étant entièrement constitué(e) de « formulations », je vois mal comment l’on pourrait se dispenser de leur analyse.

J’en viens à la conclusion du texte, intitulé « Du colonialisme d’hier au racisme d’État aujourd’hui[2] », qui m’a fait d’abord tiquer (c’est moi qui souligne en gras).

Nous devons permettre l’alliance entre toutes les minorités opprimées, qu’elles soient religieuses, nationales ou sexuelles, de manière autonome et sans hiérarchie. Nous avons besoin de nous unir autour de nos intérêts communs, sur des bases de classe, pour développer des luttes populaires capables de faire plier nos ennemis : États et bourgeoisies, quelles que soient les étiquettes dont ils se parent («républicain», «islamiste»…).

« L’alliance entre toutes les minorités opprimées, qu’elles soient religieuses, nationales ou sexuelles » ?

Passons, pour le moment, sur la stratégie d’ « alliance des minorités », fort problématique à mon sens et sur laquelle je reviendrai.

Essayons de comprendre qui sont ces « minorités ».

Minorités « religieuses » d’abord. La lecture du texte permet de confirmer la première hypothèse qui vient à l’esprit du lecteur et de la lectrice de 2015 : il s’agit des musulmans. Ne chicanons pas trop sur les mots, pour le coup. On comprend bien que les auteur(e)s visent le racisme « anti-arabe » qui se dissimule sous une détestation de la seule religion musulmane. Parfaite illustration : l’agression, en pleine rue, d’une jeune femme, accessoirement enceinte, au seul motif qu’elle porte un voile (ou un foulard, ce qui en l’espèce ne change rien).

Il se trouve que l’islam est aujourd’hui en France la religion la plus apparemment vivace. Ne connaissant pas les chiffres de fréquentation des lieux de culte, par exemple, j’ignore si cette impression est fondée. Mais la visibilité dans l’espace public est évidente, et non pas seulement du fait de femmes portant un foulard ou un voile ou d’hommes portant la barbe et un long vêtement ample (dont le nom précis m’échappe). Les seules fois où j’ai entendu parler de religion dans la rue ou les transports ces quinze dernières années, il s’agissait de jeunes adolescent(e)s enfants d’immigrés ; ils et elles parlaient du ramadan. Il eut été très surprenant que le renouveau d’une religion incarnée par des Français(e)s originaires du Maghreb ou né(e)s de parents originaires de cette partie du monde, n’entraînât pas un surcroît de racisme. Ce racisme, comme le rappelle à juste titre le groupe de Paris de la CGA, est d’origine directement coloniale.

Minorités « nationales » maintenant. J’avoue avoir fait d’abord, dans une lecture rapide, un contresens : pour moi « minorités nationales » évoque en effet les discours indépendantistes, basque, corse, breton. D’où un commentaire ironique qui a été bien mal compris : « Gros succès à prévoir chez les trans satanistes bretons ». Contrairement à ce qu’ont cru lire quelques crétins des deux sexes, cette formule ne vise à discriminer ou moquer ni les transsexuel(le)s ni les satanistes, ni les bretons. Elle moque celles et ceux qui pensent réaliser un nouveau « sujet de l’histoire » en « alliant » les minorités que ces catégories incarnent.

Revenons aux « minorité nationales ». Les militant(e)s de la CGA ne songeaient pas du tout aux basques, etc. Dans le corps du texte l’expression désigne notamment les Roms et semble-t-il les immigrés sans-papiers. D’un point de vue juridique, considérer un immigré sans-papiers comme faisant partie d’une « minorité nationale » est une contradiction dans les termes. On pourrait éventuellement, de manière polémique et en argumentant, considérer toutes les personnes vivant en France comme faisant partie de la Nation, mais alors à quoi rimerait de renvoyer les sans-papiers au statut de minorité « nationale », puisque cela reviendrait justement à récuser toute idée de « nationalité » ?

Tout cela est bien confus. Et le pire est à venir. Dans cette phrase :

Nous dénonçons de même un antisémitisme où la minorité nationale juive est rendue responsable de l’oppression des autres minorités, dans un contexte de multiplication des actes antisémites, dont la prise d’otage début janvier.

La « minorité nationale juive » !

J’admets que la question de l’ « identité juive » est assez complexe, si j’en crois les personnes elles-mêmes qui s’en revendiquent. Mais je ne vois pas comment on pourrait considérer d’aucune manière l’existence d’une « minorité nationale juive ». Il existe des personnes qui observent des préceptes de la religion juive ; on peut à bon droit les qualifier, en France, de « minorité religieuse ». Il existe des personnes de culture juive et/ou renvoyées à une identité culturelle juive du fait de leurs origines ou de la consonance de leur nom de famille. Ces personnes peuvent être racisées en tant que juifs ou juives, y compris sans s’éprouver ou se revendiquer comme juifs ou juives elles-mêmes. Mais ni les unes ni les autres ne constituent une « minorité nationale », opprimée de surcroît ! Je ne sache pas que les « juifs », dans n’importe laquelle des acceptions précédemment envisagées, soient discriminés ou stigmatisés par les lois républicaines.

En passant : il me semble que ce discours, même si cela n’entre évidemment pas dans les intentions des militant(e)s de la CGA Paris, rejoint dangereusement celui du Likoud israélien appelant les juifs français à rejoindre leur « patrie naturelle ».

Cette confusion explique, si l’on peut dire, ce qui m’était apparu comme une incongruité sur l’affiche appelant à une conférence-débat le 27 mars dernier[3] : la mention que la conférence serait animée « par un militant libertaire juif de la CGA-Lyon ».

On peut supposer (?) que l’adjectif « juif » ne renvoie pas ici à la pratique d’une religion monothéiste, même si l’on a connu des « anarchistes chrétiens ». C’est donc probablement en tant que membre de la supposée « minorité nationale juive » que ce militant a souhaité se présenter. Comme si « libertaire » ne suffisait pas en fait de « minorité » !

Venons en à la dernière partie du triptyque, la moins détaillée dans le texte : les « minorités sexuelles ». Elles ne sont évoquées qu’une fois, sous l’acronyme classique LGBTI : lesbiennes, gays, bisexuel(le)s, transgenre et intersexe.

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Nous voilà au complet !

Cette « stratégie » d’alliance, qui ressemble davantage à un alignement de tribune, n’est pas complètement nouvelle. Elle rappelle vaguement le gauchisme des années 1970, cherchant à fédérer des « contestations » : femmes en luttes + immigrés + comités de soldats, etc. Cependant, l’apparition de « minorités religieuses » dans une stratégie révolutionnaire anarchiste me semble inédite. Et non-viable.

Que l’on partage, non sans problèmes parfois, une lutte avec des personnes très diverses, dont certaines ont des croyances et des pratiques religieuses contraignantes, c’est une nécessité de toute lutte de classe (la CNT syndiquant des travailleurs du métro, musulmans pratiquants, en a fait l’expérience). Que l’on combatte le racisme dont sont victimes, sous prétexte de leur religion, des personnes immigré(e)s ou enfants d’immigré(e)s doit aller de soi. Mais envisager d’intégrer en tant que telle une « minorité religieuse » à une espèce de front de lutte, revient à renoncer à la critique de la religion elle-même, de la croyance en un « dieu » créateur, omniscient et devant régir les comportements quotidiens des êtres humains. Puisque c’est en tant que croyant(e) discriminé(e) que le sujet est considéré comme partenaire naturel, il serait paradoxal de se permettre de remettre en cause la rationalité de ses choix, et ses conséquences, ce qui constituerait une discrimination supplémentaire[4].

Ce qui me frappe dans le passage du texte ci-dessus reproduit, c’est le téléscopage entre ladite stratégie d’alliance des minorités et une position « classiste »… classique : « Nous avons besoin de nous unir autour de nos intérêts communs, sur des bases de classe, pour développer des luttes populaires capables de faire plier nos ennemis. »

Je serais curieux de savoir par quelle opération magique des populations choisies sur la base de leur appartenance, réelle ou fantasmée, à des « minorités » pourraient s’allier « sur des bases de classe ».

Si au contraire, c’est dans une lutte, dans un quartier ou sur un lieu de travail, que des personnes appartenant par ailleurs à telle ou telle minorité, se retrouvent au coude à coude, alors on peut espérer que leurs appartenances « identitaires » ne feront pas obstacle à la lutte commune.

Partir des « identités », et plus encore quand elles sont définies de manière fantasmatique, est une démarche vouée à l’échec. Pire, elle risque de contribuer au contraire de son objectif : renforcer des regroupements « identitaires » ou « communautaires ».

Je ne demande à personne d’oublier d’où il ou elle vient ou de feindre une uniformité taisant les goûts et les aspirations de chacun(e), mais la démarche révolutionnaire me semble par nature nécessiter — et permettre — le dépassement des identités culturelles, philosophiques, érotiques et autres.

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Action enchaînée. Aristide Maillol, 1905.

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[1] Pour mémoire : je ne cherche nullement à « débattre de la pédophilie », encore moins pour la « légitimer », mais à comprendre ce que la réaction sociale à la dite « pédophilie » (sans définition ni légale ni scientifique, d’où les guillemets) peut nous apprendre des rapports sociaux de sexe et des rapports entre adultes et enfants. Le déferlement de sottise haineuse qu’a suscité la première citation (pas faite par moi) de l’un de mes textes sur ces questions montre que le potentiel émotionnel du sujet est intact. Émotionnel, pas critique, hélas, puisqu’au contraire « questionner » est ressenti comme un moyen — sournois ! — de « justifier ».

[2] Il s’agit si j’ai bien compris d’un communiqué, du groupe CGA région parisienne, distribué sous forme de tract à la manifestation du 21 mars « contre le racisme et fascisme ».

[3] Visible en illustration du communiqué sur Paris-luttes.info.

[4] Quid, par exemple, des mutilations génitales pratiquées sur les enfants ?

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Capture d’écran 2015-01-15 à 14.38.41 Ce texte a été repris sur les sites & blogues:

Atheneo du Puy de Dôme

 

 

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Sur le site cité ci-dessus — ceci est une allitération —, un message [m’]avait été posté, en avril, dont je n’ai pris connaissance qu’à la fin juin 2015.

Je le reproduis ci-après:

Capture d’écran 2015-01-15 à 14.38.41«J’aurai préféré répondre à ce texte sur le site de Claude Guillon, et encore mieux via mail mais je n’ai pas trouvé le contact.

Je partage à peu près son point de vue sur la stratégie  “d’alliance des minorités”, par contre sur ce passage:
“Les seules fois où j’ai entendu parler de religion dans la rue ou les transports ces quinze dernières années, il s’agissait de jeunes adolescent(e)s enfants d’immigrés ; ils et elles parlaient du ramadan” je pense que soit C. Guillon n’a pas réfléchi, soit il réussit le parfait exploit d’échapper à tout le folklore de Noël, de l’épiphanie, pâques (c’est d’actualité) ou la toussaint, en passant par pentecôte, ascension et tout le cinglinglin, et ce depuis 15 ans.

En ce sens, entre autre, je pense effectivement que la religion chrétienne est dominante et donc les autres minorées. Je pense que C. Guillon ne fait pas d’islamophobie en trouvant plus visible la religion musulmane, mais cette remarque participe pour moi à l’islamo marginalisation (je préfère cette expression à islamophobie), on trouve normal toutes les fêtes, jours fériés (et vacances scolaires associés, vacances de toussaint et de pâques) associés au rites chrétien, mais le ramadam (environ un mois dans l’année) serait plus visible !?!…

J’espère que le commentaire passera et que Guillon aura l’occasion de le lire, pour finir j’écris en simple contradicteurice, j’ai eu la chance de le croiser lors de journées libertaire et je l’apprécie beaucoup pour l’ensemble de l’œuvre (livre, conf’ et blog).»

Capture d’écran 2015-01-15 à 14.38.41 Ayant enfin lu ce message, je [C. G.] peux y répondre.

Quand j’évoque les ados parlant du ramadan dans l’autobus, il s’agit de jeunes qui discutent d’une pratique religieuse (même s’ils le font parfois avec des arrière-pensées fort triviales). Et c’est ce que je remarque et pointe comme un symptôme, et non le ramadan en lui-même, dont je n’ai que faire. C’est très différent de jours de fête d’origine chrétienne qu’une grande majorité de gens envisagent de manière laïcisée.

Je rejoins mon correspondant sur un point: un(e) personne de religion, ou même simplement de culture musulmane, peut parfaitement, et à juste titre, se sentir vivre dans une société imprégnée de catholicisme, et par là marginalisée, voire ostracisée. Là même où moi, anarchiste et antithéiste (mais baptisé et ayant suivi des cours de catéchisme), je ne me sens nullement agressé, ou même concerné, par des fêtes qui n’ont plus aucune signification religieuse à mes yeux.

Je n’aurais d’ailleurs rien contre l’introduction de nouveaux jours fériés dans notre calendrier (sans dissimuler mes propres arrière-pensées en la matière!).

« PÉDOPHILIE » : DAMNED ! ME VOILÀ (une fois de plus) DÉCOUVERT !

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es gens ne peuvent pas tout lire de vous, c’est bien naturel.

Ils lisent un texte, qu’éventuellement ils apprécient, puis en découvrent un autre qui les choquent. C’est inévitable.

Me voilà « découvert » et « dénoncé », une fois de plus[1] comme « apologiste de la pédophilie ». La « pédophilie » n’étant pas définie dans le Code pénal (une traduction littérale serait « amour des enfants, mais on comprend bien qu’il ne s’agit pas de cela), l’acception commune est « abus sexuels », ou plus simplement « viols ».

J’aurais donc fait l’apologie du viol. Et du viol des enfants (tant qu’à faire, hein !).

La dernière dénonciatrice/révélatrice en date publie sur son blogue un texte où elle prétend mettre en lumière mes criminelles intentions.

Je reproduis un passage de son texte :

Il est intéressant de constater que dans son texte, Claude Guillon fait abstraction des mécanismes de pouvoir à l’œuvre entre adultes et enfants, et des rapports de domination, d’autorité, de contrainte morale qui viennent invalider le prétendu « consentement » de l’enfant à des actes sexuels avec une adulte.

Il est également intéressant de questionner les éléments de langage visant à faire oublier de quoi on parle, de quels gestes précis, de quels actes : peu d’adultes ont en effet réellement envie de visualiser ou même de concevoir une représentation mentale claire de ce qu’est un acte pédophile, de ce qu’il implique matériellement : les chairs meurtries, écartées, blessées, les diverses pénétrations, la violence morale, la contrainte et la menace, la persuasion, le discours qui convaincra l’enfant de céder lorsque l’agression se veut « sans violence », les doigts, la bouche, le sexe en action…

Je reproduis maintenant un passage de celui de mes textes auquel elle fait référence :

Difficile d’imaginer dans le discours dénonciateur de la « pédophilie », et le plus souvent (?) chez le « pédophile » lui-même, un rapport érotique autre que copié sur le modèle machiste-reproducteur : la pénétration (vaginale ou anale). Autrement dit, difficile d’imaginer un érotisme adapté au partenaire (en l’espèce, par hypothèse, un enfant impubère), quel que soit son âge, ses goûts, son histoire et son développement sexuel. Pourquoi un[e] amant[e] capable de tendresse et d’attention envers un[e] partenaire de trente ans, ne saurait-il/elle pas en faire montre avec un[e] partenaire de dix ans ?

Il n’est pas étonnant qu’en matière de « comportements sexuels », le pire soit réservé aux enfants, puisque l’ensemble des agissements adultes leur assigne le dernier rang dans la hiérarchie sociale, du point de vue du droit à la dignité, et le premier quant à la production de honte. Les parents ont honte de leurs enfants.

La violence, la contrainte, le viol, ne semblent pas considérés seulement, et normalement oserais-je dire, comme des caricatures de la « sexualité » (on ne dit pas « érotisme », qui suppose, culture hédoniste, jeu, etc.), mais comme une représentation fidèle de celle-ci, révélée trop tôt (?) aux enfants.

Je peux comprendre que ce texte puisse choquer. Il n’est pas fait pour ça, mais si c’est une conséquence annexe, je ne m’en soucie guère (quoi faire ?). J’estime, peut-être à tort hélas !, que pour un lecteur ou une lectrice honnête, parler de modèle « machiste-reproducteur » n’est pas « faire abstraction des rapports de pouvoir entre adultes et enfants ». Et pas non plus entre hommes et femmes d’ailleurs…

Je ne comprends pas, en revanche, comment on peut parler d’une agression qui se voudrait « sans violence » quand on vient d’évoquer « les chairs meurtries, écartées, blessées, les diverses pénétrations ». Soit précisément ce que visait mon texte.

Il est dommage, tant qu’à rédiger mon «dossier», que ma dénonciatrice n’ait pas fait l’effort de chercher sur ce même blogue le texte intitulé « Les petits maîtres à baiser », dans lequel je critique, sévèrement je pense, M. Gabriel Matzneff.

Matzneff auquel elle m’amalgame néanmoins, de manière fort malhonnête, pour faire bon poids…

Je renvoie également, toujours sur ce blogue, au texte qui clôturait Pièces à conviction (2001) : « L’histoire, le sexe et la révolution » (voir les notes à la page concernée), dont voici un extrait pour les paresseux et paresseuses.

La « pédophilie » est une notion d’autant plus efficace qu’elle n’est jamais définie ; on y associe pêle-mêle histoires d’amour, meurtres crapuleux, réseaux de prostitution, détournements de mineur(e)s et sévices sexuels sur de jeunes enfants. Le mensonge ridicule selon lequel « cela » serait né de Mai [1968] vise à contrecarrer dans le public le fâcheux effet des révélations, toujours plus nombreuses, sur le silence complice d’institutions chargées de la socialisation des enfants (l’Éducation nationale et l’Église) sur les violences sexuelles pratiquées sous leur couvert.

Le principal lieu institutionnel de socialisation demeure évidemment la famille. Ce sont les parents, biologiques ou non, qui transmettent spontanément les valeurs sociales dominantes, constitutives dudit « lien social » dans un système capitaliste patriarcal : honte de soi, dévalorisation des filles, soumission. Un certain nombre de parents utilisent pour mener à bien cette tâche des méthodes illicites, voire criminelles, au gré de leur pathologie caractérielle et de leurs intérêts pulsionnels : inceste, viol, mauvais traitements physiques et psychiques. Certains ne font que reproduire avec les enfants dont ils ont la charge l’« initiation » subie dans leur propre enfance, qu’ils ont intégrée comme norme sociale.

Les statistiques qui établissent le caractère essentiellement domestique des violences — sexuelles ou non — infligées aux enfants sont bien connues. Elles ont précisément commencé de l’être au milieu des années 70. Ça n’est donc pas (ou plus) la réalité de la violence familiale ordinaire qui est niée, c’est son utilité, la part invisible de la socialisation.

À rebours des niaiseries inventoriales, il apparaît que ce sont les mouvements militants en faveur des droits des enfants, et les luttes de groupe de mineurs eux-mêmes, très vivaces jusqu’à la fin des années 70, qui ont brisé le silence sur le quotidien de l’institution familiale, et permis que deviennent audibles les plaintes des enfants, ou plus souvent des anciens enfants martyrs (on parle ici des survivants). On peut parier que ce « progrès » sera compensé par une nouvelle mode psychiatrique attribuant à des « abus sexuels » toutes les souffrances psychiques et tous les troubles de la jouissance érotique. Éclairés par des experts autoproclamés, les magistrats reconnaîtront à toute personne se proclamant telle le statut de victime, entraînant mécaniquement la condamnation des mis en cause ; certains d’entre eux seront coupables, d’autres innocents.

Il est bien possible qu’ayant (enfin) lu tout cela, ma dénonciatrice demeure en désaccord avec moi ou me considère comme un sale type.

Je m’en tamponne le coquillard.

Deux remarques de détails pour terminer :

  1. Quand je parle de répliquer à un propos diffamatoire, je ne fais pas nécessairement allusion à une plainte en justice. Pourquoi les gens qui me détestent ont-ils reçu une meilleure éducation que moi ?
  1. Inutile de se la jouer complotiste : je ne suis ni n’ai jamais été soutenu par aucun « média » ni « jury littéraire ». En revanche, j’ai au moins un titre à parler des droits des enfants: j’ai publié un livre les revendiquant et les recensant, intitulé Ni Vieux ni maîtres (1979). Navré! il est épuisé. Il faudra, pour l’intégrer au dossier d’instruction, aller en bibliothèque ou l’acheter d’occasion.

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[1] Mais les dénonciateurs d’aujourd’hui ignorent ou feignent d’ignorer celles et ceux d’hier, pour donner plus de lustre et de valeur à leur propre démarche.