Ne Mélenchez pas tout !

Je ne reviendrai pas ici sur les raisons pour lesquelles je n’éprouve aucune sympathie pour M. Jean-Luc Mélenchon.

Vais-je pour autant me réjouir de ses récentes mésaventures, rapportées par Mediapart sous le titre « Les premières découvertes des perquisitions Mélenchon » ?

Tant s’en faut !

Ainsi donc, les enquêteurs, sur les talons desquels trottent les journalistes de Mediapart ont découvert chez un proche de Mélenchon la somme de 12 000 euros en liquide. Somme que les spécialistes de Mediapart, qui s’y connaissent en grisbi, qualifient de « coquette ».

Ah bien sûr, quand on vit à hauteur des minimas sociaux, 12 000 euros, c’est beaucoup de tickets non-gagnants à Euromillion et pas mal de tiercé perdus dans le désordre…

Sinon, la somme fera sourire le premier brocanteur venu…

Le plus grave reste à venir.

En débarquant à 7h du matin chez Mélenchon (j’ai entendu un crétin expliquer sur France-Info [un pur hasard !] qu’il avait certainement été « prévenu »… !) les flics y ont trouvé… une femme !

Ne perdons pas notre temps à vitupérer une décadence morale que l’époque tolère, ne nous appesantissons pas davantage sur la question de savoir si les inspecteurs de la Brigade financière ont glissé leurs mains sous les draps pour en apprécier la tiédeur, comme au beau temps des constats d’adultère, et venons-en au pire, même si le clavier se cabre au moment d’écrire ce qu’il faut bien constater avec les investigateurs de Mediapart :

Mélenchon connaissait la femme qui passait la nuit chez lui !

Hélas! (trois fois)

Au lieu de lever une professionnelle sur les boulevards extérieurs, ou de matcher sur Tinder comme aurait fait n’importe qui, Mélenchon nique son attachée de presse, voire baise entre ami·e·s, ce qui ne vaut guère mieux !…

Je pose la question : confieriez-vous les clefs de la force de frappe ou la télécommande de votre chaine stéréo à pareil balourd ?

Douze mille boules en billets de banque (l’épaisseur d’un livre de poche ; à peine !) et une femme dans le placard, ces comportements sont à proprement parler inqualifiables.

Inqualifiables, parce qu’il n’existe dans la langue française aucun vocable qui permette de caractériser des faits d’une aussi abyssale insignifiance !

L’article des limiers d’Edwy Plenel l’annonce dès son chapeau, ces deux « surprises […] ont émanés des perquisitions [sic] ».

Chez Mediapart, ça s’écrit comme ça se dénonce…

Pourtant, ne soyons pas trop sévère dans notre correction : le verbe « émaner » n’est pas mal trouvé.

Et ce qui « émane » de ce journalisme, c’est un puissant remugle de merde.

Vidangée sans efforts – merci la police ! – et remuée sans talent.

QUAND FRANCE-CULTURE LANCE UNE FAUSSE NOUVELLE, C’EST DE LA PÉDAGOGIE ! Le reste du temps, les journalistes font juste leur boulot (2010)

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Samedi 9 janvier 2010, 14 h 30. Je viens de finir de manger. La radio est calée, comme souvent, sur France-Culture. Une émission va commencer, « Mégahertz », présentée par un M. Joseph Favreux. Je n’ai pas l’intention d’écouter. Je débarrasse la table. À ce moment, l’animateur annonce que l’émission commencera avec un peu de retard en raison d’un flash spécial d’information. Je tends l’oreille.

Des journalistes de la rédaction de France-Culture, dont les noms me sont familiers, annoncent que Bercy vient d’échouer dans une opération de refinancement des marchés. L’État français ne peut plus honorer ses dettes. La France n’ayant pas trouvé preneur pour ses bons du Trésor, elle est en faillite. La cavalerie financière s’achève en monumental gadin.

Un soi-disant consultant d’un cabinet financier brode un commentaire sur le thème « l’impossible devient possible, comme l’ont montré les récents scandales, faillites et crise économiques ». Il prédit une augmentation probable de la TVA.

Seule fausse note du flash : le journaliste Renaud Candelier est injoignable à Bercy. On nous fait entendre une sonnerie de téléphone dans le vide.

Voilà qui se produit très fréquemment dans les directs, surtout improvisés à la dernière minute.

Le correspondant à Bruxelles explique que l’État français en appelle au FMI et à l’Union européenne.

Le flash a duré un peu plus de 5 minutes, ce qui est exceptionnellement long. L’animateur et les journalistes donnent rendez-vous aux auditeurs dans le bulletin d’information de 18 h. L’indicatif de l’émission est diffusé. Je quitte France-Culture et passe quelques minutes sur France-Info. La chaîne de l’intox officielle est muette sur le communiqué de Bercy. Je coupe la radio. Mon ordinateur m’attend. Avant de me mettre au travail, je fais un tour sur les sites d’informations (grands journaux, etc.) : Rien.

Comme j’ai autre chose à faire, je me dis que je reprendrai des nouvelles de Bercy en fin d’après-midi. À ce stade, l’idée que France-Culture s’est foutu de ma gueule un peu plus cyniquement que d’habitude ne me traverse pas l’esprit. Certes, mes tentatives de vérification et de recoupement ont échoué, mais l’idée la plus plausible est plutôt que les journalistes de France-Culture ont pu être intoxiqués eux-mêmes par un faux scoop. Je le répète, j’ai autre chose à faire et l’idée de revenir à l’émission en cours ne me vient pas. Lire la suite