J’EMPORTE LE FEU ! À propos des centres de rétention (2008)

Le 22 juin 2008, après des mois de résistance quotidienne des sans-papiers «retenus», c’est le terme officiel, au Centre de rétention administrative (CRA) de Capture d’écran 2014-11-18 à 16.20.41Vincennes (en région parisienne), résistance contre leur détention, les brimades et violences policières et la volonté de les expulser hors de France, le feu éclate dans les bâtiments préfabriqués. La veille, Salem Essouli, malade et qui ne pouvait recevoir les soins nécessaires à son état dans le CRA, y était décédé.

Durant les six mois précédents, des militant(e)s avaient établi des contacts téléphoniques avec les retenus, tous des hommes, les femmes étant détenues à Paris. C’est l’essentiel de ces échanges qui est publié sous le titre Feu au centre de rétention par les jeunes éditions Libertalia.

Ces paroles de sans-papiers sont passionnantes à un double titre. D’abord pour qui veut connaître le détail de ce que l’on fait subir en son nom à des gens qui n’ont que le tort d’être étrangers et pauvres. Ensuite pour qui s’intéresse aux processus de mobilisation dans un milieu pour le moins défavorable. De ce point de vue, le centre de rétention est peut-être pire encore que la prison. Lire la suite