Milice Élyséenne contre manif lycéenne

Comme le journal Le Monde l’a révélé, Alexandre Benalla, un proche conseiller du président de la République Emmanuel Macron, a été filmé jouant au milicien supplétif de la police nationale, le 1er mai dernier.

Ce jour-là, ce chargé de mission d’Emmanuel Macron, équipé d’un casque à visière des forces de l’ordre, alors qu’il n’est pas policier, s’en est pris à un jeune homme à terre pendant une manifestation qui se tenait place de la Contrescarpe, à Paris (5e arrondissement).

L’implication bénévole de ce détenteur d’un bureau à l’Élysée dans le travail de la police force le respect! Il est vrai que les policiers, de leur côté, se plaignent d’être en sous-effectif. De là à ce qu’un bureaucrate macroniste aille prêter la main aux casques bleus…

On aimerait savoir s’il est le seul de sa trempe ou si d’autres collaborateurs du Président ont pris part à la répression violente des manifestations du printemps…

En tout cas, au lieu de mettre à pied quinze jours M. Benalla, l’Élysée devrait plutôt encourager cet enthousiaste du «maintien de l’ordre» en lui fournissant un fusil lanceur de balles de défense et une jeep ou une moto. Il pourrait organiser, avec ses collègues de bureau et de parti, de petits safaris dans les manifs lycéennes.

De notre côté, nous avons hâte de croiser le personnage in situ pour lui manifester directement toute notre admiration!

Et dès le lendemain…

L’Élysée, dont je salue la diligence, a commencé à répondre à la question que je posais dans le billet ci-dessus. Non, M. Benalla n’était pas seul!

Il était accompagné d’un ancien gendarme, M. Vincent Crase.

Se pourrait-il que la réaction rapide de l’Élysée s’explique par le fait que les deux hommes, désormais identifiés, ont été photographiés l’un à côté de l’autre, comme en témoigne le cliché ci-dessous…

Encore un effort M. Macron! Des noms!

Sous vos applaudissements…

Quant au matériel de guerre civile…

Inutile de se faire du souci (je suis naïf!).

MM. Crase et Benalla se l’étaient déjà procuré, sur le compte de «En Marche» comme en témoigne ce courriel envoyé par le premier à une entreprise spécialisée (document Wikileaks).

Ni futures chômeurs.euses ni futures travailleurs.euses

Ce tract a été distribué — et lu à la tribune syndicale — par des lycéen(ne)s lors de la manifestation de Saint-Nazaire (5 000 personnes), aujourd’hui 9 mars 2016 (merci à l’ami Gédicus pour l’information).

Les manifestant(e)s qui le distribuaient portaient une pancarte où l’on pouvait lire :

Le capitalisme, on l’engraisse sans arrêt. Quand est-ce qu’on le bouffe ?

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Si nous voulons abandonner le salariat…

C’est pour choisir enfin de gérer librement notre énergie et notre temps de vie. C’est pour agir dans nos vies selon nos aspirations et nos besoins individuels et collectifs. Par conséquent c’est fuir le travail dicté par les aspirations et les besoins des patrons, des entreprises et du marché.

Nous pensons que le travail, qu’il soit en usine ou dans des bureaux, bien ou mal payé, qu’il nécessite de longues ou de courtes durées d’étude, ne libère pas.

Au contraire, il vise plus à nous occuper l’esprit et à nous désintéresser des questions éthiques de nos vies et de nos sociétés, à nous contraindre à la survie et de fait à la consommation.

Abandonner la spécialisation

Qu’est-ce que la spécialisation ?

C’est faire toute sa vie la même chose. C’est le monopole des savoirs. C’est être chacun élite dans sa propre profession, coupé des autres savoirs et savoirs-faire, réduit par sa branche. C’est l’organisation de castes professionnelles (Caste étudiante, artistique, ouvrière, fonctionnaire, politicienne, enseignante…)

Nous voulons abandonner la spécialisation car nous croyons que chacun.e peut adopter une fonction politique, enseignante, étudiante, artistique et manuelle à la fois. Ce n’est qu’avec des individus épanouis qu’une société épanouissante peut s’organiser.

La domination à l’école comme au travail.

Qu’on soit élève, salarié.e ou professeur.e, nous subissons la hiérarchie au quotidien. Nous sommes éduqué.es à avoir peur de nos hiérarchies, du parent, du patron, du flic, etc.

Espérer un avenir meilleur c’est construire une autre organisation de vie, où le travail est un outil et non un but. C’est questionner la domination sous toutes ses formes. Car la domination est une logique de société comme peut l’être la solidarité.

Des solutions ? Les copains c’est mieux que les patrons.

Nous pensons que nous seuls pouvons prendre les décisions qui concernent nos vies. C’est pourquoi nous luttons hors des partis politiques ou des syndicats qui tenteront, dès que l’État le leur proposera, de négocier avec lui au nom des travailleurs.euses et étudiant.es. S’organiser à notre échelle avec nos copains.ines, se réapproprier nos vies, que nos passions, nos envies et nos besoins constituent nos activités principales. Que l’on trouve du sens à ce que l’on produit, à ce que l’on vit.

Nous ne sommes pas de ceux qui appellent à sauver le monde du travail.

 Capture d’écran 2015-01-15 à 14.38.41  CLV (Crew virus libertaire)

 

Contact: crewviruslibertaire@riseup.net