JE BOYCOTTE… (2008)

Gueule rouge

 

Boycottage : action visant à isoler matériellement et moralement un individu ou une institution, en dénonçant ou sabotant l’utilisation des marchandises (objets ou idéologies) qu’ils mettent en circulation.

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Je boycotte les bureaucrates sanglants de Pékin qui tuent, dans la région autonome du Tibet et en Chine, pour garder la main sur le chrome, le cuivre et l’uranium tibétains, pour contrôler au Tibet le plus grand réservoir d’eau potable de l’Asie, pour éviter que les régions chinoises ne fassent sécession comme celles de l’ex-URSS, et pour maintenir leur pouvoir de classe sur une immense main-d’œuvre louée à bas prix au capitalisme mondial.

Je boycotte les ordures d’État, en France et ailleurs, qui les soutiennent, les excusent ou les ménagent en espérant — les crétins ! — «conquérir un nouveau marché».

Je boycotte un Sarkozy qui ose déclarer que : « Le souhait de la France est que tous les Tibétains se sentent en mesure de vivre pleinement leur identité culturelle et spirituelle au sein de la République populaire de Chine. » Lire la suite

JE SUIS NÉ (PÉDOPHILE) DANS L’FAUBOURG ST-DENIS. Je ne suis devenu anarchiste que plus tard : c’était viral (2007)

Réplique satirique aux déclarations de Nicolas Sarkozy sur l’origine génétique de la « pédophilie », ce texte révéla en outre le crétinisme profond (curable ?) de tel pseudo-libertaire. On lira en annexe « De la sottise en (certains) milieux libertaires ».

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Je me suis longtemps regardé comme pervers, jusqu’à ce que m’aveugle cette vérité : je suis pédophile.

Par consolation, je suis aussi de nature pragmatique. Au lieu de croupir dans une geôle pour l’amour d’une fille de seize ans, je m’éprends de trentenaires.

Inutile de forcer sa nature : je n’étais pas fait pour la délinquance, même sexuelle.

Je suis à terme, aussi nouveau qu’il était possible, quoiqu’affligé sans doute des nombreuses maladies et incommodités que je découvre au fil de mon âge.

Ainsi, je suis allergique (et dans le huitième arrondissement de Paris) et sujet au rhume des foins. Cette infirmité me valait, enfant, la cruelle plaisanterie d’un oncle maternel : « Ce petit est né en trompette ! » Lire la suite

Le « Sâr Cosy » , architecte d’intérieur de la bourgeoisie (2007)

DE SARKOZY AU SÂR COSY

Joséphin Péladan, écrivain prolixe de la fin du XIXe siècle (1858-1918), féru d’ésotérisme catholique (il fonda l’ordre de la Rose Croix), s’attribua le titre de « sâr », dont il fit précéder son nom.

Sâr est supposé signifier « roi » en assyrien (ce que je ne saurais certifier) ; notons que c’est également l’abréviation en français banal de « son altesse royale ». Le Sâr Péladan fut la risée des caricaturistes et des satiristes[1], dont l’anarchiste Laurent Tailhade ne fut pas le moins acharné.

En s’empressant, à peine élu président d’une république qui avait tout de même raccourci l’ancien monarque et révoqué les privilèges, d’afficher son goût pour le confort et le luxe des puissants, Nicolas Sarkozy s’est attribué de facto le titre de « Sâr Cosy[2] »

En passant ses premières vacances estivales du quinquennat dans une somptueuse (quoique fort laide) villa américaine, dont le loyer astronomique a été payé « par des amis », le Sâr Cosy confirme son inclination. Lire la suite

Offense à des tas de chefs (2007)

Un document exclusif : le message adressé par Nounours au petit Nicolas (personnages du feuilleton télévisé des années 60 «Bonne nuit les petits»), une fois connu le résultat de l’élection présidentielle du 6 mai 2007.

 

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De droite à gauche: Nicolas, Pimprenelle, Nounours.

 

Alors Nicolas, a y’est, tu t’y crois !

Tu as réussi à tirer la culotte de Pimprenelle à la récré, et tu te prends pour un grand, c’est ça ?

Mon pauvre Nicolas ! Tu en as encore du chemin à faire, pour devenir une grande personne ; une personne tout court d’ailleurs.

Tu ne fais que répéter comme un perroquet ce que d’autres te soufflent. Qu’est-ce que j’apprends : même tes rédactions, tu les fais écrire par un copain ! Comment veux-tu faire des progrès et penser un jour par toi-même ?

Qu’est-ce que tu dis ? Tu veux pas penser, tu veux commander ! Mais c’est ça qui est infantile mon bonhomme ! Tu voudrais que tout le monde t’obéisse. Quand on te résiste, tu piques une colère, tu trépigne, tu dis des gros mots, tu menaces !

Et après tu va te plaindre à la maîtresse qu’on te traite ! Mais quel âge as-tu enfin ?

Tu me dis que ton frère est comme toi : tu joues au chef d’état, il joue au chef d’entreprise. Faut-il que vous en ayez reçu des taloches ! Que vous ayez eu peur dans le noir ! Faut-il qu’on vous ait menti, pour « faire de vous des hommes ». Le résultat est joli ! Des gamins névrosés qui conjurent leur terreur de la vie par l’autorité, les menaces, le mensonge, fait à soi et aux autres…

Mais tu t’es regardé dans une glace quand tu fais un de tes caprices ? Je t’entendais à la radio, avec ta voix mi-geignarde, mi-hystérique. « Ce que je veux c’est faire. J’ai envie de faire. » Mais, lève le doigt mon garçon, il se trouvera bien un adulte pour t’accompagner.

Tu n’es pas le seul à dire des bêtises ? En voilà une excuse ! Laisse Pimprenelle gâtiser sur la France qui a besoin de tendresse et toi cesse de raconter à tes petits camarades des histoires qui font peur, pour qu’ils te donnent leurs goûters en échange de ta protection dans la cour de récréation.

Et ces façons de te moquer de tes camarades qui parlent mal le français ou de jeter des cailloux sur des mendiants à la soupe populaire… Je t’écoutais crâner l’autre jour : « Dans quelle société vivrions-nous si un voyou ne pouvait plus être appelé un voyou ? ».

Parce que tu crois que c’est propre ce que toi tu fais ? Tu me regardes, quand je te parle, s’il te plaît ! Et un pt’it merdeux, dis-donc, j’ai encore le droit d’appeler ça un p’tit merdeux ?

Et puis cette habitude que tu as prise de pleurnicher « Bobo ! » par ci, « Bobo ! » par là. Comment ? « Blessé », quelle différence ? Parce que ta petite copine Délicia envoie des SMS au grand Riri, te voilà « blessé ». Parce que tu n’en envoies à personne, toi, des SMS ? Ah oui, bien sûr, toi ça ne compte pas, c’est pas pareil !

Mon pauvre Nicolas ! Comment te dire ça avec des mots que tu puisses comprendre ? Voilà, ta vision du monde est de type « caca-boudin ».

Essaie de ne pas casser tous les jouets qu’on va te donner dès les premiers jours. Les grandes personnes pourraient oublier que tu es un peu en retard pour ton âge, et se mettre très en colère.

Tu te prépares de bien mauvaises nuits, mon petit.

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Avis au lecteur et à la lectrice

Une contrepèterie se dissimule dans le titre de ce texte. Sauras-tu la retrouver ?

ENTRE SEGOÏSTES ET SARKOPHAGES… chroniques de campagne électorale (2007)

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Chronique de campagne — 1.

J’entends ici et là dans les conversations, y compris chez des militants supposés avisés, l’étrange proposition selon laquelle Nicolas Sarkozy risque d’arriver au pouvoir. Cette terrible éventualité justifierait, si j’ai bien compris, un vote « utile » (je trouve que l’on n’a pas suffisamment développé le concepts de « vote décoratif », mais passons).

Où donc les personnes qui tiennent pareil langage ont-elles passé ces dernières années ? Aux Galapagos ? Admettons que la fréquentation prolongée des tortues géantes ralentisse (par mimétisme) les échanges neuronaux (sans parler de la poste) et affranchissons-les sans plus attendre : Nicolas Sarkozy EST au pouvoir !

Excusez-moi, c’est un peu brutal, je m’en rends compte, mais de toute façon vous l’auriez appris un jour ou l’autre.

Reconnaissons, à la décharge de nos émigrés récents, que l’intéressé lui-même, Nicolas Sarkozy donc, semble tout faire pour entretenir l’aveuglement schizophrénique de ses contemporains. Certes, il utilise sa charge de ministre de l’Intérieur pour voyager à l’œil et fliquer les conseillers de sa principale rivale, mais il se garde bien de mettre en avant une vérité qui n’a pas atteint les Galapagos : Sarkozy est le seul candidat qui a déjà appliqué son programme ! Lire la suite

QUEL RAPPORT ENTRE UN IMMIGRÉ HONGROIS ET L’«IDENTITÉ NATIONALE»? (2007)

Drôle de titre… Vous trouvez ?

Vous comprendrez de quoi je veux parler, mais suivez-moi d’abord. Je reviens d’une escapade bruxelloise et j’en garde les jambes courbaturées et l’esprit musard.

Je dînais vendredi soir avec mon amie D. et sa sœur, dont je faisais la connaissance.

Ce sont deux très belles femmes. On rencontre souvent dans cette région du monde de ces femmes grandes, souvent bien charpentées, les yeux souvent clairs (rarement blondes). Vous en connaissez à Varsovie ou à Paris ? Mais bien entendu. C’est très difficile d’évoquer un « type de femmes » sans tomber dans des stéréotypes oiseux. Pourtant, je vous assure, je n’en vois jamais autant passer que depuis la terrasse de ce café (je ne pousserai pas le goût de la vérification scientifique jusqu’à vous indiquer l’adresse).

« Mais que viens-tu chercher à Bruxelles ? », me demande D.

Le dépaysement. N’étaient les tarifs prohibitifs du train, je viendrais plus souvent. Et comme D. moque gentiment mon « dépaysement tempéré » par une langue commune, je lui fais observer qu’à Bruxelles rien ne se dit dans les même mots, les mêmes expressions qu’à Paris, à une heure un quart de là et dans la « même langue » en effet. À commencer par les expressions les plus simples de la vie quotidienne, par exemple : s’il vous plaît remplace merci. Et que peut signifier cette pancarte apposée sur plusieurs boutiques « Commerce à remettre ». Selon les explications de la sœur de D., il semble que ce soit un équivalent de notre « Bail à céder »… Elle me signale l’apparition sur des maisons ou des appartements de panneaux portant la mention « À acheter » (et non plus « À vendre »).

Le dépaysement, c’est mon trouble devant cette marchande de fleurs à qui je viens de demander mon chemin en l’appelant Madame et en la vouvoyant et qui me répond en m’indiquant une avenue, avec un fort accent flamand : « Tu marches tujours tu droit ! » Le tutoiement est-il familier ? moqueur ? prolétaire ? lié au passage d’une langue à l’autre ? Comment savoir.

Le dépaysement, je l’éprouve en me perdant dans le métro ou plutôt dans les différents étages du métro, du prémetro (les trams roulant sous terre) et du tramway proprement dit. Tout est pourtant indiqué en français (et en flamand), mais je n’y comprends rien. J’ai la chance de tomber sur un employé qui m’assure que le moyen le plus simple de prendre le métro (je viens de descendre dans une station de métro) est de prendre d’abord le tram que voilà et de changer à la prochaine… Je suivrai ses indications. Dans le tram, je le sais, depuis le temps, mais je l’oublie à chaque fois, les accélérations sont incroyablement brusques. Tous les voyageurs, quel que soit leur âge, semblent stables sur leurs jambes ; je suis le seul à manquer m’étaler, me signalant immédiatement comme étranger…

D. et moi choisissons des chicons gratinés. D’un certain point de vue, on peut dire que c’est un plat typiquement belge ; encore que… Dans le nord de la France aussi, je crois, on appelle les endives chicons. « Je ne sais pas ce qui est belge ! » remarque D. Je pourrais lui répondre que je ne sais pas très bien ce qui est français, quoique, précisément, je me sens, je m’éprouve, je me vérifie « français » dans ce restaurant bruxellois. Comme dans le tram, comme dans ma conversation avec la fleuriste. Lire la suite

État d’urgence: premières mesures, premières réactions (2005)

Ce court texte, mis en ligne en novembre 2005, voulait moquer l’atonie des «démocrates» devant les mesures d’exceptions prises par le gouvernement contre l’extension des émeutes consécutives à la mort de deux jeunes gens poursuivis par la police, dans un transformateur électrique.

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On apprend, de source généralement bien informée, que le cabinet du Premier ministre s’apprêterait à rendre publique une mesure provisoire d’interdiction de vente des véhicules automobiles.

Le processus (délicat) de la protestation démocrate.

Le processus (délicat) de la protestation démocrate.

Selon la même source, cette mesure serait prise en plein accord avec le ministère de l’Intérieur. « Puisque l’interdiction de la vente au détail de carburant ne suffit pas — aurait déclaré M. Sarkozy — nous allons les priver de bagnoles ! ».

Le président de la Fédération française des concessionnaires automobiles devait être reçu à Matignon ce jeudi 10 novembre.

Mme Marie-George Buffet, au nom du parti communiste de la place du colonel Fabien, a je cite « fermement condamné le récent coup d’État militaire, ainsi que l’usage des blindés en banlieue parisienne ».

Avant d’être hospitalisée en soirée, elle a annoncé (sous réserve) un rassemblement de protestation de 10 minutes dans la cour d’une mairie, dont l’adresse n’a pas été divulguée à la presse, pour raison de sécurité a-t-on précisé place du parti communiste.