OHÉ ! LES GRÉVISTES DE «FRANCE CULTURE» ETC.

copy-capture-d_ecc81cran-2014-11-09-acc80-01-10-09-e1415491935357.pngIl serait peut-être temps de prendre l’antenne et le micro, et de parler de vous, ou même de faire une autre radio…

Parce que là, vous êtes en train de me (nous ?) déshabituer de la radio. En tout cas du média pour lequel vous travaillez.

C’est peut-être aussi une bonne chose, notez bien !

Se passer des « copains portatifs », dont parlait Günther Anders, c’est un retour à une certaine autonomie, non ?

On peut décliner la formule : « intellectuels portatifs », « directeurs de conscience portatifs », etc.

Comme d’habitude, la station la moins touchée est France Info, le degré zéro de la désinformation ratiocinante, et dans une moindre mesure RFI, royaume du bricolage, presque sympathique à force d’être médiocre.

Je ne connais absolument rien à la technique, je ne sais pas si vous avez accès à l’antenne ni ce que ça pourrait vous coûter de l’imposer. Mais ce que je sais, c’est que vous disparaissez peu à peu du paysage.

C’est un paradoxe dont je ne suis pas sûr que vous preniez la mesure. Une grève longue dans un autre secteur est de plus en plus visible. Pour la vôtre, c’est l’inverse.

C’est comme ça. Une grève dans les transports bloque le pays et la production. Les ordures pas ramassées s’accumulent sur les trottoirs. Une grève dans une usine fait perdre de l’argent au patron. La grève que vous faites — et que vous avez bien raison de faire ! — éloigne de vous le public. Vous voilà contraint(e)s à l’imagination.

Ça n’est pas la première grève dure à Radio France, et pas la première fois que je me fais cette réflexion. Je me doute que faire la grève, passés les premiers jours d’AG, d’échanges et d’adrénaline, ne doit pas être facile.

Au fond, nous pouvons nous rejoindre sur un enseignement. Nous prenons conscience, auditrices et auditeurs, de la place — certainement démesurée — prise dans nos vies par le geste consistant à tourner un bouton, ou à appuyer sur la touche d’une télécommande. Il faut que vous compreniez que le geste symétrique, éteindre, appuyer sur « Off » ne suffit pas.

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QUAND FRANCE-CULTURE LANCE UNE FAUSSE NOUVELLE, C’EST DE LA PÉDAGOGIE ! Le reste du temps, les journalistes font juste leur boulot (2010)

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Samedi 9 janvier 2010, 14 h 30. Je viens de finir de manger. La radio est calée, comme souvent, sur France-Culture. Une émission va commencer, « Mégahertz », présentée par un M. Joseph Favreux. Je n’ai pas l’intention d’écouter. Je débarrasse la table. À ce moment, l’animateur annonce que l’émission commencera avec un peu de retard en raison d’un flash spécial d’information. Je tends l’oreille.

Des journalistes de la rédaction de France-Culture, dont les noms me sont familiers, annoncent que Bercy vient d’échouer dans une opération de refinancement des marchés. L’État français ne peut plus honorer ses dettes. La France n’ayant pas trouvé preneur pour ses bons du Trésor, elle est en faillite. La cavalerie financière s’achève en monumental gadin.

Un soi-disant consultant d’un cabinet financier brode un commentaire sur le thème « l’impossible devient possible, comme l’ont montré les récents scandales, faillites et crise économiques ». Il prédit une augmentation probable de la TVA.

Seule fausse note du flash : le journaliste Renaud Candelier est injoignable à Bercy. On nous fait entendre une sonnerie de téléphone dans le vide.

Voilà qui se produit très fréquemment dans les directs, surtout improvisés à la dernière minute.

Le correspondant à Bruxelles explique que l’État français en appelle au FMI et à l’Union européenne.

Le flash a duré un peu plus de 5 minutes, ce qui est exceptionnellement long. L’animateur et les journalistes donnent rendez-vous aux auditeurs dans le bulletin d’information de 18 h. L’indicatif de l’émission est diffusé. Je quitte France-Culture et passe quelques minutes sur France-Info. La chaîne de l’intox officielle est muette sur le communiqué de Bercy. Je coupe la radio. Mon ordinateur m’attend. Avant de me mettre au travail, je fais un tour sur les sites d’informations (grands journaux, etc.) : Rien.

Comme j’ai autre chose à faire, je me dis que je reprendrai des nouvelles de Bercy en fin d’après-midi. À ce stade, l’idée que France-Culture s’est foutu de ma gueule un peu plus cyniquement que d’habitude ne me traverse pas l’esprit. Certes, mes tentatives de vérification et de recoupement ont échoué, mais l’idée la plus plausible est plutôt que les journalistes de France-Culture ont pu être intoxiqués eux-mêmes par un faux scoop. Je le répète, j’ai autre chose à faire et l’idée de revenir à l’émission en cours ne me vient pas. Lire la suite