Trente ans après le massacre de Tian’anmen, L’Insomniaque éditeur rend hommage aux victimes

 

Le 4 juin 2019, il y aura trente ans que le gouvernement chinois réprima dans le sang une révolte démocratique qui secouait Pékin et les grandes villes chinoises depuis près de deux mois.

Quelques mois après ce drame atroce, madame Ding Zilin et son époux Jiang Peikun, bouleversés par la mort de leur fils âgé de 17 ans, décidèrent de recueillir les témoignages de citoyens qui, comme eux, avaient perdu un enfant, un parent, un proche dans la nuit du massacre. Malgré les pressions exercées par le régime, ils dressèrent peu à peu une liste de 202 noms de victimes. C’est cette liste, loin d’être exhaustive, que nous publions ici.

Ding Zilin fut rejointe dans sa quête par d’autres femmes qui devinrent les «Mères de Tian’anmen», par référence aux Mères de la place de Mai, à Buenos Aires. Quelques hommes se joindront à elles, en particulier certains des blessés qui ont survécu au massacre. […]

Affiche recto-verso diffusée par le comité «Pékins de tous les pays, unissons-nous!», qui occupa le bâtiment des services éducatifs de l’ambassade de Chine à Paris le 29 juin 1989 (voir ci-dessus en détail de l’affiche, le télégramme adressé à Deng Xiaoping).

Des robots affairistes déclarent la guerre à un éditeur indépendant

Le Néant contre-attaque

Des robots affairistes déclarent la guerre à un éditeur indépendant

Le site Internet de L’insomniaque éditeur a dû changer son nom de domaine en ce début d’année 2019. Peu avertis des arcanes de la communication cybernétique, nous avions laissé passer la date d’expiration de ce précieux nom de domaine (insomniaqueediteur. org). En conséquence, le gestionnaire de noms de domaine GoDaddy a jugé bon, sans nous en aviser directement, de vendre ledit nom à l’encan. Il a été adjugé, pour une poignée de dollars, à des imposteurs, qui, sous notre ancien nom de domaine, tentent de se faire passer pour L’insomniaque éditeur — sans la moindre crédibilité, ni même le moindre effort pour paraître crédible.

Leurs desseins, politiques ou commerciaux, restent très mystérieux à ce jour, mais leurs agissements ne resteront pas impunis, de même que le préjudice moral et matériel que ces escrocs nous ont causé, et nous causent encore à ce jour. Le nom et l’adresse qui sont indiqués à la rubrique « contacts » sont, bien sûr, tout aussi bidon que les prétentions et le contenu de ce pseudo-site, mais nous ne désespérons pas de démasquer la ténébreuse entité qui nous nuit de la sorte.

On jugera de la nature de ce préjudice en consultant le site qu’a bricolé ce gang d’androïdes à très bas quotient intellectuel artificiel. Usant d’algorithmes rudimentaires et s’exprimant dans un sabir robotique aussi grotesque qu’inintelligible, ces ennemis de l’humanité présentent certains ouvrages parus à notre enseigne dans des articles conçus par ordinateur, qui assemblent en désordre des mots-clés glanés de manière aléatoire sur le vrai site de L’insomniaque et d’autres sites Internet.

Par exemple, l’essai d’anthropologie radicale de Georges Lapierre, Être Ouragan, donne lieu à un simulacre d’articulet sur « Les 3 pires ouragans des 50 dernières années »… Et notre livre en soutien aux pirates somaliens du golfe d’Aden, Frères de la Côte, est commenté par une notice cyber-encyclopédique délirante qui nous apprend que ces Frères de la Côte constituent une organisation qui « s’est réunie pour la première fois au Chili en 1950 » et qu’ils obéissent à « une loi appelée Octagon », le tout illustré de photos tirées de banques d’images et montrant de jeunes et beaux matelots de la marine de guerre américaine… Le reste est à l’avenant.

On pourrait se contenter de rire de cette très grossière manipulation-falsification. Ou de mépriser de telles inanités, dépourvues en elles-mêmes de tout sens. On peut aussi y déceler une menace de plus à l’encontre de la liberté, un danger d’asservissement par la confusion mentale généralisée, engendré par les réseaux numériques et ceux qui les contrôlent. En tout état de cause, cette affaire, digne du théâtre de l’absurde, en dit long sur les progrès qu’accomplit le « grand mensonge » qui tient lieu de communication de masse en ce malheureux siècle — le dernier, si les humains n’y portent remède.

NB : Afin d’accélérer le référencement de notre site ressuscité dans les moteurs de recherche en ligne, nous demandons à nos amis et sympathisants de l’activer le plus souvent possible pendant au moins une minute. Comme il n’apparaît pas encore dans les moteurs de recherche, il convient, pour ce faire, d’entrer, dans la barre supérieure du navigateur, l’adresse Internet correspondant à notre nouveau nom de domaine :

https://www.insomniaqueediteur.com

L’INSOMNIAQUE

Montreuil, le 31 janvier 2019

 

Causerie-débat sur les pirates somaliens dans le Minervois, vendredi 12 août

À la ferme-camping de Cravirola, près de Minerve, dans le même lieu magnifique où j’ai été invité à parler des Enragé-e-s le 12 juillet dernier — encore merci à mes hôtes et hôtesses pour leur accueil et leur écoute, et aux cigales pour l’accompagnement ! — des auteur-e-s du livre Frères de la Côte. Mémoire en défense des pirates somaliens, traqués par toutes les puissances du monde (L’Insomniaque éditeur), dont une édition revue et augmentée est parue récemment, viendront présenter leur ouvrage.

Ne ratez pas cette occasion de les rencontrer (et de découvrir ce lieu, si vous ne le connaissez pas) si vous avez la chance d’être dans la région le 12 août.

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Procès de pirates somaliens à Paris du 29 mars au 15 avril: solidarité!

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Nouvelle édition revue et augmentée.

Du 29 mars au 15 avril 2016 plusieurs pirates somaliens capturés par l’armée française en 2011, suite à l’abordage d’un bateau français seront jugés devant la cour d’assise de Paris.

C’est le moment de rappeler que dans ce pays qui est l’un des plus pauvres du monde et où l’espérance de vie est de cinquante ans, devenir pirate n’a rien de romantique. Si pour certains attaquer les bateaux étrangers qui pillent leurs côtes est un acte politique, pour la majorité de ceux qui se retrouvent désignés comme pirates, il s’agit avant tout d’une question de survie et du résultat d’une pauvreté extrême.

Il s’agit aussi d’avoir en tête que cette zone du globe qui sert à la fois de réserve de pêche et de dépotoir de déchets toxiques au monde entier est devenue un laboratoire d’expérimentation pour tous les militaires, paramilitaires et conseillers en sécurité de la planète.

Dans ce contexte une solidarité avec ceux qui sont désignés comme les pirates somaliens s’impose.

Un procès va se dérouler du 29 mars au 15 avril 2016 devant les assises de Paris, celui de l’abordage par des pirates somaliens du bateau français le Tribal Kat, en septembre 2011, au large de la Somalie. Dans ce procès, comme dans les trois autres procès en piraterie (Le Carré d’as, Le Ponant et La Tanit) qui ont eu lieu en France ces cinq dernières années, les méchants seront donc des Somaliens. C’est une telle évidence que ces derniers semblent condamnés d’avance.

Mais à y regarder de plus près les évidences sont trompeuses.

Ainsi, sur les neuf Somaliens qui ont tenté d’aborder le Tribal kat, deux ont été tués et les sept qui vont être jugés devaient toucher 100 euros pour leur participation à une attaque pirate. Une fortune dans un pays où le salaire moyen est de 1 ou 2 euros par jour.

Parmi ces sept enrôlés comme manœuvres, plusieurs étaient mineurs au moment des faits. Au cours des quatre ans et demi de prison préventive déjà effectués, l’un d’eux a perdu un poumon, un autre la raison. Tous venaient de familles très pauvres, ce qui, en Somalie, signifie souffrir littéralement de la faim. Mais nous dira t-on sans doute au procès, cela n’excuse rien.

Chaque jour, bateaux de plaisance, porte-conteneurs, supertankers et autres symboles flottants de richesses narguent les Somaliens en passant au large de leurs côtes. Mais ces navires ne font malheureusement pas que passer. Il y en a aussi, tels les thoniers français ou espagnols, qui s’ arrêtent pour y pratiquer une pêche à outrance selon des méthodes interdites en Europe. Ainsi le littoral somalien est quotidiennement ratissé et détruit sous protection des coalitions militaires du monde entier et notamment de l’armée française. Face au pillage organisé de leurs côtes, les petits pêcheurs traditionnels somaliens n’ont donc qu’à crever… ou devenir pirates !

Outre le fait qu’on vienne y voler leur poisson, les eaux territoriales somaliennes sont utilisées comme dépotoir pour y déverser les déchets toxiques du monde entier. Déverser en Somalie ou au large des côtes de tout autre pays pauvre plomb, mercure, pesticides ou déchets radioactifs ne coûte que 2$50 alors qu’un retraitement légal coûte entre 250 et 300 $ le baril… Que depuis 20 ans les populations des villages côtiers voient apparaître des maladies graves caractéristiques d’exposition au mercure ou à la radioactivité, cela ne fera jamais l’objet d’un quelconque procès…

Plus de 1 000 pirates somaliens, dont 22 en France, croupissent ou ont croupi dans des geôles à travers le monde, capturés par des militaires et conduits dans les pays des bateaux qu’ils ont abordés. La question de la piraterie somalienne a fait l’objet d’une instrumentalisation politique et militaire qui a des retentissements dans les salles d’audience. Ainsi, en général, les pirates sont lourdement condamnés.

Dans ce contexte, le collectif Iskashato a écrit un livre Frères de la côte (L’Insomniaque, 126 p., 14 €), dont tous les bénéfices sont reversés aux pirates actuellement dans les prisons françaises.

J’ai dit tout le bien que je pense de ce livre sur le présent blogue.

Une édition augmentée et actualisée vient de sortir, Iskashato tente d’y analyser le phénomène de la piraterie en Somalie et la réaction mondialisée qu’elle a suscitée avec un point de vue explicitement solidaire et empathique des pirates.

Et toujours avoir en tête cette phrase de Bellamy à son procès en 1720 : «Ils nous condamnent, ces crapules, alors que la seule différence entre eux et nous, c’est qu’ils volent les pauvres sous couvert de la loi alors que nous pillons les riches armés de notre seul courage.»