Politiciens, VOUS PUEZ ! (au Liban… et partout)

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Un collectif, baptisé «Vous puez!» ridiculise la classe politique libanaise à propos de la «crise des déchets», qui voit s’amonceler dans les rues et les localités du pays des tonnes d’ordures ménagères, et ce depuis la mi-juillet 2016.

Le collectif a apposé, près de 24 décharges en plein air, des plaques au nom des ministres du gouvernement de M. Tammam Salam.

Habituellement, on honore les leaders de clan, les ministres et les députés en baptisant de leur nom des rues, des ponts et des autoroutes. Six mois après le début de la crise des déchets, nous avons pensé qu’il était de notre devoir national d’ «honorer» chacun des ministres du gouvernement pour cet exploit.

Le collectif annonce la tenue d’un sit-in samedi 6 février, au centre-ville de Beyrouth, place Riad Solh, pour protester contre «l’échec dégoûtant et honteux du gouvernement poubelle», les décharges improvisées et les risques cancérigènes liés aux incinérations sauvages auxquelles se sont livrées plus de soixante-dix municipalités.

Le quotidien L’Orient-Le Jour ajoute:

Dernier développement en date sur ce dossier, le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) a annoncé vendredi la présentation, par la compagnie britannique Chinook – chargée par le gouvernement de l’exportation des déchets –, de documents certifiant que la Russie accepte d’accueillir les déchets ménagers libanais, qui devront finir dans un incinérateur de ce pays. De nombreuses questions restent toutefois en suspens : comment se déroulera la préparation des déchets sur le territoire libanais avant leur transport par mer ? Qui contrôlera l’ensemble du processus ? Qu’en sera-t-il des déchets amoncelés dans les rues depuis des mois ? Que se passera-t-il au bout de dix-huit mois, le plan pour l’exportation, très couteux et pour le moins opaque, étant présenté comme temporaire.

Sœurs rebelles libanaises

J’emprunte les quelques lignes de présentation qui suivent au quotidien L’Orient-Le Jour.

Les sœurs Keserwany sont de retour. Après « Jagal el-Usek », « al-Jamal bi Wasat Beirut » et « Panique bel Parlement », Michelle, 27 ans, et Noëlle, 25 ans, ont publié une nouvelle vidéo vue déjà près de 40.000 fois en moins de 48 heures sur YouTube. Les deux sœurs, qui ont choisi la dérision en musique pour aborder des sujets sérieux, s’attaquent cette fois à un problème qui ronge la société libanaise : la corruption de la classe politique et le suivisme aveugle des Libanais de dirigeants qui ne leur donnent rien en retour. « Zaffatleh el-Tarik » (il a asphalté la rue pour moi) raconte l’histoire de ces Libanais qui adulent leurs « zaïms », qui râlent de leurs échecs mais continuent quand même à voter pour eux.

« Mon Zaïm peut faire tomber la neige en été, (…) il a bon cœur et c’est l’intention qui compte ! ». Le ton est donné dès la première phrase de cette chanson satirique écrite par les deux sœurs Keserwany. Sur fond de sacs poubelles multicolores entassés sur une route, les jeunes sœurs portent un masque et chantent : « Il a asphalté la rue pour moi et lors des élections il m’a donné une belle casquette et une bouteille d’eau… ».

On verra, à la fin de la première vidéo, des images de manifestations récentes.