«COMMUNISATION»: deux textes de 2012

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La publication récente du texte d’André Dréan à propos de certains « communisateurs », et de la théorie de la « communisation » en général, a suscité des réactions agacées de la part de camarades qui le jugent inutilement et « réductivement » polémique.

D’autres lectrices et lecteurs se sont plaints d’être contraint(e)s de prendre en marche une polémique théorique dont on ne leur fournit pas les tenants et aboutissants. Sans prétendre pouvoir atteindre cet objectif (il faut pour cela, entre autres, suivre les liens indiqués dans les textes[1]), il m’a semblé utile de publier ici deux textes qui datent de 2012 — ce que j’avais négligé de faire à l’époque : le premier est celui d’une brochure du même André Dréan, le second une réponse que Lola lui avait adressée. Elle y a ajouté un court commentaire introductif.

Les allusions faites — par l’un et l’autre — à l’un de mes textes renvoient à «“Communisation” : l’impensable projet » (sur ce blogue).

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« Communisation » : l’impensable projet (2013)

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’avais découvert le terme de « communisation » dans la défunte revue Meeting. Je dis bien « le terme », n’ayant pu accéder au « concept ». Comprenez… que je n’avais pas compris ce que « communisation » pouvait bien signifier. J’avais retenu qu’il s’agissait d’une espèce d’équivalent antistalinien de la « période de transition », dont je ne voyais pas ce qu’elle apportait par rapport à la vision anarchiste des choses. Habitué à manier des mots, je suis gourmand de métaphores bien venues, mais réticent aux concepts, qui prétendent renouveler la pensée. Il n’est pas rare (en histoire, par exemple) que je ne comprenne pas l’intérêt qu’ils présentent aux yeux de leurs auteur(e)s. Je n’exclue pas que cette difficulté trahisse simplement chez moi des capacités d’abstraction limitées ou une formation intellectuelle insuffisante, mais je suis bien obligé de faire avec.

M’est venue également l’hypothèse que la « communisation » pourrait être une tentative de « marketing », ou de (re)conditionnement du vieil idéal communiste, devenu peu présentable étant donné, entre autres, le nombre de taches de sang qui le déparent (et dont on sait que toute l’eau de la mer ne suffirait pas à les effacer[1]). La première mouture du présent texte s’intitulait d’ailleurs : « “Communisation” : label au bois dormant ? ».

Ayant d’autres chats à caresser, j’ai remisé la dite « communisation » au magasin des accessoires inutiles (non sans avoir noté au passage qu’une « communisatrice » de la première heure en avait fait autant[2]). J’ai ensuite, avec plusieurs mois de retard, appris la création d’une nouvelle revue, internationale cette fois, intitulée Sic, à laquelle participe un auteur qui signe ses textes (articles et livres) : Léon de Mattis. En général, l’apparition soudaine (ici comme auteur d’un livre contre la démocratie) d’un nouveau personnage signale un pseudonyme. Tel camarade m’assure que je connais ce Léon de vue, ce qui est bien possible, mais j’ai déjà du mal à retenir les vrais prénoms et à les mettre en rapport avec les visages, alors des pseudos inconnus… Bref, Léon de Mattis (que je me permettrai d’abréger dans la suite du texte en LdM) signe dans le premier numéro de Sic un texte intitulé « Qu’est-ce que la communisation ? », qui semble avoir été écrit pour moi (façon de parler). En effet, il est étonnamment clair (étant donné son sujet), bien écrit, agréable à lire, et même dépourvu de cette amertume qui gâche tant de textes radicaux.

Enfin, me dis-je, tu vas savoir ce que tu penses de la « communisation » (et vous aussi, par la même occasion). Lire la suite