PORCHERIE (2013)

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De la part de Marcela Iacub, je trouve que Belle et bête est un titre prétentieux, mais passons[1].

La démarche de cette personne épuise la définition courante de l’obscénité, mais je comprends bien qu’elle n’en a cure.

Ne m’étonnent pas davantage les faux-culeries des Joffrin, Daniel, Garcin, Bourmeau et Cie… On est tenté de reprendre le refrain ponctuant certaine chanson des Béruriers noirs : Porcherie !

Ce que j’ai davantage de mal à comprendre c’est l’étonnement de certain(e)s.

Tel souligne que Marcela Iacub est par ailleurs une juriste « scrupuleuse ». Il se trouve que je l’ai prise en flagrant délit de n’importe quoi sur un sujet que je connais particulièrement bien : le droit à la mort (voir mon droit de réponse publié à l’époque par Libération. Arrêtez-moi si je me trompe, je serais supposé croire que la juriste n’est « scrupuleuse » que sur les sujets auxquels je ne connais rien ? Tsss !

Telle autre (Peggy Sastre) est navrée de voir cette « libertaire » s’égarer. Mais chère Peggy, Iacub n’est pas et n’a jamais été « libertaire ». Le supposer est une insulte à tous/toutes les libertaires de la planète. Iacub est une libertarienne, et j’ai l’habitude de répéter (pas assez semble-t-il !) que le point commun entre « libertaire » et « libertarien », c’est rien. Lire la suite

Tarnac, ou de l’utilité douteuse des idiots (2009)

Gueule rouge

 

Faisant retour sur l’affaire de Tarnac[1], Laurent Joffrin, qui se qualifie lui-même d’« idiot utile » — selon l’ironique expression de Lénine — reproche à Éric Hazan, éditeur de L’Insurrection qui vient d’avoir avoué une « ruse tactique ». Il aurait reconnu son mépris du droidelhommisme auquel il a pourtant eu recours pour réclamer l’élargissement de Julien Coupat et de ses ami(e)s.

Si Éric Hazan avait procédé exactement comme le prétend Joffrin, il mériterait bien lui aussi l’épithète d’idiot, dont l’utilité serait sujette à caution. Faudrait-il pas être sot, en effet, pour saborder un outil politique supposé avoir prouvé son efficacité, alors que nul ne sait encore si l’affaire de Tarnac se soldera par un non-lieu, un procès, ou de nouvelles mises en examen. On imagine le fâcheux effet d’un tel retournement stratégique lors d’une audience. Pour ne rien dire des innombrables embastillements à venir, à propos desquels les protestations « démocratiques » ne recueilleraient que les sarcasmes des personnalités et journalistes auxquels elles s’adresseraient.

Or, dans le texte que reproduit d’ailleurs Joffrin dans le sien, Hazan exprime un point de vue assez différent :

« Pour retourner contre l’appareil d’État les armes qu’il pointait sur nous, nous avons fait appel dans nos interventions publiques au vieux fonds humaniste-démocratique de la gauche. Dans l’inquiétude où nous étions sur le sort de nos amis emprisonnés, nous avons eu spontanément recours à cet arsenal usé mais rassurant [Je souligne. C.G.], le mieux fait pour réunir des voix, des sympathies, des signatures. »

Davantage que l’aveu d’une stratégie cynique, c’est l’aveu d’une naïveté politique. D’une illusion devrais-je dire, et point dissipée au moment où Hazan écrit son texte, puisqu’il semble toujours penser que le registre démocrate est le plus efficace « pour réunir des voix, des sympathies, des signatures ». Jamais prouvé par rien, cet a priori dispense presque toujours les militants de rédiger leurs appels et pétitions sans recourir aux clichés, politiques et rédactionnels, qui viennent « spontanément » — c’est-à-dire dans une complète détermination culturelle — à leur esprit. Lire la suite

Censure et violence contre le FN : principes ou stratégie ? (1997)

Publié dans la revue No Pasaran (avril 1997, n° 46).
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L’expulsion par la force, puis la mise à sac (partielle), du stand du Front national, lors du dernier Salon du livre, a provoqué un débat sur lequel il n’est pas inutile de revenir. La situation se représentera en effet à de nombreuses reprises dans les temps qui viennent.

Les questions posées sont de deux ordres. Du point de vue des principes, tout d’abord, est-il « démocratique » ou moralement défendable de demander ou d’imposer « l’interdiction » des livres ou des journaux fascistes ? N’est-ce pas utiliser les mêmes méthodes que l’adversaire ? D’un point de vue tactique, ensuite, est-ce faire le jeu du Front ?

Je suis absolument hostile, j’ai eu l’occasion de le répéter à maintes reprises, à toute espèce de censure d’État, sans aucune exception possible. Ni Mein Kampf ni les livres pédophiles ou pornographiques, ni la Bible ni Suicide, mode d’emploi, pour prendre quelques uns des exemples qui viennent à l’esprit des censeurs démocrates. Mais il s’agit de bien savoir pourquoi !

La première raison est que je refuse de déléguer mes colères ou mes dégoûts à mes ennemis. Si je peux être amené à porter plainte contre des militants FN ou des policiers agresseurs, ou contre tel écrivain ou journaliste diffamateur, je n’entends pas confier aux tribunaux le soin de trancher des débats théoriques, historiques ou moraux ou celui de décréter une vérité officielle, dont je suis adversaire par principe.

Je ne me place pas du point de vue d’un droit naturel abstrait à la libre expression de toute entité vivante dans la galaxie (ce qui devrait en effet inclure M. Le Pen), mais du point de vue de la stratégie révolutionnaire. Il serait naïf et dangereux de venir réclamer au ministre de l’Intérieur des mesures coercitives contre tel de nos adversaires, alors que l’expérience historique montre qu’une loi votée contre les fascistes servira immanquablement demain contre les révolutionnaires. Dans les années 70, la Ligue communiste a ainsi été dissoute en application d’une loi votée dans les années 30 contre les ligues fascistes… Aujourd’hui, le summum de l’imbécillité « démocratique-radicale » est de réclamer l’interdiction du Front national, d’ailleurs pure rodomontade puisqu’elle est impossible à envisager juridiquement. Exemple limite, la pétition lancée par Charlie Hebdo est ainsi rédigée : « Nous vous demandons de dissoudre le Front national, cette ligue dont le but politique est de faire disparaître la République. » Je rappelle que le mouvement anarchiste est né sous et contre la République, et que la logique de cet appel suppose de réclamer également l’interdiction de tous les groupes libertaires et révolutionnaires, la saisie de leurs journaux et la fermeture de leurs radios !

Dans un texte précisément distribué aux alentours du stand FN au Salon du livre par Pierre Guillaume, révisionniste bien connu, le libraire qui diffuse le dernier livre de Roger Garaudy fait remarquer que la librairie La Vieille Taupe (du même Guillaume) a été contrainte de fermer à la suite de nombreuses agressions, alors que les livres qu’elle vendait n’étaient pas interdits. L’argument rencontre un certain écho. Dans Libération (17 mars dernier), Laurent Joffrin écrit à propos du FN : « L’emploi de moyens violents, coercitifs, contre la propagande frontiste n’est pas aujourd’hui opportun. […] Seuls ses propos ou écrits illégaux peuvent être sanctionnés. »

Les militants révolutionnaires se trouveraient donc dans une impasse : soit ils recourent à la censure d’État, avec pour conséquence de la renforcer jusqu’à ce qu’elle les frappe, soit ils emploient des moyens violents, jugés illégitimes ou maladroits en ce qu’ils servent un adversaire prompt à jouer les martyrs.

Je pense que nous pouvons sortir de ce dilemme en combinant refus de toute censure d’État et actions spectaculaires, qu’elles soient à caractère « militaire » ou non. Pour prendre un autre exemple, je suis à la fois hostile à l’interdiction policière des manifestations intégristes devant les cliniques qui pratiquent les avortements et favorable à des contre-manifestations violentes. Il peut s’agir de violences symboliques (jet d’œufs, de peinture, dégradation du matériel de l’ennemi) et non uniquement de violences contre les personnes, dans le genre « manche de pioche ».

Le risque de tels incidents ne réside pas tant dans l’usage immédiat (et inévitable) qu’en fait la propagande de l’adversaire, que dans une polarisation progressive, et excessive, sur des affrontements militaires, dont on sait par expérience qu’ils sont propices aux fixations machistes et élitistes, et finissent par transformer aux yeux de la population l’agitation révolutionnaire en une espèce de rivalité entre extrême gauche et extrême droite, match arbitré – sans aucun esprit sportif – par la police. La poursuite du débat sur ces questions de stratégie, la diversification des formes d’actions violentes (par le recours à la dérision), un soin particulier mis à expliquer publiquement ce type d’actions, devraient permettre de limiter ce risque.

Ce texte a été republié dans  rubon5

L’histoire, le sexe et la révolution

Ce texte constitue l’épilogue du livre Pièces à convictions.rubon5

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« Depuis 1968, ma réflexion et ma pratique politique sont un inventaire permanent. Ce n’est pas la révolution permanente, c’est l’inventaire permanent. »

Daniel Cohn-Bendit, Libération, 8 mars 2001.

 

Démocratie privée de son empire, la société française n’aime ni l’histoire de ses origines (la Terreur) ni celle de sa splendeur (le colonialisme). La mémoire collective qu’elle décrète bienséante est donc sélective. Elle use volontiers de prescriptions morales et de sommations juridiques. Énième avatar du genre, le « droit d’inventaire » — d’abord revendiqué par un dirigeant social-démocrate à l’égard de la politique de François Mitterrand —, qu’un essayiste[1] proposa d’exercer sur Mai 1968 et singulièrement sur « la question du sexe » qui, si l’on comprend bien, y trouvait ses origines. Comme nous le verrons, d’autres transformeront bien vite en « devoir » pour les autres le nouveau droit qu’ils s’accordent à eux-mêmes. C’est que la révision de l’histoire au service de l’idéologie se doit d’être permanente, et les réviseurs capables d’émulation et de surenchère.

Les réviseurs suggèrent qu’une chape de plomb soixante-huitarde, révolutionnaire et libertaire, pèse sur la société française, dont la présence au pouvoir — au gouvernement, dans les médias et chez les dirigeants patronaux — d’anciens gauchistes serait le signe. Ces ralliés au capitalisme, y compris dans sa variante chimérique « libérale-libertaire », sont supposés incarner la persistance de Mai. Ainsi rivalisent entre eux, pour la même cause, ceux qui depuis toujours nient la nature du mouvement de 68 et ceux qui l’ont renié.

Spécialiste de la police des idées, le réviseur se flatte de compétences archéologiques. Ayant affirmé la nécessité d’un inventaire, il peut faire valoir ses droits d’inventeur [2]. Ainsi révélera-t-il l’existence de la « pédophilie ». Il a trouvé ça tout seul ! On savait que Marx avait créé les camps staliniens ; on découvre à l’aube du XXIe siècle que ce sont Mai 68 et la décennie suivante qui ont produit la « pédophilie ». Jusque-là, Mai 68 était supposé n’être rien. Révision faite, il faut admettre que de ce non-lieu de l’utopie vient tout le mal de l’époque : la « pédophilie », la violence, le laxisme, la délinquance, la drogue, l’absentéisme scolaire, le syndrome immunodépressif acquis, etc. Lire la suite

Pourquoi je vote moins pas Bayrou que les autres, si j’ose dire (2007)

– Alors toi tu ne votes pas ?

– Comme d’hab. Je ne me suis jamais inscrit sur les listes.

– Mais tu comprends que je veuille voter contre Sarko, quand même ?

– Ce que je ne suis pas certain de comprendre, c’est ce que ça signifie pour toi. Je ne reviens pas sur le fait que Sarkozy a été au pouvoir ces derniers mois (sous-entendu : si ça vous dégoûte tellement, il n’a pas manqué d’occasions de le montrer…).

C’est vrai que j’ai traité des élections en plaisantant jusqu’à présent (cf. « Entre Ségoïstes et Sarkophages ». je vais essayer de te dire sérieusement ce que j’en pense.

Des trois politicien(ne)s qui ont une chance de parvenir à la «magistrature suprême», comme on dit, aucun(e) ne prétend faire autre chose que gérer le système capitaliste. C’est pour cette raison — centrale à mes yeux — qu’il n’existe pas de différence entre eux.

Cela dit, à supposer que je veuille comme tu dis « voter contre Sarkozy », ou bien cela signifie que je me moque du résultat (Sarkozy président ou viré) et alors je peux très bien montrer de la sympathie pour Besancenot, afficher des préoccupations écologistes en votant Voynet ou rester fidèle à une tradition familiale en votant Buffet. Tu peux faire le même raisonnement pour tous les autres candidats en dehors du trio de tête, Le Pen compris.

Dans cette élection précise, voter au premier tour pour l’un quelconque des petits candidats, c’est renforcer les chances de Sarkozy d’arriver en tête avec une confortable avance. Donc, en votant Besancenot ou Buffet, je vote Sarko. Pas la peine de sauter en l’air et de hurler à la diffamation, c’est une question matérielle, qui n’a rien à voir avec le « programme » desdits candidat(s).

Les groupuscules font de la publicité pour eux-mêmes en se foutant de la conséquence politique de leurs actes (étrange, non, pour des gens qui se proclament encore, pour certain(e)s, « matérialistes »).

Le problème est de savoir si on souhaite « afficher une opinion », ce dont le système se fout complètement, ou bien peser réellement sur le résultat.

Il y a toute une variété de positions vaines et dérisoires du genre « vote blanc ou nul » : « Ben tu ouas, si y’avait vachement de votes nuls, ben les politiciens y verraient que les gens y croient plus à eux, tu ouas ? »

Oui ? Et ils s’en branlent mon p’tit père. Totalement. Le résultat seul compte. Exemple récent : l’élection de Chirac avec des millions de voix de gauche anti-Le Pen, et des crétins qui disent qu’il sera «obligé» d’en tenir compte… Ben non, précisément, pas obligé. Seul le résultat compte. S’il y a 200 voix de majorité avec 20% des électeurs inscrits, il y a tout de même un président élu, et c’est la seule chose qui compte pour lui. Vois les États-Unis. Bush te donne l’impression d’être très gêné aux entournures pour jouer le maître du monde ? Non hein ! Ben t’as raison, il est pas gêné du tout. Et pourtant si on suivait ton raisonnement, il devrait être paralysé du matin au soir.

La vérité, c’est que ton raisonnement est un raisonnement moraliste. C’est-à-dire qu’il ne pèse rien contre la réalité.

Poursuivons : Si ça te débecte d’aller voter pour quelqu’un que tu ne trouves pas sympathique, ni dans sa personne ni dans ses idées, va te promener à la campagne et lâche-nous avec tes préoccupations moralo-anti-Sarko.

Si au contraire — et il n’est nullement besoin de mettre des gants de ménage ou une pince à linge sur le nez, niaiseries potaches et pitoyables — tu juges utile de faire ce qui est possible sur le terrain électoral — sans préjuger du fait que l’essentiel se joue ailleurs : dans les luttes sociales — pour envoyer Sarkozy à l’ANPE, alors il faut essayer de déterminer quel est le ou la candidate qui a le plus de chance de le battre au second tour.

Je remarque au passage que c’est terme à terme le contraire du «conseil» donné par l’excellent Laurent Joffrin aux lecteurs de Libération : voter dans votre famille d’idées (comprends  : pas pour Bayrou) et les vaches seront bien gardées (comprends : Sarko est « démocratiquement » élu).

Il ne s’agit pas d’une science exacte ; inutile de se lamenter, c’est comme ça. Une proportion considérable d’électeurs ne savent pas encore ce qu’ils vont faire ou plus exactement n’ont pas l’intention de le dire… Donc, on estime et on suppute, toujours en matérialistes, c’est-à-dire uniquement en fonction du résultat escompté.

Ségolène Royal a trois défauts aux yeux de l’opinion « de gauche », elle est une femme (certes, c’est au contraire un avantage aux yeux de certain(e)s), elle est maladroite et elle affiche une dégaine de bourge militaro-coincée qui donne des nausées à l’électorat ouvrier (celui qui n’est pas encore passé au FN).

Là encore, la question n’est pas du tout de savoir si l’opinion a tort d’être machiste. Ou plus précisément, dire que l’opinion a tort d’être machiste ne change rien à rien. Le comble de la niaiserie étant d’aller voter Royal sous prétexte qu’« une femme présidente de la République », ça serait moderne, ou je ne sais quoi d’autre. La question est de savoir si cette femme a des chances de battre Sarkozy. Et la réponse semble bien être NON.

Donc autant pratiquer un « vote féministe » en votant pour Laguillier ou Voynet (en se souvenant, qu’on facilite la carrière de Sarko).

Royal contre Sarko signifierait Sarko. Ça n’est pas lire dans le marc de café, c’est simplement ce qui semble ressortir des enquêtes dont nous disposons (causes : mauvais report des voix communistes et gauchistes à gauche, des voix Bayrou à droite).

Bayrou contre Sarko signifierait Bayrou. Ça ne transforme pas un démocrate-chrétien plan plan en « candidat antisystème » ni ne signifie qu’une présidence Bayrou serait particulièrement moins pénible sur le chapitre policier ou social. Ça signifie simplement ce que ça dit : Sarkozy à l’ANPE.

Revenons maintenant à la question centrale : les luttes anticapitalistes. Elles pourront se développer aussi bien (ou mal) sous Sarko que sous Bayrou. Le seul avantage de Bayrou me semble être son côté désuet. Les deux autres sont des « américains », ambitieux et résolument modernes.

Vous me direz que Bayrou a parlé de prendre pour premier ministre une crapule PS, gestionnaire capitaliste s’il en est. Ben oui, une fois de plus, il ne s’agit pas de choisir un amant mais d’intervenir dans un processus électoral — c’est pas moi qui y tiens ! — qui est précisément conçu pour que ce que tu peux faire ait le moins d’effet possible.

Et c’est un système efficace. Si tu y crois (je vote pour celui/celle qui me ressemble), il te paralyse. Si tu y interviens, l’effet est presque imperceptible.

Supposons Bayrou élu, le seul effet jouissif c’est la tronche de Royal, de Sarkozy et de Le Pen.

Royal et le PS ridiculisés (ne méritent rien d’autre, sinon des claques). Sarkozy battu à droite : la honte totale. Le Pen obligé de présenter Bayrou comme un dangereux gauchiste caché.

Cinq minutes de rigolade. Tout le reste à faire nous-mêmes, comme d’habitude.

– C’est tout ?

-Évidemment, c’est tout !