Lignes de force

“Discordia”, par Léon de Mattis

Je reprends ici intégralement un texte publié sur son blogue par Léon de Mattis à propos des dégradations subies par le local La Discordia, sous prétexte d’«islamophobie».
Je rejoins l’auteur sur la nécessité de transcender nos divergences (elles ne manquent pas!) pour préserver les condition d’un débat sur ces questions.
Une occasion sera fourni par les camarades du local Le Rémouleur à Bagnolet, le lundi 13 juin prochain.

C. G.

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Dans la nuit du 21 avril, les vitrines de la bibliothèque anarchiste la Discordia ont été brisées à coups de marteau. Les discordistes expliquent dans un communiqué que les positions qu’ils ont adoptées à l’égard de « l’islamophobie » sont la cause de cette attaque anonyme.

La question de l’islamophobie ne devrait pourtant pas diviser les tenants d’une critique radicale du monde du capital. Ceux qui sont visés par la politique répressive de l’État et des flics dans un pays comme la France ne le sont pas parce qu’ils sont musulmans, mais parce qu’ils sont prolétaires. Qu’une partie des prolétaires se reconnaissent eux-mêmes comme musulmans ou non ne change rien à l’affaire. Le capital ne donne jamais comme telles, benoitement, les raisons de ses nécessités politiques : celles-ci apparaissent avec les idéologies qui sont la forme même de ces nécessités.

Ce devrait donc être le propre de la pensée radicale de ne pas se laisser abuser par les faux débats qui séparent droite et gauche du capital. Ce qui est en jeu, et qui explique les choix politiques de l’État français, n’est pas l’opposition entre des musulmans et des chrétiens ou entre des religieux et des laïcs, mais le rapport entre les prolétaires et la classe dominante. Perdre ce point de vue, c’est se situer ailleurs que dans la perspective de la critique radicale. C’est participer au débat qui oppose Manuel Vals à Emmanuel Todt ou Edwy Plenel.

Et dans ce débat, tout est biaisé. Ceux qui critiquent l’islam ne critiquent pas toutes les religions, mais seulement celle-ci. Ceux qui défendent l’islam dénoncent le racisme de ce qu’ils appellent l’islamophobie mais refusent de tirer les conséquences de l’inscription de ce racisme dans les rapports de classe. Ils ne relèvent jamais que l’islam n’est plus tellement une difficulté quand c’est l’islam des riches. Quant aux prolétaires des cités, ce n’est pas seulement leur religion, réelle ou supposée, qui pose problème à l’État, mais bien, à en croire le discours dominant, tout ce qu’ils font : bizness, délinquance, « incivilités »…

Il y a aussi la force de l’islam politique, dont il ne faudrait pas sous-estimer l’appétit de pouvoir. Dire que l’islam est la religion des dominés est un pur mensonge. Il y a des classes dominantes dont la religion officielle est l’islam. Il y a des dominés qui se reconnaissent comme musulmans ou chrétiens et d’autres pour qui la religion n’est en pas un élément d’identification. L’islam politique, dans ses composantes conservatrices et réactionnaires comme dans ses formes extrémistes, voudrait faire croire que les bourgeoisies des pays musulmans et les prolétaires immigrés en occident ont des intérêts communs. C’est la reprise du crédo anti-impérialiste dont on connaît le triste résultat. L’islam politique joue à l’heure actuelle le rôle que jouait les idéologies nationalistes de la période de la décolonisation : enrôler des prolétaires au service de capitalistes dans leur guerre contre d’autres capitalistes.

La religion n’est pas un phénomène divin, mais un phénomène social et politique et c’est en tant que telle qu’elle doit être analysée. La religion apporte aux appétits terrestres la justification des nécessités célestes. Comme politique, elle ne peut être autre chose que le discours auto-justificateur du pouvoir. La critique de la religion est la condition de toute critique.

Toutes ces considérations sont donc loin d’être partagées puisque la Discordia a été attaquée en pleine nuit. Quelles que soient nos divergences, tant sur le plan des idées que des méthodes, je suis dans cette affaire du même côté que les discordistes, tandis que ceux qui, voulant dénoncer les discriminations, défendent les religions se rangent à coup sûr dans le camp des dieux et des maitres.

Capture d’écran 2015-01-15 à 14.38.41 Léon de Mattis

SUR L’IDÉOLOGIE ANTI-ISLAMOPHOBE, par F. Grim et A. Pinot-Noir

Ce texte entend répondre à ceux qui, parmi les communistes libertaires, sont engagés dans un combat contre « l’islamophobie » et, à ce titre, prétendent interdire toute critique de l’islam et promouvoir une théorie de la « race sociale », dans un climat pour le moins générateur de tensions, d’accusations de racisme, et même d’attaques caractérisées.

S’il date vraisemblablement du début du siècle dernier, c’est depuis peu que le terme « islamophobie » a fait une percée fulgurante comme appellation du racisme contre « les Arabes ». On passe ainsi du racisme anti-maghrébin à l’effroi ou l’horreur suscités par la religion des musulmans. Les immigrés et leurs descendants ne seraient plus rejetés pour des raisons « ethniques » mais pour leur appartenance supposée à une culture originelle identifiée à l’une de ses dimensions : la religion musulmane – qu’ils sont pourtant nombreux à ne pas pratiquer, et ceci même lorsqu’il leur arrive d’en conserver quelques traditions devenues coutumières.

Se joue là un tour de passe-passe qui assimile la « race » à la religion en tant que matrice culturelle. On est face à une « mystification conceptuelle (…), l’assignation de tout un pan d’individus, en fonction de leur origine ou de leur apparence physique, à la catégorie de « musulmans », permettant de faire taire toute critique de l’islam, parce que celle-ci ne rentrerait plus dans la critique des religions, mais directement dans le domaine du racisme »[1] . Si Claude Guillon voit du « mépris » dans cet « antiracisme des imbéciles »[2], nous y décelons surtout ce spectre qui hante la gauche : le tiers-mondisme, idéologie qui conduit à adopter de façon acritique le parti de « l’opprimé » contre celui de « l’oppresseur ». C’est ainsi que, pendant la guerre du Vietnam, dénoncer les Américains entraînait le soutien au Viet Minh et à la politique d’Ho Chi Minh, dont les comités Vietnam scandaient le nom et brandissaient le portrait à longueur de manif ; comme aujourd’hui, défendre les Kurdes peut impliquer de soutenir le PKK et de brandir le portrait d’Oçalan. Ce qu’il s’est passé pendant la guerre d’Algérie où ceux qui, voyant dans le « colonisé » l’exploité par excellence, ont soutenu inconditionnellement le FLN, s’est reproduit face à la révolution iranienne de 79 et chez les pro-Palestiniens. Le tiers-mondisme a ainsi abandonné petit à petit le prolétariat comme sujet révolutionnaire pour lui substituer le colonisé, puis l’immigré, puis les descendants d’immigrés… et enfin les croyants. Le tiers-mondisme originel avait promu le relativisme culturel, ses successeurs ont adopté le culturalisme, qui prétend expliquer les rapports sociaux par les différences culturelles. C’est dans les années 80, avec la grande manipulation de SOS Racisme, que ce glissement est devenu une doctrine qui donnera naissance à toutes les dérives actuelles, jusqu’à assigner une identité musulmane à tous les immigrés « arabes » et leurs descendants.

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Devant le constat du glissement opéré au sein de toute une partie de la gauche vers l’idéologie culturaliste, il est intéressant de pointer que celle-ci est devenue, après 1968, l’angle d’attaque d’un courant d’extrême-droite : la Nouvelle droite. Son rejet de l’immigration ne repose plus sur un racisme biologique mais sur l’idée d’assignation identitaire, basée sur une vision figée des sociétés dans des traditions anciennes, et sur la nécessité, comme garantie de paix sociale, de conserver des cultures homogènes. Selon les élucubrations des néo-droitiers, pour qui les conflits sont ethno-culturels et pas de classes, les Maghrébins, par exemple, assignés à la culture musulmane, doivent en conséquence rester dans leur pays d’origine pour vivre leurs traditions entre eux ! Au passage, Alain de Benoist, chef de file de la Nouvelle droite, défend des luttes tiers-mondistes et anti-impérialistes, et nie le caractère raciste de sa « défense de l’identité européenne ». Cette évolution du discours raciste est à l’œuvre depuis quelques années au sein d’une autre formation d’extrême-droite, en quête de respectabilité, le Front national, qui reprend en partie la rhétorique de la Nouvelle droite : le problème ce n’est plus les « immigrés » mais les « musulmans ».

C’est ainsi que l’on en vient, de bords a priori radicalement opposés, à adopter un discours identitaire qui considère que tous ceux qui ont un lien d’origine ou familial avec l’un ou l’autre pays du Maghreb (ou d’autres pays « arabes ») doivent se considérer comme musulmans, sous l’appellation aberrante de « Français d’origine musulmane ». Alors que ce n’est pas en raison de la religion qu’ils pratiquent ou qu’on leur prête qu’ils sont discriminés mais parce que ce sont des travailleurs immigrés ou issus de familles ayant immigré. Ce n’est pas l’identité qui est en jeu mais l’appartenance de classe. Cette « origine musulmane », qui fait bondir les athées d’origine maghrébine, travestit un stigmate social en stigmate culturel. L’État et les media ne s’y trompent pas quand ils font du « musulman », forcément islamiste (et plus ou moins modéré ou radicalisé), la nouvelle caractérisation du membre de la classe dangereuse [3].

C’est sur ces bases que l’idéologie identitaire anti-islamophobe vient s’associer, notamment chez certains marxistes, à celle de la « race sociale », chimère universitaire d’importation récente, qui tente de plaquer ici le schéma racial et communautaire de la société américaine. Cette vision « racialiste »[4] qui prétend créer une nouvelle classe de « race » ne sert en réalité qu’à masquer, voire à nier, la réalité du rapport social capitaliste : l’exploitation des prolétaires, de tous les prolétaires, quels que soient leur origine, leur couleur de peau, leur religion et leurs us et coutumes personnels. La justification en serait que le racisme aurait été indispensable au développement capitaliste parce qu’il justifierait le colonialisme. En réalité, inférioriser l’opprimé a toujours été une stratégie de pouvoir qui s’applique à tous les opprimés quelle que soit leur supposée « race ». Maintenir dans leur condition les serfs, les paysans pauvres, les esclaves puis les ouvriers, passe notamment par les empêcher de s’exprimer et d’avoir accès à l’éducation, au prétexte qu’ils seraient trop bêtes et ignares pour cela, qu’ils appartiendraient à une catégorie inférieure. Rappelons que les Anglais ont durement colonisé et pillé les Irlandais et les Russes les Ukrainiens sans avoir besoin d’une telle justification. Et, dans leur ensemble, pillage et colonisation, tout comme l’exploitation proprement dite, n’ont pas besoin de quelconque excuse.

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Et pourtant, le racisme existe bel et bien et le rejet du « musulman » pauvre et immigré est l’une de ses manifestations. Le discours du FN, du Bloc identitaire et de Pegida contre l’islam n’est que l’arbre qui cache la forêt : ce sont simplement des racistes qui veulent que les immigrés dégagent. L’argument culturel est sans doute plus respectable à leurs yeux que les vieilles lunes racistes basées sur des caractéristiques qui seraient innées (les Noirs sont comme ci, les Arabes comme ça…). Cette stratégie leur permet aussi de ratisser plus large, d’autant que ces mouvements exploitent à leurs fins racistes la montée réelle de l’islam radical. Si l’immigration est pour eux le fond du problème, ils se raccrochent à des arguments plus honorables tels que la défense de la laïcité ou le combat contre le sexisme. Mais, en réalité, que les immigrés (pauvres, bien sûr) soient ou non musulmans, ils sont toujours pour eux des indésirables.

Le racisme, comme la xénophobie, est un outil qu’utilisent les dominants contre les dominés. Ainsi, Fredy Perlman écrit : «  Les colons-envahisseurs d’Amérique du Nord avaient recours à un outil qui n’était pas, tel la guillotine, une nouvelle invention, mais qui était tout aussi mortel. Cet instrument sera plus tard nommé racisme et s’intègrera dans la pratique nationaliste (…). Les gens qui avaient abandonné leurs villages et leurs familles, qui étaient en train d’oublier leur langue et qui perdaient leur culture, qui étaient dépouillés de tout sauf de leur sociabilité, étaient manipulés afin de considérer la couleur de leur peau comme substitut à ce qu’ils avaient perdu » ; « le racisme avait été une arme parmi d’autres pour mobiliser les armées coloniales (….) et elle n’a pas supplanté les autres méthodes, elles les a plutôt complémentées »[5]. Il s’agit de créer des catégories permettant de diviser pour prévenir ou écraser les rébellions et les luttes sociales. C’est ce qu’a fait, en Algérie, le gouvernement français en 1870, en octroyant par décret (la « loi Crémieux ») la nationalité française aux « indigènes israélites », les séparant arbitrairement des « indigènes musulmans ». L’appartenance « religieuse » a également été utilisée pour écraser les luttes sociales en ex-Yougoslavie avec la fabrication d’une « nationalité musulmane » inconnue, dressant les uns contre les autres des gens qui vivaient jusque-là tous ensemble.

Les divisions raciales deviennent, logiquement, particulièrement opérantes dans les périodes de crise où le revenu s’effondre et où l’emploi vient à manquer. C’est sur ce terrain que le FN parvient à conquérir les anciens bastions ouvriers de la gauche. Et, même à l’époque du plein-emploi, le pouvoir et ses media ont toujours plus ou moins entretenu la xénophobie, encourageant la stigmatisation successive de chacune des différentes vagues de travailleurs immigrés (les « Polaks », les « Macaronis », « les Portos », etc.). La grande différence était que, dans les unités de travail, la solidarité ouvrière prévalait sur les préjugés et que tout le monde travaillait et combattait au coude à coude. Mais c’était avant….

Quant au terme « islamophobie », le problème ne réside en réalité pas dans la notion elle-même mais dans l’usage qu’en font ceux qui la manipulent. On retrouve d’ailleurs les mêmes usages manipulatoires de la notion d’antisémitisme lorsque ce terme est donné pour un équivalent de l’antisionisme et achève sa course en « judéophobie », avec l’affirmation que la critique du sionisme ne peut qu’être une attitude raciste vis-à-vis des « juifs » et non une critique du caractère colonisateur de l’Etat confessionnel qu’est Israël.

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L’islam politique vise, comme le dit Claude Guillon, à faire de « l’islamophobie une arme de guerre idéologique contre l’athéisme »[6] et, plus largement, un vecteur de propagande pour la religion musulmane. Les anti-islamophobes d’extrême gauche ont des positions pour le moins ambivalentes par rapport cet islam politique. Ils prétendent ainsi interdire toute critique de la religion musulmane donnée pour une pratique raciste, dans une posture moralisatrice révélatrice d’un manque d’analyse de l’évolution de l’islam politique dans le monde depuis la révolution iranienne de 1979. Quand ils n’en viennent pas à en nier l’existence même. Face au djihadisme, nos anti-islamophobes ne se laissent pas pour autant désarçonner. Après chaque attentat commis par les djihadistes en Europe (qui s’ajoute à la longue liste de leurs forfaits, notamment sur le continent africain et au Moyen-Orient), ils s’inquiètent surtout de la recrudescence d’« islamophobie » (et aussi, à juste titre, des politiques répressives) que cela risque d’entraîner et pointent comme seul responsable l’impérialisme occidental. Ainsi, selon eux, les attentats de Paris du 13 novembre 2015 ne seraient qu’une répercussion des guerres menées par l’État français en Irak, en Libye, au Mali… Les intérêts de ce dernier dans les enjeux géopolitiques au Moyen-Orient et en Afrique sont évidents, mais insuffisants pour expliquer l’émergence et la persistance de l’État islamique[7] ou de Boko Haram. Ces discours permettent tant bien que mal aux anti-islamophobes de passer sous silence les implications réelles de l’islam radical dans les attentats, ici et ailleurs dans le monde, et de nier la capacité d’initiative de leurs auteurs, jusqu’à dédouaner les frères Kouachi ou Coulibaly parce qu’ils sont prolétaires et « issus de l’immigration ». On retrouve ici l’idéologie victimaire qui assigne non seulement des individus et des groupes à des identités (les femmes, les  « racisés », etc.), mais aussi à des statuts figés de victimes et d’opprimés dont il ne faudrait pas critiquer les choix et les pratiques, même les plus réactionnaires. De telles postures idéologiques amènent à occulter le caractère contre-révolutionnaire de l’islam radical qui, depuis plusieurs années, connaît en Europe occidentale (sans oublier bien sûr le Maghreb et le Moyen-Orient) une progression, même s’il reste minoritaire par rapport à l’ensemble de la population qui se dit musulmane. Alors qu’il était marginal, voire quasi inexistant, l’islam radical, dont la forme la plus courante aujourd’hui est le salafisme, s’est largement répandu.

Pour ces gentils anti-islamophobes, il s’agirait tout bonnement de considérer la religion musulmane avec la plus grande bienveillance parce que ce serait la « religion des opprimés ». Ils semblent oublier que la fonction même de toute religion est le contrôle social et, en l’occurrence, l’islam politique ne cesse d’affirmer partout sa vocation à contrôler au plus près la société qu’il entend régir. Ainsi, le salafisme occupe suffisamment le terrain dans certains quartiers urbains pauvres pour pouvoir exercer un contrôle social : pendant les émeutes de 2005, les salafistes ont d’ailleurs tenté de ramener l’ordre dans certaines banlieues. L’évolution de cette tendance s’inscrit dans un contexte de crise économique, marquée par le développement du chômage de masse, d’attaques sur les salaires mais aussi de recul des politiques sociales de l’État. Pour les pallier, les salafistes ont su mettre en place des réseaux d’entraide économique, ce qui leur permet d’avoir une emprise sur les populations.

Ne pas perdre de vue ce rôle des religions nous semble indispensable. « Une religion est en effet un ensemble de croyances métaphysiques qui portent en elles des règles de vie bien précises, basées sur la tradition et la morale, auxquelles l’individu doit se soumettre. Il s’agit d’un rapport social, une forme de mise au pas de chaque individu et des masses dans leur ensemble. Elle recouvre en outre un rôle de justification du pouvoir, de garant de la tradition et de l’ordre établi, plus généralement d’une certaine « pacification » sociale. Cela à travers une interprétation organiciste de la société, une exaltation des hiérarchies, le refus de l’autonomie individuelle. Souvent la religion est aussi un moyen de diriger la conflictualité sociale vers des cibles fictives, ou de la brider en faisant miroiter un paradis futur. Le paradis, ce triste mensonge qui garantit la paix pour les puissants, ici et maintenant. En donnant un espoir dans la transcendance, la religion étouffe la plupart des poussées révolutionnaires des exploités ici-bas et maintenant. Le beau passage de Bakounine, “Si Dieu existait réellement, il faudrait le faire disparaître” pointe précisément le fond du problème de la religion : l’idée de divinité est la base conceptuelle de l’autorité et sa contrepartie, la foi, celle de l’acceptation de la servitude »[8].

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Si la foi et les interrogations métaphysiques sont affaires personnelles et si l’on peut se trouver au coude à coude dans une lutte avec quelqu’un qui se dit croyant sans que cela pose problème, nous voulons pouvoir affirmer haut et fort que nous sommes athées. Affirmer notre athéisme et critiquer toutes les religions est indissociable de nos positions politiques et nous entendons librement pratiquer tant le blasphème que la dénonciation, au minimum, des pratiques religieuses et/ou coutumières coercitives, mutilantes ou humiliantes, ainsi que du statut inférieur assigné aux femmes par toutes les religions monothéistes (pour les autres, on verra une autre fois).

Enfin, précisons que, pour nous, il n’existe que deux classes, celle du capital et celle du travail. Même si, au sein de la classe exploitée, certains sont plus exploités que d’autres en raison de leur sexe et de leur origine, ils ne constituent pas une classe, ils en sont des segments créés par le pouvoir et les exploiteurs. La pensée bourgeoise, quel que soit son supposé bord politique, trouve là un moyen de diviser le prolétariat, de stimuler la concurrence entre les travailleurs et d’endiguer ainsi les luttes sociales. Parce que toute division de la classe du travail ne fait qu’affaiblir sa capacité de lutte et que la segmenter pour mieux la diviser permet à la classe du capital, particulièrement en période de crise, de jouer sur la concurrence de tous contre tous. Ce n’est pas par l’anti-racisme qu’on combat le racisme mais par la lutte des classes. Si l’on en est au point où « Penser avec la race devient un impératif incontournable » et que « tout refus de ce vocabulaire et de ce qu’il charrie sera systématiquement considéré comme de la dénégation, voire du déni, et tombera sous le coup du dispositif accusatoire »[9], cela ferait des racistes de ceux qui, comme nous, n’adhèrent pas à cette vision. Et ça nous semble un peu fort de café !

Mai 2016

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[1]    Cassandre, Nos « révolutionnaires » sont des gens pieux, sur le blog de Ravage Editons.

[2]    Claude Guillon, «Et Dieu créa l’islamophobie», sur son « blogue généraliste » Lignes de Force.

[3]    Louis Chevalier, grand historien bourgeois néanmoins passionnant, Classes laborieuses, classes dangereuses, Perrin.

[4]    Terme emprunté aux auteurs de « Tiens ça glisse », sur le blog http://racialisateursgohome.noblogs.org, qui nomment « racialisation toute analyse contribuant à développer ou à diffuser une théorie de la race ».

[5]    Fredy Perlman , «L’Appel Constant du nationalisme» in Anthologie de textes courts, Ravage Editions.

[6]    Claude Guillon, op. cit.

[7]    Pour une analyse approfondie, voir P. J. Luizard, Le Piège Daech, La Découverte.

[8]    Cassandre, op. cit.

[9]    « Tiens ça glisse », cf note 4.

 

Débat avec les auteures du texte
lundi 13 juin,19h30,au Rémouleur 
106, rue Victor Hugo
 93170 Bagnolet 
M° Robespierre ou Gallieni

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NB. Les illustrations ont été ajoutées par Lignes de force.

Concept d’«islamophobie» (suite) : textes, liens, débats, mensonges et sarcasmes…

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J’ai reçu peu de commentaires directs à la suite de la publication sur le présent blogue du texte intitulé «Et “dieu” créa l’“islamophobie”»…, sauf de courts messages d’encouragement, précieux certes, mais qui ne demandent pas à être reproduits.

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Je cite cependant celui-ci :

Il me semble que dans ton article « Et Dieu créa l’islamophobie », quelque chose t’a échappé. L’OCI ne dit pas que « les croyants » ont des « droits » et que les athées n’en ont pas. Elle dit que les croyants des religions abrahamiques et monothéistes, c’est-à-dire les musulmans, les chrétiens et les juifs (oui mais bon eux…) ont des droits et que les autres, mais pas seulement les athées, également les croyants des religions polythéistes, les animistes, et tout ce qui peut exister comme croyants de religions non-abrahamiques, n’ont aucun droit. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

Christophe

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Mon texte a été intégralement repris et/ou signalé sur les sites suivants:

Socialisme libertaire

Le Laboratoire anarchiste

Mondialisme.org

Non fides

En dehors

Le Blog de Floréal

Sous la cendre

Indymedia Bruxsel

Indymedia Nantes

INCENDO

Et, malgré ma défense maintes fois réitérée, par le crétin qui a intitulé son triste blogue « Serpent libertaire ».

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La version d’Indymedia Bruxsel présente l’avantage d’être suivie de commentaires.

On y apprendre, en vrac, qu’« après un début de carrière plutôt intéressant et sympathique contre les idées toutes faites et la pensée dominante, Claude Guillon a décidé de jouer dans la cour des grands [sic] et d’accéder à un monde politiquement correct d’où ses idées trop extrémistes l’avaient écarté. »

L’auteur de ce commentaire croit pouvoir annoncer que je vais prochainement prendre pour cibles les « “antisionistes”, les “anticolonialistes”, “les anti-impérialistes”, bref, tous les empêcheurs de tourner en rond dans le meilleur des mondes colemanesques possibles… »

L’adjectif « colemanesques » dérive d’Yves Coleman, auteur de la revue Ni patrie ni frontières, qui a repris un certain nombre de mes textes (voir le lien mondialisme.org ci-dessus). Au passage, j’ai l’impression que certains voient Coleman, auteur-éditeur d’une revue tirée à 200 exemplaires, comme une espèce de Citizen Kane du XXIe siècle, au cœur de la concentration de la presse française…

Passons. Une fois décidé que ledit Yves Coleman (qui n’en peut mais !) est mon « nouveau maître à penser » (sans préciser qui était le précédent…), il est facile à notre illusionniste d’aligner une longue liste de liens conduisant à des articles de Coleman, dont il va de soi — désormais — que je suis censé les endosser.

On apprendra encore que je fais désormais partie des « anarchistes “respectables” » qui « disent exactement la même chose que Fourest, Val, Finkielkraut ou même Éric Zemmour, ce qui prouve bien plus sûrement qu’ils sont sur la même longueur d’onde. »

Je m’étais dispensé jusqu’ici de lire une ligne de M. Zemmour, mais si des « anarchistes » pas respectables m’assurent que c’est un communiste libertaire antithéiste, je vais faire un effort…

On apprendra encore que « Je suis Charlie » sans le savoir. Comme j’ai pris la peine d’écrire le contraire et que cela s’est un peu su, il faut feinter : « Passer de Mordicus à Mondialisme.org et Le Monde libertaire pour promouvoir ses “idées” anarchistes, quelle déchéance ! Même ses fausses audaces par rapport à Charlie ne sont que des échappatoires. Il n’est pas Charlie seulement à cause de la récupération par le pouvoir, mais nulle part il n’émet la moindre critique envers ce journal raciste qui était passé depuis plus de dix ans dans le camp du pouvoir. D’autres ont eu ce courage qu’il n’a pas et qu’il n’aura jamais plus. »

Voyez comme on peut se tromper : j’aurais juré que ce passage du texte « Vous faites erreur, je ne suis pas Charlie ! » était une critique de Charlie Hebdo

Je ne suis pas Charlie, parce que si je partage la peine des proches des personnes assassinées, je ne me reconnais en aucune façon dans ce qu’était devenu, et depuis quelques dizaines d’années, le journal Charlie Hebdo. Après avoir commencé comme brûlot anarchisant, ce journal s’était retourné — notamment sous la direction de Philippe Val — contre son public des débuts. Il demeurait anticlérical. Est-ce que ça compte ? Oui. Est-ce que ça suffit ? Certainement pas. J’apprends que Houellebecq et Bernard Maris s’étaient pris d’une grande amitié, et que le premier a « suspendu » la promotion de son livre Soumission (ça ne lui coûtera rien) en hommage au second. Cela prouve que même dans les pires situations, il reste des occasions de rigoler.

Passons sur le léger retard de lecture à propos du Monde libertaire (voir Comment peut-on être anarchiste ?), le même messager de mauvais augure prévient qu’un jour les Coleman (dont je ne sache pas qu’il se soit jamais prétendu anarchiste) et les Guillon « dépasseront les Cohn-Bendit et les Philippe Val dans le reniement des idées libertaires, on préfère [ajoute-t-il] les anonymes qui n’ont pas retourné leur veste. »

Notez que je prétends justement, moi, qu’ils l’ont retournée en abandonnant l’antithéisme.

My tailor is perhaps rich but unfortunately no longer anarchist !

Et pour finir — très provisoirement, sans doute — je suis qualifié par un autre commentateur d’« ayatollah de la laïcité (d’État) », doublé d’un « idiot utile de l’anticommunisme » (étonnez-vous, après ça, que j’ai un emploi du temps de ministre…).

Le même fan me reproche de m’être « acoquiné » avec Octavio Alberola, en publiant à ses côtés une critique de Chomsky, Alberola dont « je ne peux pas ne pas avoir lu » un texte en faveur d’Onfray… Vous suivez toujours ?

Or me voici dans la pénible obligation de dessiller les yeux de mon sévère critique : je ne connais pas Alberola, sinon de vue, je ne lui ai jamais parlé. Et personne ne m’a demandé mon avis pour publier nos textes conjointement.

Oh !? Non !!! Eh si !…

Ainsi va le monde radical, et le ridicule des couillons qui bricolent des « écoles de pensée » sur la table de leur cuisine.

Il y a une chose qui manque dans la longue liste de liens, entrecoupée d’insultes, à laquelle je vous renvoie…

UNE CRITIQUE D’UN PASSAGE DE MON TEXTE

Mais je suis sûr que ça viendra. Il leur faut un peu de temps, c’est tout.

J’ajoute qu’en présence d’une critique précise et argumentée, je publierai et répondrai.

À moins bien sûr d’être terrassé par la force d’arguments, insoupçonnables à ce jour par ma misérable cervelle d’ex-mousquetaire anarchiste sénile et avide de voir ses mérites anticommunistes et « islamophobes » reconnus par l’État (putain ! 63 ans !), lesquels me convaincront de récuser le fier (croyais-je) slogan « Ni dieu ni maître » comme le « dicton » raciste qu’il est.

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Plusieurs textes portant sur le même sujet m’ont été signalés par leurs auteurs, des lecteurs et des lectrices :

Notes sur la religion dans son rapport avec le communisme

Le nouveau damné de la Terre est arrivé

Sur le site de la Marche mondiale des femmes contre les violences et la pauvreté (MMF) on peut télécharger le n° 280 (26 mars 2015) de son Courrier, dans lequel on trouvera un article de Laurent Zimmermann : « Évitons le terme d’“islamophobie” ».

L’auteur donne une citation de Salman Rushdie (dans Joseph Anton. Une autobiographie, Plon, 2012, chap. 6) :

« Un nouveau mot a été inventé pour permettre aux aveugles de rester aveugles : l’islamophobie. »

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Du côté des FEMEN

Je me suis rendu, le 29 août dernier, à la soirée-débat coorganisée à Paris par les Femen et le MLF (déposé), dont le thème était « Des femmes et des dieux ». Je souhaite revenir sur deux moments de la réunion.

Moment A (le désaccord).

Zineb El Rhazoui, journaliste à Charlie Hebdo, a d’abord parlé du concept d’ « islamophobie », de telle manière que, même si elle n’utilise pas les mêmes références documentaires que moi et ne se soucie pas des anarchistes (chacun[e] ses soucis !), j’ai pu penser que nous étions d’accord.

Hélas, au moment du débat avec la salle, une dame est intervenue pour rapporter son expérience. Employée dans une structure hospitalière (service public), elle a reçu en consultation une femme voilée dont elle ne voyait qu’un « triangle » du visage (les yeux probablement). Elle a fait part de son malaise à cette femme, laquelle est partie furieuse et a porté plainte pour discrimination (je résume[1]).

Zineb El Rhazoui a commenté ce récit en soulignant à quel point, à son avis, le service public hospitalier est un terrain de choix pour les militant(e)s islamistes ; elle a apporté tout son soutien à la dame visée par la plainte, applaudie par, disons une moitié de la salle au moins (très pleine, la salle, mais je n’ai pas procédé à un comptage).

Or voici où nous nous séparons Zineb El Rhazoui et moi. Je considère que, tel que compréhensible dans le récit de la dame, l’incident épuise la définition de l’islamophobie concrète dénoncée par l’intermédiaire du concept d’ « islamophobie », qui a par ailleurs d’autres objectifs et d’autres conséquences, ici récemment dénoncées.

Peu m’importent la sincérité et les éventuelles mauvaises intentions de la femme (« testing » prémédité) qui vient en consultation (ici sans accès nécessaire à son corps) dans la tenue qui correspond à ses partis pris religieux. La question est de savoir si mon propre parti pris philosophique, en tant qu’employée éventuelle de l’hôpital, suffit à légitimer des remarques, nécessairement ressenties comme désobligeantes, ou des obstacles mis à la consultation. Je réponds non.

Or il est d’autant plus dommageable que cette question ait été traitée de la sorte, que cela allait exactement en sens opposé à l’un des arguments — avec lequel je suis pleinement d’accord — opposé aux revendications religieuses. En l’espèce : il est bien possible que vous soyez choqué(e), heurté(e), agacé(e), etc. par mon mode de vie, ma vêture ou mes habitudes alimentaires, mais c’est la vie ! Et rien ne vous autorise, au nom de votre droit incontestable à croire et manger ce que vous voulez, à empiéter sur mes propres droits.

Cet argument ne vaut, comme règle de vie commune, que si il vaut pour tous et toutes, et pas seulement quand ça m’arrange, et qu’il sert mes propres partis pris.

Par ailleurs, quand une étrangère voilée me demande son chemin dans la rue, je le lui indique (si possible) sans assortir le renseignement d’un prêche antithéiste ; quand une manifestante voilée me demande du sérum physiologique pour son barbu de mari, gazé en même temps que moi dans une charge de police, je lui offre une dosette du produit sans l’assortir du « prix » d’une remarque acide. Et, je ne suis (même) pas payé pour ça.

Je ne crois pas que ce soit là que se situe la ligne de front ; je ne crois pas que des attitudes insultantes fasse avancer la cause de la laïcité d’un centimètre (je parle du pays où je vis ; dans une théocratie, la provocation a un autre poids). Et je ne vois pas comment l’on pourrait ensuite critiquer l’interdiction de signes religieux ou politiques à l’hôpital. Si je veux arborer un tee-shirt siglé du « A » anarchiste, ou mon badge préféré (« Trouble maker »), je veux pouvoir le faire sans laisser au médecin ou à l’infirmier protestant ou sarkosyste la latitude d’une « objection de conscience » dont les limites et les prétextes pourraient être discutés à l’infini (on attend déjà bien assez comme ça !).

Moment B (le mensonge).

Dans la continuité de la critique du concept d’ « islamophobie » comme « cheval de Troie théorique », je pose une question piquante à l’une des militantes Femen présente à la tribune. J’ai vu sur Internet une photo la représentant avec peint sur le torse le slogan « Allah created me free ». N’est-ce pas déjà une manifestation de démagogie à l’adresse d’un public musulman, quand on a plutôt vu dans un passé récent les Femen arborer des slogans clairement antireligieux. La jeune femme n’a pas le temps de répondre ; la meneuse du groupe, Inna Shevchenko s’en charge : « Il ne faut pas interpréter les slogans, mais s’en tenir à leur sens originel. Il était écrit : “Si Allah m’a créée, il m’a créée libre” ».

Tiens, se dit le piquant dépité, j’aurais mal lu, ou ma mémoire me joue des tours…

Or, après vérification sur le fil Twitter officiel de Femen France, voici la photo que je retrouve.

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C’est bien la même jeune femme ; le slogan est bien celui dont j’avais le souvenir (et dont j’avais publié une miniature dans les notes de « Et “dieu” créa l’“islamophobie” ») ; il est entièrement peint sur le torse puisque l’action est prévue et « cadrée » pour les photographes. Il est d’ailleurs repris — et lui seul — en légende de la photo.

Me voilà rassuré sur le fonctionnement de ma mémoire visuelle, à défaut de l’être sur la sincérité et les capacités d’autocritique d’Inna Shevchenko.

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[1] Je précise que je ne prétends pas rendre compte littéralement des propos de cette dame, l’incident qu’elle rapporte ayant fait l’objet d’une procédure judiciaire, dans laquelle je ne souhaite pas m’immiscer.

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ET «DIEU» CRÉA L’«ISLAMOPHOBIE»…

« Il » avait déjà, objecteront les vrai(e)s croyant(e)s, « créé l’homme dans les plus admirables proportions[1] ». Cela dit, il aurait été bien bête de s’abstenir d’ajouter à son œuvre une amélioration aussi féconde. Georges Brassens notait justement que « la courbure des reins, ça c’est une trouvaille ! » Dans un registre (hélas) différent, l’« islamophobie » aussi…

Si je suis (du verbe suivre) le Dictionnaire historique de la langue française, « phobie » est tiré du radical du grec phobos : « Celui-ci désigne une fuite (due à la panique), d’où un effroi, une peur intense et irraisonnée. […] L’élément -phobie sert à former un nom féminin correspondant au mot en -phobe et exprimant l’aversion, une peur morbide. »

Contrairement à ce que croit et écrit Caroline Fourest[2], le terme « islamophobie » n’a pas été créé par les mollahs iraniens à la fin des années 1970. Il apparaît déjà dans la première décennie du XXe siècle, dans des textes de juristes et d’islamologues occidentaux[3]. Cela n’empêche pas qu’il ait été utilisé par des religieux en Iran, et surtout — depuis le début des années 2000 — par les cinquante-sept États de l’Organisation de la conférence islamique (OCI, renommée depuis Organisation de la coopération islamique), organisme intergouvernemental. Lire la suite

Après les assassinats djihadistes de janvier 2015 à Paris: un numéro spécial de “Ni patrie ni frontières”

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Ni patrie ni frontières n° 48-49 (avril 2015) : Exécutions djihadistes de janvier 2015 à Paris (analyses et perspectives) – Antisémitisme et racisme antimusulmans en Europe – Autour du concept d’ islamophobie, 250 pages, 10 euros

Les réactions d’une grande partie de l’extrême gauche, de l’ultragauche, ou du mouvement anarchiste face aux dix-sept exécutions commises à Paris par un trio de meurtriers djihadistes entre le 7 et le 9 janvier 2015, réactions officielles mais aussi plus spontanées et révélatrices sur les réseaux sociaux, permettent de faire le point sur de nombreuses tares dans « nos milieux », sujets déjà traités dans trois numéros de la revue sous le titre « Nos tares politiques » et bientôt dans un quatrième.

Ce numéro commence par un article écrit en 2012 portant sur… Charlie Hebdo. Il est suivi par plusieurs contributions de la revue Temps critiques, du groupe Mouvement communiste, de Claude Guillon et de Ni patrie ni frontières sur les assassinats de Paris au début de de janvier 2015. La revue aborde ensuite la question de la montée de l’antisémitisme et du racisme antimusulmans en Europe, en essayant d’en dégager les causes et les conséquences. La dernière partie tourne autour des définitions de l’islamophobie et du racisme antimusulmans.

Pour toute commande écrire à yvescoleman@wanadoo.fr
Frais de port gratuits… pour celles et ceux qui commandent !
Catalogue disponible ici.

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Sommaire

– Quelques leçons à tirer des assassinats djihadistes des 7-8-9 janvier 2015 et de leurs conséquences, 3

Charlie Hebdo, les « musulmans » et la liberté d’expression, 5

Prêche tragique à Charlie Hebdo : douze morts. Pour qui travaillent les assassins ? (Claude Guillon), 14

L’attaque contre Charlie Hebdo impose au prolétariat de se charger directement et sans tarder de la lutte sans merci contre le fanatisme religieux violent qui renforce l’État et accroît la division au sein des exploités et des opprimés (Mouvement communiste), 17

Vous faites erreur, je ne suis pas Charlie (Claude Guillon), 25

D’une authentique émotion de masse à une manipulation politico médiatique, 27

Délation, prison, flicage. La farce antiterroriste ne fait pas rire

(Claude Guillon), 43

Camarades, votre loi du talion ne sera jamais la mienne ! 46

Les partisans du « totalitarisme » religieux ne sont ni des « victimes » ni des « camarades dans l’erreur » ! ou Du bon usage des explications « sociologiques » en milieu militant… 54

Quelques dits sur l’événement de janvier 2015 à Paris (Temps critiques) 62

A propos des discussions sur Charlie Hebdo au boulot 84

Après les 17 exécutions djihadistes des 7/8/9 janvier 2015 : dix points de clivage et sources d’interrogations, 86

– Une position claire face aux religions, 87

– Laïcité et droits démocratiques, 94

– Statut de la raison et des sciences, 96

– Ambiguïtés du terme « islamophobie », 97

– Luttes géopolitiques en cours, 101

– Méconnaissance du rôle social des religions, 105

– Sous-produits gauchistes des théories postmodernes, 107

– Affirmations identitaires et poids social des religions, 112

– Pour un antiracisme de classe, 115

– Nature de l’antisémitisme mondialisé actuel, 120

Racisme antimusulmans et antisémitisme en Europe : pourquoi il nous faut combattre ensemble ces deux fléaux – sans céder aux pressions des identitaires de gauche et de droite 127

– Un recul nécessaire, 135

– Racisme antimusulmans en Europe, 143

– Antisémitisme en Europe, 152

– France : un pays pionnier, 158

– Antisémitisme et racisme antimusulmans

vus par la gauche et l’extrême gauche, 161

– Annexe 1 : Ambiguïtés de la notion d’islamophobie, 170

– Annexe 2 : Tableau comparatif, 179

– Annexe 3 : Définition de travail de l’antisémitisme, 187

« Islamophobie » ou racisme antimusulmans ? 189

Encore et à nouveau sur l’Islamophobie 190

L’appel des libertaires contre l’islamophobie, 193

Dix questions aux libertaires sur l’islamophobie et le racisme 197

Misère du néologisme, néologisme de la misère

(Juan Pueblo, CNT-AIT), 204

La fourestophobie, nouveau gadget gauchiste, 208

Décidément, Mme Caroline Fourest ment vraiment très mal, 210

Qu’est-ce que le racisme antimusulmans ? (Sacha Ismaïl), 213

Les nouveaux rouges bruns de Jean-Loup Amselle, 220